| Quelques notes sur l'Ecole des Mines |
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| Écrit par FI |
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Sommaire :
Les débuts de l’Ecole des Mines (1816 - 1882), dans les grandes lignes Une ordonnance royale rendue sous Louis XVIII a fondé l’« Ecole des Mineurs » de Saint-Etienne le 2 août 1816, en remplacement des écoles pratiques des mines établies à Pesey et Geislautern et dans le but de « donner à l'exploitation des mines de France tout le développement et le perfectionnement dont cette branche de l'industrie nationale est susceptible. » ![]() Sculpture de Graf sur l'Hôtel de l'Amicale des anciens élèves de l'Ecole, avenue de la Libération
Son fondateur fut Louis-Antoine Beaunier. Affecté en 1809 à l'Ecole pratique des mines de Geislautern, dans la Sarre, sous l'autorité de Jean Baptiste Duhamel, Beaunier en devint le directeur en 1813. A la chute de Napoléon en 1815, les traîtés de Vienne enlevèrent la Savoie et la Sarre à la France et Geislautern fut occupée par les armées de Blucher. Avec la Savoie, la France perdait aussi Pesey et son autre école des Mines. Beaunier, qui avait gagné la capitale, proposa en janvier 1816 au Directeur Général des Ponts et Chaussées et des Mines un projet de création d’une nouvelle école pratique des Mines. Une telle école s’avérait indispensable. Beaunier avait en effet constaté depuis longtemps l'ignorance générale des maîtres mineurs, en ce qui concerne les premiers principes de la géométrie et de l'art des mines. « Ce qui rendait le plus souvent inefficaces les visites des exploitations par les ingénieurs, et les conseils donnés par eux à des hommes qui ne pouvaient ni les comprendre ni les suivre. Il faisait voir que la création d'une école élémentaire, destinée à former des chefs d'atelier et même des directeurs d'exploitation, était nécessaire, pour que les ingénieurs des mines pussent être utiles et les exploitations améliorées. » (1) En bref, il faut à la France du personnel qualifié pour exploiter ses mines. Décision fut prise de transposer l'Ecole de Geislautern à Saint-Etienne que l’ingénieur présenta comme le lieu idéal. Il connaissait bien le bassin stéphanois pour y avoir, entre 1812 et 1813, dresser la Topographie extérieure et souterraine du territoire houiller de Saint-Etienne et de Rive-de-Gier, un travail qui lui avait donné une grande renommée. Les houilles de la Loire, par leur richesse et leur position, au centre de la France et dans un territoire appuyé à deux grands fleuves, permettaient de mettre en œuvre tous les moyens d'instruction pratique, et d’être le plus immédiatement profitables. ![]() .
Le nom de Beaunier, sur la façade de l'Ecole des Mines (voir plus loin)
Dans l’esprit de Beaunier, l’école de Saint-Etienne n’avait pas prétention à rivaliser avec l’école royale des Mines de Paris mais se voulait néammoins une école novatrice où l’enseignement ne serait pas limité au seul enseignement pratique. Une école qui donnerait sa place à la théorie appliquée et pourrait former des directeurs d’exploitation. Mais le Conseil Général des Mines, le 7 mars 1816, rabaissa le « projet Beaunier » à celui d’une simple école de mineurs vouée à un enseignement élémentaire pour jeunes gens destinés aux travaux des mines. En outre, la jeune école était placée sous la dépendance de l’école de Paris. Le 19 août, Beaunier devint le premier directeur de l’établissement. Il le fut jusqu’à sa mort en 1835. ![]() .
Allégorie de la Science, sur le bâtiment du cours Fauriel
Les professeurs furent choisis par Beaunier parmi les ingénieurs de l’arrondissement. Il s’agissait de Louis Georges Gallois, professeur de chimie que le directeur connaissait de longue date, Moisson-Desroches (« un nain avec la physionomie d’un singe » a dit de lui son élève Boussingault) professeur de mécanique pratique et d’exploitation, Burdin, professeur de mathématiques, de mécanique et de géométrie souterraine, Scharowitz, géomètre souterrain de profession, attaché à l’école en qualité de dessinateur et répétiteur de dessin et de levée pratique sur le terrain, et sous la surface. D’autres suivirent : Gueyniveau (chimie et métallurgie), Thibaud (métallurgie)… Beaunier pour sa part enseignait la géologie. Un cours, qui au fil des ans, fut réduit toujours plus au profit de l’enseignement des sciences et techniques.
