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Laissez-vous surprendre par l’histoire stéphanoise à travers de très nombreuses anecdotes.
 

 

 

Les anecdotes concernant les statues de Sainté sont désormais sur une autre page qui leur est spécialement dédiée. 

Quelques chiffres et dates en vrac:

- Combien de puits de mine ont été exploités à Saint-Etienne ? 190. La plus meurtrière des catastrophes de Sainté fut celle du puits Verpilleux qui fit 216 morts. Sauf erreur de notre part, le bassin minier stéphanois au total des victimes fut le plus meurtrier de France.

- 500 millions. C'est le nombre de tonnes de charbon extraites du sous-sol stéphanois.

- 420. C'est le nombre de mineurs arrêtés et emprisonnés à la prison de Bellevue suite aux grèves de 1948. Grèves violentes puisque plusieurs mineurs et policiers furent tués.

- 189: comme le nombre de puits de mine qui furent exploités à Sainté. Les plus connus: puits Chatelus 1, 2 et 3 (Couriot), puits Pélissier, puits de la Chana 1 et 2... Mais connaissez-vous le puits de Patroa, le puits du chêne, le puits Antonia, le puits de la Vogue ...?

- Savez-vous combien de chevaux travaillaient au fond des mines de Sainté vers 1914 ? 550 environ. Ces chevaux une fois descendus dans les entrailles de la terre ne revoyaient plus jamais le soleil. Il se dit que la fameuse chanson de Brassens évoque un de ces chevaux sacrifiés. Un puits de mine d'ailleurs portait à Sainté le nom de " Puits des Chevaux"

- 26. C'est le nombre d'églises et de chapelles stéphanoises. Quinze d'entre elles appartiennent à la ville dont la Grand'église. 6, c'est justement le nombre de cloches de la grand' église à la veille de 1789. Combien y-en a t'il aujourd' hui ? Nous ne le savons pas comme nous ne savons pas combien de ces cloches ont survécu à la Révolution. En tout cas voici leurs noms, de la plus grosse à la plus petite: Tous les Saints, Sauve-Terre (comme à Montbrison), Barbe, Ruliard, Eau Bénite, La Petite.

- 10 000 francs. C'est la somme que Bruce Springsteen offrit aux chômeurs de la ville en 1985, lors de son concert à Geoffroy Guichard. Il aura fallu attendre plus de 15 ans avant qu'un autre monstre sacré, notre Johnny national en l'occurence ne se produise dans le chaudron.

- 589. C'est le nombre de morts dues à la variole à Sainté en 1878.

- 6000. Comme le nombre de Stéphanois tombés sur les champs de bataille entre 1914 et 1918 et 233 comme le nombre de soldats qui reposent dans le tombeau du "souvenir français" dans le cimetière du Crêt de Roc. Pour en rester à la grande guerre: 141, c'est le nombre d'élèves ou anciens élèves de l'école des Mines de Sainté tombés au champ d'honneur.

Jetons des CFVE stéphanois (Chemins de fer à voie étroite), 20 centimes, ça fait rêver n'est-ce pas ?

- Savez-vous combien il y avait de lignes de tram à Sainté en 1929 ? 11 ! Au lendemain de la seconde guerre mondiale, environ 32 millions de "voyageurs" au total utilisaient chaque année la ligne de tram de la Grand 'rue. A titre de comparaison, il n'y avait qu'une ligne de bus en 1929, entre Dorian et Montplaisir. Une autre anecdote à propos des tramways : en 1856 le préfet de la Loire qui souhaitait équiper la ville de tramways essuya durant 20 ans le refus des notables stéphanois car ceux qui étaient aussi des patrons craignaient que les transports en commun ne deviennent des lieux de discussions et de regroupements des ouvriers. A noter aussi qu'à l'origine le tramway comprenait (justement) deux catégories de classes aux voyageurs.

Bientôt Châteaucreux retrouvera le tramway. Quant aux puits de mine ... (vers 1910)

- Combien d' hectares à Saint-Etienne appartiennent au groupe Casino ? 50. Le groupe Casino ( distribution Casino+ses filiales Casino-cafétéria et Easydis-logistique) est le plus important en effectif de tout le département, plus de 50 000 employés. Distribution Casino France arrive en tête du palmarès des chiffres d'affaires dans le secteur commercial. Easydis et Casino-cafétéria occupent respectivement la première et la seconde place des chiffres d'affaires dans le secteur services. D'après "le panorama des entreprises" de la Gazette 2004-2005 qui vient de sortir. Laquelle ne précise pas quelle est la position du Groupe Casino dans le palmarès des conditions de travail (nous pensons surtout aux préparateurs de commandes d' Easydis, ceux qui savent comprendront) et des salaires des employés...

