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Auteur Fil de discussion: Qui a permis ça ???  (Lu 3498 fois)
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Pianopiano
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« Répondre #15 le: 05 Avr 08, 23:44:10 »

Merci à Aétius et merci aussi pour les deux dernières contributions.

Les textes cités par Tooty sont d' une grand pertinence. Belle démonstration. Les vertueuses indignations à propos de ce qui se passe dans les stades sont bien  de nature cyclique. Un plat refroidi qu' on nous resservirait à intervalle régulier. CQFD. Ce qui est intéressant, au delà du fait, c' est la nouvelle conception du pouvoir que ce genre de battage média engage. On va en reparler.

Merci aussi à DV. D' accord sur bien des points. Sur Ingrid B. je n' ai pas dit qu' il n' y avait pas problème et nécessité de faire ce qu' on peut. J' ai simplement voulu dire qu' avant, sur de tels cas, on pratiquait une  diplomatie oblique, discrète, mutique et finalement très efficace.En laissant les problèmes au Quai d' Orsay (  avant le French Doctor ! ) et à la DGSE.La mise en condition, la tétanisation de l' opinion, il s' agit bien de ça, et le protagonisme hollywoodien apparaissent là aussi comme de nouveau mode de gouvernement, qu' il s' agit de décrire et de comprendre.

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« Répondre #16 le: 06 Avr 08, 22:02:12 »

On est d'accord.

Le French Doctor en fait effectivement des tonnes à l'égard du dossier ô combien délicat de la captivité d'Ingrid Betancourt. Encore ce soir au journal de France 2, il joue sur le registre de l'indignation et fait part avec théâtralité, de sa détermination indéfectible tel Richard Cœur-de-Lion partant en croisade.

Bon, souhaitons qu'au final, toute cette histoire ne se termine pas par un fiasco...
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« Répondre #17 le: 07 Avr 08, 15:19:19 »

A Pianopiano, Dernière Volonté, merci ! Votre débat est un régal pour l’esprit.

Il serait utile qu’il puisse être distribué à l’entrée des stades.

Sans aller jusqu’au « Aimez-vous les uns, les autres », qui reste toutefois un idéal, un jour, on finira par admettre les mérites de la civilité.

Faisons un rêve : qu’aux banderoles lyonnaises primaires et insultantes, les supporters Stéphanois en opposent une autre, plus sobre : « Que le meilleur gagne ! ».
Tels que nous les estimons, ils en sont capables.
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« Répondre #18 le: 07 Avr 08, 16:54:34 »

"Faisons un rêve : qu’aux banderoles lyonnaises primaires et insultantes, les supporters Stéphanois en opposent une autre, plus sobre : « Que le meilleur gagne ! »."


Elle est inutile cette banderole, puisque les meilleurs, c'est nous.
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« Répondre #19 le: 19 Avr 08, 23:17:44 »


Faisons un peu de lumière sur ces Ch’ tis injustement censurés par les Boulogne Boys, si politiquement et sportivement incorrects.En fait, sont - ils si gentils que cela ? Je vous offre un scoop ! Je vous en donne la primeur ! J’ ai recueilli les propos d’ un militant du FLNCh’ ti ( Front de Libération National Tch’ ti ). Je me suis contenté d’ en assurer la traduction en franco – français et  de  rewrighter un peu l’ interview. J’ espère que l’ on appréciera mes efforts.

CH’ TIS ! BIENVENUS AU CLUB !

« Jouez hautbois, résonnez musettes.

Divine surprise. La France compte une communauté de plus….

La communauté Ch’ ti.

Et on est bien dans le sens de l’ histoire. En plein logique fractale. Tendance !

Chantons tous son avènement !

Désormais et enfin, grâce à ce film, le Ch’ ti a une image, un univers imaginaire. Le Ch’ ti n’ est plus une abstraction, une imagination, un résidu folklorique, un déchet populiste ! Le film nous montre enfin toute la profondeur de son humanité. Désormais  le Ch’ ti a un visage, le Ch’ ti a une intériorité, le Ch’ ti a des sentiments, le Ch’ ti a une âme.Le Ch’ ti a une auréole. Rien ne sera plus, pour nous, comme avant.