Les Atlantes: Mine et Métallurgie
Les premiers élèves ne furent accueillis que le 9 février 1818. Pour entrer à l’école, quatre conditions étaient exigées (outre le fait d’être de sexe masculin): savoir lire et écrire, être âgé de 15 à 25 ans, posséder un certificat médical témoignant de sa bonne condition physique, s’être fait délivrer un certificat de bonnes mœurs. Un article fut ajouté au règlement pour restreindre l’accès à l’école : la préférence serait donnée aux postulants fils ou neveux de mineurs, de maîtres-ouvriers, de directeurs d’exploitation… Les postulants devaient adresser leur demande au préfet qui transmettait au directeur général des ponts et chaussées et des mines. ![]() .
Un laboratoire dans les années 1950
Vers 1830, la plupart des exploitations minières étaient dirigés par des anciens élèves de l’école. Dès 1820, Beaunier avait fondé une compagnie au nom de laquelle lui fut accordée la concession d’un chemin de fer. Le premier dans notre pays, mis en service en 1827(2). Le rang de responsabilité auquel accédaient les élèves, la qualité de l’enseignement dispensé, la personnalité marquante de leur directeur, l’essor phénoménale des industries françaises et de l’exploitation de la houille, en particulier dans le bassin stéphanois, ont participé à aboutir à l’Ordonnance royale du 7 mars 1831. Celle-ci faisait de l’école des Mineurs une école d’enseignement secondaire. Les élèves étaient destinés à devenir, selon le mot de Beaunier des « intermédiaires entre le savant et le maître-mineur ». Les conditions d’admission furent renforcées et les programmes adaptés aux mutations industrielles. Mais l’école n’était pas encore consacrée dans son rôle d’école d’ingénieurs, même si la grande partie des emplois occupés par les élèves à leur sortie relevait d’un niveau supérieur. L’évolution vers ce statut effectif fut lente. L’article 6 de l’Ordonnance indiquait par ailleurs la création d’une classe spéciale destinée à l’instruction des ouvriers-mineurs : « Une classe est créée à l'école des mines de Saint-Etienne en faveur des ouvriers-mineurs ou de ceux qui se destinent à cette profession. Il pourra leur être délivré des brevets à la fin de leurs études.» En 1841, les exercices pratiques prirent dans le programme une plus grande importance. En 1867, le programme d’admission fut à nouveau modifié avec le soutien du Conseil municipal de Saint-Etienne. Il incluait des éléments de langue française, des notions de physique, de chimie, de mathématiques… Il sera encore modifié en 1881 et en 1887. ![]() .
L'école à Chantegrillet
Le 12 février 1848, l’école s’installa dans le domaine de Chantegrillet. Trois bâtiments composaient la propriété, acquise par l’Etat. Le château (deux étages) accueillait les logements du directeur et des professeurs ; un bâtiment de trois étages pour les salles de cours et un autre pour les salles d’études. Suffisant pour accueillir une soixantaine d’élèves mais avec la création d’une troisième année d’étude, il fallut construire un bâtiment d’études neuf pour accueillir 90 élèves. Deux amphithéâtres (90 et 60 places) y furent aménagés. ![]() .
