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Petite histoire générale du Forez Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
dauphmscePetite histoire générale de notre région, des temps antiques jusqu'à 1856.

 


Les temps antiques

Si le dolmen de Luriecq dans les monts du Forez, le menhir du Flat et autres pierres mystérieuses du Pilat ou du canton de Noirétable laissent à penser que notre région fut occupée de très longue date par des peuplades, peut-être Ligures et autres Ibères dont nous ne savons pas grand chose, son histoire commence vraiment avec un peuple gaulois, les Ségusiaves (ou Ségusiens) mentionnés par le géographe grec Ptolémée et Jules César qui en fait mention dans La guerre des Gaules.

Cheval et sanglier, musée de Roanne
photo de René Fessy

Pline les qualifie de " peuple libre " (" Segusiani liberi "). Selon ces auteurs il s’agirait d’un peuple issu des Eduens. Un peuple de commerçants établi entre Loire et Rhône et dont la capitale était l’actuelle Feurs, nommée plus tard sous la domination romaine le Forum Segusiavorum (" le marché ou cité des Ségusiaves ") et non pas l’antique Lugdunum (Lyon) fondée bien après, sous l’Empereur Auguste. Peuple commerçant donc qui fit de l’oppidum d’Essalois un lieu d’échange mais aussi guerrier car il s’était rallié à l’armée de Vercingétorix contre l’envahisseur romain. Ne dit-on pas qu’une bataille les opposa aux légions romaines près de St Haon-le-Châtel ? Le souvenir de ce peuple gaulois reste aujourd’hui inscrit en toute lettre sur la préfecture de Saint-Etienne.

Pierre levée à Pierre-sur-haute, point culminant du Forez et frontière entre pays forézien et pays arverne.

Nos ancêtres les Ségusiaves d'après une publicité pour l'eau minérale Badoit (Saint-Galmier)

Les  Ségusiaves avaient pour territoire le triangle Rodumna (Roanne), Feurs et la future capitale des Gaules. D’autres peuples gaulois occupaient certaines parties de notre département actuel. Dans les Monts du Forez, les environs de Montarcher se partageaient ainsi entre les Ségusiaves, les Vellaves (qui ont donné leur nom au Velay) et les célèbres Arvernes (Auvergne). Les Monts de la Madeleine qui poursuivent les Monts du Forez au nord vers Roanne touchaient le territoire des Boiens du Bourbonnais. Enfin le Pilat marquait la frontière de trois peuples: les Ségusiaves, les Allobroges à l’est et les Helves vers Vienne.

Sous la domination de Rome, le Pagus Forensis (" Pays des Foréziens, autrement dit sticto-sensu " le pays des habitants de Feurs ") compris dans la province de la Gaule Lyonnaise devint florissant comme s’en font l’écho les collections de la Diana à Montbrison, le musée Déchelette de Roanne ou le musée d’Assier de Feurs. Le Forez est en effet situé sur une voie de communication importante. Il est traversé par la voie Bolène entre Lyon et Bordeaux qui passe par Icidmago (Usson-en-Forez) via Feurs et Aquae Segetae (Moingt) et par la route entre Vienne et Clermont. Feurs est alors une étape importante sur la route de l’étain. Aquae Segetae, près de Montbrison, était alors une ville d'importance avec thermes et théâtre.

Quels adeptes de la nouvelle religion amenèrent dans le Forez le message évangélique ? Il n’y a guère de certitudes à ce sujet mais certains noms sont parfois évoqués : Saint Ferréol et Saint-Andéol, Saint Laurent aussi qui donna son nom à la première église de Saint-Etienne puis Saint Julien. Tous martyrs.

La borne des trois provinces à Usson-en-Forez

Les brumes du Haut Moyen-Age

Avec la fin de Rome il passa en 478 sous la domination des Burgondes puis en 534 sous celle des Francs via les fils de Clovis qui l’inclurent dans leur traité de partage. On peut penser que deux cents ans plus tard, les armées sarrazines en marche vers Poitiers passèrent par le Forez. S’il manque des données historiques à ce sujet, certaines traditions, comme celles du martyre de St Porchaire à Montverdun ou la légende du siège du château de Couzan, peuvent laisser supposer tout du moins quelques incursions. Sous les Carolingiens, Forez et Lyonnais sont étroitement unis et ne forment alors qu'une Cité.