- Quel haut-lieu de la vie stéphanoise fut inauguré le 13 septembre 1931? Le chaudron de Geoffroy-Guichard. Le premier match des locaux à domicile se solda sur une défaite contre Cannes. Le premier match de l'ASSE (qui remplaça l'ASS pluri-disciplines) se solda en revanche par une victoire contre le FAC de Nice sur le score de 3 à 2. C'était en 1933 et cette année là, la première de son existence, l'ASSE resta invaincue sur son sol.

Un match de l'ASS-Rugby à Geoffroy-Guichard, au milieu des cheminées d'usine dans les années 40 ou 50.

Un exemplaire du chasseur français de 1967

- 800 000. C'est le nombre d'exemplaires du "chasseur français" édité par Manufrance vendus en 1972.

- 1084. C'est le nombre de victimes stéphanoises du bombardement américain de 1944. Parmi elles, 24 écoliers de l'école Tardy et toute une famille célébrant un mariage en l'église Saint-François Régis.

- En quelle année a eut lieu le premier Vélocio de la ville ? En 1948

- 1. C'est le nombre de bâtiments classés " Monuments Historiques " à Saint-Etienne. Il s'agit de la "maison François Ier" en cours de réhabilitation vers la place Boivin. Datée de 1547, elle renferme un plafond "à la fougère" dont les derniers exemplaires en France se trouvent seulement en Forez.

- Quel est d'après vous le nombre total d'armes (blanches et à feu) gardées dans les collections des différents musées de la ville ? Environ 4800.

Quelques poinçons du Banc d'Epreuve des Armes à feu et des munitions de Saint-Etienne, 1929: la tour = canons en jambes, épreuve préliminaire; de haut en bas: canons finis assemblés, épreuve ordinaire; idem, épreuve double; idem, épreuve triple. Une rue de la ville porte le nom de l'Epreuve, à St Roch, quartier des Armuriers.

Ci-dessous, une des plus belles pièces du Musée d'art et d'industrie de Sainté (dessin figuré sur une carte postale du Musée de 1970). Remarquez la crosse sculptée d'un Atlas portant le monde.

Un peu de sport:

- 0-10. C'est le score du match qui opposa le Cote-Chaude Sportif (division d'honneur) au PSG dans le chaudron. Match de 32èmes de finale de coupe de France joué devant plus de 30 000 spectateurs. C'était le 22 janvier 1994 et il faisait froid, très froid... Au registre des affluences, un record fut établi dans le chaudron l'année dernière. 25 000 personnes sont venues encourager l'équipe de France féminine opposée aux Anglaises. Du jamais vu dans le foot féminin. Score 2-0 pour les Bleues.

- Le grand Salif Keita, originaire du Mali, après avoir pris le taxi de Paris à Sainté lorsqu'il débarqua en France et avant de disputer avec les verts un derby à Lyon dans les années 60 avait mis des protège-tibias devant et derrière ses jambes. Il avait déclaré à ce sujet " C'est parce qu' on va va jouer contre les fous ". Innombrables sont les anecdotes liées au seul derby digne de ce nom en France, évoquons brièvement le A l'envers comme à l'endroit le maillot vert me donne des boutons de Domenech et puis le légendaire Dans le domaine du football, Lyon sera toujours la banlieue de Saint-Etienne de Roger Rocher. Restons-en là avec le derby. Non ? Bon alors 17, c'est le nombre de derbys qui se sont soldés sur un score de 1 à 0 et 13, le nombre de ballons que l'ASSE mit au fond des filets lyonnais sur l'ensemble des deux matchs en 1969 !

- Records d'affluence à Geoffroy Guichard: 1985, 47 747 spectateurs pour le match de coupe de France contre Lille. 44 842 spectateurs en 86 pour le match contre l'OM. Le chaudron détient le record d'affluence en D2, établi lors d'un Derby contre le Puy avec 41 985 spectateurs.

- " Le Bayern a gagné la coupe mais Saint-Etienne a gagné nos coeurs." Le Daily-Express, mai 1976 après la finale maudite jouée dans un Hampden-Park envahi par plus de 30 000 Français au coeur vert.

