Dans les années 1850 à Turin où il visitait l’église Saint Philippe de Néri, le Père Bravard, alors curé de Saint-Ennemond laissait échapper un soupir : "je restais fort longtemps à jeter les yeux de tout côté : je dévorais de mon regard tout ce que je voyais : Saint-Ennemond pourrait être quelque chose de pareil ! Je me sentis attristé." Quelques années plus tard, en 1862, le prêtre originaire d’ Usson-en-Forez fut nommé évêque de Coutances et d’Avranches, emportant ses regrets avec lui en Normandie.
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Vue sur l' église dans les années 1910
Il est vrai que Saint-Ennemond, hormis les colonnes en façade n’a certainement rien de commun avec l’église de Turin. Il n’empêche que l’église, au cœur de l’antique quartier de Polignais-Tarentaize, en détournant les mots de François Caviglioli, appartient à Saint-Etienne comme l’hôtel de ville ou Geoffroy-Guichard. C’est un lieu de culte. Un lieu de culte en forme de temple paien tétrastyle (quatre colonnes en avant du naos) à deux pas d’ un « Babet » qui se donne des airs de mausolée romain. Et nous vous invitons à le découvrir.
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C’est le 16 juin 1836 que commencèrent les travaux de construction de l’église. Mais une chapelle l’a précédé à Polignais. Celle-ci fut construite au XVIIIème siècle à l’initiative de Mme de la Veue, une âme pieuse qui joua aussi un grand rôle dans l’histoire de la Charité. De cette chapelle détruite au XIXème siècle, il subsiste une cloche de 1727 conservée dans l’église actuelle et dont le livre Saint-Ennemond, 150 ans (auquel nous emprunterons beaucoup) nous indique qu’elle porte en latin l’inscription suivante : "Fuyez forces adverses. Voici que le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David, a vaincu." Cette chapelle était déjà placée sous le vocable de Saint-Ennemond et son histoire est liée à celle de la Confrérie des Pénitents de Confalon (pénitents blancs) dont une douzaine de membres étaient établis à Polignais. De cette première chapelle, l’église garde aussi la statue et la relique de Saint-Ennemond, une statue de Saint-François-Régis, une statue de la Vierge et un tableau du Christ en croix. Une des chapelles de l’église perpétue aussi le souvenir des Pénitents en portant leur nom.
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Chapelle des fonds baptismaux
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Saint-Ennemond (ou Saint Chamond) est fêté le 28 septembre. Il est représenté ici tenant la crosse épiscopale et le livre des Ecritures. Né à Lyon vers 620 au sein d'une famille noble sous le règne du roi mérovingien Clotaire II, il fut sans doute remarqué par Saint-Eloi et devint l'ami du futur roi Clovis II. Evêque de Lyon vers 645, il vint sans doute évangéliser la région de Saint Chamond, peut-être accompagné de son disciple Saint Wilfrid. Dans la ville une église contenant une relique lui est dédiée depuis treize siècles. Il fut assassiné en 663 près de Châlon-sur-Saône sur les ordres du maire du palais Ebroin. Son corps fut ramené à Lyon et repose dans l'église Saint Nizier. Le Saint est aussi vénéré à Bellegarde-en-Forez, Verrières et Champdieu. L'église stéphanoise garde aussi une relique.
La paroisse Saint-Ennemond fut crée en 1803. Le premier curé en fut Jean-Louis Peurière qui apporta son soutien aux Jansénistes, en particulier le Père Popin, et dont la maison natale fut rasée une nuit de janvier 2004. Décédé en 1827, son cœur a été déposé dans l’église actuelle. Il fut remplacé par M. Viallard, à l’origine de la construction de l’église, laquelle ne se fit pas sans difficultés. Le plafond des dépenses fut largement dépassé. Finalement, « cet espèce de grenier à sel » pour reprendre l’expression d’un journaliste, fut bénit le 20 janvier 1843.
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Saint Rémi et la reine de France Clotilde
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En 1845, le Père Lacordaire vint prêcher à Saint-Ennemond devant un parterre de notables. Le célèbre dominicain (1802-1861) évoqua avec force l’aumône qui rachète des péchés. La Tour Varan nous indique que son sermon ne fut pas sans effet et que 12 000 Frs furent remis à une œuvre caritative en faveur des orphelins.
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La coupole du choeur, au premier plan la Cène peinte par Zacchéo père. Sauf erreur de notre part, d'autres peintures en Forez sont signées Zacchéo (père et/ou fils ?), à Merle dans les Monts du Forez et à Saint-Priest en Jarez.
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Détail de la fresque supérieure réalisée par Mr Paulin et sa fiancée. Le Christ-Roi est au centre. Il est entouré de nombreux Saints et Saintes (beaucoup de Lyonnais), dont Sainte Barbe, patronne des mineurs, de l'Archange Saint Michel... Ici agenouillé Saint-Ennemond, derrière lui l'ange tient dans ses mains l'église stéphanoise qui lui est dédiée.
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Le troisième prêtre de la paroisse fut, nous l’avons dit, J.P Bravard. C’est à lui que l’église doit sa montée d’escalier, son portail et ses colonnes qui lui donnent un petit air de La Madeleine de Paris. Plus tard, en Normandie il mènera les travaux de restauration de l’abbaye du Mont-St-Michel qui conserve son cœur. A l’Abbé Collard et à l’abbé Convers l’église doit ses vitraux sortis des ateliers Mauvernay de Saint-Galmier. Le premier fit aussi exécuter la grande fresque de la Cène par Zacchéo père, sur le modèle de celle de Vinci. C’est l’abbé Brat fit ajouter en 1934 les peintures qui l’accompagnent.
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L'église Saint-Ennemond n'est ouverte à la visite que très rarement. Un office religieux y a lieu le dimanche matin.