Au cœur de cette affirmation identitaire, et c’ est ce que les scénaristes ont parfaitement vu, il y a  bien évidemment une langue et une immense culture. Le film montre bien la subtilité linguistique, la palette expressive, la puissance illocutoire, la force poétique et évocatoire du langage Ch’ ti. Quant à la culture, COMMENT avoir négligé, nié étourdiment ou injustement et si longtemps, le caractère choral et communautaire d’un tel déferlement créatif, qu’ il s’ agisse de chanson ( Du «  Dors min p’ti quinquin, min p’ ti pouchin, min gros rojin » à De Godewarsvelde Raoul ), qu’ il s’ agisse de gastronomie (des « Ch’ ti -cons à la flamande » aux « gratin de frites au camenbert », de « la goyère » de Valenciennes au « pudding el pain d’ chien », des « gâteaux à la carotte » aux « andouilles à la bière », sans oublier les bêtises de Cambrai ! ) en passant par les prouesses carillonnaires  de notre Jean – Sébastien Bach de beffroi interprété par mister Boon ( dopé à la Ch’ tella Artois il est vrai, mais d’ où vient le génie Ch’ ti sinon de là ? ) ? Le film montre surtout que l’ on a à faire à une authentique civilisation ( la civilisation Ch’ ti ), une civilisation porteuse d’ une constellation de « valeurs » qui toutes sont de nature à enrichir « le Vivre EnCH’ Temble » européen. De l’ aménité, de l’ urbanité, de l’ authenticité et un grand esprit de citoyenneté et d’ ouverture à « l’ Autre »: la ch’ ti attitude, la convivialité ch’ norde, le festivisme ch’ timique, la ch’ timitude. Disons le, affirmons le : il y avait, il y a  une Ch’ timitude métaphysique au ciel des idées platoniciennes, et….. vous étiez passés à coté de tout ça !

On est donc en pleine logique de reconnaissance d’ une minorité-minorée ( par définition), d’ un groupe-ethnique-«méprisé-stigmatisé-discriminé» ( par définition ) par l’ arrogance gauloise ( par définition ). Pour ces exclus de la « reconnaissance » qui rament depuis des millénaires après une réappropriation de leur identité ch’ tnordiste, pour ces martyres de l’ anonymat communautariste, pour ces rescapés de l’ épuration ethnique et pour ces aliénés de la bonne conscience de soi, pour ces humiliés par la Ch’ tiphobie que nous sommes, eh bien, le martyrologue identitaire, le chemin de croix communautaire sont sur le point de prendre fin. Enfin, passer de l’ obscurité à la lumière ! Enfin, sortir de l’ invisibilité et du non – être !

D’ où toute une série d’ initiatives pour placer enfin  la communauté Ch’ ti sur la voie d’ une identité universellement revendiquée et d’ une « Ch’ ti – Pride » refondatrice . Tant d’  autres groupes culturels ou ethniques ont déjà bien travaillé dans cette direction, comme pionniers de la désagrégation nationale par fragmentation tribale, que le scénario en est déjà fortement balisé. On nous a bien ouvert la voie. 

Déjà il serait question d’ enseigner le Ch’ ti comme langue régionale, puis rapidement comme langue officielle dans les écoles. Le Ch’ ti en cours, voilà de quoi motiver les potaches. Avec Kad Merad et Dany Boon qui feraient la tournée promo de tous les lycées. Waouh, la déconnante ! On  imagine une épreuve de Ch’ ti  au bac avec commentaires des séquences du film. Recommandée particulièrement la scène du « il a pris les ch’ iens « ainsi que celle du «  J’ vous dirai quoi ! » ! Vous imaginez l’ ambiance le jour de l’ exam ! Plié en quatre le jury ! Enfin une école ouverte sur la vie ! Enfin un courant d’ air frais dans les IUFM !

