| Histoires de trésors foréziens |
|
|
|
| Écrit par FI |
Que le Forez possède des trésors, on le savait déjà. Rêvons un peu aux fortunes disparues.Si vous connaissez l’existence d’autres histoires relatives à des trésors foréziens, vos infos sont les bienvenues. Soyez assurés que vos précisions et rectificatifs seront appréciés à leur juste valeur.
Boileau dans ses Satires nous dit que "l’or, même en sa laideur, donne un teint de beauté."
La fièvre de l’or qui anime les protagonistes de notre première petite
histoire n’a rien de séduisante. Elle est même franchement lamentable.
Elle fut contée en son temps dans un vieux numéro de "Cantons Foréziens".
Alors voilà, il y avait à la frontière des communes de Bussières, Rozier-en-Donzy et Pouilly-les-Feurs un énorme amas de roches nommé « la pierre à trois tours ». Comme souvent avec ce type d’amas granitiques, certains ont vu en elle un autel naturel des anciens cultes druidiques. Pour son malheur, une très ancienne légende racontait aussi qu’elle renfermait un immense trésor. Mais la légende (que l’on retrouve dans une infinité de variantes dans toutes les provinces de France) indiquait aussi un modus operandi très stricte pour s’emparer du butin. Ce n’est que la nuit de la Nativité, sur les douze coups de minuit que le postulant peut tenter sa chance. A cet instant précis, la pierre se soulève et l’élu peut se glisser dessous et puiser abondamment dans le trésor. Mais attention à celui qui est trop gourmand car la pierre peut se lasser et l’écraser. A la fin du XIXe siècle, des vandales n’attendirent pas la nuit magique et pulvérisèrent la pierre à coups de dynamite. Ils restèrent pauvres. Le plus souvent c’est le hasard et la chance qui dévoilent les trésors. Et en terre forézienne, à notre connaissance, dame Fortune fut de la partie à deux reprises. Le plus impressionnant des trésors fut déterré non loin de Saint-Etienne. Il avait la forme voluptueuse d’une statue de marbre antique devant laquelle les spécialistes venaient pamoiser. Mais nous n’avons pas dit que dame Fortune n’avait pas d’humour et la belle s’avéra malheureusement le fruit d’une supercherie géniale. Il s’agit bien sûr de la célèbre Vénus de Brizet à laquelle nous avons consacré un article. Moins romantique mais plus honnête fut la découverte de Saint-Marcellin-en-Forez, en juillet 1884. Ce sont des pièces de bronze antiques ( datées entre 284 et 337) qui furent dégotées dans le chemin des Batets. Que sont devenus ces pièces de monnaie ? Sont-elles aujourd’hui dans les collection du Musée d’Assier de Feurs ou au Musée Déchelette de Roanne ? Ont-elles été vendues et dispersées ? Ci-dessous, la rose d'or conservée au Musée de Cluny. Elle fut offerte par la Pape Jean XXII à Rodolphe de Nidau en 1330. La rose de Jeanne de Bourbon lui ressemblait-elle ?
Si nous en croyons le site internet tresor.com, dans les années 70, la revue "Facettes" évoquait l’existence d’un trésor dans les environs de Chambles. Cependant l’origine et la composition de ce trésor, évalué par ce journal à plusieurs centaines de millions de Francs n'était pas clairement énoncée.
Le Rhin garde le secret du trésor des Nebelungen et les nains de jardin de Miribel celui du veau d'or...