A la mort de Charlemagne puis de son fils Louis le Pieux, l'empire fut démembré lors du traité de Verdun en 843 entre les trois petits fils de Charlemagne. Et l'histoire du Lyonnais, donc du Forez, devient complexe à retracer. Bien qu'en théorie le Lyonnais ait dû faire partie du royaume de Charles le Chauve (la Francie) les archevêques de Lyon se rangèrent aux côtés de Lothaire qui règnait sur un territoire s'étendant de l'Italie à la Belgique via la Lorraine: la Lotharingie. Après Lothaire, le Lyonnais passa aux mains de ses fils Charles, roi de Provence puis de Lothaire II, roi de Lorraine. En 870, Charles le Chauve, toujours vivant et qui a bonne mémoire chasse Gérard de Roussillon à qui Lothaire Ier avait confié l'administration du territoire et nomme à sa place le comte Boson. Concernant Boson, celui-ci, deux ans après la mort de son maître Charles le Chauve, en 879 et alors que les vikings sèment l'anarchie au nord de la France, voulut se faire sacrer roi. Son royaume, connu sous le nom de Royaume de Provence s'étendait de Marseille au Jura, des Alpes aux Cévennes. Le Forez en était. Boson mourut à Vienne en 887. Lui succédèrent son épouse Ermengard et son fils Louis l'aveugle. Puis Hugues de Vienne céda le territoire au roi de Bourgogne Rodolphe II, issu d'une famille allemande. A ce dernier succédèrent Conrad jusqu'en 993 puis Rodolphe III jusqu'en 1032. Ce territoire est alors connu sous les noms de Royaume du Jura, de Burgondie, de Provence, des Germains etc.

Cervières d'après l'Armorial de Guillaume Revel

Comme nous venons de le voir avec l'illustration de notre région (au sens Rhône-Alpin), la fin de l'Empire carolingien et du pouvoir "royal-central" fut marquée par un morcellement de l'autorité au profit de nombreuses principautés. Lesquelles plus tard devaient se morceller de même en de multiples seigneuries, marquant le début de la Féodalité. Pour l'heure, nous sommes à la fin du Xème siècle et c'est à cette époque que le Forez sort des brumes de l'histoire, d'abord dans le giron lyonnais (comitatus Lugdunensis) puis de manière autonome. Deux personnages en effet gouvernent le Lyonnais et le Forez au profit des rois déjà cités. Il s'agit de l'archevêque de Lyon, qui durant près d'un siècle sera issu d'une même famille, celle des Burchards, et du comte de Lyon et de Forez, un officier nommé et révocable. En 993, un d'entre eux, Artaud, obtient de Conrad l'hérédité de sa charge. Il peut désormais la transmettre à ses fils. C'est la naissance de la première race (ou famille) des comtes de Forez (sept comtes) qui pour l'heure sont encore comtes de Lyon et de Forez.

Les comtes de Forez

En 1032, Rodolphe III, incapable de gouverner céda le Lyonnais, incluant le Forez, à l'Empereur d'Allemagne Conrad III le Salique auquel l'archevêque de Lyon prêta hommage. C'est le début de la très longue lutte qui va opposer les comtes de Forez aux archevêques de Lyon. Le conflit est d'abord d'origine politique. Les comtes de Lyon et de Forez en effet souhaitant se placer sous l'autorité des rois de France, ceux-ci n'ayant jamais renoncé -depuis Verdun- à leur prérogatives sur notre région. Il n'est pas abusif de dire que l'entrée de Lyon dans le giron du Royaume de France bien plus tard, sera dû en partie à l'action des comtes de Forez en ce sens, même quand le Forez et le Lyonnais se seront séparés. L'autre aspect du conflit vient du fait que le comte de Forez possède des domaines à Lyon et vice-versa. Enfin, et plus simplement, c'est une lutte de pouvoir pour le domination de Lyon qui se joue.

