Avec un coût total de 80, 565 millions d'euros H.T., le programme d'assainissement, dont fait partie le chantier d’extension et de restructuration de la station du Porchon, est le chantier le plus onéreux de l'agglomération stéphanoise.
La future station du Porchon financée à 40% par l'Agence de l'Eau Loire-Bretagne, 24, 66 % par FEDER, 2, 5 % par le Conseil général, 27, 45 % par Saint-Etienne et 5, 39 % par les autres communes du SIDEF. 40 000 mètres cubes de béton, soit deux fois le Zénith ! 400 000 mètres carrés de terrassement et 25 km de réseaux souterrains. Capacité: 282 000 équivalents-habitants dont 60 000 équivalents-habitants-industriels.
L'essor industriel de la ville et l'implantation de nouvelles populations au fil du temps ont transformé le Furan en égout et la rivière demeure l' émissaire principal des eaux usées et pluviales. Il reçoit directement 90% des effluents des communes du SIDEF*. Les 10% restants, seulement, sont collectés par un émissaire aujourd'hui largement sous utilisé.
Construite en 1975, la station du Porchon n'est plus à même de pouvoir traiter les eaux usées. Il s'agit d'inverser la tendance à partir de fin 2008: capter 90% des effluents du bassin versant du Furan dans le collecteur, limiter au mieux les rejets dans le Furan en aval de la station d'épuration et atteindre un taux de dépollution conséquent. Les travaux portent donc sur deux points: la restructuration des réseaux d'assainissement du centre-ville de Saint-Etienne (créations de collecteurs interceptant les rejets directs du Furan) et l'extension et la restructuration de la station.
Actuellement les eaux sont orientées sur la station d’épuration du Porchon avec les limites suivantes :
- Par temps sec : forte dilution des effluents à traiter, coûts d’exploitation élevés, altération des performances de l’outil épuratoire et décantation dans le réseau hydrographique (5 à 30 % selon les paramètres)
- Lors d’épisodes pluvieux, de l'ordre d'une soixantaine par an, le débit du Furan devient trop important pour pouvoir être traité. La station ne reçoit donc plus que les effluents. Cela entraîne l'évacuation directement dans le milieu naturel (dans la Loire notamment) de 80 % des eaux usées de l'agglomération. D'autre part, la pollution par temps sec qui est stockée dans des zones de décantation est remise en suspension par les forts débits.
Avec la nouvelle station, ce sont 10% des eaux usées qui partiront dans la Loire par gros débit. La situation actuelle ne permettant pas non plus de traiter efficacement l'azote et le phosphore, les eaux du Furan sont classées en qualité rouge par le SEQ-Eau(2) et entraînent 30 % des apports de phosphore de la Loire à Villerest. L'objectif est d'atteindre au minimum le niveau orange par le rejet d'une eau épurée (dépolluée) de 80% à 90% (entre 20 et 50% actuellement).
Pour traiter l'eau excédentaire en temps de pluie, un pré traitement neuf sera mis en place ainsi qu'une décantation lamellaire. Pour les eaux par temps secs et petites pluies, de nouveaux pré traitements, deux bassins d'aération et quatre bassins de clarification vont être construits. Ces-derniers s'ajouteront aux deux déjà en service.
Les futurs bassins d'aération auront un volume de 45 000 mètres cubes. L'eau prétraitée (débarrassée des sables, graisses, huiles) arrive dans ces bassins qui constituent le coeur de la station. Des systèmes d'insufflation d'air l'oxygènent et permettent aux bactéries (biomasse) de "manger" la pollution. Une alternance de zones aérées et non-aérées vont permettre de traiter l'azote et le phosphore.
Les bassins de clarification en service. Au nombre de six, ils recevront l'eau sortie des bassins d'aération et les boues.
L'actuel brûleur de boue qui sera détruit. Les boues après être passées dans des centrifugeuses qui les débarrassent de leur eau seront brûlées dans deux incinérateurs (photo ci-dessous). Autre nouveauté: la valorisation thermique des boues qui produiront du biogaz. L'accent sera mis aussi sur la désodorisation en renouvellant en permanence l'air dans les bâtiments et en le nettoyant via des solutions aqueuses pour capter les molécules odorantes. A noter que l'incinération ne produit pas de dioxines puisqu'il n'y a pas de pvc dans les boues. Par un système de réchauffement de la fumée, il n'y aura pas non plus de... fumée.
"L'ancienne station, on la sentait et on ne la voyait pas. Celle-ci on la verra, sans la sentir."
* L'Etrat, La Talaudière, Villars, Saint-Genest-Lerpt, Saint-Jean-Bonnefonds, La Tour en Jarez, Sorbiers, Saint-Etienne
(2) bleu, vert, jaune, orange, rouge