Le rêve d'Europe Ecologie PDF Imprimer Envoyer
Écrit par FI   

Michèle Rivasi porte la liste "Europe Ecologie" dans notre région. Elle était dans la Loire le 13 mai. Elle a d'abord visité les jardins d'Oasis, "une boîte qui marche", une structure d'insertion et de maraîchage bio membre du réseau cocagne située à St Just St Rambert. Elle est allée aussi à St Cyprien, commune marquée par une pollution au PCB en provenance d'un site pollué par la destruction de transformateurs au pyralène, portée par le récent incendie du stock de bois de l'entreprise Vitale. Elle y a rencontré des membres d'une association qui s'inquiètent des conséquences de cette pollution sur leur santé. Elle leur a promis des experts, des médecins. Sa journée s'est achevée à Saint-Etienne à l'Amicale laique de Tardy, après un petit passage à l'Université Jean Monnet.


La réunion s'est faite à la bonne franquette, avec un public au rendez-vous et en dépit d'échanges parfois tendus. Ça change des meetings de la gauche très rouge où l'on entend de longues diatribes déjà connues, devant un parterre de convertis, et où, finalement on en revient souvent au fric et à Sarkozy. Michèle Rivasi était accompagnée d'Alain Lipietz, député européen Vert sortant mais qui ne se représente pas. "C'est extrêmement fatigant que de travailler au parlement européen", a-t-il averti, rappelant que 80% de la politique environnementale était décidée dans les instances européennes. Il a aussi plaidé pour une agriculture paysanne, celle "que la PAC a systématiquement détruite" et un retour à une alimentation saine, végétale, par le biais d'une Politique Agricole Commune Ecologique qui nous ferait sortir de l'agriculture intensive, du "système à viande" engagé avec les USA. "Il faut 15 fois plus de surface agricole pour produire les protéines de viande que des protéines de lentilles" a-t-il indiqué. Présentes également, les candidates Catherine Herbertz, conseillère régionale, et Sophie Tricot, maire de Burdignes (Pilat) qui s'est distinguée il y a peu avec un arrêté municipal qui  interdisait les cultures d'OGM sur le territoire communal, cassé par le tribunal administratif. " L'important c'est que les préfets soient assaillis par les arrêtés", a lancé Michèle Rivasi. "C'est comme ça qu'on avancera".


Europe Ecologie rassemble sur ses différentes listes des personnalités comme Daniel Cohn-Bendit, José Bové, l'ex magistrate Eva Joly, François Alfonsi, porte parole du Parti Nationaliste Corse, des gens de Greenpeace, de la Fondation Hulot... "Ce sont des gens pertinants, complémentaires et de terrain", vante la  fondatrice de la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD). Pleine de biodiversité en somme. Dans le domaine social, le rassemblement se prononce pour un bouclier social européen avec la garantie d'un revenu minimum d'existence et un revenu maximum acceptable en Europe. " Pour les patrons de 40 000 euros/mois", précise Michèle Rivasi en reprenant une idée de José Bové. Dure ! "Il faut rééquilibrer les institutions européennes, dit-elle encore, pour plus de transparence, plus de démocratie".

Elle est aujourd'hui la Présidente du Centre de recherche indépendant sur les rayonnements électro-magnétiques (Criirem), un organisme dont le travail porte sur les effets des ondes électro-magnétiques. "Il y a eu les faucheurs d'OGM, il y aura demain les faucheurs d'antennes", prédit-elle. "Nous voulons une Europe sans nucléaire" proclamait une banderole. L'idée n'est pas nouvelle, ni ces chiffres: l'éolien représente des dizaines de milliers d'emplois en Allemagne, 7000 seulement en France, le pays le plus nucléarisé du monde. "Il faut revoir de manière fondamentale notre mode de consommation, envisager une profonde révision de civilisation", dit dans le public un universitaire à la retraite. "Vivre simplement pour que d'autres puissent simplement vivre", répond Michèle Rivasi qui prône la sobriété, laquelle ne s'accomode pas d'une publicité agressive. La reconversion écologique de l'économie que le rassemblement appelle de ses voeux amènerait, tenez-vous, bien la création de 10 millions d'emplois en 5 ans. "C'est possible, c'est réaliste, c'est nécessaire" lit-on dans les "10 bonnes raisons de voter Europe Ecologie". Il nous semble encore plus facile de stabiliser durablement un nuage radioactif au dessus d'une frontière. Mais Vert, c'est l'annagramme de Rêve. Et sans doute n'avons-nous pas cet "'optimisme de la volonté" qu'évoque la candidate...