Une image rare, la salle des chevaliers du château de Cornillon (carte postale 1910)

Citons parmi ces farouches guerriers de la première famille Artaud III qui réunit sous son autorité le comté de Forez et le Lyonnais. Il entra en armes dans Lyon et en chassa l'archevêque Burchard avant de conclure avec lui un traité lui reconnaissant quelques droits sur la capitale des Gaules en échanges de terres épiscopales sises dans le comté de Forez. Giraud II qui recommença la guerre contre le parti de l'archevêque soutenu par les Empereurs d'Allemagne. Ou encore Artaud IV qui en 1062 dut céder Lyon et porta pour la première fois le titre de comte de Forez. Mais aussi Guillaume III l'Ancien dont Guillaume de Tyr parle avec éloge et qui périt en Terre Sainte au siège de Nicée. Avec ses fils Guillaume II et Eustache, morts tous deux sans descendants s’acheva sa lignée qui gardait Feurs (ou Sury ?) comme capitale et dont le blason est sujet à caution, peut-être un chêne de sinople (vert), arbre commun de ce vieux pays celte où les forêts sont nombreuses.

Le Dauphin de Forez sur l'épée du gisant du comte Gui IV
Collégiale de Montbrison

Débute alors celle de la 2ème famille des comtes de Forez qui devait élever Montbrison au rang de ville principale et qui donna onze comtes au Forez. Cette seconde famille était apparentée aux Dauphins du Viennois, ce qui explique le nouveau blason " De gueules au Dauphin d’or " et le mammifère commun au Forez et au Dauphiné, d’azur (bleu) dans le second cas. La grande affaire de cette famille fut d’abord d’en finir avec le conflit séculaire l’opposant au voisin, l’archevêque de Lyon. En 1157, la bulle d'or de l'empereur Frédéric Barberousse octroya la ville de Lyon à l'archevêque Héracle de Montboissier, qui avait prêté hommage à l'Empire. Une guerre s'ensuivit et Gui II entra dans Lyon, en fut chassé et vit ses terres envahies à leur tour. Le comte sollicita alors l'intervention du roi de France Louis VII et lui prêta hommage, en 1167, pour ses châteaux de Montbrison, Monsupt, Montarcher, la Tour-en-Jarez et Chamousset. En 1173 fut conclue la " permutatio ", c’est à dire le traité qui mit fin aux guerres et qui fut ratifié par le roi de France et le Pape. Le comte de Forez renonçait à ses prétentions sur toute la rive gauche de la Saône.

A noter la singularité du Jarez qui est coupé en deux, une partie passe entre les mains du Comte de Forez (Rochetaillée, Feugerolles, Saint-Priest, Saint-Héand) mais quelques places restent en possession de l’archevêque de Lyon dont Saint-Chamond, Riverie et Saint-Symphorien-sur-Coise. Le territoire compris entre les châteaux de la Tour-en-Jarez et de Saint-Priest devenant une sorte de zone neutralisée entre les possessions foréziennes et lyonnaises. En contrepartie de ces concessions, le comte de Forez reçut 1 100 marcs d'argent et sa suzeraineté fut affermie dans ses possessions roannaises où l'archevêque de Lyon consentait à des sacrifices.
 

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Dessin d'une pierre sculptée sur la façade intérieure du château de Chevrières
(F. Thiollier, Sculptures foréziennes de la Renaissance, 1892)
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Ces comtes de Forez restent dans les mémoires pour avoir fait édifié en particulier la collégiale Notre-Dame-d’Espérance à Montbrison (Gui IV y repose dans son tombeau) et la salle héraldique de la Diana construite à l’occasion du mariage de Jehan Ier de Forez (dont on dit qu’il fut le plus magnifique seigneur de sa race) avec Alix de Viennois en 1296 qui amena en dot au Forez quelques lieux du Pilat. Egalement pour avoir lutté en Terre Sainte (Gui III est mort à Saint-Jean d’Acre, Gui IV s’est éteint en Italie sur le chemin du retour après avoir confié le gouvernement à sa femme Mahaut de Nevers, Gui V fut blessé à Damiette) mais aussi contre les grands féodaux ( en particulier les farouches Damas de Couzan dont le nid d’aigle du " pays d’Aimé Jacquet " domine encore les gorges des monts du Forez) ou les seigneurs voisins de Beaujeu (qui ont donné leur nom au Beaujolais). De cette époque féodale il reste encore des châteaux massifs, des tours ou des vestiges de remparts élevés par ou pour les comtes de Forez: Chalmazel, Chevrières, Cervières, Marcilly, Cleppé...