- Louis Hostin est né à Sainté en 1908 et s'est éteint en 1998. Formé à l’Omnium puis au Coquelicot, il fut un très grand haltérophile. Son palmarès se passe de tout commentaire:
1928, médaille d’argent aux JO d’Amsterdam; 1932, médaille d’or aux JO de Los Angeles; 1936, médaille d’or aux JO de Berlin; 1930, 35 et 38, champion d’Europe mi-lourd; 1937, médaille d’argent aux championnats d’ Europe à Paris. Champion de France toutes catégories entre 1920 et 1939.

Louis Hostin reste à ce jour le seul champion olympique stéphanois. A ce propos encore, une drôle d’histoire relevée dans un n° de « Saint-Etienne aujourd’hui » de 1997. Un chêne fut planté en son honneur place Marengo. Une plaque indiquait que l’arbre était dédié au champion. En 1939, le chêne fut découvert sur la tombe d’un soldat allemand au cimetière de Montmartre (comment y était-il arrivé ? Mystère !) par M. Ollier, maire d’Aurec qui le récupéra et le planta dans sa propriété avant d’en faire don à la ville de Saint-Etienne en 45. Les tribulations de chêne ne s’achevèrent pas encore. On le retrouva dans le jardin municipal du Rez, puis dans les années 60-70 il s’en alla au parc de l’Europe où il se trouverait encore.

Jocelyne Villeton, Rome 1987

podium87.jpg- Dans sa discipline, Jocelyne Villeton fut aussi une grande championne. Née en Ardèche, elle a cependant toujours vécu à Saint-Etienne. Son palmarès est impressionnant, pour aller à l’essentiel : championne de France du 10 000 mètres en 1984, championne de France sur le 25 km route cette même année, championne de France et recordwoman de France sur 10 000 mètres en 1986, médaille de Bronze avec l' Équipe de France à la Coupe du Monde de marathon de Séoul en 1987, médaille de Bronze au marathon des Championnats du monde de Rome en 1987 (aucun marathonien français n’est depuis monté sur un podium des Championnats du monde), médaille d'Argent avec l'Équipe de France à la coupe d' Europe de marathon en 1988, championne de France sur 25 km en 1991…

Jocelyne Villeton a été décorée de l’Ordre national du mérite à Saint-Etienne en 2002. A noter aussi que ses enfants se sont distingués également. Ainsi sa fille Stéphanie devint en 1996 championne de France junior sur le 10 km route.

Pour en savoir + sur Mme Villeton

Gueorgiou.jpg- Dans le domaine de la course à pied d’autres grands noms locaux peuvent être cités : Paul Joannez, originaire de Saint-Chamond dont le temps de 8’ 07’’ 2 sur 3000 mètres resta durant 17 années le meilleur temps de la Loire, son collègue et adversaire Pierre Toussaint (originaire de la Fouillouse) recordman du monde du 4 x 1500 mètres en 1965, recordman du monde du 1000 mètres en salle en 1967 (son temps resta quatre ans invaincu), plusieurs fois champion de France. N’oublions pas Driss Maazouzi, champion du monde sur le 1500 mètres en 2003.

- Enfin, dans un autre genre, le Stéphanois Thierry Gueorgiou (notre image) est double champion du monde de course d’orientation. Son site : cliquez ici

- Salah Beddiaf fut aussi un grand champion, dans les disciplines du cross et du demi-fond. Venu d’Algérie en 1950, il intégre le club de Montrambert. En 1955, il remporte le championnat du Lyonnais et fut ensuite six fois champion de la Loire. International, il côtoie Mimoun, Addèche, Genève et Chiclet au sein de l’équipe de France. 1959 fut sa plus belle année ; il est alors le meilleur crossman français. Il gagne le 10 000 mètres de France-Autriche et celui de France-Grèce devant… Mimoun ! Cette même année, il est le premier Français à franchir la ligne au Cross des Nations de Lisbonne. Il ne remporta cependant jamais le titre national, finissant deux fois troisième, en 57 et 59, derrière ses rivaux Mimoun et Rhadi.
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Beddiaf (à droite) est félicité à Lisbonne par Mimoun, capitaine de l'équipe de France
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- Et puisque nous y sommes, un mot à propos de Pierre Toussaint. Né à la Fouillouse, élève à Sainte Barbe, il remporta de nombreux titres junior et fut international à 20 ans. Avec le club de Dôle (Franche-Comté), il fut champion de France en salle du 800 mètres et du 1 500 mètres et 27 fois sélectionnés en équipe de France. En 1965, avec l’équipe « lièvre » (Salomon, Toussaint, Bernard et Lurot) il permet à l’équipe 1 (Jazy, Vervoort, Nicolas et Vadoux) de battre le record du monde du 4 x 1500 mètres. En 66, il remporte les championnats de cross du Lyonnais. Le 11 février 1967, il s’offrit le luxe de battre à Gerland le record du monde du 1000 mètres en salle (2’ 21’’ 02) que détenait Michel Jazy (2’ 21’’ 06). En septembre de la même année, il remporta à Tunis le 800 mètres des Jeux Méditerranéens.