Mais sans brûler les étapes ! Il faut d’ abord entreprendre un peu de purification éthique et de culpabilisation. Et quand je dis un peu, c’ est un bon stage de quelques décennies d’ expiation qu’ il faudra infliger à ces bouffons d’  gaulois . Après tant de siècles de colonisation çaisefran ( les céfrancs…), il faut que nos colonisateurs en viennent à ressentir les affres de la culpabilité pour ce qu’ ils ont infligé à nos contrées et à nous honorer d’ une juste repentance bien pénitentielle. On compte sur les camarades-burocrates-sociologues qui éditorialisent dans Libé et sur tous les camarades-théologiens du multiculturalisme qui officient au Monde pour leur raconter éternellement «  les siècles d’ ignominies, d’ injustices historiques et de Shoah morale «  au détriment de notre peuple, dont ils se sont rendus responsables. Mais cela ne saurait suffire. Il faut qu’ elle soit doublée d’ une politique de discrimination positive à l’ égard de tout le peuple Ch’ ti et donc d’ une politique de quotas pour une communauté soureprésentée dans la classe gouvernante, les médias et ailleurs. Combien de Ch’ tis au gouvernement ? Combien de Ch’ tis dans les médias et au JT de TF1 et de France 2 ? Je vous le demande ! Il faut d’ urgence constituer un CRICF – Conseil Représentatif des Institutions Ch’ ties de France. Il faudra rentabiliser / exploiter leur mauvaise conscience dans une optique de réparation de l’ ethnocide culturel  que nous avons subi, il faudra aussi  demander des compensations historiques, sonnantes et trébuchantes  pour le génocide mémoriel et identitaire dont les Ch’ tis ont été affligés. On pourra compter sur le concours spontané et le délire pénalophile de toutes les piranhas de la procédure, les vautours des associations lucratives sans but, les hyènes du « dommages ( fictifs ) et intérêt ( bien concrets ) » et autres confréries de traqueurs de « phobes » et de cloueurs de piloris pour (re)mettre dans le droit chemin tout comportement qui n’ irait pas dans le droit fil de la Ch’ ti – philie la plus compulsive et la plus prosternée. À vos marques !

Et déjà, est – ce une surprise ? on va se préoccuper de faire voter des « loi mémorielles » pour punir tout propos attentatoire à l’ identité Ch’ ti, que ce soit pour une simple interrogation émise sur sa réalité, pour  le moindre doute émis sur la nature de son apport et de sa Culture ( nous serons de grands « vigilants » du « négationnisme anti – Ch’ ti » ) ou pour propos agressifs vis à vis de notre communauté, propos susceptibles «  de porter atteinte à sa dignité et à l’ estime de soi » ! Mettre la Ch’ tipobie au même plan de pathologie et d’ ignominie que l’ homophobie, la judéophobie, la gynophobie, la masculophobie, la sarkophobie, la ségophobie, la belgophobie, la fumophobie  ….etc  bref toutes les formes d’ Altérophobie. Est déjà en préparation un loi destinée à criminaliser légitimement et pour de louables raisons compassionnelles,  toute Liberté d’ Expression sur ces sujets qui pour nous, sont à l’ évidence tellement sensibles humainement et humanitairement, que l’ on peut assimiler tout regard critique à notre encontre à une démarche blasphématoire, chose  que nos blessures psychiques, notre sensibilité héréditaire d’ écorchés vivants ne peut en aucun cas supporter. Maintenant ce sera «  Maximum Respect » ! Sinon…! Ah mais !

Déjà il est question de demander pour les Ch’ tis immigrés ou déportés en France des lois spéciales propres au respect de leur identité Ch’ ti : un droit spécial Ch’ ti, des écoles spéciales Ch’ ti pour les enfants où on enseignera prioritairement notre culture Ch’ ti et des carrés Ch’ ti dans les cimetières. On ne va tout de même pas mélanger des serviettes et des torchons, des buveurs de bière et des avaleurs de vinasse qui pourraient nous contaminer par voie posthume.   

Déjà on envisage  la naissance d’ une nouvelle étoile sur le drapeau de l’ UE, autrement dit  d’ un nouvel état européen dans le cadre du fédéralisme eurolandiste : le Ch’ ti – land. On va regarder de près le tracé de nos frontières pour revenir sur la spoliation de tant de territoires identitairement Ch’ tis et passés sous la coupe du gaulo-impérialisme ( La Somme, l’ Oise et l’ Aisne, excusez du peu !). Par ailleurs, on ne voit pas pourquoi  le cinq point neuf et le six point deux devraient être frustrés d’ un authentique statut politique dans la mesure où des confettis politiques bien moins peuplés, comme Slovénie, Kosovo se sont vus reconnaître le droit à l’ existence, et même dans le cas de Malte, de Chypre, du Luxembourg, le privilège de cornaquer le mammouth européen tout comme l‘ Allemagne, l’ Italie, la France…etc soi – mêmes. Pourquoi pas nous ! Puisque c’ est dans le droit fil d’ une politique européo/européiste de « promotion des langues et des cultures minoritaires  » en vue de la recompaction des fictions identitaires locales en véritables entités politiques ? La  dernière étape ce sera donc la constitution d’ un État Ch’ ti  pour lequel l’ aval par  la commission de Bruxelles ne saurait faire aucun doute.

