Petite histoire de la C.C.I.R PDF Imprimer Envoyer
Écrit par FI   
ccirmsc.jpgAprès avoir évoqué la naissance et le développement de la Chambre de Commerce de Saint-Etienne-Montbrison, nous enchaînons avec sa petite soeur du nord du département.

 

La Chambre de commerce de Roanne (Chambre de Commerce et d'Industrie de Roanne en 1960 et Chambre de Commerce et d'Industrie du Roannais en 1992) a été créée par un décret du Ministère de l'agriculture, du commerce et des travaux publics le 9 janvier 1864 sous le règne de Napoléon III. La demande avait faite à l'initiative du Conseil municipal de la Ville de Roanne au début de l'année 1863. La première élection de ses membres eut lieu en février 1864. Les 47 électeurs (sur 72 inscrits) choisirent 9 membres qui à leur tour ont élu en mai leur président en la personne de Charles Bouiller, maire de Roanne.  Négociant en fer, son entreprise se trouvait justement où se situe aujourd'hui l'immeuble de la Chambre. Il fut également conseiller général, député de la Loire, président de la Caisse d'Épargne de Roanne durant dix ans, etc. Jean-Marie Cherpin fut élu vice-président et Francisque Chaverondier devenait le secrétaire-trésorier. Ce dernier avait la charge d'un premier budget à hauteur de 1200 frs.

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Depuis Charles Bouiller (portrait), jusqu'à l'actuel président (Jean-Bernard Devernois) 21 présidents se sont succédés à la tête de la CCIR. Voici leurs noms: Jean-Marie Cherpin (1866-1868), Jules Guilloud (1868-1870), Rémi Déchelette (1870-1874), Francisque Chaverondier (1874-1878), Alexandre Rollet (1878-1880), César Massard (1880-1882), Jules Bajard (1882-1920), Pierre Dumarest (1920-1938), Paul Bonnaud (1938-1942), Paul Guerry (1942-1944), Paul Bonnaud (octobre-novembre 1944), Jean Bonnet (1944-1946), Pierre Maillot (1956-1965), François Passager (1965-1971), Claude Peylet (1971-1974), Jacques Demurger (1974-1980), Jacques Servat (1980-1983), Yves Le Gaillard (1983-1992), Pierre Brissot (1992-2001), Lucien Deveaux (2001- 2004)

Parmi ces présidents, on relève quatre fabricants de cotonnes et cotonnades (Cherpin, Guilloud, Déchelette et Dumarest), plusieurs industriels textiles ( Le Gaillard, Deveaux, Maillot) et un tisseur (Guerry). Un seul banquier a été élu (Rollet); les autres étant des négociants, entrepreneurs ou industriels divers. On remarque aussi le bref retour de Paul Bonnaud en 1944. En effet, une ordonnance du 8 juillet 1944 avait dissout les Chambres élues après le 2 septembre 1939. Paul Bonnaud assura l'intérim jusqu'à la nouvelle élection de la fin 1944. A noter aussi la longue présidence de Jules Bajard. Ce négociant en fer a donné son nom à une rue de Roanne. Il est décédé en 1925.

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On notera enfin qu'aucune femme n'a jamais été élue à la tête de la CCIR. Pas plus que dans le sud du département d'ailleurs. Par contre, six femmes chef d'entreprise ont été élues dans le bureau lors de la mandature 2000-2004. Le bureau actuel en comprend trois. Si l'on en croit la liste consultable sur le site internet de la CCIR, il s'agit de Mmes Jocelyne Panserat, Catherine Perrault et Carole Rzepka-Chanroux. La première femme élue à la CCIR fut Mme Aucourt (1945). Elle remplaçait son mari défunt.

Le siège de la CCIR est situé à l'angle des rues Marengo et des Minimes. Le bâtiment, qui s'inspire du siège de la Chambre de commerce de Grenoble, a été achevé en une année (1903) sous la présidence de Jules Bajard. S'y installèrent aussi le bureau de la douane, la Condition publique des matières textiles et la Chambre des notaires.

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La construction (carte postale 1903)

