Salut à tous,
l'élection de Maurice Vincent et de nombreux autres maires de gauche va logiquement modifier la donne à Saint-Etienne Métropole. En dehors des grands projets lancés sous le mandat précédent, de nouveaux projets métropolitains importants pour les 6 années à venir vont être décidés.
Sachant que, si la Ville de Saint-Etienne s'est désendetté ces 7 dernières années, Saint-Etienne Métropole s'est, par contre, assez fortement endettée.
D'autre part, la majorité des grands travaux des 7 dernières années ont été pour la ville-centre de Saint-Etienne (Cité du Design, Zénith, 2nde ligne de tram, Pôle Optique-Vision) et peu pour les autres (Le Corbusier à Firminy, Métrotech à Saint-Jean Bonnefonds et « c’est tout »). Il "risque" donc d'y avoir un (fort) rééquilibrage.
Enfin, les ménages les plus riches travaillant à Saint-Etienne ont plus tendance à habiter dans la Plaine du Forez voire le Rhône ou la Haute-Loire soit des territoires hors d'influence de Métropole. Il semble désormais impossible de ramener sur le territoire couvert par Métropole ces ménages qui sont le plus souvent bien installés. L'extension de Métropole (déjà non réalisée quand les principaux maires étaient tous de droite) semble d'autant plus impossible maintenant qu'il y a une "scission" théorique entre les élus de gauche de Métropole et les élus de droite de la Plaine. Pourtant, la CCI est le CCI de Saint-Etienne/Montbrison (donc des 2 arrondissements regroupant 560 000 habitants), l’aéroport de Saint-Etienne est à Andrézieux-Bouthéon et l’hippodrome stéphanois à Saint-Galmier soit 2 villes qui ne sont pas sur le territoire de Métropole. Autant d’exemples qui montrent une fois de plus que la situation actuelle peut difficilement durer et ce, dans l’intérêt de tous. Avec la mort annoncée (à plus ou moins long terme) des départements, que deviendraient les communautés de communes « Loire Forez » ou « Monts du Pilat » ? A moins que le véritable objectif de ces communes et de métropole soit de se fondre dans la grande aire urbaine lyonnaise.
A ce titre, certains reprochent à M. Vincent de vouloir jouer la carte lyonnaise mais c’était aussi le cas de M. Thiollière en prenant C.Malécot dans son équipe (ancien du Grand Lyon) ou en présentant Chateaucreux comme « le deuxième pôle tertiaire de l’agglomération lyonnaise »… A mon sens, un rapprochement est inévitable mais pas seulement avec Lyon mais aussi avec Grenoble pour former un grand ensemble urbain qui pèse en Europe (3 millions d’habitants). Le pseudo éloignement géographiques des 3 agglos est un faux problème à l’échelle continentale ou mondiale. Les 3 maires des 3 plus grosses agglos de Rhône-Alpes (sans compter Roanne, Montbrison, Villeurbanne, etc. ou Clermont en Auvergne) sont tous de gauche. Une chance « théorique » pour faire avancer les dossiers qui concernent les 3 agglos : regroupements au niveau des universités et des grandes écoles, autoroutes et liaisons ferroviaires, « répartition des tâches » des aéroports, « répartition » des pôles économiques spécifiques à chacun et prospection économique commune pour plus de lisibilités à l’international et plus d’économies d’échelle via l’absence de concurrence frontale.
Au final, les marges de manœuvre financières de Métropole risquent d'être sensiblement les mêmes (voire moins élevées) que sous le mandat précédent entre la dette et l'absence de nouvelles rentrées fiscales.
Cependant, ce n'est pas une raison selon moi pour freiner les investissements nécessaires à la relance de l'agglomération stéphanoise même si les marges de manœuvre vont être très limitées. Il faudra donc veiller à l’utilisation de chaque euro.
Il y a déjà des projets lancés:
- la reconversion du site GIAT de Saint-Chamond, avec normalement une grande salle de sport (avec une fusion du SEB et du club de St-Chamond au passage ?) mais les armatures métalliques de ces anciennes halles industrielles semblent peu adaptées pour y intégrer une salle de Basket de niveau Euroligue sans gêner la visibilité de nombreux spectateurs. On en a également parlé pour l’implantation d’une patinoire métropolitaine.
