Le château actuel de Boën date du XVIIIe siècle. Nommé Château Chabert, du nom de ses occupants au XIXe, il fut bâti par l'architecte Michel Dalgabbio à l'emplacement d'une maison forte.

Celle-ci appartint à la célèbre famille des Damas de Couzan. La plus ancienne mention daterait de Guy II de Couzan dans le seconde moitié du XIVe siècle. Jean-Paul Gourgouillon, dans son ouvrage " L'histoire de de Boën" reprend les propos d'Octave de la Bâtie qui explique en 1838, non sans malice, que " quand on a voulu démolir l'ancien [château] qui était en partie en pisé, on fut obligé de faire jouer la mine tant il était solide". Et il ajoute à propos de celui qui l'a remplacé: " Au contraire, quand le nouveau fut construit en belles pierres de taille, on crut longtemps qu'on serait obligé de l'abattre faute d'être solide..." Ce mode de construction, le pisé, est d'ailleurs mis très à l'honneur dans l'espace muséographique du château, consacré aux vignerons du Forez, à l'origine duquel il y a l'association "Le château de Boën" dont Jean-Paul Gourgouillon fut l'animateur.


Ce premier château passa aux Lévis-Couzan puis aux Saint-Priest. En 1634, il fut vendu à Gilbert de Rivoire pour passer en 1687 à Claude de Camus puis en 1746-47 aux Punctis de la Tour, de récente noblesse (années 1720). C'est Jacques-Marie de Punctis de la Tour qui fit élever le château actuel en faisant appel à l'architecte d'origine piémontaise. Les travaux furent achevés en 1786.

Grandeur nature, deux statues sont placées dans la "rotonde". Il s'agit de deux figures de la mythologie grecque:  Ganymède, échanson des dieux de l'Olympe, représenté avec l'aigle (c'est à dire Zeus) et, ici, Hébé, symbole de jeunesse, épouse d'Héraclès, portant la coupe qu'on imagine emplie de nectar. Elles sont l'oeuvre de l'artiste lyonnais Joseph Chinard (1756 - 1813).

Né à Montbrison en 1752, Jacques-Marie de Punctis de la Tour devait trouver la mort à Lyon en 1793, "victime de la Révolution", pour reprendre les termes d'Emile Salomon. Un frère de l'architecte trouva la mort à Lyon fin 1793 dans des circonstances similaires.

Une des filles de Jacques-Marie, sa cadette Louise-Olympe, épousa Antoine Joseph de Chabert qui devint le maire de Boën, jusqu'en 1828 (son fils lui succéda à cette fonction) et qui eut l'honneur, nous dit Jean-Paul Gourgouillon, d'héberger en 1826 le duchesse d'Orléans et le duc, futur Louis-Philippe, roi des Français. A défaut d'être Roi de France.


L'une des quatre figures allégoriques au dessus des portes du salon nord. Elles symbolisent l'architecture, la musique, la peinture et la musique. Dans la cheminée du salon se trouve la traditionnelle plaque en fonte frappée aux lys de France, emblème des rois de France.

La descendance directe des Chabert s'éteignit en 1924. Le château passa aux mains de la municipalité, qui envisageât de s'y installer, dans les années 30 et connut diverses occupations, notamment celle des Allemands. Classé en 1943, il fut sauvé par un plan de restauration signé en 1977 entre la commune et les bâtiments de France. Il abrite aujourd'hui le musée des vignerons du Forez.

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