- Quel est le point commun entre Thomas Voekler et Saint-Etienne ? Son vélo a un pédalier fabriqué par l’entreprise stéphanoise " Stronlight ". 100% en carbone il est le plus léger du tour. Ajoutons que son vélo porte également une selle ce qui n'est pas toujours le cas des habitués de tous les vélodromes...

- En 1931 eurent lieu les "Six jours du Vélodrome". Les "écureuils" ou "tourneurs sur bois" doivent avaler des kms sur l'anneau de bois du Vel d'Hiv stéphanois. Cette année là une seule équipe française termina l'épreuve: celle de Sainté.

- En quelle année le Tour de France est-il passé pour la première fois à Sainté ? Dès 1903, année de naissance de la Grande Boucle. Quoi de plus normal pour la capitale des cycles ?

- Quel Stéphanois ayant lié son nom à l’histoire de l’ASSE est mort à Cannes, la veille de la finale de la coupe du monde 1998 ? Pierre Garonnaire.

Personnalités:

Ci-dessous, Mr Jean Guitton, philosophe et écrivain. A propos de Saint-Etienne, il dit un jour à la Tribune-Le progrès: " Saint-Etienne, pour moi c'est la ville des morts. Elle est entourée de cimetières."

-Le Stéphanois Jean Guitton, écrivain, académicien et philosophe chrétien fut le seul laic à participer au concile de Vatican II à Rome. Il fut aussi un des rares académiciens à inaugurer de son vivant une rue à son nom ( à Saint-Etienne vers Bergson).

- Qui a dit: La seule loge que je fréquente est celle de Geoffroy-Guichard ? Le maire actuel ( en réponse à une question sur son appartenance à la franc-maçonnerie).

- J.B. Gérentet a donné son nom a une rue de Sainté (à Firminy aussi sauf erreur). Ce commerçant estimé a péri lors d'une crue sauvage du Furan en tentant de porter secours à un jeune homme emporté. C'était le 21 mai 1827.

- Une zone industrielle de Sainté porte le nom de Verpilleux. Mais qui fut Jean-Claude Verpilleux ? Un inventeur audacieux né à Rive-de-Gier en 1798 et décédé à Sainté en 1875. Mécanicien en chef des forges de Terrenoire il inventa une lourde roue motrice de 6 mètres de diamètres pour les remorqueurs à vapeur transportant le charbon sur le Rhône. Il créa aussi pour la compagnie Séguin des locomotives à tender moteur qui supprima totalement l’aide que les chevaux devaient apporter parfois dans les montées.

Fourneyron.jpg- Un autre grand nom dans le domaine des sciences et techniques est bien sûr celui de Benoît Fourneyron. Né à Sainté, à Chavanelle en 1802 au sein d’une famille aisée, il entre à 14 ans seulement à l’Ecole des Mineurs, la future école des Mines. Il en sort premier de sa promotion ! En 1827, à 25 ans, il invente la turbine (6 CV d’abord puis 50) qui porte son nom, une invention révolutionnaire qui transforme la puissance des torrents en énergie transportable. Son invention fait le tour du monde. Aujourd’hui encore près de 85 % de la force motrice dans le monde est fournie par la turbine. C’est donc à juste titre que Fourneyron fut couronné par l’Académie des Sciences. C’est encore à lui que Beaunier, directeur de l’Ecole des Mineurs lui confia l’avant-projet de la première ligne de chemin de fer, entre Andrézieux et Saint-Etienne. En 1843, 129 usines et manufactures avaient été construites ou agrandies d’après ses plans dans toute l’Europe et jusqu’au Mexique. Benoît Fourneyron s’est éteint à Paris en 1867. A sa mort une partie de sa fortune fut léguée aux Hospices de Sainté.

- Dans l'histoire de Sainté, qu'ont en commun Albert Camus, Léon Blum et les Béruriers Noirs ? Le premier est venu faire un discours à la Bourse du Travail. Le second aussi. Et les Bérus y ont fait un concert, ce qui a valeur de discours aussi, la langue de bois en moins sans doute. L'auteur éternel de la Peste y fut applaudi, les chanteurs de la Maknovtchina façon folklore de la zone mondiale aussi, en revanche Blum attendu de pied-ferme par des communistes boudeurs a fait un flop. Enfin c'est ce qu'on m'a dit...