- La cité du design (et sa « mue » aussi bien dans le contenu que dans le contenant à terminer)
- le pôle d'affaires et administratifs de Chateaucreux. Je suis d'accord avec Boibz et d'autres sur le fait
qu'il serait bête de se priver du talent de Fumihiko Maki (avec, qui sait, un skyscraper à Sainté ?) –
d’autant plus que ce serait sa première réalisation en France - pour un quartier qui prend de toute façon des contours clairement modernes en termes d'architecture. Reste à voir les plans et la cohérence de l'ensemble cependant.
Il y a également les projets qui pourraient (et devraient selon moi) être lancés:
EQUIPEMENTS SPORTIFS ET CULTURELS
- l'agrandissement de Geoffroy-Guichard en un "vrai stade moderne" capable d'accueillir une finale de Ligue des Champions (5 étoiles selon les critères de l’UEFA) : c'est la condition sine qua non pour être sûr d'être retenues parmi les villes hôtes de l’EURO 2016 si la France en obtient l’organisation. En effet, si la phase finale de l’Euro reste à 16 pays qualifiés, il n’y a que 8 villes organisatrices selon le cahier des charges de l’UEFA. Si on reprend les villes de la Coupe du Monde 98, il y en a déjà 2 de trop. Qui éliminer alors ? Saint-Etienne et Montpellier semblent les plus faciles à éliminer. Ce sont les 2 stades les moins modernes et les moins grands sans compter qu’il y aurait d’autres villes organisatrices « à côté » : Lyon pour nous, Marseille pour Montpellier. Le Stade de France, le Parc des Princes, le Stade Vélodrome semblent indispensables, le futur Stade de Lyon de 60 000 places aussi. Les Stades de Bordeaux, Nantes, Toulouse et Lens aussi pour une question de bien « répartir » les villes organisatrices sur tout le territoire. Sans compter que Lille, qui n’avait pas accueilli le mondial 98, aura un nouveau Stade ultra moderne de 50 000 places ce qui fait un concurrent de plus auquel on peut éventuellement rajouter Strasbourg avec un hypothétique nouveau stade qui « récompenserait » une grande région Est qui n’avait pas eu non plus le Mondial… Bref, c’est loin d’être gagné. Il faudra donc mettre le paquet et ne pas faire des aménagements a minima comme en 98 ou pour la récente Coupe du Monde de Rugby.
Il faudra également faire jouer son réseau en maintenant notamment Roland Goujon a un poste important à Métropole (et ne pas faire de politique partisane qui revient à faire perdre toute l’agglo) car, outre ses compétences et ses connaissances des dossiers, il est un ami proche de Michel Platini, ancien joueur de l’ASSE et surtout actuel président de l’UEFA. Le Stade Geoffroy-Guichard étant sûrement le monument de Saint-Etienne le plus connu nationalement, il faudra également
avoir enfin un contenant à la hauteur du contenu en faisant appel à un grand architecte international tout en gardant l’âme du Stade avec des kops tout près des cages.
- Cet agrandissement devra pas se limiter au Stade mais comporter un aménagement de l’ensemble du site avec (enfin !) un vrai musée de l’ASSE, des hôtels, galeries marchandes, un élargissement conséquent de la voirie, etc.
Au niveau des équipements culturels :
- un nouveau Musée d’Art moderne (qui ferait face à l’actuel) sur le site de la DOA serait une excellente chose, à condition qu’il s’accompagne d’un geste architectural fort qui en ferait LE monument symbole de la Ville (tel son Opéra pour Sydney), le tout au milieu d’une zone de la DOA qui serait aménager par ailleurs en parc paysager. L’importance du site permettrait sûrement de faire les deux. L’actuel musée deviendrait la réserve du nouveau et pourrait servir à des expositions complémentaires.
- Le réaménagement de l’ancienne école des Beaux-Arts en Musée des Beaux-Arts (on doit être la seule ville de France à avoir une école des Beaux-Arts sans un musée du même nom)
- La délocalisation de l’ESC sur le site de Chateaucreux. Les anciens locaux de Manufrance deviendrait un Musée des Cycles et du vélo en pleine logique avec l’histoire du monument sans compter que de nombreuses arrivées de courses cyclistes se font sur le Cours Fauriel. Par ailleurs, le vélo reste un des sports préférés des français (malgré le dopage), le Tour de France une des manifestations sportives les plus suivies au monde et la collection actuelle est complètement noyée dans le terme « Musée d’Art et d’industrie » dans l’actuel MAI.
