Le sortant Michel Thiollière (UMP-Rad) devance Maurice Vincent (PS) avec 37, 86% des suffrages contre 33, 68 %. Gilles Artigues (MoDem) arrive en 3ème position avec 20,23% des voix. Olivier Longeon est sous la barre des 5% (4,30%). La liste "Une autre ville est possible" est créditée de 3, 75% des suffrages et la liste citoyenne de Nadim Ghodbane recueille 0,78% des votes.
Contrairement à 2001, où Michel Thiollière devait aussi compter sur la présence du FN au 2nd tour, le Front National cette année n'a pas présenté de liste. Gilles Artigues et ses colistiers doivent se réunir pour envisager un éventuel ralliement.
Dans un communiqué, Michel Thiollière "remercie très sincèrement les Stéphanoises et les Stéphanois" qui lui ont "apporté leurs suffrages et leur confiance" en le plaçant en tête de ce 1er tour, "avec une bonne longueur d’avance face à mon challenger."
" C’est une satisfaction et une reconnaissance du travail réalisé ces dix dernières années pour sortir définitivement Saint-Etienne de ses difficultés.
Comme toujours pour les élections à Saint-Etienne, le scrutin est serré mais les voix de droite et du centre rassemblent, ce soir, plus de la majorité de l’électorat. Dimanche prochain, nous devrons confirmer ce résultat, en invitant les Stéphanois à se mobiliser autour de notre projet pour vivre mieux à Saint-Etienne (...) J’en appelle aux électrices et aux électeurs du Modem afin qu’ils ne se trompent pas d’adversaire et pensent avant tout, en votant dimanche prochain, à confirmer la dynamique engagée à Saint-Etienne.
Toute autre option serait dangereuse et reviendrait à se tromper de combat. Dimanche 16 mars, le choix sera clair entre un coup d’arrêt brutal et un retour en arrière avec la liste socialiste et communiste étriquée et notre liste de rassemblement des Stéphanois pour vivre mieux à Saint-Etienne."
Maurice Vincent: "Je remercie les stéphanoises et les
stéphanois qui m’ont fait confiance lors de ce premier tour en
accordant à la liste que je conduis près de 34 % des voix.
Le premier enseignement de ce scrutin est la volonté de changement
exprimée par une large majorité d’électeurs qui, en rejetant le projet
du maire sortant, indiquent clairement leur insatisfaction au regard de
la politique conduite depuis de très longues années sous sa
responsabilité.
Le deuxième enseignement est que l’espoir de changement réside
maintenant uniquement dans le rassemblement de toutes celles et de tous
ceux qui souhaitent une autre politique pour la ville, plus ambitieuse
pour l’emploi, plus juste, plus attentive aux besoins de chacun et à la
qualité des services publics, autour de la liste que je conduis. Dès
maintenant, je les appelle donc à nous soutenir massivement au deuxième
tour."
Bruno Clémentin et Yves Scaviner, au nom des écologistes indépendants, remercient "tous les électeurs écologistes qui ont apporté leur soutien à la liste conduite par Maurice Vincent à l'occasion de ce premier tour."
" La liste de Maurice Vincent étant la seule à pouvoir mettre en œuvre une vraie politique concernant l'écologie urbaine et le développement durable, nous appelons tous les électeurs écologistes ayant voté pour les verts, pour CAP 21, pour Cap à Gauche et pour la liste citoyenne, à rejoindre les écologistes indépendants et à voter pour la liste conduite par Maurice Vincent au deuxième tour ", précisent-ils.
Réaction d'"Une autre ville est possible":
" Plus de 1700 électeurs et électrices ont voté pour la liste “ Une autre ville est possible ”, précise la liste en question dans un communiqué, se reconnaissant dans une gauche de gauche, sociale, égalitaire, féministe, antiraciste, écologiste et démocratique, à travers une liste de rassemblement qui a regroupé des personnes à titre individuel, la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), le Collectif Antilibéral Pour une Alternative de Gauche (CAPAGAUCHE !), et Les Alternatifs.
