Toni Grand
Double colonne, 1982
© ADAGP
Le M.A.M. a choisi de montrer une sélection d’œuvres de Claude Viallat
(né à Nîmes en 1936) et de Toni Grand (1935-2005). Le commissaire de
l’exposition est Jacques Beauffet.Ces deux artistes ont fait partie du
groupe Supports-Surfaces au début des années 1970., L’un est peintre et
l’autre sculpteur, mais tous deux s’intéressent au langage plastique
pour lui-même. L’identité du groupe Supports-Surfaces s’est en effet
fondée sur cette interrogation de l’objet peinture et sur la remise en
question du fondement des codes plastiques : la toile, le châssis, une
forme, une couleur, autant d’éléments qui seront d’abord isolés et
dissociés pour ensuite composer un nouveau langage, centré sur leur
matérialité même, plus que sur leur potentialité d’expression. Les
oeuvres si particulières qui en émanent sont néanmoins porteuses d’une
expression plastique forte, à même de faire vibrer une architecture
patrimoniale telle que celle de Saint-Nizier-sous-Charlieu.
Claude Viallat ou Toni Grand ne mettent pas en
avant l’expression individuelle dans leurs œuvres, mais cherchent
plutôt à atteindre une expression universelle, simple, immédiate.
Celle-ci peut alors agir comme le révélateur de l’espace dans lequel
elle s’inscrit, et les couleurs, la luminosité, les formes
inlassablement répétées, les vibrations des peintures de Viallat par
exemple, trouvent un écho dans l’espace puissant et raffiné de
l’église, dans ses verrières transparentes, l’âpreté de ses murs et des
fresques aux motifs répétés. Les sculptures de Toni Grand, quant à
elles, utilisent le bois de façon là encore immédiate, brute, et cette
forte présence alliée à une simplicité des moyens se confond avec
l’architecture dénudée, la charpente évidente de ce lieu chargé d’une
énergie comme réactivée par les œuvres qu’elle abrite.
Repères:
Claude Viallat
Les recherches de Claude Viallat sont
concentrées sur la matérialité de la peinture, c’est-à-dire la couleur,
la forme et la toile. Ses peintures constituent une critique du tableau
traditionnel, et la mise en évidence du travail à l’origine de l’œuvre
est pour lui essentielle. En 1966, Claude Viallat élabore un procédé
d’empreinte qui se révélera sans limite. De 1967 à 1973, il travaille
essentiellement par teinture, la couleur fluide traversant le
support-toile libéré du châssis. A partir de 1976, sa pratique
picturale se modifie, l’empreinte est apposée sur des supports de
récupération plus solides et imperméables : bâches, tentes, parasols.
La peinture est plus épaisse, passée au pinceau, les imprimés proposent
des images plus complexes et dynamiques.
Claude Viallat
Toni Grand
Ses premiers pas en sculpture, “du bricolage sans
importance” selon Toni Grand, remontent aux années 1950. Il entreprend
un long travail sur le bois qu’il définit comme une “lecture
déconstructive” de la sculpture traditionnelle, une analyse du matériau
et des transformations successives qui président à la naissance d’une
forme. Viennent ensuite les bois taillés à la hache et/ou teintés de
couleurs, ou recouverts de résine synthétique. Plus tard, il découvre
le polyester stratifié qu’il associe au bois, aux os et aux pierres.
L’artiste déclare qu’avec ces matériaux, son contact est émotionnel et
non technique. Ses oeuvres mettent en évidence leur propre fragilité,
l’instabilité de leur constitution, leur “géométrie tordue”. L’artiste
a pour volonté, dans ses sculptures, de n’utiliser que des matières et
des éléments ordinaires. Une façon pour lui de toujours rectifier
l’héritage de notre culture et de la nature.
La Révélation de l’espace
Couvent des Cordeliers
du 15 juin au 16 septembre 2007
Infos pratiques:
Juin, septembre et octobre : ouverture tous les jours de 10 heures à 12 heures 30 et de 14 heures à 18 heures, sauf le lundi.
Juillet et août : ouverture tous les jours de 10 heures à 13 heures et de 14 heures à 19 heures.
Tél. : 04 77 60 07 42