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Sculptures et statues de Saint-Etienne Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

statmscse.jpgVisages de pierre, allégories de fer. Ecoutons leurs histoires ...

 

Françoise Goyet, dans son ouvrage Coeurs de pierre, écrit qu'en 1851, un historien local, Eugène Bonnefous, déplorait qu' "aucune statue ne s'élève sur les places de Saint-Etienne." Il faut croire qu'il fut entendu car le visiteur parcourant la ville aujourd'hui sera certainement surpris du nombre de statues qui habillent ses rues, places et jardins. Cette mode de l'érection alla de pair avec l'expansion et l'embellissement de la ville entre 1870 et les années 30. Aujourd'hui encore, elle perdure en même temps que les vieilles bâtisses s'écroulent la nuit.

Pour notre part, nous n'avons pas voulu nous cantonner seulement à notre époque ni aux seules statues. Aussi nous vous invitons à découvrir les statues anciennes ou présentes mais aussi plus généralement les sculptures monumentales de nos immeubles, cariatides et autres atlantes ainsi que celles des fontaines. Ne figurent pas ici les représentations chrétiennes. 

L' Hôpital de la Charité et l'oeuvre de Cardot font chacun l'objet d'une page spéciale. Il manque également les oeuvres les plus récentes, par exemple les chevaux bleus de Smati et celles de la place Chavanelle, ainsi que de nombreuses autres figures se trouvant sur les immeubles. 

Merci et bonne visite.

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Le Babet

Le babet, c'est pour les Stéphanois et nombre d'habitants de la plaine ce qu'est la belline dans les Montagnes du matin: la pomme de pin. La plus vieille des sculptures publiques stéphanoises (si l’on fait exception de l’étrange pyramide de Vabenoîte qui figure dans l'article Petite Histoire de Saint-Etienne) fut réalisée par Corns en 1802 et placée à l’origine sur la place Saint-Louis devant l’église. Déplacé en 1830, le Babet se trouve actuellement dans le plus ancien quartier de la ville, le Panassa, derrière l’église Saint-Ennemond. Avec ses airs de mausolée romain, il doit son nom au babet qui le couronne et qui fut fort discuté à l’époque. Certains le trouvaient en effet contraire au bon goût, trop conique de forme. Il s'agit en fait d'une fontaine, l'une des rares fontaines en pierre de la région.

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Le Sapeur

Depuis 1937, le sapeur de la Grande Armée monte la garde devant l'Hôtel de Villeneuve au 13, bis rue Gambetta qui abrite le Musée du vieux Sainté. A l'origine, il dissimulait une cheminée sur un toit, celle du magasin " Le Sapeur " de Régis Taraveillier. Ce fut du même coup sa meilleure publicité, son enseigne. 

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Il a toujours fier allure, notre sapeur, avec sa barbe et son tablier de cuir blanc, sa hache et sa médaille, il pourrait défiler sur les Champs avec ses collègues de la Légion étrangère, pour peu qu'il troque le bonnet à poil contre le képi blanc. Mais il préfère rester à son poste et veiller sur notre Patrimoine. Il court une rumeur étonnante à son sujet; certaines personnes absolument saines d'esprit affirment l'avoir entendu murmurer certains mots épiques: La garde meurt et ne se rend pas. Mais plus souvent et comme il se doit pour un grognard, c'est le mot de Cambronne qui sonne aux oreilles...

La Place du Peuple en 1882 : le sapeur monte la garde sur le toit du magasin. Aujourd'hui en lieu et place se trouve l'immeuble des ingénieurs. Le calvaire a été déplacé aux abords de la Grand'église. Illustration d'après une peinture de A. Hatier parue dans La Région Illustrée, n° 76-77, 1932.

La Métallurgie et la Rubanerie

La statue de la Métallurgie, devant l'Hôtel de ville de Sainté, est surnommée " l’ Homme de bronze " bien qu’elle soit en fonte, tout comme sa compagne, la Rubanerie. Ce qui devait les sauver toutes deux de la fonte sous Vichy. Elle fut posée en 1872 et réalisée par Etienne Montagny grâce à un don de 20 000 francs d’un ancien maire, Hippolyte Royet. Il s’agit d’une représentation assez académique, celle du Vulcain romain, l’Héphaistos des anciens Grecs, le dieu-forgeron de l’Olympe. A ce propos, Felix Michalowski, membre de la société d’industrie, des sciences des arts et belles lettres de Saint-Etienne écrivit: "Qu’il me soit permis à propos de ce forgeur d’émettre timidement un regret, un vœu, un préjugé peut-être. J’aurai voulu reconnaître dans cet échantillon encore unique sur nos places du grand-art de la sculpture au lieu du Romain sempiternel, les traits idéalisés du Stéphanois…"

Qu’il me soit permis à mon tour d’émettre un avis : Bien dit le Mich ! Marre à la fin des Latinos, on est des Ségusiaves ou quoi ?! C'est écrit sur la Préfecture ! Le Montagny aurait pu se farcir le nain forgeron des Germains pour changer. Mais non ! faut toujours qu’on ramène l’autre boiteux !

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C’est Jeanne Epitalon, la grand-mère du philosophe Jean Guitton qui à l’âge de vingt-deux ans servit de modèle à la Rubanerie, réalisée de même par Montagny. Elle tient dans sa main la navette de bois des tisseurs et on peut voir à ses pieds le visage de Jacquard, inventeur lyonnais du fameux métier à tisser en 1790, métier qu'il refusa toujours d'exporter à l'étranger malgré les nombreuses propositions. La Rubanerie (ou passementerie) était une des quatre grandes industries stéphanoises avec la Métallurgie, la Mine et les Armes et Cycles. La plus " propre " aussi.

