| Un hiver dans le Pilat |
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| Écrit par FI |
Un article paru en 1934 dans "La Région Illustrée" et agrémenté par nos soins.Michel Thiollière, en préface à l’ouvrage "Genèse d’une ville ; Saint-Etienne Histoire et perspectives du pays stéphanois", cite une phrase de son professeur d’ histoire de 5ème : "On ne peut comprendre l’histoire qu’en étudiant la géographie ". Puis il ajoutait:" Elle s’applique tout particulièrement à Saint-Etienne qui reste pour beaucoup un mystère."
" Sur le hault de Pila, je sallue Forez. Forez, je vous sallue et vostre douce terre."
Anne d'Urfé
Pilat, hiver 2004
« Tes neiges sont presque éternelles
Sur le haut crêt de la Perdrix Et des trois dents la vue est belle Quand on sait y mettre le prix » Extrait d’une chanson du XIXe
On va là-haut l’été, mais dès les premiers jours de l’automne, dès la première neige surtout, la montagne est abandonnée. Et cependant, jamais elle ne fut plus belle que durant les longs mois où la neige la recouvre de toutes parts, s’entassant aux creux des bois, aux creux des vallons, pour tout niveler sous sa couche épaisse et miroitante.
Le Grand Hôtel du Pilat vers 1915, construit en 1898, il fut ravagé par un incendie et n'existe plus.
Elle mériterait cependant d’être connue, admirée par les foules. Plus beaux que des décors de fééries, les grands bois épais et silencieux ploient sous leurs lourds manteaux de neige. Sur les champs immenses, blancs à perte de vue, on se grise d’air pur, de lumière et d’espace. Du sommet, on voit les Alpes qui se dressent sur l’horizon comme une barrière gigantesque et l’on pourrait croire, tant elles sont proches, qu’il suffirait d’étendre la main pour les toucher.
La fontaine de la jasserie, dite "de Pilate". Une légende tenace raconte que son eau est si froide qu'on peut, en la buvant, "choper "une crève définitive.
Au coin du feu, dans l'âtre de la jasserie
Là-haut, promenades, excursions, tout abonde. De même qu’à Davos, Chamonix, ou Saint-Moritz, on peut s’y livrer à tous les sports d’hiver**. Skieurs, lugeurs, amateurs de bobs ou de toboggans venus de Lyon, de Vienne ou de Saint-Etienne, s’en donnent à cœur joie.*** " *Ce n’est pas tout à fait exact. Il est notoire que le philosophe Jean-Jacques Rousseau est venu herboriser dans le Pilat. Il passa la nuit à la jasserie. Mais il est vrai aussi que sa cueillette ne combla pas ses attentes, encore moins sa nuit à la jasserie. Enfin, ayant lu et aimé dans son enfance L’Astrée d’Urfé, il fut désireux d’aller faire un tour dans la plaine sur les bords du Lignon. Malheureusement, la description qu’une vieille femme (confondant le Lignon et le Furan) lui fit de Saint-Etienne avec ses forges et ses armuriers le rebuta.
Notons quand-même ces deux appréciations beaucoup plus stimulantes :
*** Si l’hiver du Pilat permet de goûter aux joies de la neige, il n’est pas loin le temps où il tuait. Quatorze ans avant la rédaction de cet article, le 29 mars 1920, un jeune homme de 25 ans, Alphonse Hassler, fut retrouvé mort de froid à quelques centaines de mètres à peine du hameau de La Roche, non loin de la jasserie. C’était pourtant un habitant du Pilat rompu aux marches d’hiver et connaissant parfaitement les lieux. Surpris dans une tempête en pleine nuit, n’a t-il pas entendu Marie-Jeanne, la cloche de la petite chapelle de la jasserie qui sonne pour les égarés ? Les sauveteurs partis à sa recherche le trouvèrent trois semaines plus tard dans son linceul blanc. De nos jours encore, scellée dans un rocher, il y a une petite croix de fer forgé qui porte ces mots sur un cœur: " Ici est mort accidentellement, le 7 mars 1920, Alphonse Hassler âgé de 25 ans, il fut retrouvé le 29 du même mois. DE PROFUNDIS" |
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Un article paru en 1934 dans "La Région Illustrée" et agrémenté par nos soins.