Vers le Sud-Est du comté, aux confins des terres de l'Eglise de Lyon, se constitua la puissante seigneurie de Jarez. La famille de Jarez, sous la mouvance immédiate du comte de Forez en même temps que vassale de l'archevêque de Lyon pour certaines possessions, devint la maîtresse effective de Saint-Chamond, de Rochetaillée, de Saint-Priest et de Feugerolles. Leur domaine s'étendit ensuite jusque vers Pélussin, Argental et Malleval. Ce sont encore les d'Urgel de Saint-Priest, seigneurs de Jarez qui reçurent Saint-Etienne des comtes de Forez.

Le château de Chalmazel, construit avec la bénédiction du Comte de Forez pour faire face aux remuants seigneurs de Couzan (photo Forez-info)

Une trentaine de grandes famille du Forez furent, peu ou prou, vassales des comtes de Forez. Citons les plus connues: les d' Urfé, les d'Apchon, les Couzan, les Lavieu, les d'Augerolles, les d'Apinac, les d'Ecotay, les Raybe, les Sapolgue...

Du point de vue administratif, c'est le comte Jehan Ier qui au début du XIVème siècle donna au territoire une organisation efficace, calquée sur celle des rois de France. Le pouvoir judiciaire et administratif, à l'échelon local, est aux mains de captaines châtelains qui ont la garde des place fortes. Quarante et une châtellenies forment alors le comté. Autour du comte, baillis, juges, chancelier et clercs ont d'importantes attributions. A noter encore que treize villes (les treize villes de Forez), dites "vocables" ont droit d'envoyer des députés aux Etats du Pays. Il s'agit de Montbrison, Feurs, Saint-Germain-Laval, Sury, Saint-Galmier, Saint-Bonnet-le-Château, Boen, Saint-Etienne-de-Furan, Bourg-Argental, Roanne, Saint-Haon-le-Châtel, Saint-Rambert et Cervières.

Saint-Bonnet-le-Château
(bois de Jean Chièze publié dans la Région illustrée de Pâques 1937)

Lors de la guerre de Cent ans, les comtes de Forez luttèrent contre les pillards anglais et mercenaires, les Tard-venus qui ravagèrent les villages de Valbenoîte, Estivareilles, Saint-Rambert ou même Montbrison... Gui VII en 1338 rejoignit à Péronne les troupes du royaume de France et combattit avec succès l'envahisseur en Flandres et dans le Languedoc. C’est encore en les combattant que le Comte Louis de Forez perd la vie en 1362 lors du désastre de Brignais qui entraîna la fin de la dynastie des comtes de Forez. Le pays passa en effet aux mains de son frère Jean qui, à moitié fou, laissa en réalité sa mère, Jeanne de Bourbon, l'administrer et le défendre.

Le blason des Ducs de Bourbon, à droite sur une maison de Saint Maurice-en-Gourgois

Ducs de Bourbon, d’ Urfé et Rois de France

Sa petite fille Anne-Dauphine épousa Louis II de Bourbon et le Forez passa sous la coupe des Ducs de Bourbon dont la capitale était Moulins dans l’Allier. Si les ducs de Bourbon et comtes de Forez furent les maitres de la région, les d’Urfé qui eurent la charge de bailli de Forez en furent les bienfaiteurs. Cette famille qui servait déjà les comtes de Forez, servit les ducs de Bourbon puis les rois de France. Elle donna nombre d’hommes d’église, de guerre et de lettres dont plus tard son plus célèbre représentant, Honoré d’Urfé, grace auquel le nom de Forez fut connu de toute l’Europe via L’Astrée .

Vitrail de la collégiale de St Bonnet-le-château: " Anne-Dauphine, Duchesse de Bourbon et Comtesse de Forez sort de son oratoire de St Bonnet-le-Château, 1403." Vous remarquerez le petit page aux couleurs du Forez et l’habit de la Duchesse qui arbore les Dauphins du Forez et du Viennois ainsi que les lys bandés de rouge, armes des Ducs de Bourbon, famille capétienne. Ci-dessous: Charles III de Bourbon, comte de Forez et Connétable de France.