- Jules Garnier est né à Saint-Etienne. Il repose au cimetière du Crêt de Roch. Géologue, voyageur, ingénieur et industriel, il découvrit le nickel en Nouvelle-Calédonie où des écoles et des rues portent son nom. Légion d'honneur à 28 ans. Inventeur de l'alliage du fer et du nickel, l'Académie des Sciences lui rend hommage en 1878 en donnant son nom au nickel calédonien: la garniérite. En savoir+: Foréziens en Calédonie (ne pas confondre Jules avec Francis, marin et explorateur mort pour la France dont de nombreux navires jusqu'à nos jours ont porté le nom).


Jules Garnier

- Quel Prix Nobel de physique ( en 1992) a présidé le jury de remise du prix Purkwa* à Saint-Etienne en 2004 ? Georges Charpak * Prix international pour l'alphabétisation scientifique des enfants de la planète.

- Dominique Ponchardier est né le 3 mars 1917 à Saint-Etienne et s’est éteint le 17 avril 1986 à Nice. Compagnon de la Libération, il fut sous l’Occupation le créateur du réseau clandestion « Sosies ». Il fut aussi le papa du Gorille, romans policiers écrits sous le pseudonyme de Antoine-Louis Dominique, publiés pour la première fois dans la collection Série noire et dont certains ont été adaptés sur le grand écran. C’est dans ses romans que Ponchardier utilisa pour la première fois le terme « Barbouzes » qui devait passer dans le langage courant pour désigner certains agents spéciaux engagés notamment dans la lutte anti-OAS pendant le conflit algérien. Ponchardier lui-même fit partie du Mouvement pour la coopération (MPC) qui lutta en sous-main contre les tenants de l’Algérie française.

- Les graveurs stéphanois ont porté haut et loin le renom de notre cité. Louis Jaley, Jacques Olanier, Fleury Montagny, André Galle, Antoine javelle… il n’est pas possible de les citer tous ici, dans le cadre de cette rubrique en vrac mais un mot en particulier sur Augustin Dupré. Né en 1748 à Saint-Etienne, il fut le plus illustre des élèves d’Olanier. D'abord graveur à la manufacture royale d'armes puis au début des années 1770, il s'installe à Paris où il grave ses premières médailles. Il est notamment remarqué pour plusieurs œuvres gravées à l'occasion de la guerre d'Indépendance des Etats-Unis, travail facilité par son amitié avec Benjamin Franklin. Son projet pour un louis " constitutionnel " (louis dit " au génie ") ayant été choisi, il est nommé Graveur général des monnaies en 1791. On lui doit notamment la pièce de 5 francs à l'Hercule qui marque la renaissance du Franc. Graveur général des monnaies, il fut remplacé par Pierre-Joseph Tiolier. André Galle disait de lui qu’il fut le père de la ciselure et qu’il força la nature. Il s’est éteint en 1833.

A gauche: 50 francs Hercule de 1978 qui reprend la composition de l’Hercule de Dupré du XVIIIème. En dessous du trio, la signature du maître. La pièce d’origine (5 frcs) portait les mots : Union et Force. A droite: la médaille américaine de 1781. Très influencé par la mythologie grecque, Dupré représente ici la déesse Athéna dont le bouclier ne porte par le chef de Gorgone Méduse mais les lys de France. La France protégeant ici la toute jeune nation américaine contre le léopard anglais.

- Saviez-vous qu'un astéroide porte le nom d'un Stéphanois ? L’astéroïde de désignation provisoire 1998 ER 6 a reçu son nouveau nom : 20 246 Frappa, en décembre dernier et à l’instigation de l’Union Astronomique Internationale. Il porte désormais le nom de l’astronome et actuel responsable scientifique de l’Astronef: Eric Frappa.

- Quelle " Vierge rouge* " a déclaré à Saint-Etienne lors d’un meeting : Une manifestation pacifique est une fumisterie. Elle doit être révolutionnaire. Il le faut pour qu’elle produise des résultats ? Louise Michel. Ses interventions locales furent suivies d’émeutes et la grande dame de la Commune fut internée dans un asile psychiatrique. * C’est son surnom mais il n’est peut-être pas vain de rappeler qu’elle fut surtout une grande figure de l’anarchisme (Vierge noire ?), à ses meeting à Sainté, dans la foule un jeune homme de Saint-Chamond écoutait, un certain François Koenigstein, futur Ravachol.