 Le visage de Joseph-Marie Jacquard sur La Passementerie, et ci-dessous, sur le monument qui porte son nom.

L'ami Jacquard, on le retrouve sur la place du même nom où trône un monument rectangulaire ( réellement monumental ) honorant sa mémoire et retraçant sa vie (pas toujours facile, lors d'émeutes d'ouvriers qui craignaient pour leurs emplois, il faillit bien être noyé dans le Rhône et il mourut par ailleurs dans la misère) sur des bas- reliefs. C'est à l'artiste Paul Landowski qu'on le doit. Landowski, ce non ne vous dira peut-être rien mais sachez quand même que Rio de Janeiro lui doit le Christ du Corcovado, excusez du peu ! Décédé en 1961, Paul Landowski fut Grand Prix de Rome en 1900 et directeur de la Villa Médicis en 1933. Le monument stéphanois fut demandé dans le testament de Pierre Deville, un ancien fabricant de rubans. Il fut inauguré le 12 avril 1912. A ses angles, trois belles statues de bronze (qu'est devenue la 4ème ? Sans doute volée) et sur une des faces du monument, le buste du génial mécanicien.

A noter aussi une anecdote surprenante dévoilée publiquement par la Gazette de Saint-Etienne, via l'observation d'un érudit il y a quelques années. Il se trouve en effet qu'un des petits côtés du monument porte gravée en chiffres romains l'année de l'inauguration, soit 1912: MXMXII. Oui mais voilà ce nombre correspond à... 2002 ! M=1000, XM=1000-10 soit 990, X=10, II=2 soit un total de 2002 qui peut s’écrire aussi et plus facilement: MMII. 1912 en chiffres romains s’écrit en effet MCMXII: 1000+1000-100+10+2. Il aura fallu attendre 2003 ou 2004 pour réaliser l'erreur de l'artiste !

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 Le projet de Lamberton, non retenu (img extraite du film d'A. Picon et J.-C. Monneret consacré à l'artiste) 

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Inauguration du monument 

"Le Singe"
 
L’ancienne statue en bronze de Francis Garnier, (notez au passage le dôme de l'Hôtel de ville malheureusement détruit) par Tony Noel fut inaugurée le 12 janvier 1902, après une souscription organisée par la Société de géographie commerciale de Saint-Etienne.

Ce sont des quartiers-maîtres de la Royale qui firent tomber le voile la masquant au regard des spectateurs. Mr de Lanessan, ministre de la Marine prononça ensuite un discours à la mémoire de Francis Garnier, officier de marine, explorateur et géographe stéphanois qui fut tué par des pirates Chinois. Cette statue de bronze se trouvait à l'origine Place Marengo puis, à partir de 1913, sur la place de la Mi-Carême. Elle était surnommée " le singe " en raison d’un bras droit plus long que l’ autre de 15 cm ! Une autre, de granit celle-là (oeuvre de Biaggi), se trouve de nos jours dans le Jardin des Plantes. A noter qu'il existe aussi une belle sculpture honorant Francis Garnier à Paris.

Musegris.jpgNe pas confondre Francis Garnier avec Jules Garnier, un autre Stéphanois, géologue et industriel, découvreur du nickel en Nouvelle Calédonie, né dans l'actuelle rue Charles de Gaulle à deux pas de l'Hôtel de Ville comme le rappelle une plaque commémorative sur sa maison natale. Francis Garnier lui, est né non loin, vers la Préfecture dans la rue qui porte son nom, entre la place Jean Jaurès et la rue Louis Braille. Dans la même maison qui vit mourir le 9 janvier 1937 le poète et chansonnier stéphanois Johannès Merlat.

Vous connaissez sans doute la petite Muse de Massenet, réalisée par Lamberton. Etrange petite muse fragile et fluette quand on sait que les héroïnes de Massenet, le " compositeur de la femme " étaient des matronnes plutôt farouches. Deux jeunes filles ont servi de modèles, d’abord une jeune bohémienne qui préparait alors sa première communion. Cela ne plut guère à Mr le curé lorqu’il apprit qu’elle posait nue et elle dut abandonner les séances de pose. Eustache Gardon, ami de Lamberton proposa alors une toute jeune employée à son service. Celle ci avait à peu près la taille et la silhouette de la jeune gitane mais sans avoir sa finesse de traits. Ceci eut peu d’importance car la petite muse ne lui doit que les reins et ses fesses. Cette statue délicate faillit bien subir le même sort que beaucoup d'autres, fondues sous Vichy mais elle fut subtilisée une nuit de 1940 par des Stéphanois qui allèrent la planquer à la Part-Dieu à Lyon où elle attendit sagement la fin de la guerre. Depuis, une miniature de la Muse est offerte par la ville à tous les personnages importants de passage.

Mr Tillon, grand connaisseur de l'oeuvre de Lamberton, indique cependant une autre version de cette histoire. C'est en 1942 que la Muse aurait été envoyée à Lyon pour y être fondue, ainsi que la Daphnée de Marengo. Elle fut sauvée de justesse mais pas son infortunée consoeur. En 1913, un an après la mort du compositeur, un comité fut créé pour ériger à Saint-Etienne un monument à sa mémoire. Une souscription recueillit 6 000 francs. La guerre devait suspendre le projet et ce n’est que le 7 avril 1929 que le monument fut inauguré.

