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Auteur Fil de discussion: Sauvons l'hôpital  (Lu 606 fois)
0 Membres et 1 Invité sur ce fil de discussion.
FREYDIER
Coissou
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« le: 30 Jun 08, 07:44:45 »

Une pétition pour sauver l'hôpital public d'une "privatisation progressive" qui entraînerait la "suppression d'activités médicales jugées peu ou pas rentables", a été lancée par des médecins et d'autres professionnels hospitaliers. Le système de santé français, basé sur la solidarité, permettant à chacun d’être soigné pour l’essentiel selon ses besoins et pas selon ses moyens, va laisser place à un système mixte où la part de la solidarité sera réduite tandis qu’augmentera la part des financements personnels assurés par la souscription à des assurances privées. Chacun sera alors soigné en fonction de ses moyens. Ce sera la santé, non pas à deux vitesses, mais à dix vitesses...

Pour défendre l'hôpital public, prendre connaissance de l'appel et le signer en ligne, cliquez ici : http://www.appel-sauver-hopital.fr/ . Diffusez cet appel autour de vous !
Le webmaster de  http://prgsaintetienne.canalblog.com/
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Tooty
Babièle
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« Répondre #1 le: 30 Jun 08, 09:02:57 »

ça serait bien aussi qu'on pense à payer les heures supplémentaires des 2 dernières années aux infirmières... (Et pas seulement aux médecins... qui gagnent déjà bien leur vie.)
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FREYDIER
Coissou
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« Répondre #2 le: 30 Jun 08, 10:40:27 »

Pour completer j'ajoute le temoignage d'une infirmiere:

"Je suis assez catastrophée en ce moment, car dans aucun média, aucune presse, même dans les discours de nos chers politiques, personne ne parle de ce qui se passe du côté de l'hôpital public... Et pourtant, moi qui le vis de l'intérieur, je vous garantie qu'il y a de quoi sauter au plafond (peut-être autant que les fautes d'orthographe dans ce mail, je m'en excuse...!).
Tout ce qui va suivre est un peu compliqué, peut-être, mais nécessaire pour vous expliquer ce qui se passe sur le terrain.

Je suis infirmière dans un service de Médecine adulte (Médecine interne et thérapeutique, pavillon 5, hôpital Bellevue à St-Etienne) avec une capacité d'accueil de 21 patients, dont 95% est muté directement des urgences. Autrement dit, la plupart ne sont pas encore très stabilisés sur le plan médical et ont donc besoin d'une surveillance étroite et efficace de la part des infirmiers et aide-soignants. Les femmes de ménage (ASH) ont elles aussi un rôle important, car au détour d'un couloir ou pendant qu'elles nettoient une chambre, elles peuvent être les premiers signaux d'alarme d'un patient en détresse. Sans parler de leur travail primordial pour assurer l'hygiène des services, rôle majeur dans la lutte des infections nosocomiales.

Nos équipes s'organisent ainsi : (les équipes de jour et de nuit sont indépendantes, je ne travaille que le jour matin-soir)
2 infirmières + 2 aide-soignantes + 1 ASH le matin
2 infirmières + 2 aide-soignantes + 1 ASH le soir
1 infirmière + 1 aide-soignante la nuit

Ceci est ce qu'on appelle le service minimum, autrement dit, c'est le minimum règlementaire pour assurer la sécurité des patients. Or il faut savoir que nous n'avons jamais de personnel en plus et que la tendance actuelle est de nous faire tourner en sous-effectif de manière presque systématique les soirs et les weekend, soit un seul infirmier pour 21 patients.

Depuis 2 mois, une de mes collègues infirmières a démissionné et n'est pas remplacée, une autre est en arrêt de travail qui risque d'être prolongé cet été et n'est pas non plus remplacée. Nous ne sommes donc plus que 6 infirmiers au lieu de 8 à assurer un roulement sur 4 semaines, jours de semaine, weekend et fériés compris. Alors nous effectuons 1 puis 2 puis 3 weekend supplémentaires (nous en travaillons déjà 2 sur 4 habituellement) et ainsi de suite pour que le service tourne, avec des jours de repos qui sautent et des alternances de rythme incessantes. Si bien qu' il devient impossible de prévoir quoi que ce soit en dehors de la vie au CHU, sous peine de devoir annuler au dernier moment pour cause : boulot!

Samedi dernier, le 14 juin 2008, une autre collègue s'est arrêtée et, étant la seule infirmière du soir, il n'y avait donc personne pour prendre la relève du matin... C'est un infirmier des urgences qui a été détaché de son service pour venir dans le nôtre, qui a assuré les soins de nos 21 patients, alors qu'il ne les connaissait pas, et qui a dû faire face en plus à une situation d'urgence vitale de l'un d'eux...