- Le premier Stéphanois admis à l'Académie française fut Jules Janin. Il prit le fauteuil de Sainte-Beuve en 1870. Né Place du Peuple en 1804 il était surnommé "le prince de la critique" et fut le premier à déceler le génie de l'actrice Rachel. Ci-dessous une caricature de Jules Janin publiée dans Le Charivari.

- En janvier 1900, Jean Jaurès vint à Saint-Etienne soutenir les mineurs en grève. En 1931, la municipalité inaugura le buste en marbre toujours à sa place. Oeuvre du sculpteur Emile Tournayre, son inauguration souleva la colère des mineurs stéphanois. En effet, la municipalité ne les associa pas à cet hommage, un comble ! Lors de l'inauguration de la Bourse du travail, il avait fait parvenir ces quelques mots: A la Bourse du travail de Saint-Etienne. Fraternel hommage.

- Abraham Schrameck était un homme politique. Né à Saint-Etienne en 1867, il fut notamment chef de cabinet du célèbre Préfet de la Loire Lépine (qui donna son nom au célèbre concours des inventeurs) puis directeur de l’administration pénitentiaire, Préfet des Bouches-du-Rhône, gouverneur général de Madagascar et… ministre de l’intérieur. Dans les années 30 il eut fort affaire avec l’Action Française et une lettre ouverte menaçante que lui adressa Maurras est restée célèbre. En 1940, Abraham Schrameck vota les pleins pouvoirs à Pétain. Arrêté et interné en raison de ses origines juives il parvint à gagner la Provence où il resta caché jusqu’à la Libération. Il s’éteignit en 1948.

Mais encore...

- 1857, c’est l’année de construction de la première gare de Châteaucreux. En bois elle fut remplacée en 1882 par un bâtiment plus vaste et plus robuste, celui actuel avant que le bombardement américain de 44 ne l’abime en partie. La gare repose sur 300 vérins hydrauliques situés sous les fondations qui servent à amenuiser les effets des galeries de mine dans le sol. La Tour Eiffel a Paris dispose du même système. Au début des années 1910, ce sont alors près de 860 000 voyageurs qui « embarquent » chaque année à Chateaucreux. En 1944, les bombardiers américains y ensevelissent 48 cheminots. La toiture est soufflée. Dans les années 1950, la SNCF badigeonne de blanc les briques polychromes extérieures. Dans les années 80, les travaux de réhabilitation permettent à la gare de retrouver (un peu) de son cachet d’antan, 25 millions de francs plus tard.* (* " Saint-Etienne Châteaucreux. Une gare, une histoire " de David Limarre)

- Quelle particularité juridique la cathédrale St Charles est-elle la seule à partager avec les cathédrales d’Evry et de Lille ? Elle est la propriété de l’Eglise et non de l’Etat.

Accident du tram de 1907

- Dans l’après-midi du 13 janvier 1907, un tram électrique fou se renversa au niveau de la rue Blanqui (anciennement rue de la Croix). Bilan : trois morts et vingt-six blessés. En 1910 sur la commune de l’Horme entre Saint-Chamond et Grand’Croix, c’est une collision entre le train ( " la Galoche ") et le tram qui provoqua la mort d’une personne et l’hospitalisation d’une vingtaine de blessés. En 1913 enfin c’est un taxi transportant six personnes qui vint percuter le tramway de la Rivière à hauteur de la rue des Passementiers. Il y eut trois morts et trois blessés graves.

- A Sainté, la victime du tram la plus célèbre est Paul de Vivie dit Vélocio, renversé par une des ces machines devant son domicile.

Collision du Plat du Gier en 1910

- En 1922 fut construite à Sainté la première cinémathèque publique de France. Son but premier était de prêter des films aux écoles et elle joua un rôle fondateur dans le « cinématographe éducateur ». Les projections publiques ont été mises en place en 1982. A ce propos rappelons à nos voisins lyonnais ( qui une certaine année avaient exhibé une banderole : Vos pères crevaient dans la mine quand les Lyonnais inventaient le cinéma) que d'une part il y a beaucoup plus de chances que leurs pères se soient fait tirés comme des lapins par l'armée lors de la révolte des fiers Canuts, à moins qu'ils se nomment tous Lumière, lesquels au passage étaient originaires de Besançon. Ce qui montre encore que nos voisins supporters ne sont pas des lumières.

