A la Bourse du Travail de Saint-Etienne, l'Union syndicale des travailleurs de la Métallurgie C.G.T Loire a organisé lundi 26 novembre une conférence de presse avec le syndicat C.G.T. de SAVELYS France pour faire le point sur la situation sociale de la société SAVELYS. Depuis la fin de la semaine dernière en effet, deux salariés de l'entreprise ont été licenciés. Un troisième, délégué du personnel, pour l'heure bénéficie d'un "sursis". En lien avec cette dégradation du climat social au sein de l'agence stéphanoise, Il s'agissait pour les salariés d'évoquer les dangerosités et responsabilités inhérentes au métier d’agent d’entretien des chaudières et, de fait, alerter l'opinion publique sur les risques encourus par les clients eux-mêmes.

La société Savelys, née de la fusion des entreprises CGST-SAVE et Domoservices, est le N°1 en France pour la maintenance des appareils individuels et collectifs de chauffage. Depuis quelques années, l'agence de Saint-Etienne est secouée par de nombreux conflits.  "Comme d'autres agences en France", souligne Grégory Martinez, délégué central CGT SAVELYS, venu de Clermont pour soutenir ses camarades. Mieux organisés, les salariés haussent le ton et demandent la revalorisation des salaires, la reconnaissance des qualifications et de l'évolution du métier, une meilleure formation pour les jeunes. Ils dénoncent surtout leurs conditions de travail. "Les agents d'entretien de SAVELYS exercent leur métier dans un contexte de pression constante, explique  un membre de l'USTM. Ils doivent se déplacer beaucoup, par tous les temps,  honorer seuls, pas en binômes, les objectifs fixés par l'entreprise, satisfaire le client et souvent aussi subir ses reproches. Surtout, le salarié est responsable en cas d'accident. C'est lui qui ramasse, pas l'entreprise."


Et les conséquences d'un accident peuvent être gravissimes. On se souviendra que dans la région, le 31 octobre dernier,  une cinquantaine d'habitants d'un immeuble de la rue Gambetta au Chambon-Feugerolles ont été intoxiqués au monoxyde de carbone (CO). Une vingtaine d'entre eux ont été hospitalisés dans les hôpitaux de Saint-Etienne et de Firminy pour des examens complémentaires. Le monoxyde de carbone, gaz toxique sinon mortel, s'était propagé dans les conduits de l'immeuble. En cause une chaudière défaillante. " 50 à 60% environ du parc stéphanois est composé d'anciennes chaudières, dit Miguel, un des salariés licenciés. " Ajoutons à celà les manipulations hasardeuses et les bricolages des clients, les obstructions des ventilations qui peuvent créer un phénomène dangereux...poursuit Nabil Akli, représentant syndical pour la Région Rhône-Alpes. Il faut un temps nécessaire pour faire ce travail correctement. Ceux qui parmi nous ont suffisamment d'ancienneté savent estimer les risques mais la moyenne d'âge dans l'entreprise tourne entre 20-28 ans. Et on laisse supposer aux jeunes qu'il n'y a pas de danger, que tout est bien calibré, qu'ils peuvent faire leur temps et même rentrer chez eux de bonne heure... Même si à Saint-Etienne il n'y a pas encore eu de graves accidents, il faut savoir garder à l'esprit ce danger permanent..."

" Quand on voit passer un camion de pompiers, on est comme des chiens, on a envie de courir derrière pour savoir s'il va pas s'arrêter chez un client à nous... Mais la direction s'en fout.*" dit un autre. Certains des agents de l'entreprise, "pour ne pas céder au stress et faire un travail de qualité" ont donc été amenés à travailler en suivant "les prescriptions définies dans leurs contrats", celles-la même qui seraient décortiquées par les experts pour établir les responsabilités humaines en cas d'incidents. Et deux d'entre eux, Miguel et David, ont été licenciés sous le motif qu'ils ne réalisaient pas les objectifs fixés par la direction, pour "grève du zèle" en somme. Pour les syndicalistes que nous avons rencontrés, si la sanction à leur encontre est tout à fait "tyrannique", elle est aussi très pratique: " La baisse d'activité qui leur est reprochée résulte d'une charge de travail trop élevée... Mais la direction voulait faire un exemple, de préférence avec des types qui ouvrent leurs gueules..."

Les tribunaux décideront mais tous insistent encore sur l'absolue nécessité de préserver la santé des clients. "Notre combat, disent-ils, c'est aussi le leur..."

*Il convient de préciser que n'avons pas réussi à joindre la direction de Savelys

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