Aussi loin qu'il se souvienne, depuis la lecture d'ouvrages traitant de l'Atlantide, M. Bendriss a toujours été passionné par l'architecture et l'art antique, en particulier la statuaire romaine. Dans sa boutique d'antiquités de Saint-Etienne, nommée "Res-Publicae" en raison de la rue où elle est située, il expose quelques pièces destinées à la vente: buste de Jules César, vierge gothique et têtes d'Apollon... Mais pour sa collection personnelle, riche de plusieurs centaines de pièces, ce passionné souhaitait un lieu qui lui serait spécialement dédié. Et surtout ouvert au public.
Après avoir renoncé à bâtir un musée, il s'est tourné vers le Pilat, pays de Marcellin Champagnat et berceau de la famille de Jules Verne. A Marlhes plus précisément. En effet, depuis quelques années, le château de La Faye, était à l'abandon. L'antiquaire, par ailleurs architecte d'intérieur, a racheté le domaine à un agriculteur de l'Isère. Le lieu a joué un rôle important dans l'histoire locale. De 1742 à 1962, il a appartenu à la famille Courbon - La Faye. Du IInd Empire jusqu'en 1966, le domaine abrita une ferme scientifico-agricole qui y fabriquait un babeurre célèbre - c'est à dire du lait de beurre - expédié dans toute la France et dont les vertus thérapeutiques ont fait la renommée.
"Je cherchais un lieu un peu isolé, un peu idyllique, dans la verdure, nous explique M. Bendriss. J
e pensais que la région était propice à une telle initiative, non loin des grands centres de la civilisation romaine que furent Vienne et Lyon. Et puis c'est aussi un peu ce que recherchaient les Romains, l'éloignement des villes et la proximité de la nature." L'Antiquaire déclare aussi avoir trouvé
"un esprit ouvert" en la personne du maire de la petite commune.
"Et les gens des alentours m'ont accueilli à bras ouverts et m'ont prodigué beaucoup d'encouragements", tient-il à préciser.
Propriétaire depuis un an, il a chargé des artisans locaux de travailler à la restauration du lieu. Le projet consiste à créer un parcours muséal digne de ce nom,
" avec une pédagogie accessible et en utilisant une scénographie adaptée ", souligne M. Bendriss. Il prévoit 600 mètres-carrés d'exposition, où les pièces,
"certaines de qualité majeur", seront mises en situation. Elle comprendra beaucoup de lapidaires: des portraits romains de l'époque de la République,
"qui ne sont pas communs, en raison justement de leur réalisme", des fragments d'architecture, des vases, des stèles en provenance du pourtour méditerranéen. Il envisage encore la reconstitution d'un intérieur romain à l'identique, avec son mobilier, etc. Dans un second temps, nous indique-t-il, le château pourrait aussi intégrer un espace consacré à l'histoire locale.