Vive la Nation Ch’ ti !

Et vous les gagas, à quand le Forez Libre ? Et vous les gones, les savoyards, les vendéens, les bretons.…

Alors, quoi ! Elle vient cette sécession !

On pourra toujours vous servir d’ exemple et vous aider…… »

Fin de citation.

PS : Il existe une méthode Assimil Ch’ ti, celle d’ Alain Dawson. Il n’ est jamais trop tard pour se cultiver….À bon entendeur…..

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Aétius
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« Répondre #20 le: 20 Avr 08, 15:36:05 »

Salut, Pianopiano, c'est la forme je vois!
Dans Le Monde de Dimanche, un article de Philipe Marlière:
"Les Ch'tis", "Germinal" comique. Mais peut-être l'avez-vous déjà lu.
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Pianopiano
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« Répondre #21 le: 29 Avr 08, 21:06:17 »

PARANOÏD PARK !

L’ affaire de la banderole des Boulogne Boys doit être pensée dans le cadre d’ une analyse de ce qu’ est  le film “ Bienvenue chez les Ch’ tis”. L’ appréciation qu’ on peut en avoir  ne peut venir que d’ une juste appréciation du film lui - même. C’ est à partir de là que l’ on peut  refléchir sur les réactions publiques que cette affaire a suscité : média, politiciens...etc. Toutes choses intéressantes pour comprendre  l’ air du temps - on n’ osera dira pas l’ esprit.

Et sur ce plan je remercie Aétius pour son « tuyau ». Très intéressant en effet  le papier de Philippe Marlière paru dans Le Monde du dimanche 20 avril.Il apporte un peu d’ eau à mon moulin. Voyons comment.

Mais avant de reprendre à mon compte ses propos, je me permettrai de lui faire deux critiques : la première est qu’ il n’ y a pas UN nord dans ce film, mais DEUX.Et la deuxième ,que, précisément dans ce cadre là,  sa référence à Germinal est plutôt inappropriée.

GÉOGRAPHIE PHYSIQUE

Voyons cette question des deux nords.

Il y a un nord des années 2008 ( celui des casquettes de base ball siglées La Poste, les vélos jaunes, la  Laguna, les téléphones portables... et  un centre ville Bergues bien propret et quasiment déjà touristiqué...etc ). C’ est le nord qui sert de cadre aux aventures des héros.

Il y a aussi  un nord des années 1950 ( les  corons, les mineurs, le charbon, la misère...etc) que l’ on fait visiter à la femme de Kad Merad vers la fin du film pour lui permettre de s’ enfoncer encore, s’ il en était besoin, dans ses préjugés anti nord. Un nord mythique, fantasmatique qui conjugue un effet Germinal à un effet  “enfer du nord” genre Paris-Roubaix   des années Robic, Hinault..etc. Un stéréotype avec lequel nos héros vont jouer pour mener en bateau la sudiste invétérée. Une caricature du stéréotype connu. Le stéréotype au carré. Un nord à la puissance deux.

Ce nord des années 50, évoqué à travers une mise en scène interne au film qui est le fait des personnages, ce nord proche de Germinal est mis à distance par le film lui - même. Il  a pour fonction de servir de repoussoir au nord actuel, il est là pour susciter la comparaison. Et on se dit, inévitablement, que depuis Zola le nord a fait de spectaculaires progrès.Le nord 2008 est un nord bien clean, bien lifté !Ce qui n’ est quand même grandiose comme résultat à 100 ans de distance! Mais enfin ce qu’ on nous montre de Bergues n’ a plus rien à voir avec Germinal ! Le nord n’ est plus dans le nord et Germinal est renvoyé dans les poubelles de l’ histoire. C’ était d’ ailleurs un des buts de ce genre d’ opération de com localiste financée par une région  ( ici le Nord / Pas De Calais ) que d’ essayer de neutraliser des représentations négatives. 