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C'est aussi à Lamberton que l'on doit les quatres Atlantes (qu'on peut surnommer les " bagnards " ou " les galériens " car ils ont les mains liées dans le dos), dans la grand'rue à deux pas avant d'arriver à la Fac de lettres. Cet immeuble était autrefois le siège de l'entreprise " Royal Fabric " (fabrique de quoi ?). Aujourd'hui, et depuis près d'un an, le visage d'un des quatre personnages est dans un état lamentable. Comme si sa tête s'était écrasée comme une craie. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce n'est pas très esthétique et qu'il serait temps que la municipalité entreprenne une chirurgie réparatrice (si toutefois elle n'est pas trop occupée à détruire en partie la Manu).

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D'autres Colosses monumentaux, dans la Grand' rue, quelques mètres avant la Préfecture. Des divinités de la Grèce antique ?

Apollon et Vénus

Tous les Stéphanois connaissent les deux statues nues et couchées aux abords de la place Jean Jaurès dos à la cathédrale. Mais savez-vous qu’elles furent réalisées par l’artiste Paul Belmondo, le père de l’acteur Jean-Paul Belmondo ? Posées en 1951, elles firent scandale car la Vénus et l’Apollon aux attitudes lascives évoquent un couple après leurs ébats amoureux.

Monument du Brûlé
(La Ricamarie)

16 juin 1869. En période de grève et d’agitation, un détachement militaire encadre des mineurs arrétés dans la vallée de l’Ondaine pour les conduire à Saint-Etienne. Dans un chemin de la Ricamarie, c’est le drame: la troupe tire sur un groupe d’hommes, de femmes et d’enfants qui veulent leur libération. On relève 14 morts dont deux femmes et un enfant de 16 mois. L’émotion est nationale et Zola s’inspira de cette tragédie pour la fusillade de son Germinal. Zola fut d'ailleurs hébergé quelques jours à Firminy au château Dorian et visita la région lorsqu'il écrivit Le Travail.

Le monument est l'oeuvre de Victor Caniato, artiste lyonnais retenu après consultation de sept projets par un groupe de réflexion composé d'élus et d'anciens mineurs. On a du mal à s'en rendre compte sur cette photo mais le monument s'élève à 3 mètres 60. Au pied des tiges, un enfant endormi (absent sur la photo) symbolise l'espoir dans l'avenir. Les noms des quatorze victimes sont inscrits sur le cerclage.

14 étoiles pour 14 morts

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"Ils réclamaient leurs droits par une grève immense, nos courageux mineurs aux traits noirs mais riants. Plus de bras au travail donc un morne silence…Mais hélas tout à coup la fusillade tonne puis on entend des cris de douleur et d’effroi. La poudre est en fumée et le clairon résonne, 11 frères sont morts en réclamant un droit. Soldats, vous avez tué nos frères sans défense, vous êtes des bourreaux. On a tué l’enfant dans les bras de sa mère, égorgé lachement la femme à genoux, un paisible vieillard qui défrichait sa terre… On parlera longtemps soldats de ce " fait d’arme "… Extrait d’une chanson stéphanoise de Rémy Doutre écrite en août 1869.

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La Victoire en bronze du puits Couriot, réalisé en 1920 par Paul Graf (auquel nous devons aussi la frise de l'immeuble des Ingénieurs ) réunit le poilu de 14 et le mineur. Il est extrêmement rare d'une part, qu'un monument commémoratif de la Première Guerre unisse un soldat et un mineur et d'autre part de trouver un tel monument dans l'enceinte privée d'une exploitation minière. La légende indique: "La société des mines de la Loire à ses collaborateurs morts, victimes de la guerre et du devoir." Qualifier les mineurs de " collaborateurs " c'est un peu enjoliver les choses, c'est le moins qu'on puisse dire. Pendant l' Occupation, les Allemands ont bien failli déboulonner ce monument à titre de représaille car des réfractaires au S.T.O. (" service de travail obligatoire " que devaient effectuer tous les hommes en Allemagne) se cachaient dans les galeries. Un officier allemand s'est élevé contre cette décision qui risquait de mettre le feu aux poudres.

La magnifique statue de Michel Rondet à La Ricamarie est l'euvre de Lamberton encore. Michel Rondet, fondateur des premiers syndicats de mineurs, natif de La Ric est présenté ici les bras croisés comme le faisaient souvent les mineurs face aux appareils des photographes ou les fusils des soldats. Il repose à Saint-Etienne au cimetière du Crêt de Roch. Lors de son enterrement en 1908, le député Charpentier émit le voeu que Rondet ait une statue à son effigie. L'idée est alors reprise par la fédération CGT du sous-sol qui lance une souscription auprès de tous les mineurs. Les 4800 francs nécessaires sont réunis en 1913. La statue a un poids de 450 kg, haute de 2 mètres 10, elle a connu comme Rondet un parcours agité. Le maire Giroud et le conseil municipal refusant de la mettre sur la place de la mairie, elle est d'abord reléguée dans une zone insalubre. Le 8 février 1913, les syndicalistes inaugurent discrètement le monument. Dix ans plus tard, sur la place de la mairie cette fois, elle est inaugurée par Antoine Durafour et le maire Jean Marie Pons. En 1942, les Allemands lorgnent sur les 450 kg de bronze mais renoncent, craignant une réaction violente des mineurs.

Ces clichés montrant l'inauguration de la statue de Michel Rondet nous ont été communiqués par Mr Claude Cherrier.