Hommage à Max Ophuls organisé par la cinémathèque en 2001-2002

- Quel fait divers stéphanois pour le moins surréaliste défraya la chronique en France en avril 1871 puis en mars 1872 ? Une bagarre géante à coups de pierres, de batons et de pistolets entre plus de 800 enfants des différents quartiers ouvriers de Saint-Etienne. Le plus âgé d’entre eux avait 14 ans ! En 1871, l’affrontement eut lieu entre le Soleil et les lignes de chemins de fer. Un rapport de police d’époque évoque les proportions gigantesques de ces bagarres opposant des matrus du Soleil, de Montaud, du " bois-d’Avaize ", du Bas-Treuil… D’autres affrontements eurent lieu à Polignais. Comme quoi, les violences urbaines ne datent pas d’hier…

- Ci-dessus, de gauche à droite: fontaine vers Carnot, projet de fontaine pour Chavanelle en 1833 par Oudin, détail de la fontaine de la place du Peuple. Cette dernière est construite à peu près à l'emplacement de la toute première fontaine de la ville, construite en 1607. On la doit à Mathurin Moreau, elle est en bronze. Il y avait à Sainté environ 200 fontaines vers 1920.

- Sauf erreur de notre part, deux édifices stéphanois portent à leur fronton la Légion d’Honneur, il s’agit de la Manufacture d’armes (sur son splendide portail) et l’Ecole des mines. Sur cette dernière, la Légion fut apposée en décembre 2004. Elle fut sculptée par les Keller père et fils et commémore les 141 élèves ou anciens élèves tombés au champs d’honneur entre 1914 et 1918. Quant à la médaille de la Manu, elle est tournée vers le monument honorant la mémoire des manuchards, fusillés, morts en déportation ou au combat pendant l’ occupation.

- Que signifiait à Saint-Etienne, il y a quelques décennies encore l’expression "coucher sous l’homme de bronze" ? Etre bourré à bloc, passé une nuit au poste de police ou être en grève ? Tic-tac tic-Tac... Passer une nuit en cellule. En effet le commissariat était autrefois situé au sous-sol de l'Hôtel de ville. Donc sous la statue de la Métallurgie, (entrée à gauche des escaliers vers les arcades). Ajoutons que l'expression est d'ailleurs fausse puisque cette statue comme sa copine la rubannerie est en fonte et non en bronze. Mais au hasard d'une lecture, nous avons appris qu'une expression bien plus ancienne existait à Sainté à propos de la même chose: " être mis au chien jaune". Hum, voilà qui demande une petite explication: rue Tarentaise existait peu avant la Révolution une célèbre auberge nommée "Au Lion d'Or" qui dans l'imaginaire stéphanois est vite devenu "le chien jaune". Or juste à côté se trouvait la prison. Donc être arrêté devint "être mis au chien jaune". On retrouve une autre expression à propos d'un séjour en prison: " aller chez fourchette" car le travail manuel imposé aux détenus comprenait notamment la fabrication de fourchettes.

- Le premier cinéma payant de la ville fut l'Alhambra. Son annexe en plein air nommée " le géant forézien" était situé Avenue du Président Faure (avenue de la Libération)

- Au début du XXème siècle, une fête civique était organisée à Saint-Etienne devant l’Hôtel de Ville chaque 14 juillet, le couronnement de la muse du peuple qui rendait hommage au Travail. La muse et ses demoiselles d'honneur étaient élue parmi une des ouvrières de la cité.

L'arrivée de la Muse à Saint-Etienne en 1906

- Savez-vous quel est le surnom des deux crassiers du puits Couriot ? "Les seins de la négresse"

- Si vous venez à passer rue de la République, ancienne rue Royale, arrêtez-vous un instant au n° 7, devant l’ ancien Hôtel du Nord. Une petite plaque de marbre indique qu’en ce lieu ont fait halte l’écrivain Barbey d’Aurevilly et l’actrice Rachel. Le maréchal Grouchy quant à lui y a rendu l’âme.

 

 

On se souviendra que Barbey d’Aurevilly, l’auteur des " Diaboliques " a écrit une nouvelle intitulée " Une histoire sans nom " dont les premières lignes nous disent : Dans les dernières années du XVIIIe siècle qui précédèrent la Révolution française, au pied des Cévennes, dans une petite bourgade du Forez, un capucin prêchait entre vêpres et complies... La petite bourgade forézienne aux pieds des Cévennes ( !) c’est Bourg-Argental.
Quant à l’actrice Rachel, elle vint à Saint-Etienne le 21 août 1840 et triompha sur les planches du Théâtre du Pré de la Foire avec " les Horaces et les Curiaces ". Paul Ronin dans son ouvrage " Le théâtre à Saint-Etienne " nous apprend qu’elle vécut enfant à Saint-Etienne, rue Neuve où ses parents tenaient une épicerie. C’est Jules Janin, critique sévère, qui révéla son talent immense.
Le malheureux Emmanuel de Grouchy, célèbre pour son absence à Waterloo vint mourir par hasard à l’hôtel du nord le 29 mai 1847, au cours d’un voyage. De tous les Maréchaux de la grande Armée, Grouchy est le seul à n’avoir aucune rue parisienne à son nom. Mais pour l’occasion Saint-Etienne donna le nom du maréchal à une caserne (et aujourd’hui une piscine).

