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| Jean-Louis Gagnaire explique la motion de censure |
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| Écrit par FI |
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La première motion de censure du quinquennat, la 103e depuis 1958 au titre des deux articles, a été déposée contre le gouvernement par le groupe socialiste à l'Assemblée nationale, et les députés PRG, Verts et Communistes (228 signataires). Elle fait suite à la décision de renforcer le contingent français en Afghanistan et la volonté manifestée par le Président de revenir dans le commandement intégré de l'Otan. Elle a été déposée après le refus du gouvernement de demander un vote
du Parlement sur la décision de Nicolas Sarkozy et sera débattue mardi
8 avril. Les députés UMP ayant la majorité absolue au Palais-Bourbon, elle n'a donc aucune chance d'être adoptée.
Jean Louis Gagnaire, député socialiste de la Loire, tient à expliquer cette décision. > Le texte de la motion de censure sur lefigaro.fr > lire aussi l'article du Nouvelobs " Comme en 2001, le Président de la République semble n’accorder que très peu de considération aux représentants de la Nation sur l’engagement militaire de la France en Afghanistan. Le 26 mars, Nicolas Sarkozy annonce, à la surprise générale et en contradiction totale avec son discours de campagne, le renfort du contingent français. Martial, il proclame que “ nous ne pouvons, nous ne devons pas perdre la guerre ” devant les députés… britanniques. Les députés français n’en avait pas été préalablement informés. Les députés socialistes avaient pourtant déjà demandé, en octobre dernier, une mission d’évaluation parlementaire sur la présence de troupes françaises en Afghanistan, mais nous avions essuyé un refus. En fin de compte, nous avons obtenu un débat sans vote après une allocution du Premier ministre. Aujourd’hui, le Président de la République prend seul une décision lourde de sens pour l’engagement de l’armée française hors de nos frontières : - D’abord, il choisit de tourner le dos à la stratégie française d’autonomie par rapport à l’OTAN que le général de Gaulle avait mise en place et que l’ensemble de ses successeurs avaient poursuivie avec sagesse. Cette décision apparaît comme un pas de plus vers le rapprochement inconditionnel envers les Etats-Unis que Nicolas Sarkozy a déjà initié en demandant l’ouverture de négociations pour le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN. - Ensuite, l’envoi d’un groupement tactique interarmes supplémentaire modifie profondément la nature de l’engagement français en Afghanistan. Il ne s’agit pas d’un simple renfort du contingent. Depuis 2003, en plein accord avec ses partenaires et en application des résolutions de l’ONU, la France avait axé ses efforts sur les missions de stabilisation. Cette attitude faisait consensus au sein de la représentation nationale. La France avait jusqu’ici toujours refusé d’engager l’armée de terre au contact direct des troupes talibanes. La décision solitaire du Président de la République d’engager des soldats au feu modifie considérablement les termes du débat, car nous passons de missions de reconstruction et de consolidation à des missions de combat qui peuvent se révéler meurtrières pour les soldats français. Nous passons ainsi d’une coopération prudente à une collaboration beaucoup plus étroite avec les Américains. Dans la plupart des démocraties, les opérations militaires à l’étranger font l’objet d’un débat parlementaire préalable. Au-delà des questions de fond déjà évoquées, le Président de la République est en complète contradiction avec son discours sur le renforcement du rôle du Parlement. Enfin, c’est aussi une nouvelle défaite pour la défense européenne. Le Président de la République a encore cru bon de s’affranchir totalement d’une concertation avec l’Allemagne, notre principal partenaire, alors même que la nature se son engagement en Afghanistan est comparable au nôtre." |