GÉOGRAPHIE HUMAINE

Mais, s’ il y a un nord géographique 2008 où on a bien karchérisé le stéréotype Germinal, il y a  aussi un nord humain. Et c’ est là qu’ il y a problème.Le stéréotype revient au galop.Celui - ci   recycle toutes les idées toutes faites, les stéréotypes les plus courants que l’ on colporte, cette fois, sur cette population septentrionale d’ un coin à l’ autre de l’ héxagone.

Je laisse la parole à Marlière, après avoir fait un petit condensé de ses propos.Et là je suis en plein accord avec lui.

« Le suremploi anachronique du ch'timi dans le film n'est pas fortuit : il permet de souligner à gros traits la nature (…) des Nordistes et de suggérer en même temps qu'ils sont un peu "babaches" (primaires). Non seulement les personnages principaux parlent un patois incompréhensible, mais ils sont aussi laids et obèses (à l'exception d'Anne Marivin, la postière), inactifs ou oisifs et, bien entendu, ont un penchant pour la bouteille.

« On notera (...) que les principaux personnages travaillent à la poste. (…) ces postiers sont des fonctionnaires pépères (des "bringueurs" invétérés), pas très professionnels (Dany Boon en postier alcoolique) ; bref, le Nord que l'on donne à voir ici se conforme à l'imagerie dominante d'une région à la main-d'oeuvre peu qualifiée et peuplée d'assistés sociaux. »

«  Bienvenue chez les Ch'tis est donc une comédie ambiguë…, mettant en scène un prolétariat dévoué, mais pas très futé, dans une région économiquement arriérée. Bon gré, mal gré, ce film flatte les principaux poncifs anti-Nord : serait-ce la raison de son succès commercial phénoménal ? «

Les personnages Ch’ tis du film sont BIEN alcolos, primaires, demeurés, moches, tire au flanc, assistés, gentiment archéos, attardés, ( ils parlent la patois ) et sexuellement retardés et infantiles  comme le personnage joué par Dany Boon. Le territoire a changé mais eux, ils sont restés conformes à une certaine représentation des nordistes.

RETOUR SUR LA BANDEROLE

Je laisse à nouveau la parole à Marlière avec des observations sur la banderole qui me paraissent aussi très justes.

“LA BANDEROLE DES SUPPORTEURS DU PSG ÉTAIT INJURIEUSE, MAIS ELLE N'A FAIT QUE PARAPHRASER DE MANIÈRE IRONIQUE LE MESSAGE QUE VÉHICULE IMPLICITEMENT LE FILM DE DANY BOON. LE SCANDALE QU'ELLE A PROVOQUÉ EN FRANCE PEUT DONC PARAÎTRE PARADOXAL, CAR LA SOURCE DE SON INSPIRATION SE TROUVE BIEN DANS CETTE COMÉDIE. »

Au fond cette  banderole se contente de reprendre les stéréotypes diffusés par le film lui-même, elle ne fait que recycler ce qui est dit tout au long de l’ “oeuvre”, elle tient le même discours.Avec la pédophilie en plus il est vrai, mais là elle ne fait que recycler le discours des médias sur les affaires Dutroux / Fourniret..etc, dans un quart nord un peu flou pour des esprits pas très doués en géo et où les frontières ne sont plus tout à fait explicites. Sur ce thème, qui devait fatalement ressortir et être instrumentalisé dans le cadre des défis homériques que se lancent les associations de supporters, la pédophilie ne pouvait pas ne pas servir un jour de munition, de projectile. Elle est l’ objet d’ un type d’ amalgame et de généralisation hâtive, scandaleuse mais tout à fait usuelle.On connaît ce genre de contexte argumentatif,  qu’ il soit référé à une personne ou à x personnes : “ Tu n’ es qu’ UN ....”,”Vous êtes tous DES...”(suivent un ou trois qualificatifs censés tout dire  de la psychologie de l’ ennemi)

Classique !