Malgré la pression du “ vote utile ”, ce résultat montre qu’à Saint-Étienne une partie de la population ne renonce pas à la transformation sociale, refuse de voir nos vies sans cesse adaptées aux soi-disant exigences de la mondialisation néolibérale, veut donner la priorité à la satisfaction des besoins sociaux du plus grand nombre, en rupture avec les politiques capitalistes, et exige de répondre dès aujourd’hui à l'urgence sociale, écologique et démocratique.
Pour la première fois depuis des décennies à Saint-Étienne, une liste d’alternative, résolument ancrée à gauche et totalement indépendante du Parti socialiste et de ses renoncements, a été proposée aux suffrages. Nous avons ainsi pu porter dans cette campagne le refus des privatisations, et l’exigence de retour à une propriété et à une gestion publiques de l’ensemble des services privatisés : en premier lieu l’eau, mais aussi les cantines, les transports, les déchets, les services techniques municipaux… Nous avons exprimé ce que voudrait dire faire respecter réellement le droit opposable au logement, et conduire une politique des transports sociale et écologiste. Nous avons pu faire entendre des propositions pour une réelle démocratie directe et participative, exposer ce que pourrait être une vraie politique municipale en faveur de l’emploi… Autant de questions qui supposeront des mobilisations. Merci à celles et ceux qui viennent de voter pour la liste “ Une autre ville est possible ”. Ces voix sont un encouragement pour les luttes de demain, locales ou globales, dans lesquelles nous nous retrouverons ensemble, avec plus de force pour nous faire entendre.
Dimanche prochain, un choix plus restreint sera proposé aux électeurs et aux électrices. Pour nous, l’enjeu du second tour est simple : l’objectif est de battre les droites !
Nous ne savons pas quelle sera la configuration à droite, mais cela est pour nous sans importance. Que Messieurs Thiollière et Artigues, alliés politiques d’hier, concurrents aujourd’hui, soient à nouveau réunis demain ou non ne nous importe pas : les salades politiciennes de la droite ne doivent pas préoccuper la gauche.
L’équipe de M. Thiollière propose une gestion dans la continuité de la politique sarkozienne qu’elle a menée jusque-là, favorisant les intérêts du grand patronat et de la classe dominante au détriment du plus grand nombre.
Quant à M. Artigues, il a toujours soutenu la gestion Thiollière dont il a été jusqu’à ces derniers mois l’un des principaux adjoints. Comme député de droite, il a voté toutes les lois qui ont organisé la casse sociale.
Il faut en finir avec toutes les droites à la mairie, quelles que soient leurs étiquettes et leurs faux-nez. Et ce d’autant que les résultats de ces élections municipales auront une répercussion nationale : plus la droite perdra de mairies, plus Sarkozy et son gouvernement seront affaiblis politiquement.
Personne n’est propriétaire d’aucune voix. Chacun, chacune est évidemment libre de son vote le 16 mars. Mais nous combattons la politique des droites dans la rue comme dans les urnes. Nous appelons donc à voter contre ces droites qui tiennent la mairie depuis 1983, celle de M. Thiollière comme celle de G. Artigues, pour les sortir de la mairie et pour sanctionner la politique de Sarkozy et son gouvernement.
Nous appelons M. Vincent et son équipe, nous appelons l’ensemble des composantes de sa liste de premier tour à refuser avec la plus grande clarté les sirènes électoralistes d’une alliance politicienne avec le Modem. Une telle alliance avec une partie de la droite discréditerait encore davantage le Parti Socialiste et ses alliés auprès des classes populaires.
Ainsi, à condition qu’elle ne fasse aucune alliance avec G. Artigues et sa liste, nous appelons les électeurs et les électrices à porter leurs suffrages sur la liste de gauche, qui est conduite par Maurice Vincent.
Cet appel correspond simplement à l’impératif de battre les droites, et ne signifie en rien un ralliement de notre part à cette liste ou à son programme."
|