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Le Monument du génocide de 1915

Le Monument des Arméniens fut inauguré en 1989. C'est une sculpture de Toros. Rappelons que le Gouvernement français n’a reconnu officiellement le génocide qu’en 2001. La ceinture de la robe flottant au vent dessine les monts Ararat qui séparent l’Arménie de la Turquie. Quant au bloc marqué de la croix à droite, il est fait de khatchquar, une pierre d'Arménie. Le génocide est commémoré chaque année le 24 Avril. Plus de 350 familles d'origine arménienne vivent dans l'agglomération stéphanoise, soit près de la moitié des familles arméniennes des départements de la Loire et du Puy-de-Dôme.

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" Aux 1 500 000 victimes du premier génocide du XXème Siècle perpétré par les dirigeants turcs. ", indique l'inscription.

Que fait ce Loup quelque peu inquiétant dans les jardins des Beaux-Arts ?

Qu'est devenu l'agneau qui l'accompagnait ? Croquis de Jean Paret dans le livre Saint-Etienne capitale, de Jean d'Auvergne (1951)

Les Chats de l'Avenue de la Libération nous semblent bien plus sympathiques.

De même que les Chiens de l' Esplanade.

Quant au Lion qui jouait devant le Musée d'art et d'industrie, nous ne savons pas ce qu'il est devenu. Mangé par le loup ? Ses deux copains l'attendent toujours devant le Palais de justice.

Au rayon animalier, évoquons encore La Biche aux aguets qui se trouvait autrefois place Fourneyron. Sans doute s'est-elle enfuie effrayée par le vacarme des moteurs, mais on ne sait où.

Le Monument Dorian honorait la mémoire de Pierre-Frédéric Dorian qui fut d'abord maître de forges à Unieux dans les célèbres usines Jacob Holtzer puis élu maire dans cette même ville. Elu député-maire de Saint-Etienne en 1863 il s'opposa à la politique de Napoléon III. Il fut nommé Ministre des Travaux Publics en 1870-71 et resta durant toute sa vie un ardent patriote. Son monument fut réalisé par le trio Lamaizière-Picaud-Induni et inauguré le 16 juillet 1905 par le ministre de l'Intérieur Etienne. La statue fut fondue pendant l'Occupation et à sa place se trouve aujourd'hui le petit monument en hommage à Jean Moulin et à la Résistance.

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Inauguration 

Janvier 1900, Jean Jaurès, fondateur du Parti Socialiste, vient à Saint-Etienne soutenir les mineurs en grève. En 1931, la municipalité inaugura le buste. Etait-il en marbre ou en bronze ? A-t-il survévu à Vichy ? Ce serait étonnant. Oeuvre du sculpteur Emile Tournayre, pour un coût de 3800 francs, son inauguration souleva la colère des mineurs stéphanois. En effet, la municipalité ne les associa pas à cet hommage; un comble ! Lors de l'inauguration de la Bourse du travail, Jaurès avait fait parvenir ces quelques mots: "A la Bourse du travail de Saint-Etienne. Fraternel hommage."

Le buste de Jaurès, place Marengo. Sur le socle de marbre, on peut lire en lettre dorées une citation du tribun socialiste: "Il n'y a pas d'idéal plus noble que celui d'une société où le travail sera souverain."

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Bronze disparu ?

La Daphné

Dans le bassin du square Marengo (place Jean Jaurès), la petite nymphe de la mythologie grecque fuyait l' Apollon de l'Hôpital de la Charité. Mais elle n'eut pas le bonheur de se métamorphoser en laurier. Elle aussi fut fondue par les Allemands car elle était en bronze. Une anecdote à son sujet: une nuit de 1910, un commando de dames aux chapeaux verts n’hésita pas à la recouvrir d’une ample chemise de grand-mère pour masquer aux regards ses jolies formes…

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Le Mur de Fauriel

Les Allemands ont eu la gentillesse de nous laisser celui-là. On le doit au ciseau du sculpteur local Joanny Durand qui a réalisé en Forez un grand nombre de monuments aux morts. Le Lycée Fauriel a payé un lourd tribut à la Grande Guerre, pas moins de 180 de ses élèves, professeurs et personnels sont tombés au champ d'honneur. Le monument (inauguré en 1922) représente quelques grandes pages militaires de notre histoire, de Poitiers à La Marne en passant par Valmy et Sainte Jeanne d'Arc. Laquelle avait été affublée d'une paire de moustaches par une élève de l'artiste lors d'une restauration ! Heureusement, le mal fut réparé et la jeune femme de Lorraine retrouva son visage.

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Sainte Jeanne d'Arc encore, sur la place Boivin d'abord où trône sa statue équestre inaugurée le 4 juin 1916 par Paul Petit. Nous la devons à l'artiste Fremiet. Mise en place pendant la guerre pour entretenir le courage des Stéphanois, elle est la réplique en bronze de celle de la place des Pyramides à Paris. Elle est posée sur un socle en granit bleu poli et fait face à la Grand'église. François Dubanchet, ancien Maire de Sainté: "Quand je flâne vers la place Boivin, j'ai toujours pour elle un élan d'affection et des regards d'admiration."

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Enfin, un médaillon nous montrant son visage de profil se trouve sur la façade du " palais Mimard " près de la place Badouillère (ou Anatole France). Ce bel immeuble de style néo-gothique est nommé ainsi car il fut la demeure d'Etienne Mimard, le fondateur de la Manufacture des Armes et Cycles, rebaptisée plus tard Manufrance.
 
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Le beau monument élevé à la mémoire de Waldeck-Rousseau, disparu lui aussi, se trouvait en face de l'église Saint-Louis (ex-Place W. Rousseau nommée Place Saint-Louis pendant Vichy). Né à Nantes, député de la Loire, c'est cet homme politique qui présenta la loi relative à la séparation de l'Eglise et de l'Etat dont on a beaucoup entendu parler ces derniers temps.