![]() Il se compose d'un bâtiment central relié à deux bâtiments latéraux, l'ensemble formant un U. Sur le bâtiment principal, le balcon est soutenu solidement par deux atlantes figurant un mineur et un métallurgiste. Le tout est surmonté d'un fronton représentant l'école qui distribue à des enfants casqués la science sous forme de livres et d'outils. Deux statues symbolisant la Science et l'Industrie ont trouvé place dans des niches. Au fronton, l’Ecole distribue la science et les outils à des Amours joufflus représentant les élèves. En 1969, un premier agrandissement a été réalisé avec l'ajout d'un bâtiment au sud. Entre 1973 et 1975, d'autres ajouts ont été réalisés avec la construction au nord de la Rotonde en 1973, suivi d'un autre bâtiment en 1974, puis d'une nouvelle construction, à l'arrière de l'édifice initial, en 1975. Dans les années 90, l'école s'est étendue sur le site de Manufrance. Elle acquérait ainsi 5 800 m² supplémentaires sur cinq niveaux. En juin 1998, la Rotonde fut inaugurée en tant que Centre de culture scientifique, technique et industrielle. L'Ecole nationale supérieure des mines s'est engagée dans un nouveau projet d'extension. Un nouvel amphithéâtre de 150 places a vu le jour et une salle d'art plastique devrait être aménagée.
Les noms gravés sur la façade sont ceux d'anciens élèves, professeurs et directeurs qui ont fait la renommée de notre cité: ![]() .
Fourneyron
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- Jean-Baptiste Boussingault, Major de la 2nde promotion, grand chimiste, membre de l’Institut, fondateur de la Sté agronomique
- Charles Combes (1801-1872), aérage, thermodynamique, machines à vapeur
- François-Ernest Mallard (1833 – 1894), géologie, minéralogie, traité de cristallographie
" Victimes du devoir " Dans son allocution lors de la venue du président Lebrun, Mr Caltaux a déclaré que 29 ingénieurs anciens élèves de Saint-Etienne étaient morts victimes du devoir professionnel : grisou, éboulements, feux, catastrophes diverses. Nous n'avons pourtant relevé "que" 26 noms gravés sur le monument aux morts de l'école.
Voici quelques noms relevés sur le monument (quand il y a deux annés, la première indique la promotion): ![]() Maurice Bedoin, dans Le Patrimoine minier stéphanois (1981) écrit que l’élève « est en droit d’arborer un frac militaire bleu de roi avec retroussé bleu de ciel et passe-poil de même couleur. Collets de velours noirs, portant de chaque côté deux marteaux en sautoir, entourés de deux branches de lauriers brodés en or, deux lys en sautoir brodés en or, en bas de chacun des pans. Pantalon bleu de roi, avec passe-poil et deux bandes bleu-ciel. Chapeau à cornes avec ganse en or à six bouillons. Boutons d’or portant deux marteaux en sautoir. Quelle élégance ! » La Légion d’honneur ![]() .
Autre Monument commémoratif, dans l'Hôtel de l'Amicale des anciens élèves.
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La croix de guerre avait été remise à l'Ecole nationale supérieure des mines de Saint-Etienne, le 8 juin 1926, par le maréchal Fayolle, avec la citation suivante : « L'Ecole nationale des mines de Saint-Etienne, grâce à ses nobles traditions et à l'instruction spéciale donnée à ses élèves, a fourni, dans les réserves, principalement dans l'infanterie, une magnifique phalange de cadres, dont les brillantes qualités intellectuelles et morales et la conduite héroïque ont largement contribué à assurer la victoire. »
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Avec ses 143 morts sur 468 mobilisés (soit 30 %), l'école de Saint-Etienne détient, parmi les écoles civiles, un douloureux record. Ses élèves ou anciens élèves ont réuni sur leurs poitrines : 14 médailles militaires ; 164 croix de chevaliers de la Légion d'honneur, 6 rosettes d'officiers, une cravate de commandeur de la Légion d'honneur et ils ont obtemi 658 citations à l'ordre du jour. Le 21 octobre 1933, un décret, signé du ministre de la Guerre et du ministre des Travaux publics, donnait une double sanction à la gloire militaire de l'école et au mérite civil de ses élèves en lui conférant la croix de la Légion d'honneur.
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![]() La décoration fut apposée au fronton du bâtiment en 2004. Sculptée par James Keller et inaugurée en présence du général Kelche.
« Faut-il parler d’élèves ? » « On ne devrait avoir que des disciples. » (1) > http://www.annales.org/archives/beaunier.html Pour en savoir + : > Le site internet de l’Ecole des Mines |
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