LE PARADOXE

Le paradoxe, pour reprendre le mot de Marlière, à quoi j’ ajouterai pour mon compte “le comique” , je dirai même plus, “le grotesque”,  est que cette affaire de banderole soit devenue une affaire d’ état.Avec tocsin, branle-bas de combat, patrie en danger, auxarmescitoyens,mobilisation générale, mobilisation des associations droitdelhommistes qui montent au front ( télévisuel, c’ est moins risqué ), danse de Saint-Guy des médias et tétanisation de l’ opinion sur cette horreur prétendument “nazie”, “reductio ad hitlerum” usuelle, mobilisation de l’ agenda présidentiel, mobilisation d’un ministre de l’ intérieur et toute la police parisienne en ordre de bataille, vertueuses indignations,tests ADN, conférences de presse devant pupître, dissolution des associations factieuses qui avaient ourdi presque un complot contre la sécurité de l’ état, nazification et pilori médiatique pour les deux ou trois abrutis qui ont tout manigancé et  voulaient rebondir sur la notoriété du film. On se serait cru revenus à l’ époque où Croix de feu, Action Française, Camelots du Roi, Solidarité Française, Jeunesse Patriote avaient voulu s’ emparer de l’ Assemblée Nationale avec des manifs qui s’ étaient soldées par 17 morts le 6 février 34 ! On se serait cru revenus à l’ époque de l’ OAS ou de la Gauche Prolétarienne !

Tout ça ne semble t – il pas quelque peu surrinterprété / surréagi / surjoué?

Comment un fait politiquement subsidiaire (voir mon avant dernier texte ), disons  même parfaitement inexistant ( la banderole ne dit rien d’ autre que ce que dit le film), peut être instrumentalisé, devenir psychodrame national et déclencher une telle tempête politico-médiatique qui va prendre la tête des français pendant quinze jours ? Comment une simple banderole dans un stade devient un cauchemar national ? Comment une thématique qui a été bénie urbi et orbi dans le film, devient parfaitement satanique ou satanisable lorsqu’ elle se voit transcrite sur une des banderoles des multiples associations concurrentes de supporters du PSG. Avec excomunications, rites conjuratoires, exorcismes, aspersion d’ eau bénite à la clef ! Voilà les problèmes qu’ il faudra résoudre. 

Un épisode en tout cas décidément riche d’ enseignements.  N’ apporte - il  pas un éclairage intéressant sur la conception de la politique que les oligarchies au pouvoir ( gauche et droite,politiciens et médiacrates ) ont aujourd’ hui de la gestion des populations autochtones, du politique et de la conduite de ce qu’ il reste de ce pays ?

Encore faut - il la définir.

On est fort loin d’ avoir épuisé le sujet !



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« Répondre #22 le: 11 Mai 08, 14:38:16 »



Toujours les Boulogne Boys dont les aventures me semblent très productives si l’ on veut bien un peu réfléchir.
Qu’ on me pardonne un peu de technicité en début de texte. Les conclusions ne manqueront pas d’ être explicites et… surprenantes. Cela dit, j’ aggrave mon cas !



C’ EST QUI QUI DÉRAPE ?



HONNI SOIT QUI MAL Y PENSE !

Un élément que nous n’ avons pas relevé à propos de la célèbre banderole est qu’ elle fait partie d’ une énonciation….contextualisée. Elle ne portait pas une affirmation de caractère intemporel, c’ était une énonciation située dans le cadre d’ une interlocution bien précise, dans des circonstances bien précises. Elle a été déployée lors d’un match bien précis, par des gens bien précis, à destination de gens bien précis, avec le dessein bien précis – non pas de les qualifier dans l’ absolu, mais cpour l’ occasion et dans le but de faire monter la tension entre équipes et groupes de supporters. Elle appartient donc à une situation, elle a son efficace dans ce contexte seul et non en dehors de lui. C’ est d’ ailleurs le contexte qui produit ce genre de discours. Enlevez le contexte et le discours n’ existe plus. Après  chaque match c’ est page blanche et rebelotte pour le prochain où il s’ agira de fourbir de nouvelles provocs marrantes pour rigoler entre copains…ou supporters adversaires. Un jeu dans le jeu. Une partie dans la partie.

Ludiquement. Sans que ça porte moindrement à conséquence. L’ espace du jeu n’ est pas celui du sérieux ! Viendrait – il à l’ idée des stéphanois qui ne vont jamais au stade de s’ offusquer des banderoles des supporters lyonnais lors d’ un derby. C’ est affaire de supporters, et basta ! Pour faire simple, c’ est «  les gros cons parlent aux gros cons, et réciproquement ».On leur laisse leurs zizanies. Et chacun en remet une couche la fois suivante sans que cela déborde hors de Geoffroy Guichard. Et on oublie.