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Le Coq gaulois, en bronze, en contrebas du monument aux morts de 1870, dans le square Jovin Bouchard, est l'oeuvre de Lecourtier, un grand sculpteur animalier. Inauguré le 28 juin 1919, la commande du coq avait été passée par la fonderie du Val d'Osne en 1915 et livré en 1918 seulement en raison de la guerre et de la maladie de l'artiste. En 1919, c'est le service de la voierie qui mit en place la colonne qui le porte aux nues. 

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"Conçu à l'époque où de lourds nuages assombrissaient l'horizon européen, notre Coq Gaulois devait, à côté du souvenir de notre défaite (à savoir le Monument de 1870, qui surplombe ce même square) clamer la foi de la France en l'avenir. Il chantera la victoire et la paix." (cité dans Coeurs de pierre).

A Montaud se trouvait derrière l'église le buste d'Emile Girodet fondu par les Allemands (ça devient lassant) en 1943. Inauguré le 7 juin 1907, il avait donné lieu à une fête populaire présidée par Aristide Briand, ministre de l'Instruction Publique et ex-député de la Loire.

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C'est Victor Zan qui en fut l'auteur. Zan à qui nous devons les sculptures de la Bourse du travail (qui existent toujours, de même que son allégorie de la Charité rue Pointe Cadet, ça fait du bien). Aujourd'hui, un autre buste de pierre le remplace sur la place qui porte le nom de Girodet. Il fut taillé par un autre Stéphanois, Camille Pétard, à qui nous devons les peintures murales (ou la restauration ?) de l'intérieur de l'église Saint-Ennemond. Girodet, quant à lui, fut le premier Maire socialiste de la ville et contribua à l'élaboration de la Mine aux Mineurs.

L' Homme à la panthère et le Petit buveur

Nommé aussi " l'enfant à la cruche ", le Petit buveur a l'air bien distrait, absorbé dans ses pensées...

Rue Sainte-Catherine, les spécialistes dissertent encore pour savoir si nous sommes en présence d'un simple faune ou de Bacchus, le Dyionisos des Grecs. La présence du thyrse, l'attribut de Bacchus, un sorte de hochet surmonté d'une pomme de pin et entouré de feuilles de vigne semblerait indiquer qu'il s'agit bien de la divinité bon-vivante des bacchanales. Cette jolie statue en bronze de J. Michel Caille fut coulée en 1872 au Val d'Osne et retrouvée dans les dépôts de la ville en compagnie du " buveur ", (une statue d'un petit enfant, par Charles Robert Champagny, sur un piédestal de granit bleu d'un coût de 900 francs à l'époque, aujourd'hui à l'angle des rues de la Résistance et G. Teissier) en 1923. Son socle de granit poli coûta à l'époque 700 francs. Il fut fabriqué par les Etablissements Drutel et Clergeat.

Notons au passage la présence d'un autre Bacchus, superbe, à Solaure. Il tient la bouteille à la main et aurait mieux mérité le nom de buveur que son comparse.

Le Monument en hommage à Louis Comte se trouve sur la place du même nom, face au Musée d'Art et d'Industrie. Il honore la mémoire de ce pasteur protestant décédé en 1926 qui fonda " l' Oeuvre des Enfants à la Montagne et à la Mer "; laquelle permit à de nombreux enfants pauvres de partir se ressourcer au grand air. Il fut également un des pionniers de la " Ligue de la moralité publique ". Ce monument, assez sobre, est l'oeuvre de Rochette (un sculpteur stéphanois qui a réalisé aussi le Monument aux morts de Fourneyron) et nous montre le visage en médaillon de Louis Comte, encadré par des enfants.

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A quelques mètres du pasteur Comte, à l'angle des rues Emille Littré et Claude Delaroa, l' Egyptienne (ou torchère) nous contemple en portant haut son flambeau. Au pied de la colonne qui la porte, un mystérieux sphinx reste de glace. La belle orientale de fonte fut réalisée par Mathurin Moreau et coulée au Val d'Osne. Elle fut posée en 1915 en même temps que le sphinx ou plutôt la " Sphinge " de Ch. Beyer. Cette sphinge au regard émacié a disparu une nuit de 1990 ! Son remplaçant actuel au visage plus rond a été réalisé par Jean Marc Bonnard, professeur à l'école des Beaux Arts de Saint-Etienne. Il porte le némès, coiffe des pharaons d'Egypte, orné du cobra, et la barbe postiche.

Jean Moulin, par André Longeon. A cet artiste stéphanois, La Valla-en-Gier et Roisey, près de Marlhes, doivent aussi leurs statues de Saint-Marcellin Champagnat. Un article spécial lui est consacré.

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A l'origine sur la place Paul Bert, l' Ouvrier terrassier s'éponge aujourd'hui le front dans les jardins du Musée d'Art et d'Industrie. Sculpté dans la pierre par Marcel Lambert, il fut présenté à l' Exposition internationale de Saint-Etienne en 1904. Achetée en 1905 par la ville, la statue qui glorifie l'effort aurait pu trouver sa place dans un parc de l'ex-Union Soviétique. Torse et pieds nus, l'homme épuisé s'éponge le front et tient une pelle. A ses pieds, sur une brouette versée, sont posés ses vêtements. Le Petit apprenti se trouvait autrefois rue de l'Apprentissage. Elle nous montre un jeune apprenti forgeron qui a bien du mal à soulever une lourde masse. Cette belle sculpture appartient aujourd'hui aux collections du Musée d'Art et d'Industrie.

