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Une partie de la gauche s'est rassemblée à La Richelandière avant le 2nd tour des Législatives, dans
trois jours. En bons capitaines, les candidats Jean-Louis Gagnaire,
Régis Juanico et Christiane Farigoule ont motivé l'équipage et reçu le
soutien d'un certain nombre de formations. Pour endiguer une
déferlente bleu annoncée par tous les médias, un seul mot d'ordre,
répété inlassablement par les candidats: mobiliser les forces de gauche
et les abstentionnistes pour ramasser chaque voix.
Car la vague d'abstention du 1er tour aurait touché de plein fouet la gauche. "Ce sont les jeunes, les précaires... qui ont déserté les isoloirs" déclare Régis Juanico. "A
Montreynaud par exemple, seulement 37% de taux de participation, contre
80% à la présidentielle, dont 83% pour Ségolène Royal." Et le candidat, qui sera opposé à Françoise Grossetête, d'espérer qu'il ne fera pas beau ce dimanche. "De
l'autre côté, ils ont considéré qu'ils avaient déjà gagné, que c'est
fait, c'est plié. Je ne sais même plus s'ils sont encore en
campagne..." Si c'est vrai, il faudra plus que de la pluie pour
battre la droite. En attendant le choix des électeurs, il répète
surtout que l'enjeu de ce second tour, face à une "droite dure" est celui du pluralisme des opinions, de la défense du droit du travail, de la protection sociale.
"Il faut retourner vers le peuple, le convaincre" a dit pour sa part Christiane Farigoule, "candidate miraculée" - puisqu'à 16 voix près, François Rochebloine l'aurait emporté dès le 1er tour - et candidate d'une gauche qui se voudrait "combative", "contre la droite protectrice des puissants, contre la T.V.A. sociale à 24, 60%, pour l'augmentation du Smic..."
Jean-Louis Gagnaire a évoqué longuement son adversaire sur la 2ème circonscription, Christian Cabal, qu'il juge "fébrile". "Avec Françoise Grossetête, ils sont déçus de n'avoir pas été élus au 1er tour" déclare-il, ajoutant que "c'est déjà un acte de résistance". Maurice
Vincent rappelle de son côté, en l'absence de Jean-Paul Chartron,
qu'aucun candidat de gauche, dans la 4ème, n'avait atteint un second
tour des Législatives depuis 1936. De quoi espérer alors, mais aussi de
prédire un avenir pas rose du tout si la voix des urnes était par trop
défavorable. Jean-Louis Gagnaire: "Ils ont exécuté Artigues,
politiquement, purement et simplement. Avec nous, ce sera pire que ça.
Si on est laminé, il faudra des années d'efforts pour remonter la
pente."
D'autres voix se sont élèvées contre "l'hyperprésidence sarkozyste". L'enjeu
pour Rémy Godde, candidat socialiste dans le canton de
Saint-Etienne-Nord-Ouest-1, est d'amener la parité au Conseil général.
Pour Catherine Herbertz (Les Verts), il s'agit, malgré les divergences "et deux autoroutes qui nous séparent" de "porter ensemble des valeurs communes". Vincent Bony (PCF) annonce "un Munich social si rien ne vient endiguer le tsunami de la droite extrêmisée". Même son de cloche "A gauche autrement" où l'on dénonce une "démocratie avec des relents de totalitarisme". Un des représentants du Parti Radical de Gauche, qui a plaidé pour que "le département de la Loire ait un ou deux députés incarnant le changement", quitte la salle en glissant un "No pasaran".
Bref,
une gauche remontée à la Richelandière ce soir. Les affiches et les
tracts sont sortis. La dernière en date, dénonçant la TVA à 24, 60% va
certainement fleurir sur les pare-brises durant ces trois prochains
jours. Trois petits jours pour colmater les brêches, défaire la tempête
et qui sait, cracher au vent...
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