Hameau de Miribel, 2003 Non loin de Chambles se trouve le minuscule hameau de Miribel (commune de Périgneux) où s’élevait autrefois une place forte tour à tour aux mains de la famille de Savoie, de Roussillon, de Levis, d’Urfé, de Verd… Une légende que j’ai personnellement entendue dans mon enfance évoque l’existence d’un trésor. Il s’agit ici d’ un mystérieux « veau d’or ». Cette histoire me semble intéressante pour plusieurs raisons. Matru, j’imaginais le trésor sous l’aspect d’une statuette animale en or. Et plus encore la référence biblique m’enthousiasmait. Les Hébreux ! Très fort le Forez. Peut-être une partie des tribus disparues d’Israel , les Khazars ? Par la suite, j’ai appris que de nombreuses traditions, partout en France, évoquaient des trésors sous cette appellation et que le terme pouvait désigner péjorativement -influence chrétienne- n’importe quel trésor excitant l’avidité terrestre. J’appris aussi qu’il existait au Moyen-Age une unité monétaire nommée « mouton d’or » qui équivalait à une livre tournoi. L’imagerie populaire pouvait désigner tout aussi bien n’importe quel trésor en numéraire de l’époque. Et justement, si l'on en croit Noelle Rigaudon dans son ouvrage consacré à Périgneux, en 1428, Philippe IV de Levis, alors seigneur de Miribel, avait vendu son fief (château et dépendances) au Duc de Bourbon et Comte de Forez pour la somme de 3000 moutons d’or. Finalement le contrat fut rompu mais on peut penser que l’imaginaire paysan aurait en quelque sorte « sublimé » le souvenir de la transaction et cette somme hors de portée transmis depuis sous la forme d’un trésor tout aussi inaccessible.
D’autres indices méritent qu’on y prête attention. A la Révolution, la région fut un lieu d’asile pour de nombreux proscrits, prêtres réfractaires et familles nobles. A deux pas de Miribel, au lieu-dit le Foin, une ferme garde encore dans un de ses recoins un petit bénitier de pierre qui servait à baptiser les nouveaux-nés à la nuit tombée. On sait aussi que les de Pons d’Hostun, la dernière famille noble à posséder le fief de Miribel, se cachèrent dans les environs avant d’être arrêtés alors qu’ils tentaient de gagner le large via Firminy. Didier Audinot dans on livre "Histoires mystérieuses des trésors enfouis" consacre tout un chapitre aux trésors enfouis par les familles nobles avant d’émigrer à l’étranger. Certains de ses trésors ont été retrouvés, beaucoup d’autres attendent. On peut imaginer que la famille des Pons d’Hostun, ou d’autres, avant de tenter de quitter la région ont enterré quelques trésors dans leurs terres sauvages du Haut-Forez. Par ailleurs, et ce n’est pas le moins important, de nombreux souterrains sont mentionnés dans les Monts du Forez et l’on sait depuis la découverte récentes d’étranges galeries que ce n’est pas un mythe. Une tradition tenace nous raconte aussi qu’Hugues de Payns (ou de Payen ou de Pagan), le fondateur de l’Ordre du Temple n’était pas originaire de Champagne comme le dit l’histoire officielle. Certains historiens le font naître en Ardèche au château de Mahun et citent Miribel et Bourg-Argental comme étant fiefs de la famille des Pagan. Sonyer-Dulac, dans son ouvrage "Des tribunaux de Forez" écrit par exemple: "Hugues Pagan, Pagani, fils de Willelme de Pagan, seigneur de Miribel, de Meys et de Cuzieu en Forez, fut élevé par sa valeur et sa prudence à la dignité de Premier Grand Maître des Templiers en 1118." C’est là querelle de spécialiste mais concernant le trésor de Miribel, si trésor il y a, il était trop tentant d’évoquer au passage le souvenir des pauvres chevaliers du Christ.
A Montbrison, les eaux du Vizézy et la Caisse d'Epargne
C'est toujours la même eau qui coule...
.
Statue de Jacques Coeur à Bourges face à son palais
Je
ne sais quelle était la devise de Florimond Robertet, le grand
argentier des rois Charles VIII, Louis XII et François Ier. Mais
puisqu’il était Montbrisonnais (on peut voir encore le blason de la
famille à la Collégiale) profitons-en pour mentionner au passage
l’histoire de trésor qui s’attache au château de Bury dans le
Loir-et-Cher. Situé tout près de Blois où repose notre compatriote
(après des funérailles grandioses organisées par François Ier) il
renfermerait des trésors cachés dans des caves secrètes. On ne prête
qu’aux riches.