Le buste de José Frappa est en bronze et on le doit à Georges Barau. José Frappa est né à Saint-Etienne le 18 avril 1854 dans la petite rue qui porte son nom (une plaque indique le lieu de sa naissance) et s’est éteint à Paris en 1904. Elève à l’école des Beaux-Arts de Lyon, puis à Paris, il fut un peintre de talent et jouissait à son époque d’une bonne renommée. Ses pairs le jugeaient exubérant, sincère, spirituel et humoriste plus que réaliste. Le socle du monument, en pierre sculptée, illustre certaines scènes d’un de ses tableaux: La main chaude. Une maîtresse femme en tablier, les mains sur les hanches, rit aux éclats aux galants propos d’un jeune homme à ses genoux. Sur le côté opposé, des moines joyeux jouent à la main chaude. Ce monument fut inauguré en 1912 après avoir été exposé au Salon des Artistes Français. Mr Bérard, secrétaire d’Etat aux Beaux-Arts, dit de Frappa lors de l’inauguration qu’il fut le continuateur des peintres de ripailles comme Téniers et qu'il exécuta des œuvres exquises, légères, spirituelles, pleines de mouvements et d’entrain, d’une admirable finesse...

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Situé Place Fourneyron, l’impressionnant Monument aux morts d’Alfred Rochette fut inauguré le 29 octobre 1933 par le président de la République Albert Lebrun. Il commémore le sacrifice des 6000 Stéphanois tombés pour la France entre 1914 et 1918. C’est un monument tout en longueur, dont nous vous présentons ici la face avant, drapée d’un linceul. A l’arrière, une petite porte d’acier est marquée de la Croix de guerre et s’ouvre sur un corridor intérieur permettant d’accéder à une autre porte surmontée du blason de la ville et " permettant " l’accès à l’intérieur du monument. 

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A quelques mètres, le Monument aux Combattants d’Afrique du Nord a été réalisé il y a quelques années par les marbriers stéphanois Keller (Père et fils). On leur doit aussi, il y a peu (décembre 2004), la légion d’honneur en marbre apposée sur le fronton de l’Ecole des Mines ( commémorant le sacrifice de ses 141 élèves ou anciens élèves tombés entre 1914 et 1918).
  

Remarquez la Croix du Sud à gauche. Le monument s’élève au centre d’un triangle sur lequel sont inscrits les trois pays du Maghreb : Algérie, Maroc, Tunisie et honore le sacrifice des 230 enfants de la Loire tombés en Afrique du Nord. A côté, une plaque honore les rapatriés d'Algérie. 
 
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Ils sont peu nombreux en France, les monuments commémorant les combattants de la guerre de 1870. Car il ne s'agit pas ici de se souvenir d'une grande victoire mais d'honorer les morts d'une guerre perdue. Perdue contre la Prusse. C'est sans doute pour cette raison que les Allemands magnanimes nous l'ont laissé durant l'Occupation. Signalons au passage, qu'il existe dans la région un autre monument de cette guerre de 1870 quelque peu oubliée, mais où ? A Saint-Chamond sauf erreur. Il a été réalisé par André César Vermare et Mr Varinard et coûta la somme de 34 500 francs, couverte par une souscription. En bronze, il fut inauguré par le président de la République Félix Faure le 29 mai 1898 et reçu le prix de Rome cette même année. Il porte la devise du Forez sur le marbre (" Espérance ") et un splendide coq aux ailes déployées à son revers. Un bas-relief émouvant en dessous nous présente l'image d'une mère tenant un enfant nu qui tend les bras vers une troupe de soldats partant au front. On devine parmi eux le père, qui ne reviendra peut-être pas. Quant à cette carte postale remarquable, nous ne savons pas de quelle année elle est datée. Mais à la pose farouche de nos gagas, on peut imaginer qu'elle est antérieure à la guerre de 14 et que la revanche était dans leurs esprits...

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Détail du bas-relief au revers du monument aux morts de 1870. Les ouvriers de Saint-Etienne déposent aux pieds de la France personnifiée les armes fabriquées dans leurs usines. On distingue ici, en arrière-plan, le dôme qui coiffait l'Hôtel de ville. On peut y voir des cheminées d'usines, un crézieu (lampe de mineur) qui pend à la ceinture d'un mineur, un enfant qui dit adieu à la troupe, etc.

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Cérémonie du 27 octobre 1912. Le Préfet de la Loire M. Lallemand (ça ne s'invente pas) remet les décorations et les diplômes aux anciens combattants de 1870, en présence du ministre Briand et et des députés Durafour, Arbel et Boudoint. Deux femmes originaires d'Alsace-Lorraine furent distinguées: Mme Sémont qui fit preuve de beaucoup d'abnégation lors du siège de Strasbourg, et Mme Balofé, ambulancière à l'armée de l'Est.

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Nous ne savons pas qui a réalisé cet autre Monument de la Grande Guerre. Il se trouve non loin du Musée d'Art et d'Industrie, entre le monument de 1870 et celui à la mémoire du Pasteur Comte. On peut y voir la Croix de guerre et les noms des champs d’opération meurtriers : Champagne, Belgique, Artois, Somme, Oise, Aisne. Le tout surmonté d’un profil de poilu coiffé du célèbre casque. Sur l’autre montant, un bronze nous présente une famille. S’agit-il de retrouvailles ou de l’annonce que le papa ne reviendra pas ? Le mot " Paix " domine le tout.

