
Candia a lancé fin mai son nouveau lait demi-écrémé UHT " bio et solidaire" : « Oui aux petits producteurs ». Celui-ci est produit et collecté dans de petites exploitations du Pilat et des Monts du Forez selon des principes inspirés du commerce équitable.
A l’initiative de la coopérative laitière qui produit le lait Candia, le lait solidaire « Oui aux petits producteurs » concerne actuellement une vingtaine d' exploitations. Toutes les fermes qui le produisent ont pris l’engagement de se convertir à l’agriculture biologique. Cinq d’entre elles sont déjà agréées agriculture biologique. Les autres devront l'être d'ici 2010.
Les producteurs ont ainsi décidé de valoriser leur lait, afin d’assurer le devenir et le développement de leur exploitation. Selon la convention Lait biologique, les producteurs reçoivent une prime de reconversion. Une fois labellisés, ils obtiennent pour l’apport de lait “bio” un complément de revenus de la part de la coopérative.
Une alimentation animale stricte et biologique Le cahier des charges stipule le respect rigoureux des équilibres écologiques, ainsi que celui du bien-être animal.
Les vaches sont ainsi nourries avec 50 % d’ensilage et 50 % de foin. L’ensilage est composé uniquement d’aliments bio (luzerne déshydratée, céréales, etc.). De plus, l’éleveur n’a pas le droit à plus de 30 % de concentré (aliments fermentés), ce qui signifie que pour 15 kilos de matières sèches, il ne peut donner à la vache que 4 kilos de concentré par jour. Les producteurs doivent, pendant la période de reconversion, se procurer des aliments aux mentions production biologique et agriculture biologique qui ont l’obligation d’être composés d’au moins 90 % de matières premières issues de l’agriculture biologique.
Les troupeaux ne dépassent pas en moyenne une trentaine de vaches. Comme le cahier des charges de l’agriculture biologique requiert un hectare de prairie par vache, il est plus facile pour les petits producteurs de s’y convertir.
Emballage écologique mais prix plus élevé:
1,45 euros le litre contre 1,03/litre pour le Grandlait de la même marque.
(source: telemarket)
Biodiversité, assainissement des sols, engrais naturels... Les monts du Pilat et du Forez où sont situés les petits producteurs, sont constitués de prairies souvent humides dont le relief ne permet pas la culture de céréales. Ces massifs sont utilisés en pâturage pour l’élevage de vaches laitières. De plus, le climat du secteur est un atout pour la culture laitière. La pluie importante et régulière en été favorise une prairie riche pour l’alimentation animale. Les petits producteurs n’utilisent ni pesticides, ni engrais chimiques, ni OGM. Afin d’assainir les sols, d’autres moyens sont favorisés, comme le développement de prédateurs naturels, véritables auxiliaires de cultures (coccinelles, taupes) ou la création de conditions défavorables aux animaux destructeurs. L’agriculture naturelle permet ainsi la conservation de la faune et la flore de ces zones humides : roseaux, carex, grenouilles, etc.
Un lait difficile à collecter, un territoire à valoriser La vingtaine de fermes collectées se trouve sur les cantons de Saint-Genest Malifaux dans le massif du Pilat et de Saint-Bonnet Le Château dans le Forez. S’étendant sur plusieurs kilomètres, ces territoires de moyenne montagne atteignent jusqu’à 1 200 mètres d’altitude. Pour se rendre à Colombier par exemple, collecter le lait de Jean-Luc Rouchouze, le camion de lait doit franchir deux cols de montagne, le col de la Barbanche et le col de la croix de Chaubouret. Il passe ensuite le col de la République, à 1 160 mètres, pour se rendre chez Pascal Frachou, à la Fayolle. Tous ces cols, lorsqu’ils sont enneigés, ralentissent la tournée de lait. Ainsi pour Candia, le coût supplémentaire de la collecte en zone de montagne est de 8 à 10 € pour 1 000 litres, par rapport aux zones de plaine.
La densité de lait collecté est de 84 litres/km. Pour comparaison, dans le département d’Ille et-Vilaine, important producteur laitier, la densité de lait collecté atteint 600 à 700 litres/km. Le choix des industriels de l’agroalimentaire se tourne donc plus naturellement vers ces régions où la rentabilité au kilomètre est 8 fois plus élevée. Le lait “OUI aux petits producteurs !” doit s'inscrire dans la sauvegarde de l’activité en zone de moyenne montagne. L’agriculture laitière doit permettre ainsi d’entretenir la nature et favoriser le développement touristique de ces régions.