| Surnoms de quelques habitants du Forez |
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| Écrit par FI |
Ventres jaunes, Croque-cerises, Renards et autres Bachasses. Découvrez les surnoms savoureux de nos compatriotes.
Cet article est très incomplet. Quel est le surnom des habitants de Bonson ? Pourquoi parlons-nous de Cacamarlous à Saint-Bonnet-le-Château ? Vos infos et précisions sont les bienvenues: Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. Gagas, Appelous, Couramiauds et Farlots sont des (sur)noms d’habitants qui restent relativement connus. Sans doute d’ailleurs parce que les trois premiers s’attachent à des habitants de villes importantes : Saint-Etienne, Firminy et Saint-Chamond. Le dernier parce qu’il s’attache en particulier à une célèbre industrie, la fabrication des chapeaux à Chazelles-sur-Lyon. Dans le cas de Firminy, le terme désigne réellement le nom des habitants contrairement aux trois autres qui se contentent de " coiffer " les Stéphanois, les Chazellois et les Saint-Chamonais. Mais reste d’une part à connaître l’origine de ces surnoms en particulier et d’autre part à mettre en lumière les surnoms des habitants de nos autres " bleds ". Etant donné le caractère péjoratif de la plupart d’entre eux, on peut supposer qu’ ils furent attribués le plus souvent par les petits voisins. Ils traduisent alors l’esprit malicieux ou mesquin des populations campagnardes raillant chez l’autre des travers vrais ou supposés. C’est ainsi qu’on retrouve beaucoup de noms d’oiseaux. Certains autres recoupent une notion historique, parfois malvenue dans le Forez. Commençons par le commencement (enfin essayons) : - Gagas (ou Gagats) : aucune certitude à son sujet mais il existe une hypothèse qui voit l’origine de ce mot dans " gagate ", terme qui peut signifier en grec " pierre noire ", le minerai de terre, charbon ou jais. Sauf erreur de notre part, c’est Auguste Callet qui l’évoque dans sa Légende des Gagats. La racine gag est, selon lui, assez commune dans les bassins houillers du nord. Au passage, profitons-en pour dire un mot du terme Stéphanois. Il vient du nom Etienne, premier martyr de l’Eglise, lapidé sur ordre de Saul qui n’avait pas encore reçu la révélation sur le chemin de Damas. Etienne, en grec Stefanos, en latin Stefanus signifie aussi " couronne " (ou couronné ?) Une couronne il y en a d’ailleurs une sur le blason de la ville. Celle du royaume de France en l’occurrence, pour signifier le désir des Stéphanois de se placer sous la tutelle des rois.
Vue sur Firminy un jour de marché vers 1915 - Appelous : il existe plusieurs théories pour expliquer le terme.
Les "Cochons" (ou Caillons) un jour de fête nationale (carte postale années 20) Félins et canidés: à Saint-Just-en-Chevalet et à Notre-Dame-de-Boisset, on trouve les Loups et à Champdieu les Renards qui partagent leur sobriquet avec les habitants de Trélins. Les habitants de Feurs portent le surnom de Chats, de même qu’à Lay. A Moingt, ce sont les Chiens. Concernant le sobriquet dévolu aux habitants de Boën, les cochons ou " lou peûrs " en patois, un numéro de Cantons Foréziens des années 80 nous propose plusieurs explications. D’abord l’explication de la similitude phonétique entre Bouan, l’ancien nom de la ville, avec Boue. Le petit journal nous indique que cette théorie ne date pas d’hier puisqu’une charte de Forez, vers l’an 1300 la mentionnait déjà. En 1875, un conseiller municipal de Boën mentionnait l’ancienne malpropreté du bourg et ses rues encombrées d’immondices. Les voisins n’avaient pas mis longtemps à dégotter un sobriquet peu honorable pour les habitants de Boën. Mais, s’empressait de préciser l’élu, en 1875 le surnom n’était plus de mise. Autre version, d'après Le Gras : "D'un vieux vin de Purelle ayant bu deux bouteilles, le Roi dit au bailly, mais sans songer à mal : les gens de ce pays ont, dit-on, des oreilles longues... à faire envie à certain animal... Le bailly répondit : leur longueur vous étonne et Votre Majesté daigne s'en occuper ! Eh ! c'est que nous n'avons encoré trouvé personne capable de nous les couper !" ![]() Bauverie, Marché aux cerises de Poncins - Les inclassables, on les trouve à Saint-Bonnet-le-Château peuplé de Cacamarlous (?), à Saint-Victor-sur-Loire, les Croque-cerises, à Saint-Barthélémy-Lestra, peuplé de Culs jaunes. Au sujet des Croque-cerises, le Guide des Plus belles balades autour de Saint-Etienne nous donne une explication: "Autrefois, bien avant le barrage, les cerisiers abondaient sur ces rives de la Loire, et les gens du pays avaient l'habitude de parler affaires... en croquant des cerises."
Aujourd'hui on ne trouve plus de cerisiers à Saint-Victor mais le sobriquet est resté. A Saint-Genest-Lerpt on trouve les Mangeurs de trois soupes. Enfin à Bouthéon vivent les Ventres-jaunes. Ce dernier surnom évoque peut-être les épidémies qui ont longtemps frappé la plaine. En tout cas, il était très répandu et servait autrefois aux mineurs stéphanois à désigner les saisonniers foréziens qui venaient travailler temporairement dans " leurs " mines. Pour preuve, ce témoignage savoureux d’un mineur dans Soleil noir de Jean-Paul Burdy : " Avant la guerre de 14, il y avait les paysans de Haute-Loire qui venaient à la mine l’hiver. Ils arrivaient à la Toussaint et ils restaient jusqu’à Pâques. Ils logeaient comme pensionnaires dans la famille sur place. On appelaient ces étrangers des " blancs " comme ceux du Forez des " ventres jaunes ". Il y avait une certaine concurrence avec les " blancs ". On avait fait une chanson sur les " blancs " qui viennent prendre le travail des Français… euh des Stéphanois." Mr Roland Boudarel nous a communiqué une autre version à propos de ce surnom. Les gens de la plaine étaient considérés comme des gens riches qui avaient toujours un louis d'or dans leur ceinture de flanelle, d'où peut-être ce sobriquet de ventres jaunes. Mais peut-être vient-il d'une consommation excessive de... courges. L.P. Gras fait aussi remarquer que les Foréziens étaient parfois surnommés les Oisons. Nos voisins auvergnats utilisaient à notre endroit le terme de Fourina, une déformation de Forez. Quant aux montagnards, ils étaient surnommés Gavots par les Planards du plat pays.
Dentellières cacamarlouses Quelques ouvrages nous ont aidés à écrire cet article:
Forez, Christine Bonneton Editeur, 1987 ( travail commun de différents historiens), Le Parler du Forez et du Roannais de Jean-Baptiste Martin, Editions Bonneton, 2000, Histoire de Saint-Chamond de James Condamin, Carnets d'un folkloriste, d'Albert Boissier, édition du Musée de Saint Didier-en-Velay, 1995. Enfin Le Forez, traditions du département de la Loire par Robert Bouiller. |
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