Bourbon.jpgC’est d’une sombre manière que le Duché de Bourbon et avec lui le Forez fut annexé définitivement par la couronne. Certains y voient d’abord la conséquence de la trahison de Charles III de Bourbon vis à vis du Roi de France. D’autres l’excusent en insistant sur le rôle néfaste de Louise de Savoie, mère de François Ier. Toujours est-il que 15 juillet 1523, à Montbrison eut lieu un événement lourd de conséquences. Charles III, dernier des ducs de Bourbon et des Comtes de Forez reçut en secret l’émissaire de l’empereur germanique Charles Quint. Une alliance fut conclue pour lutter contre le roi de France François Ier. Quelques années plus tard, Charles de Bourbon succomba sous les murs de Rome et le Forez fut annexé par le royaume de France. En 1536, François Ier, descendant de Guy VII de Forez vint en personne, accompagné de toute la cour à Montbrison qui lui fit fête pendant plusieurs jours.

La Bâtie d'Urfé et son célèbre sphinx

Mais encore, et ensuite ?

Mais le XVIe siècle forézien fut marqué aussi par des réjouissances beaucoup moins sympathiques. Les guerres de religion d’abord enflammèrent tout le pays et Saint-Etienne, Saint-Galmier et surtout Montbrison durent souffrir le passage des troupes huguenotes commandées par des chefs terribles, en particulier le Baron des Adrets. Au final, le Forez fut peu sensible à la doctrine réformée et resta catholique. Un peu trop, pourrait-on dire puisqu’ après la mort du roi Henri III Anne d’Urfé emmena une partie des Foréziens dans l’aventure de la Sainte Ligue. Cette période est marquée aussi par le fléau de la peste qui fit des ravages dans presque toutes les villes et villages de la région.

Du point de vue administratif, la réunion du Forez à la couronne s'accompagna de changements. La Chambre des Comptes de Montbrison fut supprimée dès 1532 et la province fut rattachée à la généralité de Lyon. En 1645, en raison de l'importance croissante de Roanne et de Saint-Etienne, furent créés des sénéchaussées dans ces deux cités, chargées de la justice, non sans une vive opposition du bailliage de Montbrison, concurrencé dans ses prérogatives anciennes.

Dans les deux siècles qui suivirent, Montbrison commença à s’endormir dans le souvenir de son glorieux passé tandis qu’une forme de pré-industrialisation gagnait le bassin stéphanois. Dès 1706, le charbon stéphanois gagnait déjà Paris via les rambertes de la loire et Roanne se lançait dans la fabrication des cotonnades. Cette période est également marqué par des évènements marquants, le passage du bandit Mandrin à Saint-Etienne, Montbrison et Saint-Bonnet-le-Château mais aussi l’expansion des idées jansénistes condamnées sous Louis XIV et qui devaient donner naissance dans le Forez à certains mouvements religieux millénaristes, en particulier celui des Béguins de la " Petite Eglise du Forez " qui existe encore de nos jours.

La Révolution fut accueillie favorablement dans le Forez mais la Constitution Civile du Clergé, l’assassinat du roi et finalement la terreur jacobine menée à Feurs par le sinistre Javogues devait ensanglanter et diviser notre région. Et si la plaine et la région stéphanoise restèrent très républicaines ( en règle générale ) les massifs montagneux, des monts du Forez aux Montagnes du matin et le Pilat eurent leurs guérillas chouannes. En particulier celle que mena dans les Monts du Lyonnais Antoine Crozier. Le fait le plus notable de cette période troublée restant sans doute la création du département de Rhône-et-Loire avec Lyon pour chef-lieu puis la scission entre deux départements distincts suite à l’insurrection de Lyon soutenue par Montbrison. Celui de la Loire eut d’abord l’antique Feurs comme chef-lieu pour une brève période ( Montbrison ayant été puni pour avoir soutenu les révoltés lyonnais ) puis à nouveau Montbrison qui en 1856 devait céder la place à Saint-Etienne devenu préfecture par la grâce d’un développement industriel inexorable.

Un lien sur la Ségusie pour en savoir +:

> La Ségusie n’est pas ce que nous croyons ! (une autre hypothèse)

>Histoire de Montbrison

>Histoire de Saint-Bonnet-le-Château

>>> ETC.

Écrit par FI