Depuis 1996 et la professionnalisation de ses effectifs, l’armée française, et en particulier l’armée de terre, doit recruter son personnel uniquement sur la base du volontariat. De 4000 jeunes incorporés par an avant 1996, l’armée de terre a dû en recruter plus de 15 000 par an depuis 1997, et jusqu’à plus de 20 000 en 2003. Compte-tenu des données démographiques qui augurent d'une baisse significative de la population active, et de la baisse du chômage, l’armée est placée dans une situation de concurrence exacerbée avec les autres employeurs. Comme ses concurrents, l’armée de terre (134 000 militaires auxquels il faut ajouter 27 000 civils et réservistes) pour rester le premier recruteur du pays, doit donc redoubler d'efforts pour attirer et fidéliser ses jeunes salariés, notamment en mettant en place un système très professionnel de recrutement et en axant par exemple sa communication sur l’aspect évolutif des carrières militaires.
« En 2007, 100% des objectifs ont été atteints, explique le général,
soit environ 13 000 jeunes incorporés ». 110 personnes qui ont été recrutées dans la Loire, dont environ une douzaine de jeunes femmes. Pour 2008, les objectifs de recrutement sont fixés à 12 600 personnes âgées de moins de 29 ans, « de sans qualification à bac+5 » dont 10 850 militaires du rang, 1330 sous officiers (Bac+2, 3 ou 4) et 420 officiers (Bac+ 4 ou 5). Le contrat initial est de 5 ans, reconductible de 3 ou 6 ans.

Le capitaine Alain Bauvent et le général de brigade Olivier de bavinchove (en treillis)
« Ce que nous proposons, poursuit le général de Bavinchove,
c’est une première expérience professionnelle qui est aussi une ouverture sur le monde. Grâce à l’armée, les jeunes découvrent la réalité du monde qui nous entoure. » Et l’officier de rappeller que la France reste une
« puissance militaire complète » qui intervient sur de nombreux théâtres d’opération extérieurs.
« Que ce soit sous les bannières nationales, de l’OTAN, de l’ONU ou de l’U.E., les militaires incorporés vont découvrir par eux-mêmes le monde tel qu’il est, découvrir d‘autres pays et faire l‘apprentissage des valeurs humanistes. Ce que nous offrons, c‘est un cadre de vie, un environnement, une expérience qui resteront marquants.»
Mais avant cela, il insiste sur le caractère
« extrêmement sérieux » de la formation qui leur est prodiguée, chiffrée à près de un milliard d’euros/an et qui doit faire en sorte
« qu’ils se maîtrisent eux-mêmes, pour les faire passer d’un monde virtuel vers le monde réel. » Validée par un diplôme qualifiant, elle doit aussi leur permettre une reconversion au terme de leur engagement. 400 métiers sont concernés.
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Enfin, il met en avant
« le formidable facteur de cohérence » que revêt à ses yeux l’institution militaire en terme d‘évolution de carrière.
« La moitié des officiers de l’armée sont issus du corps des sous-officiers, la moitié des sous-offs des militaires du rang , explique-t-il,
on n’est pas général parce qu’on a fait l’ENA. » L’armée se distingue encore par le fait qu’à fonction et grade semblables, il n‘y a pas de distinction de solde entre homme et femme. Pensée pour être, dans l’idéale, « l’Ecole de la République », l’Armée est enfin, de longue date, un milieu ouvert aux individus de toutes origines sociales ou confessionnelles.
112 autres jeunes seront recrutés dans notre département courant 2008. La Loire, déjà en soi un « désert militaire », est aussi mauvais élève quant à son engagement dans la bataille de la communication. Le sous-directeur du recrutement, y notant un manque flagrant de connexions avec les associations, les quartiers et surtout les établissements scolaires, plaide pour une action plus dynamique en direction de ces publics. Par ailleurs et afin de mieux mutualiser les moyens de recrutement et d’information, le Centre d'Information et de Recrutement de l'Armée de Terre de Saint-Etienne pourrait devenir cet été un Centre Interarmées d’Information et de Recrutement des Forces Armées (CIRFA).