 

Pour en finir avec la " der des der " évoquons aussi le Monument du 38ème RI qui se trouve au pied des escaliers de la Maison de l’Armée. A deux pas, à la place du campus Jean Monnet, se trouvait autrefois la caserne Rullière du 38ème régiment d’infanterie. D’ici partirent, le 11 août 1914, les soldats et leurs pantalons rouges écarlates hérités de la Commune de 1870 (plus tard, ils endosseront l’uniforme bleu horizon). Comme l’indique l’inscription au dessus d’un palme et d’un casque, ce sont les anciens du régiment regroupés dans une amicale qui ont érigé le monument à la mémoire de leurs camarades. Trois mots figurent aussi : " Fraternité, Honneur, Patrie ".

Un bas-relief nous montre aussi une scène de bataille et, sous deux grenades, une liste de lieux de bataille où le 38ème fut engagé : La Marne, Fontenoy, Craonne, Verdun etc.

La Marseillaise de l'Hôtel de ville s'inspire bien sûr de la monumentale sculpture de François Rude sur l'Arc de Triomphe. Elle fut fondue dans les ateliers prestigieux des Frères Susse à Paris, créés en 1804. De ces ateliers sont sorties la statue du Maréchal Leclerc, porte d'Orléans à Paris, celle du roi Rama V à Bangkok, Van-Gogh à Anvers-sur-Oise...

Le Monument à la mémoire d' Antoine Durafour se trouve place Anatole France (ou place Badouillère). Antoine Durafour, qui a vécu dans un des immeubles tout proches, fut maire de Saint-Etienne de 1930 à 1932, député de la Loire et Ministre du Travail. Le buste en bronze, placé sur un socle de granit Labrador, fut réalisé par Emile Tournayre et inauguré le 30 septembre 1934 par le maire Antoine Vernay, en présence de Mme Durafour et de son fils Michel. Celui-ci suivit plus tard un parcours identique à celui de son père en devenant ministre et maire de Saint-Etienne. Avant d'être supplanté à la tête de la municipalité par l'ancien mineur de fond Joseph Sanguedolce.

Personnellement, j'ai une tendresse particulière pour la petite Dévideuse qui n'en finit plus de dérouler son fil de soie imaginaire dans la cour du Lycée Fauriel. Nommée aussi la Fileuse ou la jeune Parque (les Parques de la mythologie grecque tissent la toile du destin de chaque homme), elle est l'oeuvre de Jean Jules Salmson. L'original en marbre, qui plût beaucoup à l'impératrice Eugénie (épouse de Napoléon III), est entré au Musée du Louvre en 1926. En revanche, je dois avouer aussi que je suis un peu plus dubitatif devant cette Muse de l'artisanat en bronze d' Hervé Audouard, inaugurée en 1993, place Chapelon. Encore que l'artiste ait fait preuve d'originalité (voir de " subversion " face au dogme de la minceur ?) Peut-être est-il aussi un fan de Botéro, le réalisme en plus.

L'enfant au masque de Ch. Robert Champagny fut coulé à la fonderie d'art du Val d'Osne à la fin du XIXe siècle. Il est toujours resté à sa place, dans la grand'rue, à deux pas de l'ancien cinéma Le Méliès.

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Des enfants, en 1900  
 
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Nous n'avons rien concernant cet enseble qui se trouve dans les jardins de l'hôpital de Bellevue. Sinon qu'il est signé Capallero.

Le Monument en hommage à Jean Dasté devant la bibliothèque de Tarentaize honore la mémoire de ce grand artiste polymorphe né à Paris et décédé à Saint-Etienne. Jean Dasté fut membre de la Compagnie des Quinze. En 1937, il fonde avec André Barzacq et Maurice Jacquemont la Compagnie des Quatres-Saisons. Après avoir dirigé une compagnie itinérante qui interprète les classiques, il s'installe dès 1945 à Grenoble, puis en 1947 à Saint-Etienne où il parvient à attirer un public populaire qu'il initie à Claudel ( l'Annonce faite à Marie ), Brecht ( le Cercle de craie caucasien ), Shakespeare (Macbeth) etc. tout en se livrant à des expériences sur le mime, le nõ japonais ( la Sumida ) et la tragédie grecque ( Antigone ).

 
Grâce à lui, la Comédie de Saint-Etienne devient le premier théâtre de province par le nombre d'abonnés et crée une tradition de théâtre populaire toujours très vivante. Il fut un des principaux artisans de la décentralisation théâtrale. Il fut aussi un acteur de cinéma où il incarna une multitude de seconds rôles, dans des films aussi divers que Z de Costa-Gavras, Noce blanche (tourné à Saint-Etienne), L'Atalante de Jean Vigo, La guerre est finie d' Alain Resnais ... La sculpture est l'oeuvre de Roger-Louis Chavanon à qui nous devons également le cadran solaire (à l'heure de l'Europe) de l'aéroport de Saint-Etienne-Bouthéon et la statue Europa de Cannes.

Le buste en bronze de Marc Seguin avait été inauguré une première fois en 1927 puis en 1987 au moment de la réhabilitation de la gare de Châteaucreux. Il est signé Eugène Guillaume (1822-1905) qui fut directeur de l’école des Beaux-Arts et de l’Académie de France à Rome. Il date de 1880. Seguin, inventeur de la chaudière tubulaire, remplaça la traction animale par la traction mécanique en 1826. En mai 1827, son invention était mise en pratique sur la première ligne de chemin de fer française entre Saint-Etienne et Andrézieux.