- Histoires de mousses: à la belle époque, deux brasseries se disputaient la clientèle stéphanoise. La première était la Brasserie Mosser (ou Brasserie de la Loire) située rue de la Jomayère. La seconde, la Brasserie du Rond-point était située vers le rond-point de Fauriel. Son architecture néo-classique facilement identifiable est aujourd'hui occupée par une boulangerie bio. Toutes deux vendaient une bière bon marché dénommée "bibine".

- Il reste à Saint-Etienne un lycée tenu de nos jours encore par les Jésuites. Il s’agit du lycée professionnel Ste Thérèse (du Marais).

- Un abri anti-atomique à Sainté ? Et oui, pendant la guerre froide il fut installé rue Borie, à deux pas de la Manufacture d’armes. Souterrain, il comprenait 250 places permettant d’accueillir le personnel de la municipalité et de la préfecture. Est-ce qu’il existe encore ?

- Quelle fut la première ville étrangère jumellée avec la nôtre ? La ville anglaise de Coventry en 1955. Coventry qui subit comme Sainté des bombardements (infiniment plus meurtriers) pendant 39-45.

- A Bellevue, comment se nommait le grand marché aux chevaux, carrioles et foin qui s’y teint à partir de 1871 ? Le Charabarra.

- En 1902, le célèbre cirque Barnum (notre image, communiquée par Mme Chazal) vint planter ses grands chapitaux dans la plaine de Méons. Parmi les attractions les plus remarquées, il y eut bien entendu le spectacle du colonel Cody, dit « Buffalo Bill » entouré de sa troupe de Peaux Rouges dénaturés.

- En 1878, un traité d’amitié (le premier) fut signé entre le Japon et la France. A l’époque le gouvernement Meiji souhaite moderniser l’archipel nippon et l’ouvrir sur le monde. Les puissances occidentales envoient donc à l’autre bout de la terre des ingénieurs, des militaires, des consultants de toutes sortes. Et c’est ainsi que Jean-François Cognet, ingénieur des Mines de Sainté et chef de mission débarqua à Ikuno où il mit en œuvre l’exploitation d’une mine d’or et d’argent. Resté onze années au Japon, il y créa la première école des Mines. D’autres Gagas lui succèderont : le géologue Denis Sevoz, Emile Mouchet… En parallèle, des étudiants nippons vinrent à Saint-Etienne. Ainsi Shiono Monnosuke en 1878, Sugi Seikichi en 1885…

- Le premier jardin public de la ville fut la place Marengo. Il est envisagé dès 1801 et porte le nom d’une victoire de Napoléon. En 1811, le bilan des opérations indique qu’on a planté 418 arbres dont 258 acacias et 160 tilleuls et installé 48 bancs en pierre de taille. Mais ce n’est qu’en 1858 qu’eut lieu véritablement la création du jardin public à partir des plans dressés par l’architecte Emile Boisson. La place Marengo fut rebaptisée place Jean Jaurès en 1919, sans que le nom de l’illustre tribun ne parvienne jamais à surclasser celui de la victoire du Corse.

- Sur quel édifice emblèmatique de Saint-Etienne peut-on voir un coq, un aigle, un lion, deux salamandres (ou deux dauphins ?) et trois abeilles ? Sur la Bourse du Travail.

Manifestation des Mutilés du Travail en 1930

- En 1921 eut lieu à Saint-Etienne le premier Congrès National des Mutilés du Travail. En 1925, la Fédération Nationale (née à Marseille) établissait son siège à la Bourse du Travail de Saint-Etienne. La grande figure de la cause des mutilés du travail fut Baptiste Marcet. En mai 1964, les Stéphanois vinrent en masse rendre un dernier hommage à la dépouille de ce militant originaire de Haute-Loire. Ce n’est donc pas par hasard que la rue qui fait face à la Bourse du Travail en direction de La Charité se nomme " Rue des Mutilés du Travail ".

- Quant à Antoine Salis, il se dévoua sans répit à la cause des aveugles.

A suivre...


Écrit par Hervé