Une des ASH est arrêtée depuis 1 an en étant remplacée de manière très ponctuelle, obligeant les 3 ASH restantes du service à se partager un roulement sur 4 semaines, jours de semaine, weekend et fériés compris. Leur tâche est de nettoyer à elles seules, tous les jours, la totalité des 16 chambres du service de fond en comble (vitres, mobilier, murs, WC), les bureaux médicaux, les pièces de vie (office, douche, WC, couloirs), la salle de soins...

Il faut savoir que le CHU de St-Etienne est en pleine réorganisation, puisqu'un gros complexe est en fin de construction à l'hôpital Nord, promettant parait-il des technologies de pointe, des locaux modernes et surtout des soins efficaces et de qualité...

Alors expliquez-moi comment être à la hauteur de ces exigences quand le personnel est déjà largement en sous-effectif? L'hôpital refuse d'embaucher, car déficit budgétaire, mais préfère faire appel à l'intérim, qui coûte plus cher que des contractuels...

Hier, j'étais normalement en "repos" et j'ai passé une bonne partie de ma journée à démarcher la Médecine du Travail, les syndicats et à parler avec notre chef de service, pour essayer de trouver des solutions pour que notre direction nous entende...

Nous sommes par chance soutenus par notre chef de service, qui connait la valeur de notre travail et sait que nous ne protestons pas pour rien. Il nous connait suffisamment pour lui même remuer ciel et terre pour qu'on s'occupe du sort des soignants à l'hôpital. Il nous soutient parce que lui-même est très inquiet de la situation et voit notre gouvernement asphyxier le service public hospitalier, or lui a choisi de travailler au CHU par foi en ce service public et dans le respect du serment d' Hippocrate.

Je dors très mal et pour être honnête je pense au boulot constamment. J'ai peur que le stress me fasse oublier un soin, que la pression m' empêche de prendre le temps avec un patient déprimé, que la fatigue me fasse faire un mauvais calcul de dose, administrer un produit au mauvais patient... J'ai peur que ce métier que j'aime me transforme en assassin, involontairement, parce qu'on aura laissé la situation se dégrader. Parce que nous sommes tous responsables : je suis l'infirmière d'aujourd'hui mais nous sommes tous les patients de demain. VOUS pouvez être au bout de ma seringue, ou votre mari, votre enfant, votre proche.
Je vis l'insécurité dans mon travail, alors que je le maitrise pourtant. Mais je suis humaine avant tout.
Vous serez ceux qui pâtirez du manque de soignants dans les services : je n'aurai pas pu prendre le temps de vous donner des nouvelles du patient que vous aimez, je n'aurai pas pu gérer 2 situations d'urgence à la fois... Faut-il attendre qu'il y ait des morts pour réagir et prendre conscience de ce qui se passe dans les hôpitaux???

Aujourd'hui, j'ai besoin de vous. Merci de bien vouloir transférer ce mail de manière la plus large possible, pour informer le plus de monde possible. Si vous connaissez des personnes du monde hospitalier, journalistique, politique ou autre, n'hésitez pas à les solliciter.
Il faut se mobiliser en masse pour être plus efficace, moi toute seule, je n'intéresse personne."

Merci pour votre attention!

Journalisée
pierre yves SEON
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« Répondre #3 le: 06 Jui 08, 13:50:15 »

Très bon témoignage mais attention toutes ces informations (effectif, remplacements, ...) sont couvertes par le secret professionnel. Donc un conseil, modifiez votre article ou rendez le plus anonyme sinon vous risquez de gros ennuis.
Journalisée
Victoria
Coissou
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« Répondre #4 le: 08 Jui 08, 09:48:29 »

Bonjour,

Très bon témoignage, en effet, et qui fait froid dans le dos !

Je travaille sur un article concernant la pénibilité au travail, notamment psychologique (le stress), pour une revue spécialisée et j'aimerais beaucoup vous poser quelques questions (en respectant votre anonymat, bien entendu). Si vous êtes d'accord, n'hésitez pas à m'écrire sur mon email (il doit être indiqué sur mon profil).

Très cordialement,
Victoria.
Journalisée
Hervé
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Pitanche
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« Répondre #5 le: 10 Jui 08, 23:13:36 »

Bonjour,

Merci pour ce témoignage.
C'est sans lien direct avec l'Hôpital mais j'aimerais profiter de l'occasion, puisque Victoria évoque les nouvelles pénibilités du travail, pour mettre un lien vers un entretien que m'avait accordé le réalisateur J-M Carré concernant son film "J'ai très mal au travail".

Le film a le mérite de faire un constat alarmant et de sensibiliser le grand public:
http://www.forez-info.com/actualite/culture/jean-michel_carre_j_ai_(tres)_mal_au_travail_1226.html
Journalisée

Rien
Hervé
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« Répondre #6 le: 18 Jui 08, 19:15:58 »

Jean-François Chossy a adressé à Mme Bachelot une lettre concernant les conditions de travail des infirmières:

http://www.forez-info.com/actualite/politique/jean-francois_chossy_intercede_en_faveur_des_infirmieres_du_chu_3035.html
Journalisée

Rien
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