Le Monument du Bicentenaire de la Révolution fut inauguré en... 1989 (bravo !) sous la municipalité de François Dubanchet et alors qu'un certain Michel Thiollière était adjoint à l'urbanisme. Il mesure 7 mètres de haut pour 14 de longueur. Oeuvre du Stéphanois Albert Chanut auquel Sainté doit aussi l'espèce d'arbre à l'entrée du CFA Les Mouliniers et la femme en aluminium de Valbenoîte. Ce sont des Vénus qui surmontent chacune des arêtes du tétraèdre.

C’est le jeudi 16 juin 2005 que le maire de Saint-Etienne a baptisé le jardin de Bellevue " jardin Léopold Sédar-Senghor " et inauguré Les Femmes Noires de l’artiste Ndary Lo.

Qui était Léopold Sédar-Senghor ? Un homme politique sénégalais, élu président de son pays en 1960, mais aussi un écrivain et un poète de langue française. Il a écrit des essais où il définit la notion de négritude et des recueils de poésies: Ethiopiques, Nocturnes… Elu à l’Académie française en 1983, il s’est éteint dans notre pays en 2001, après avoir toujours défendu la beauté de la langue française.

Ndary Lo, auquel nous devons les femmes noires du jardin, est sénégalais. Formé à l’école des Beaux-Arts de Dakar, il décroche en 1999 le grand prix du président du Sénégal. En 2002, il obtient à la Biennale de Dakar, " Dak’art " le grand prix Léopold Sédar-Senghor. Décoré en France de l’Ordre des Arts et Lettres, c’est en Afrique qu’il rencontra le maire Michel Thiollière. Le socle porte gravés sur une plaque brillante quelques mots d’un poème de Senghor : "Femme nue, femme noire, je chante ta beauté qui passe. Forme que je fixe dans l’éternel avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les racines de la vie."

La sculpture ci-dessous se trouve dans la Maison des Avocats, rue de la Résistance. Il s'agit d'une allégorie de l'armurerie. Nous ne savons rien d'autre à son sujet si ce n'est qu'elle a été réalisée par un certain Jean-Hugues.

Victor Zan (ou Vittorio Zanetti) était originaire d’Italie. Il s’établit à Saint-Etienne en 1881, il s’y éteignit dans la pauvreté en 1940, à la Charité dont il avait sculpté l’allégorie, rue Pointe Cadet. Il s’associa avec d’autres artistes italiens dont Induni et Pianella. Il réalisa La grève et ses conséquences, exposée à Paris en 1905 et achetée par la Ville en 1906. Elle est accompagnée d’une autre sculpture : Les victimes du grisou Toutes deux aujourd’hui dans la salle du rez-de-chaussée de la Bourse du Travail. On lui doit aussi un buste de Benoît Malon et de nombreux autres portraits.

La statue de la Liberté, réduction de la monumentale Liberté de Frédéric Auguste Bartholdi (1834-1904) qui trône à l'entrée du port de New-York fut posée en 1915 mais jamais inaugurée officiellement. A l'origine place Badouillère, elle est aujourd'hui place Jules Ferry. Citons au passage les bons mots de Pierre Daninos: "Les Etats-Unis ne rendent pas ce qu'ils empruntent, ils le rendent américain."

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A propos d'Amérique, cette sculpture se trouve rue de La Résistance, au fronton d'un immeuble.
Quelle est son histoire ? 
 

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Autrefois, il existait un buste de Jules Janin en bronze. Il a été fondu par les Allemands. Aujourd'hui, le buste du " Prince de la critique " est en pierre. Il se trouve dans le jardin Carnot. Né à Sainté, place du Peuple, en 1804, Janin fut élu à l'Académie en 1870. Il écrivit de nombreux articles dans différents journaux. Pour l'anecdote, il révéla le talent de l'actrice Rachel et c'est en le lisant que Marcel Carné trouva le titre de son célèbre film Les Enfants du Paradis

Les nymphes à la fontaine ont été réalisées par Albert Ernest Carrier Belleuse (1824-1887) à la fin du XIXe siècle. Elles ont été retrouvées dans l'entre deux guerres dans le dépôt des services de la Voirie. 

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La Baigneuse, jeune ingénue et pensive, se trouve dans le parc de l'Europe. Sculptée dans la pierre par Pierre Brun, artiste stéphanois, elle fut installée dans un des bassins du parc en août 1949 (image: croquis de Jeanne Didier-Girard publié dans Saint-Etienne capitale de Jean d'Auvergne en 1951) avant d'être déplacée... près des jeux pour enfants. Quant à la sculpture qui accueille le promeneur venant du rond-point, nous ne savons rien à son sujet.
 

 
Cette délicate sculpture d'une jeune femme donnant le sein se trouve à La Talaudière. Nous n'avons aucune info à son sujet.  
 
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Le buste en bronze de la Marianne côtechaudoise (ou côtechaudaire ?) date de 1948. Il remplace le précédent qui se trouverait au Musée des Amis du Vieux Saint-Etienne et qui fut planqué pendant la guerre dans un four à pain pour qu’il ne tombe pas aux mains des Allemands. Ce buste, inauguré en 1907, qui prit le maquis en 40 dans un four à pain (François Ménard, Saint-Etienne pas à pas), fut sculpté par Jean-Antoine Injalbert (1845-1933). A noter que le livre Cœurs de pierre indique au contraire que le buste d’Injalbert fut fondu par les Allemands et qu’au musée se trouve une autre Marianne… en bois de cerisier ! A noter enfin que le buste actuel tourne le dos à l’église (et vive-versa) et domine le monument aux morts que le « vieux village » est le seul quartier de Saint-Etienne à posséder en propre.
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Écrit par FI