- Faire de la Cité du Design, l’outil de re-dynamisation de tout le territoire via la rénovation complète des commerces de centre-ville et d’ailleurs (opération « commerce design » étendue), zones industrielles en friches mais réutilisables en loft ou autres.
- Délocalisation des archives municipales sur le site de la Charité. Transformation des archives municipales en archives métropolitaines. Liens avec le Centre d’Interprétation du patrimoine et le Musée du Vieux Saint-Etienne tout proches.
AMENAGEMENT DU TERRITOIRE ET DEPLACEMENTS
- réalisation de l’A45 sous le tracé « Grand angle »
- idée d’un nouveau train ultra-rapide (Sainté-Lyon en 12 minutes) à garder dans un coin de la tête…
- rénovation de la ligne TER Lyon Saint-Etienne
- maintien de l’aéroport de Bouthéon pour des vols touristiques charters
- liaison ferrée directe vers l’aéroport de Saint-Exupéry
- réalisation de pistes cyclables et incitation à l’utilisation du vélo en ville ouvert à tous et pas seulement aux abonnées de la STAS
- réfection des gares de la Métropole, notamment la gare de Carnot et ses piliers, véritables verrues urbaines avec ces garages hideux.
ENVIRONNEMENT CADRE DE VIE
- réapparition du Furan là où cela est possible et valorisation des vallées de l’Ondaine et du Gier sur un modèle proche de l’Emscher Park dans la Ruhr
- Transformation de tout le quartier de Montreynaud en quartier HQE. Remplacement de la Tour Plein Ciel par une Tout témoin du virage écologique qu’a pris le quartier permettant ainsi que changer son image.
- faire du développement durable la condition préalable au lancement de tout projet
- développement du tourisme métropolitain et du tourisme d’affaires (faire de Saint-Etienne une vraie ville de Congrès avec rénovation du Parc expo à la clé) via la mise en valeur de tout le patrimoine stéphanois (notamment son patrimoine industriel atypique qui en fait un facteur de différenciatation notable par rapport aux autres métropoles françaises)
ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET EDUCATION
- objectif : passer de 14 000 à 30 000 étudiants en 6 ans via le développement de l’université, des filières d’exception (Beaux-Arts, design), des écoles supérieurs (ESC, école d’archi et écoles d’ingénieurs), lobbying pour obtenir de l’Etat la délocalisation de l’Ecole nationale supérieure de création industrielle sur le site de la Cité du Design et la création d’un IEP (sciences-po) à Saint-Etienne
- délocalisation de l’ESC sur le site de Chateaucreux (côté Soleil) et tissage de liens étroits avec Casino qui a déjà son Institut de Formation (économies d’échelle)
- rénovation complète des locaux historiques du site Tréfilerie pour en faire un vrai campus (aucun « esprit campus » à ce jour)
- délocalisation progressive de la Fac de Sciences et de l’IUT sur le site Carnot pour re-dynamiser le centre ville
- reconstruction sur le site de la fac de science à la Métare de logements HQE.
- Transformation de l’actuel IUT en parc technologique (pendant de Métrotech)
- Développer au maximum les liens entreprises/organismes de formation pour favoriser l’emploi et la concrétisation des travaux de recherches en produits et/ou services innovants
DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE
- maintien absolu du positionnement de Saint-Etienne comme la ville française du design. Utilisation des compétences de la Cité pour marquer la patte stéphanoise (commerces design, autoroute végétag notamment).
- Spécialisation de Saint-Etienne sur certains domaines pour être complémentaire des métropoles lyonnaises et grenobloises. Spécialités stéphanoises : design, mécanique, optique-vision, textile médical intelligent, logistique (via les nombreuses zones encore disponibles), agroalimentaire, etc.
- Développement des pôles de compétitivité stéphanois via une extension du Technopôle.
Dans les autres grosses villes de Métropole, Rive de Gier est la seule à n’avoir eu encore aucun équipement majeur. Le site Duralex devra être reconverti. Peut-être une bonne solution pour y implanter la patinoire métropolitaine ?
Bref, l'idéal serait d'arriver à faire passer Sainté dans le club des 10 plus grandes villes/métropoles françaises en termes de population (refranchir la barre des 200 000 intra-muros) et de PIB (via l'extension de métropole).
Merci de m'avoir lu jusqu'au bout

et à vos commentaires!