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Auteur Fil de discussion: Des histoires douloureuses  (Lu 356 fois)
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Hervé
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Messages: 1525



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« le: 24 Mar 08, 00:41:12 »

Messages reçus dernièrement:

A propos du "Monument" de la Chana, cimetière de Villars

"Je suis le petit fils et fils de mineur polonais travaillant à la Chana, mon grand-père est décédé dans la catastrophe de la Chana, il s'appelait Stefan Sokolik, son nom sur le monument présentait beaucoup de fautes d'orthographe. Après signalisation à la mairie,  celle-ci n'en a strictement rien à faire, quelle mémoire pour nos enfants et le respect de nos gueules noires !"


Après vérification, il ressort effectivement que l'orthographe des noms et prénoms du mineur Sokolik sont orthographiés:
- sur le premier monument (plaque chrétienne) SEPHAN SOKOLIC.
- Sur le second, qui réunit chrétiens et musulmans sur une même plaque STEPHAN SOKOLIK.

Sur cette histoire assez incroyable:
http://www.forez-info.com/encyclopedie/memoire_et_patrimoine/la_catastrophe_de_la_chana_93.html

Le dossier Forez 40-44 doit offrir à tous un modeste aperçu global de l'histoire de l'Occupation et de la Résistance dans notre Forez. Il suscite régulièrement des messages, jusqu'à présent toujours amicaux et souvent émouvants.

Là c'est une dame de l'autre bout de la France qui recherche des infos sur un prêtre qui aurait combattu dans la clandestinité en Forez, en lien avec son père qui n'est pas revenu de déportation. Ici c'est un vieux monsieur qui vit aujourd'hui loin de Saint-Etienne, sa ville natale, mais qui "redécouvre cette époque que j’avais volontairement occultée de ma mémoire, tant elle me rappelait la noirceur d’une ville qui ne m’a apporté que malheur, désastre, épreuves..." Là c'est un internaute qui s'interroge à propos de certains faits qui le laissent pensif, en l'occurence l'accueil d'enfants juifs dans des villages foréziens...

Voici les messages des deux premiers en commençant par Mr Paret. Celui-ci nécessite un mot d'introduction. Mr Paret est le fils des époux Paret. Celles et ceux qui s'intéressent à l'histoire de l'Occupation dans notre belle région reconnaîtront à travers eux l'affaire de la réunion du 3 février 43, rue Basse des Rives à Saint-Etienne, qui amena l'arrestation d'un certain nombre de responsables de la Résistance. La plupart d'entre eux connurent un destin dramatique. Ce fut en particulier le cas des parents de Mr Paret. Il nous faut, encore et toujours, écrire que cet exposé, sur un sujet sensible, n'a pas d'autre ambition que de proposer un aperçu général. Des spécialistes, des historiens, des enfants de personnes citées dans le texte, des survivants, pourraient certainement y lire des approximations et des erreurs. Nous en lisons nous-mêmes. A l'instant de taper ces mots, je relève une faute de frappe concernant Gaëtan Vidiani, orthographié malheureusement Viviani. Et Mr Paret nous fait remarquer que sa maman n'est pas décédée en détention à  la prison de Fresnes mais chez les “ Filles du Calvaire ” le 4 octobre 1944. Qu'on nous permette cependant de faire remarquer que nombre d'ouvrages écrits par certains acteurs de ces années sombres en contiennent aussi.

" ...je peux enfin commencer, 65 ans après, mon travail de deuil.
Je redécouvre cette époque que j’avais volontairement occultée de ma mémoire, tant elle me rappelait la noirceur d’une ville qui ne m’a apporté que malheur, désastre, épreuves et de surcroît calomnie (dont je ne parlerai pas).