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En 1864, le dispositif économique roannais s'appuyait dans le domaine des transports sur le port de Roanne et le canal grâce aux activités de transbordement. Le développement du chemin de fer (ligne Andrézieux-Roanne-Le Coteau-Beaujolais ensuite reliée à Paris) eut des répercussions importantes et, face à ce mode de transport concurrent, la Chambre de Commerce intervint à de nombreuses reprises pour maintenir un fragile équilibre entre les deux. C'est à l'époque la Compagnie P.L.M. qui exploite le réseau ferroviaire entre la capitale, Lyon et Marseille. Le canal de Roanne à Digoin, mis en service en 1838, racheté par l'Etat au début des années 1860, fut alors agrandi pour le mettre au même gabarit que celui des autres canaux de France. Mais le P.L.M., malgré les demandes incessantes de la CCI auprès de l'Etat, mit plus de 30 ans à mettre en circulation l'embranchement qui reliait sa ligne à la gare d'eau. La voie de raccordement était pourtant terminée depuis 1866. C'est donc en 1894 seulement que le charbon stéphanois, le chocolat, le coton, mais encore les blés de l'Orléanais, le bois à crayon ou les glucoses du Forez purent bénéficier du raccordement directe de la voie d'eau à la voie ferrée. Dans les dernières années du XIXe siècle, la Chambre de Commerce, avec l'aide des parlementaires, obtint l'agrandissement du canal, l'allongement des écluses, l'aménagement de quais verticaux en maçonnerie, construction d'entrepôts et d'ateliers de réparation... L'activité du canal atteint alors son apogée en 1918, avec plus de 580 000 tonnes de trafic, plaçant le port de Roanne au 32e rang des ports français intérieurs et maritimes. Les produits sont transportés sur des péniches de 250 tonnes.

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Dans son voisinage s'implantent des grandes entreprises dont les Papeteries Navarre, en 1909, qui employaient jusqu'à 750 ouvriers et produisaient jusqu'à 50 000 kilos de papier par jour. Ou encore la Société Cupro-Textile, installée sur un deuxième bassin aménagé pendant la Grande Guerre et qui ne survécut pas à la crise des années 20. Au fil du temps, la concurrence du Chemin de fer et des routes devaient avoir raison de la navigation fluviale.  Dans les années 1930, la flotte fluviale perd plus de 2000 bateaux et son trafic passe à 360 000 tonnes. Il est de 200 000 tonnes en 1945, à peine 19 500 en 1976. En 1984, la Chambre de commerce avait accepté de reprendre la gestion du port, réduit à un seul pont de transbordement et un trafic commercial résiduel de coke de pétrole et de sel de déneigement. Aujourd'hui, le port de Roanne est devenu un espace de promenade, de détente et de loisirs, constituant avec le port de Briennon, un site touristique très apprécié.

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Dans le domaine aérien, c'est en 1971 seulement que l'aéroport de Roanne-Renaison s'ouvre à l'aviation commerciale. Son exploitation est alors confiée à la Chambre de commerce qui s'emploie à aménager une petite aérogare avec salle d'accueil, une piste agrandie pour une plateforme passant à un peu moins de 100 hectares. Cette même année, une ligne régulière et journalière  Roanne-Paris est mise en service. En 2004, en l'absence d'une liaison commerciale régulière, le Grand Roanne agglomération reprenait la gestion de l'aérodrome. Celui-ci accueille aujourd'hui plusieurs clubs d'aviation, de vol à voile et d'ULM. Tous les deux ans s'y déroule un meeting aérien bénéficiant d'une belle réputation et qui perpétue une tradition ancienne puisque les premiers meetings dans le Roannais datent de 1911.

Un Bureau de douane, installé rue de l'Entrepôt, a été ouvert en novembre 1892. L'année suivante, un décret créait un Entrepôt réel de douane dont la concession était accordée à la Chambre de commerce. L'entreprise Veuve Marcel, Cancalon et Cgnie l'a exploité, seule d'abord, puis avec avec le concours du Syndicat de l'épicerie en gros, jusqu'à sa fermeture à la fin de l'année 1898. En 1915, il est réouvert à la demande de la C.C.I.R qui rétrocède à nouveau l'exploitation à un tiers, la SA des Magasins généraux de Roanne. En raison de la guerre et d'un incendie, la réouverture effective n'eut lieu qu'en 1922. En 1930, 3e adjucation, cette fois au profit de la SARL Cognard Transports qui fit construire les locaux qui abritèrent les Bureaux de douanes et l'Entrepôt réel jusqu'en 1973. Les bureaux neufs, en 1973, comprennent les services des Douanes Françaises et sont occupés pour l'autre moitié, par la Chambre de Commerce, soit 250 mètres carrés de bureaux sur une surface totale de 1250 mètres carrés de bâtiments. Le magasin-entrepôt couvrant à lui seul 1000 mètres carrés. Ils furent inaugurés en 1974. A cette époque, le Roannais assurait 44 % des exportations du département. En 1997, la CCI ferma ses activités d'entrepôt gérés et s'orienta vers la location simple des bâtiments à l'administration des Douanes et aux entreprises. L'ouverture du marché unique avait entre-temps modifié de manière radicale l'activité des centres de dédouanement. Les marchandises pouvant être soit dédouanées à la frontière, soit directement dans les entreprises sans passer par les entrepôts sous douane. A partir de 1993, le tonnage des marchandises géré par la Chambre devint donc marginale.