Par la suite, l’officier fut incarcéré à Lyon et c'est de sa prison qu'il écrivit à un habitant de Saint-Etienne pour lui demander de récupérer la cassette et solliciter quelque argent à valoir sur le trésor. Le voiturier Durand, dit Paturaud, oncle du narrateur de 1853 et bénéficiaire de cette proposition y donna suite. Il remua toute la prairie après avoir obtenu confirmation, par l'aubergiste de Polignais, du passage du voyageur. Il n'y découvrit jamais la cassette dont l'existence supposée fut, par la suite, mentionnée dans tous les actes de vente de la parcelle. L'énigme reste entière. S'agit-il là d'une affaire de " lettre de Jérusalem ", l'une de ces escroqueries au trésor si courantes après la Révolution et l'Empire ? Toujours-est-il que le voiturier paya pour connaître le secret, mais ne découvrit jamais la cassette. Il est cependant étrange de constater que le passage de l'aide de camp de Brune a bien laissé des traces à Polignais. Il est donc permis de penser que cette affaire n'est peut-être pas aussi farfelue qu'il semble à première vue et que si la cassette du maréchal Brune n'a pas été découverte dans le vaste pré décrit, c'est peut-être faute de moyens de détection convenables.
.
La mort du Maréchal Brune.
Retrouverons-nous un jour sa "cassette stéphanoise " ?
La seconde ressemble à la première. Il s’agit aussi d’une cassette pleine de pierreries qui aurait été cachée sous un arbre. Cette fois c’est Serge Grangeon qui nous la raconte dans "Saint-Etienne sous le second Empire". La cassette appartenait à l’Impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III. Lors de l’abdication de son tout petit caporal de mari, elle la remit à un certain Adolfo Calatraba, un de ses compatriotes. Charge à lui de la transporter à Espagne et de la remettre à sa mère la Comtesse de Montijo. Poursuivi par les Républicains, l’Espagnol se réfugia à Saint-Etienne qu’il connaissait déjà pour y avoir vécu. Là, il cacha la cassette au pied d’un arbre et continua sa route vers l’Espagne où la Comtesse fut plutôt chagrinée de ne pas toucher le jackpot. Calatraba fut arrêté et ne révéla jamais le lieu de la cache stéphanoise. Il semblerait pourtant qu’il ait tenté de monnayer ses informations. Mais personne ne semble avoir mordu à l’hameçon, si toutefois de pêche au pigeon il s’agit façon « lettre de Jérusalem ». Pensez-y quand vous irez vous balader en ville… Avant de vous laisser, sachez encore qu'il n'est pas impossible que les moines de Valbenoîte aient fait quelques dépôts à la terre forézienne pour les soustraire aux Protestants qui venaient ravager gaiement l'abbaye; que le célèbre Mandrin a probablement fait quelques bons placements dans quelques lieux abruptes du Haut-Forez et que le château de Batailloux à Saint-Marcellin n'est pas au dessus de tout soupçon de délit d'initié. |
A lire dans l'Encyclopédie
Warning: getimagesize(mag2/media/images%2013/emmasc.jpg) [function.getimagesize]: failed to open stream: No such file or directory in /home/ubus1/public_html/fi15/modules/mod_globalnews/helper.php on line 17
A propos d'une fable (deux fois) : LE FILM ! En 1965, rue Jean Huss, à l'ombre du Soleil, un jeune instituteur filmait la classe-atelier de l'artiste Pierre...
Lire la suite...
Quand la Loire produisait de l'uranium Petite histoire de l'industrie minière de l'uranium en Forez: l'exploitation des Bois-Noirs
Lire la suite...
Le Pénitent Il reste en France peu de confréries de pénitents et aucune dans la Loire. Il faut aller dans le Midi,...
Lire la suite...
Sommaire : - Les débuts de l’Ecole des Mines (1816 - 1882), dans les grandes lignes - Un duel en 1826 - Le...
Lire la suite...
La peinture d'Alexandre Séon « Comme nous vivons dans un temps très pervers, je n’ose rien prédire au peintre mystique et...
Lire la suite...