J’ai cependant su conserver en moi la douceur et la joie d’une vie sans nuage, entouré de parents aimants qui n’avaient d’yeux que pour moi, pour mes études au conservatoire national de musique, cours particuliers de dessins, de musique… A l’époque, je préparais mon entrée au Conservatoire National Supérieur de Paris qui devait avoir lieu en juin 43. Mon père voulait faire de moi un virtuose et aussi un “ ambassadeur de France ” !

J’ai toujours aussi gardé en moi le souvenir précieux de ceux qui m’ont sauvé la vie, en particulier :
— Marcel Gidon, inspecteur des renseignements généraux à St-Etienne qui n’a pas hésité à prendre des risques pour me cacher des allemands, chez lui, puis à prendre des contacts avec la résistance,

— Anna Heurtier une résistante admirable, la seule qui m’a tendu la main pour me “ planquer ”
ensuite jusqu’à la libération, m’aider au travers d’énormes difficultés, s’occuper de maman lorsqu’elle a été libérée de Fresnes et lui permettre de finir ses jours chez les “ Filles du Calvaire ” où elle est décédée le 4 octobre 1944, la faire inuhumer au cimetière du Cré de Roch. Toute ma reconnaissante va à cette femme admirable, dévouée, qui a sauvé des centaines d’israélites.

— Antoine Pinay un grand résistant “ discret ” qui m’a permis de faire mes premiers pas dans la vie, me donner un métier.

Que vous dire d’autre ? Je me suis reconstruit seul peu à peu. J’ai tenté dans ma vie d’être le digne successeur d’un père héros vite oublié dans le grenouillage de la politique. Comme lui, j’ai voulu rencontrer “ les grands ”, le Général de Gaulle, son fils l’amiral, Thierry d’Argenlieu, Jean Monnet, Pompidou et Claude, (...)
Mon caractère s’est forgé,durci. [...je suis aujourd'hui] un homme qui retrouve un passé dont il est fier."


A propos des soeurs Heurtier:
http://www.memoresist.org/spip.php?page=oublionspas_detail&id=6&var_recherche=sto

Dossier FZ 40-44
http://www.forez-info.com/encyclopedie/dossier_special_forez_1940-1944/

Message  à propos de l'abbé Leroux


" Mes recherches sont au sujet de la résistance des polonais dans votre  région. Je suis originaire de la Somme, le prêtre de notre paroisse (l'abbé Gérard Leroux, ndlr) s'était  enfui pour continuer la résistance, il était en lien avec Londres et  les Polonais. Mon père, lui, est resté dans notre village de Picardie lorsque le   prêtre est parti pour votre région (l'Ondaine semblerait-il, ndlr). Mais le lien entre eux pour la résistance a continué et j'essaie de   retrouver les fils (ténus) qui les reliaient encore après qu'ils   aient été éloignés par la distance mais probablement pas par   l'action. Mon père, lui, a été arrêté en 42, il n'est pas revenu de   déportation en 45 : je termine de rassembler tout ce que j'ai pu trouver à son sujet.

J'ai retrouvé l'année dernière le nom d'une Madame Guillaumont dans une petite liste de personnes avec qui mon père travaillait dans la  résistance (de façon très active), cette dame était originaire du  village à côté du nôtre en Picardie. Beaucoup plus âgée que mon père,  décédé, je ne peux plus rien apprendre d'elle sur place. Or, en faisant des investigations, je trouve à La Chaulme, dans les   Monts du Forez, un monument où il est écrit :

“À la mémoire de Jean Fayard, dit Roger, combattant de l'A.S. mort  pour que vive la France le 21 août 1944. Son ami Louis Guillaumont“, mort pour la France en 1944.“
(ce monument est en photo sur notre page "in nemoriam", dossier FZ 40-44 ndlr)

(...) c'est important pour moi de ne pas perdre une piste, si petite soit-elle. Je tente encore une fois."

Nous avons bien sûr orienté cette dame vers le Mémorial de la Déportation et le Musée du XXe siècle d'Estivareilles. Pour l'heure, nous ne savons pas si elle a vu ses efforts récompensés.
Journalisée

Rien
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