La gauche (si on ajoute les scores du PS, d'Europe Ecologie et du Front de gauche) arrive en tête.
Les listes UMP de Françoise Grossetête, avec 26,39 % des voix en Rhône-Alpes (25,62 dans la Loire), devancent légèrement celles du PS (25,40 % en Rhône-Alpes et 25,30 dans la Loire). Les listes d'Europe Ecologie (Philippe Meirieu) sont en 3e position en Rhône-Alpes avec 17,83% des suffrages. Dans la Loire, Europe Ecologie récolte 14,05 % des voix. Le Front national crée la surprise avec un suffrage de 14 % en Rhône-Alpes (- 4% par rapport aux dernières régionales) et dans la Loire surtout où il arrive en 3e position avec un peu moins de 17% des voix. Les listes Front de gauche arrivent en 5e position, avec un score de 6,31% en Région et 7,08 dans la Loire. Suivent les listes du Modem, sous la barre fatidique des 5% (4,33% en Rhône-Alpes et 4,41% dans la Loire), du NPA (2,43% en Rhône-Alpes), de Spartacus (1,90) et Lutte ouvrière (1,42%)." Avec près de 27 % des voix sur Saint-Étienne, la liste socialiste et radicale se place loin devant les 24 % obtenus par la liste UMP menée par Madame Grossetête, désavouée dans sa propre ville ", écrit Maurice Vincent dans un communiqué. " La poussée du Front National exprime l’angoisse d’une partie de la population devant la violence de la crise et le sentiment d’abandon par le gouvernement." La liste FN arrive en 3e position avec 16,17 % des votes. Suivent les listes Europe Ecologie (13.57 %), Front de gauche (8%), du Modem à 5,45%, du NPA (3%), Lutte ouvrière (1,51%) et Spartacus (1,25%). Le taux de participation à Saint-Etienne est de 39,11%.
A Montbrison, ville socialiste, la liste PS atteint les 30%, celle de l'UMP 26,01%, suivie d'Europe Ecologie à 14,85%. La liste FN atteint les 13,15%. Dans le canton de Roanne Sud, c'est également la liste PS qui arrive en tête avec 30,19% des voix, devant l'UMP (27,54%). Le FN décroche la 3e place, comme en Roanne Nord, devant Europe Ecologie et derrière l'UMP et le PS, en tête également. A Feurs, ville dont le maire UMP Jean-Pierre Taite est le n° 2 sur la liste de Françoise Grossetête, l'UMP récolte 39,11% des suffrages, loin devant le PS (23,60%). Le FN obtient 15,26% des votes.
Réactions
" On pensait être dans ces eaux-là, étant donné nos forces, vu aussi dans quel cadre s'est déroulée la campagne, complètement dépolitisée. Le taux d'abstention ne me surprend pas. Je suis persuadé que si vous faites le compte parmi les salariés, dans les entreprises, vous avez des taux d'abstention qui dépassent largement les 50%. D'abord parce que ces élections n'ont pas un enjeu immense et que tout le monde a fait pour qu'elles ne soient pas des élections politiques. Ce sont des élections politiques parce que quand le parti du président termine avec 30% des voix, ça veut dire qu'il n'a pas la légitimité pour poursuivre à gouverner... Au 2e tour, nous n'appellerons pas à voter pour une liste qui compte un membre de l'UMP (Gérard Perrissin-Fabert, du Parti radical, affilié à l'UMP, sur la liste en Haute-Savoie au 1er tour, 6e position ndlr).* Personnellement je n'irai pas voter. Si le bilan de Queyranne était si merveilleux, il aurait obtenu un meilleur score." Denis Rivier (tête de liste NPA dans la Loire)
" Mon contrat était de passer le 1er tour. La surprise c'est qu'on a 17%. Nous avons démontré que les sondages nous bourraient le mou. Comment je l'explique ? On a fait une campagne très massive et en 25 ans je n'ai jamais vu un tel décalage entre le discours politique, convenu, et la réalité du terrain. Beaucoup de gens, avant-hier encore me disaient: Ah bon, il y a des élections ? Et les gens que nous rencontrions ont compris que ce qu'ils croyaient sur nous n'était pas la vérité; qu'on nous a collé une image... (...) Ce que nous ne voulons plus, c'est le gaspillage. Nous voulons que les impôts des Rhonalpins servent d'abord l'emploi des Rhonalpins. C'est un discours de bon sens que nous tenons. Et les gens l'ont aimé. Quant à mon contrat de 2e tour, c'est d'amplifier le résultat du 1er..." Charles Perrot (tête de liste FN dans la Loire)
" 17,5 % en Rhône-Alpes, c'est un bon score. C'est 350 000 voix pour Europe Ecologie. Les propositions que nous avons faites, les questions légitimes que nous avons posées, ont trouvé écho chez un grand nombre de Rhonalpins. Nous sommes désormais inscrits dans le paysage politique français comme une force de gauche et nous entendons rompre avec cette tradition du bipartisme qui a réduit longtemps le système politique français à l'UMP et au PS. Mais je ne me réjouis pas du tout d'un taux d'abstention extraordinairement élevé. Je suis inquiète. C'est le signe d'une véritable crise démocratique en France. C'est un effet également de cette tradition du bipartisme qui a dégoûté du politique de nombreux citoyens... (...) Une 2e inquiétude vient du vote pour le Front National qui est un vote de la désespérance et du refus. Très sincèrement, je suis surprise mais comme d'habitude il a instrumentalisé la peur de l'autre et surfé avec l'UMP sur le tryptique Identité nationale-immigration-insécurité... Dans les heures qui vont suivre, nous allons préparer notre liste, sur la base d' un programme de mandature dans lequel on va intégrer des projets que nous souhaitons défendre... " (Lela Bencharif, tête de liste Loire Europe Ecologie)
Autres réactions
Michel Thiollière estime que "de nombreux ligériens qui se sont rendus aux urnes ont voulu marquer leur mécontentement face aux problèmes d’insécurité et aux difficultés économiques en votant pour le front national" et appelle les électeurs à la mobilisation: " Il ne faut pas laisser la gauche à la tête de la région pendant encore quatre années." De son côté, la Fédération de la Loire du PS estime que l'UMP "porte une responsabilité écrasante dans l'abstention" (57,13% en Rhône-Alpes et 56,88 dans notre département, ndlr) et que " les électeurs UMP, déçus par leur camp, ont fait la grève des urnes." Elle considère en outre que le bilan du gouvernement a été sanctionné "en particulier dans le domaine social et de l'emploi".
« Les listes du Front national réalisent, d’une façon générale, un score important, signe d’un mécontentement manifeste qu’il convient d’entendre », écrit le président du Conseil général qui note par ailleurs que « durant cette campagne, les préoccupations de nos concitoyens et les projets pour y répondre n’ont pas toujours été au cœur du débat ».
* Nous avions d'abord indiqué "sur la liste Queyranne" avant correction