Outre le château des Bruneaux qui accueille un écomusée, la ville de Firminy possède aussi deux autres monuments inscrits à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques : l’exceptionnel orgue de Merklin dans l’église Saint-Firmin et la Porte Saint-Pierre de l’ancienne église du même nom, détruite en 1932. La cité possède aussi une belle Bourse du Travail et un musée des Sapeurs-pompiers très riche mais son intérêt majeur, dans le domaine du Patrimoine, est bien sûr constitué par l’ensemble Le Corbusier de Firminy-Vert.
Le site - le plus important d’Europe et le second du monde après celui de Chandigarh (Inde) - se compose d'une maison de la culture (ex-espace le Corbusier), d'une unité d' habitation, d'un stade et de l'église Saint-Pierre. A l’origine du projet, on trouve l’amitié de l’architecte pour le maire de Firminy, Eugène Claudius Petit, élu en 1953. Anciennement ministre de la reconstruction de 1948 à 1953, Eugène Claudius Petit mit en œuvre une très ambitieuse politique d’urbanisme dans sa ville de tradition industrielle et minière. La plupart des bâtiments à l’époque étaient en effet anciens et dégradés. Les taudis étaient nombreux et la densité très forte. En même temps que l’évolution démographique était très importante, les équipements les plus courants et les plus fondamentaux, comme l’adduction d’eau potable, manquaient ou s’avéraient inadaptés. Il fit donc appel à trois architectes-urbanistes (Charles Delfante, Marcel Roux et André Sive) et, avec eux, mit en place dès 1954 un premier plan d’urbanisme baptisé « Firminy-Vert ». En trente mois, 1070 logements furent construits !
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L'église Saint-Pierre et le stade bientôt classés Patrimoine de l'Humanité ?
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La participation du Corbusier - Charles Édouard Jeanneret de son vrai nom - au projet vint un peu plus tard, vers 1958, quand Claudius-Petit lui demanda d’œuvrer (toujours dans le cadre de « Firminy-Vert ») à l’élaboration d’un « pôle culturel et sportif ». La Maison de la Culture et sa fameuse toiture incurvée fut inaugurée peu de temps avant sa mort, en 1965. Elle fut le seul édifice achevé à Firminy de son vivant. Le plan de la piscine pour sa part fut dessiné par un de ses disciples, André Wogensky, qui, entre 1965 et 1967, réalisa également l’unité d’habitation mais, cette fois, selon les plans du maître.
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L’édifice, bâti sur une embase carrée de 25 m de côté, s’élève en une coque supérieure de quelques 40 m de haut, terminé par une dalle circulaire présentant une pente à 75 %.
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Rampe d'accès vers le narthex
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Quant à l’église Saint-Pierre, elle est la dernière œuvre du Corbusier. Elle sera définitivement achevée fin octobre 2006 et inaugurée début novembre, 41 années après la mort de l’architecte ! La commande de l’église fut faite également par Claudius Petit et J.F Baud, président du comité paroissial de Saint-Pierre de Firminy, en 1960. Le projet devait être initialement confié à l’un des auteurs du premier plan d’urbanisme de Firminy-Vert, André, Sive mais ce dernier fut emporté par la maladie et c’est une nouvelle fois Le Corbusier qui accepta d’en tracer les plans.
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Entrée
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Quelques "étoiles" de la constellation d'Orion. Le Corbusier avait indiqué sur ses plans "Constellation" sans plus de détail. Pourquoi Orion ?
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A l’occasion de ces Journées du Patrimoine, l’église était ouverte au public pour la première fois depuis septembre 2003 quand débutèrent les travaux. Travaux d’achèvement car la construction du monument avait déjà débuté en 1973 sous la responsabilité de José Oubrerie, avant de stopper faute de financements en 1978. En 2003, l’église avait encore l’aspect d’un bâtiment tronqué ; seuls les cinq premiers niveaux avaient été élevés. Entretemps, en 1983, un permis de construire déposé pour la construction d’un gymnase à son emplacement faillit voir disparaître ce « bout d’église ». On se souviendra que Jack Lang, délégué par Mitterrand, vint en personne sur les lieux et, dans l’urgence, fit classer le site.
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De nombreux claustras munis d'un dispositif lumineux diffusent une lumière verte, bleue, rouge ou jaune.
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Les travaux de maçonnerie ont été confiés à l’entreprise Chazelle sous la direction de José Oubrerie. La question qui se pose inévitablement est de savoir si l’œuvre réalisée correspond parfaitement au projet corbuséen. Voici ce que dit à ce propos un article du site internet de la Fondation Le Corbusier, écrit par un spécialiste à la demande de la Fondation avant le début des travaux : " L’édifice en cours d’achèvement respecte indéniablement le concept, les proportions, et la silhouette de l’avant projet corbuséen. Au regard des documents de référence, l’œuvre achevée sera marquée par un certain nombre de modifications substantielles. L’analyse comparative révèle plusieurs niveaux d’intervention dont les causes sont d’origines diverses : adaptations inévitables aux normes et aux contraintes actuelles (accès handicapés) ; traitement des nombreux points non abordés au stade d’un avant-projet, pour lesquels notamment les études techniques n’ont pas été réalisées... L’évolution la plus importante n’est cependant pas imputable aux architectes ; elle est due à la nouvelle affectation donnée par le maître d’ouvrage, Saint-Étienne Métropole, au socle de l’église qui devient une annexe du musée d’Art moderne de Saint-Étienne. Si la distribution et la conception spatiale n’ont pas été modifiées, les transformations imposées au second œuvre par les contraintes muséales risquent d’altérer probablement l’ambiance générale initiale d’un espace dédié initialement au culte."
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Au plafond, trois canons de différentes formes diffusent une lumière rouge, verte et jaune. Le canon de lumière, invention de Le Corbusier, est un tube canalisant, diffusant et orientant la lumière extérieure vers l'intérieur.
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"Siège-cathédrale" pour un éventuel évêque
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Concernant justement le caractère religieux du lieu, la première pierre posée avait été bénie et il ne devrait pas y avoir de consécration. Les salles basses, encore en travaux, comme il est dit plus haut, accueilleront des expositions d’artistes. Le clocher de 20 tonnes pour sa part abritera un carillon électronique. D’une capacité d’environ 450 personnes, l’église ne devrait pas voir ses murs crépis ou peints. Ils devraient rester en l’état. Classée déjà « monument historique», l’église Le Corbusier de « Firminy-Vert » est aujourd’hui la clé de voûte du patrimoine architectural de Firminy. Son achèvement a été déclaré « d’intérêt communautaire » par Saint- Etienne Métropole. " Le site Le Corbusier est le 3ème pilier stratégique du développement de l’agglomération avec le musée d’Art Moderne et la Cité du Design. L’enjeu est à la fois culturel, touristique et économique." confie sur le site millenaire3.com Norbert Crozier, chargé de mission Culture à Saint-Etienne Métropole.
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" L'architecture est le jeu savant correct et magnifique des volumes assemblés dans la lumière." Le Corbusier
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