En l’ occurrence les Boulogne Boys s’ adressaient aux supporters de Lens et à personne d’ autre, ceux qu’ ils avaient en face d’ eux. Point. Et ceux de Lens ne devaient pas être en reste dans le choix des avanies du genre «  Parisiens, têtes de chiens » et autres gracieusetés intelligentissimes.

Classique. On est dans un rite bien connu.

SPÉCIAL DÉLIRE !

Mais c’ est là qu’ il y a dérapage.

Mais qui a dérapé ?

Des gens qui ont l’ extrapolation facile et chevillée au corps. Des gens que travaille la seule idéologie de ce temps, la paranoïa humanitaire alliée à la victimologie compassionnelle conjuguée à la schyzophrénie droitdelommistique. Qui cherchent ( et trouvent ) à tout traduire même le réel le plus rétif, sur ce registre et selon cette grille de lecture. Parce qu’ il faut nécessairement se doper à l’ adrénaline de l’ indignation vertueuse et au plaisir pervers de la dénonciation.  Disons qu’ il y a là toute la pathologie politique contemporaine qui est la vraie et seule culture de ce temps et qui est largement partagée entre la groite et la drauche.

Prise sous cet angle ( délirant) la vanne la plus anodine devient une agression, un guet-apens, un attentat, un crime contre l’ humanité, une Shoah morale….

Selon quelles étapes, quelle méthode ?

D’ abord se prendre pour une avant garde moralisatrice à la recherche de torts à redresser et de croisade correctiste. Se chercher une bête immonde à criminaliser. Ensuite se prendre pour Kouchner et s’ accorder au nom des grands principes un droit d’ ingérence dans un milieu, un contexte qu’ on connaît pas. Plaquer ensuite son esprit de sérieux moralisateur sur ce qui ne relève que du ludique. Prendre au sens propre ce qui n’ est que fiction, piteuse, je vous l’ accorde. Se déguiser en abbépierre pour chercher de la victime à victimiser, une soit disant discrimination à cultiver. Prendre la plus petite réserve, la plus petite critique, la plus petite invective comme une « atteinte intolérable » au dogme de l’ amour universel ( version évangélique) ou des droits de l’ homme ( version PC ). Faire entrer de force l’ épisode dans la dialectique du bourreau et de la victime, du maître et de l’ esclave, du colonisé et du colonisateur, au choix . Pratiquer « l’ extension indéfinie du domaine de l’ amalgame » ( Merci Houellebecq ! ), la généralisation indue.

Le millier de supporters visiteurs de Lens lors du match avec le PSG passe aussitôt du statut de chambré à celui d’ agressé-outragé-humilié-victimisé-stigmatisé. Mais un millier ce n’ est pas assez. Il faut nécessairement  inventer au besoin d’ autres classes de victimes pour parfaire la chose, sortir du néant des communauté fantasmatiques. C’ est TOUS les supporters de Lens que les Boulogne Boys ont insulté, TOUS les habitants de Lens, TOUTE la région de Lens, les DEUX départements du nord, LE Nord soi- même, LES ch’ tis, et pendant qu’ on y est pourquoi pas LA nation Ch’ ti, et l’ HUMANITÉ en soi! Mais comme le cercle concentrique n’ est pas assez vaste, il faut réquisitionner la passé. Le Ch’ ti land au cours des âges ! Pourquoi ne pas remonter le cours des générations ( on aurait insulté la ch’ timitude sur trente six générations ) et pourquoi pas jusqu’ à Adam et Ève ! On va pas faire dans le détail, et pourquoi la pente du raisonnement ne nous amènerait pas jusque là ? Même au dépens du vrai et du réel, ce qui n’ est décidément plus le problème.

Dès lors, on comprend que Alliot Marie ait confondu l’ assos des BB avec une ligue fasciste de 1934 comme si ceux – ci allaient incessamment donner l’ assaut au parlement de l république et s’ emparer de l’ Élysée par les armes.

Dès lors on comprend que le procureur de Bobigny ait instruit «  pour provocation à la haine et à la violence ». Confondant par là les rituels des supporters avec la guerre civile, comme si on était à la veille d’ une Saint – Barthélémy.