Dès 1883, la Chambre de commerce exprime le souhait de disposer d'un établissement technique et commercial où , sur le modèle de ce qui se fait à Mulhouse, seraient enseignés la filature et le tissage. Deux ans plus tard, Louis Déchelette, membre de la Chambre, expose que, pour permettre, à l'industrie roannaise de se perfectionner et de lutter avec avantage contre ses rivales françaises ou étrangères, il y aurait une grande importance à créer une école d'apprentissage où l'enseignement technique du tissage mécanique serait donné. Une commission est nommée, composée de Louis Déchelette, Georges Sérol et Jules Guilloud. Une école pratique du commerce et de l'industrie voit le jour, rue Carnot, qui forme en 1927, 350 élèves, répartis dans 4 sections: section préparatoire intermédiaire entre le cours moyen de l'Ecole primaire et la première année normale de l'Ecole; la Section commerciale préparant des employés de commerce et de banque; la Section industrielle et la Section préparatoire aux Ecoles Nationales d'Arts et Métiers, aux Ecoles d'électricité, aux divers Instituts techniques. Et à l'Ecole Supérieure de Filature et de Tissage de Mulhouse. Plus proches de nous, l'Institut régional de formation permanente François Passager et le CFA du Roannais datent de 1978 pour le premier (présentation de l'avant-projet) et de 1974.

L'Ecole professionnelle

Concernant l'Enseignement supérieur,  les locaux de la Chambre de commerce accueillirent en 1982  la première promotion de la licence "d'exploitation des systèmes modernes de production", suivie l'année suivante par une maîtrise et transférée en 1987 à la Maison de la Productique. Aujourd'hui, les enseignements de la filière Systèmes Industriels de l'ISTIL (Instituts des  sciences et Techniques de l'Ingénieur de Lyon) sont installés dans les locaux du Technopôle Diderot, inauguré en 1987 par François Mitterrand, Yves Le Gaillard étant alors le président de la C.C.I.R. et qui abrite également d'autres formations (Licences Lyon 1 et 2, Itech : ingénieur chimie), IFC (Institut de Formation Continue en techniques hydrauliques), Createch (Association de gestion des formations continues), CNNITH (Centre National Numérique du Textile Habillement). L'ITECH (Institut textile et chimique de Lyon) date pour sa part de 1998.

En 1948, un arrêté préfectoral ouvre une "enquête publique" sur le projet de concession de gare routière à la Chambre de Commerce. Elle est accordée l'année suivante. Antoine Pinay est alors le ministre des Transports. En 1952, après des discussions serrées conduites pour la Chambre par son président Jean Bonnet, l'entreprise Varon-Leschel se voit attribuer la démolition du bâtiment des "messageries". Elle entreprend, avec une autre entreprise, Grangette-Passager, la construction du bâtiment, en béton, prolongé d'une plateforme permettant de charger les bagages sur l'impériale des cars. Il est inauguré le 14 juin 1954. La gare routière fonctionnera pendant un demi siècle sur l'emplacement de l'actuel complexe cinématographique et commercial. Le bâtiment fut démoli en 2004, ses services ayant été transférés vers un quai voisin doté de nouvelles infrastructures.

En 1935, Emile Brun, commissaire-général des foires-expositions sollicita la Chambre de commerce pour l' organisation d'une grande foire. Mais l'association des commerçants préféra ne pas donner suite. L'idée fut remise sur le tapis en 1939 sur le principe d'une foire-exposition industrielle et commerciale. Mais ce n'est que neuf ans plus tard qu'elle eut lieu. Celle de 1949 le fut par contre sous la seule responsabilité de l'union des commerçants. Elle eut lieu ensuite régulièrement jusqu'en 1992. Dans le domaine du commerce, la Chambre fut aussi appelée à donner son avis en 1900 quant à la création d'un marché couvert. Elle répondit qu'il y avait mieux à faire, par exemple la construction d'égoûts ou le percement de nouvelles rues. Le dossier fut repris une quinzaine d'années plus tard pour donner naissance à un marché couvert sur la Place du Champ de Foire, démoli vers 1960. Les  actuelles Halles Diderot furent inaugurées en 1983 par le Ministre du Commerce Michel Crépeau.

La Chambre de commerce et d'industrie du Roannais est aussi l'organisatrice des Biennales textile de Roanne, rebaptisées InTextile Biennale de Roanne. Cette manifestation existe depuis 1984, d'abord sous le nom de Biennale Productique, avant d'être renommée deux ans plus tard. 4000 à 5000 personnes assistent à cet évènement qui intègre un show mode organisé par les Syndicats Professionnels.







A suivre

Source principale:
"La Chambre de Commerce et d'Industrie du Roannais de 1864 à nos jours"

Pierre Brissot

Remerciements encore à Mme Auboyer (CCIR)

 

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