Dès lors on comprend que la commission de discipline de la ligue, pas plus indemme que le procureur ou quiconque de cet esprit du temps, et sous la pression  idéologique des médias, ait produit des attendus pour le moins surprenants….et très attendus si on se réfère au contexte. «La commission de discipline n'a pas trouvé dans la banderole des éléments purement racistes qui nous aurait conduit à enlever des points au PSG. Il est incontestable que de s'en prendre à une communauté, à un ensemble de population qui revendique un mode de vie et une identité commune, s'apparente à une forme de XÉNOPHOBIE, a ajouté Jacques Riolacci ».

Génial. Et ravi d’ avoir précédé mais dans la parodie ce que Riolacci allait pondre! Le numéro de politique fiction dont je vous ai gratifié avec le FLNCH’ TI dans mon texte Paranoïd Park, était encore en dessous de la réalité. La banderole n’ est pas « purement » raciste mais sans doute obliquement, subliminalement raciste, comme s’ il y avait une race nordiste ! Voilà même la population du nord travestie en « communauté » ( Au fait, quelle religion autre que celle des autres français ?). Voilà de plus qu’ on invente aux nordistes une hétérogénéité par rapport au reste des français et des « revendications culturelles et identitaires », mettant ainsi le Ch’ ti – land sur la pente savonneuse du sécessionisme corse. Mais le plus savoureux, l’ apothéose est sans doute l’ imputation de « xénophobie ». Tenez vous bien ! Asseyez – vous pour ne pas tomber à la renverse ! On apprend ainsi que les nordistes appartiendraient à un autre peuple et à une autre nation, seraient des étrangers ( xénos = l’ étranger en grec !).

Le mur du con n’ est – il pas dépassé ?

Alors réellement, c’ est qui qui dérape ? C’ est qui qui délire ?

Toujours s’ inventer des ennemis ! Quand ce ne sont plus les ennemis de la religion, ce sont les ennemis du peuple, ou les ennemis de la classe ouvrière, ou les ennemis de l’ humanité. La conclusion étant que le stalinisme – l’ esprit de système conjugué au sectarisme -  est décidément un invariant de l’ esprit humain, mais que chaque époque lui donne un contenu différent. Aujourd’ hui ne serait – ce pas  le Politiquement Correct qui endosserait les habits toujours neufs, mais softs cette fois, du totalitarisme ? Je laisse la question en suspens.

Mais tout ceci ne nous dit pas pourquoi à intervalle régulier, RITUELLEMENT, on se fait un petit plan média anti supporters ! À suivre !



   


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« Répondre #23 le: 26 Mai 08, 23:22:41 »

Vous avez peut - être lu mon texte "Ch'tis : bienvenue au club" C' était un exercice d' anticipation et de prospective politique qui évidemment avait tout de la déconnante, mais plausible, car basé sur une extrapolation de la pensée unique drauche et groite confondues.

Or qu' a t - on vu cette semaine ? Un amendement voté à l' UNANIMITÉ au parlement et  proposant d' inscrire dans la constitution La charte des langues régionales ! Dont le Ch' ti : un parlementaire du nord a même jugé intelligent d' en faire usage en plein débat....sans doute pour se faire mieux comprendre.

Il n' y avait rien de plus urgent à faire ! Comme quoi, la réalité politique de ce temps rattrape toujours la fiction la plus débridée.
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« Répondre #24 le: 27 Mai 08, 22:32:59 »

Mais tout ceci ne nous dit pas pourquoi à intervalle régulier, RITUELLEMENT, on se fait un petit plan média anti supporters ! À suivre !

Permettez-moi de vous donner mon avis. Et il ne concerne pas que les médias, il concerne aussi les politiques.

Parce que pour poser son cul dans une tribune, il faut avoir des couilles. Avant d'avoir un cerveau.
Et c'est surtout vrai pour le kop Boulogne, sans même parler de Boulogne "rouge".
 Clin d'oeil

Je peux aussi reformuler:


Permettez-moi de vous donner mon avis. Et il devrait concerner aussi les médias et les politiques...
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"Allez c'est bon, j'me casse, j'ai pas fait le tour du monde pour revenir me faire insulter à Saint-Etienne..."
Yaz, Le Flamiche, Sainté, 28/05/08
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