A Ambierle, le Musée des arts populaires présente la vie quotidienne et les traditions du Roannais et du Forez aux XIXe et XXe siècles, à partir de collections rassemblées par une femme remarquable: Alice Taverne (1904-1969). 

 

 


Alice Taverne appartient à cette longue chaine de chercheurs foréziens, avec le docteur Noelas, Smith ou encore L.P. Gras et Joseph Prajoux... qui n'eurent de cesse, avant qu'elles ne soient définitivement perdues, de collecter et consigner les croyances, coutumes et légendes du pays forézien. A la différence des autres, sa passion survit en un lieu qui se visite encore aujourd'hui et qui garde précieusement les objets patiemment collectés.

taverne.jpg
Alice Taverne
"La Dame du musée" qui se disait "servante"
Elle est aussi l'auteur, seule ou avec son père, d'un certain nombre de publications dont Coutumes et superstitions foréziennes et Les vendanges en Roannais en 1939. D'autres écrits ont été complétés et collationnés par Robert Bouiller dans les années 70.
Elle est née le 23 mars 1904 à Balbigny. C'est son père, Louis Taverne, employé des Chemins de fer, qui l'initia très tôt au folklorisme, au moment où celui-ci se transformait en ethnographie, et aux prospections archéologiques. Alice Taverne revient en 1930 dans le pays roannais, après un long séjour à Paris, où son père avait été muté, et où elle arpenta les couloirs des musées et suivit les conférences de Charcot et d'autres éminents chercheurs. Père et fille, préoccupés par la disparition des coutumes,  et sous l'inspiration du Roannais Paul Fortier-Beaulieu, auteur de "Mariages et Noces campagnardes dans les pays ayant formé le département de la Loire : Roannais, Forez, partie du Beaujolais, Jarez" (1937), travaillent d'abord à recueillir tout ce qui a trait aux coutumes du mariage en Forez, puis dirigent leurs recherches sur les traditions roannaises et foréziennes, selon le modèle ethnographique d’Arnold Van Gennep.

Non seulement ils collectent les témoignages oraux, mais aussi meubles, outils et ustensiles. Jusqu'aux  objets habituellement non collectionnés à cette époque, par exemple les coches comptables et les flacons à indications locales. Et des vêtements traditionnels, plus d'une quarantaine, avec leurs accessoires : costumes de bergère, vêtements journaliers ou de fête, et encore deux cents coiffes et pièces de broderies et dentelles.  Alice Taverne s'intéressa aussi beaucoup aux techniques artisanales, celles des maçons, des scieurs de long, charpentiers et menuisiers... et rassembla des machines et des outils que l'on peut encore voir au musée.

tavernedx.jpg
La salle d'école

A la mort de son père survenue en 1946, Alice Taverne, fidèle à la volonté du défunt, œuvra sans répit à la création d’un "musée du terroir" n’hésitant pas à vendre la maison familiale pour pouvoir acquérir une ancienne maison de maître transformée depuis en institution religieuse. Elle achète le corps du bâtiment en 1950, le retape, s’y aménage deux pièces à vivre et travaille sans relâche, et sans le sous, à la création des salles thématiques du futur musée. En 1951, une dizaine de salles sont déjà ébauchées et ouvertes au public, et c’est en 1952 que le préfet Dumont, inaugure le "Musée de la Paysannerie et de l’Artisanat forézien" qui deviendra le musée Alice Taverne à la mort de sa créatrice en 1969.

tavernetrs.jpg
Le musée, à deux pas de l'église qui garde le fameux retable d'Ambierle

Le visiteur peut ainsi découvrir de nombreuses salles, en l'état la plupart du temps, c'est à dire comme Alice Taverne les avait pensées, en s'attachant à rendre l' atmosphère d'autrefois avec le souci du détail et du pittoresque. Citons
la salle paysanne avec son âtre central, une épicerie à l'ancienne, un atelier de couturière intitulé "Chez la Nanette", l’Antre du rebouteux, tapissé d’illustrations extraites de journaux de l’époque, à la mode d'antan dans les intérieurs modestes, "Chez la béate", où se côtoient objets de piété et objets de dentellières... Et toutes les coutumes anciennes du pays forézien, les rites funéraires, les personnages des légendes, les fées, les peurs et les fêtes.

taverneqt.jpg
L'Antre du rebouteux
Rue de la Grye - 42820 AMBIERLE

Ouvert tous les jours, sans exception, de 10h à 12h et de 14h à 18h (des aménagements sont possibles) Fermeture annuelle : Décembre et Janvier.

Renseignements et réservations : 04 77 65 60 99

tavernesept.jpg
L'épicerie


Depuis 2008, de nouvelles présentations vous sont aussi proposées: Saint-Vincent et la fête des vignerons, pèlerines de la collection des anciens établissements Gaillard, les cartes de voeux de Georges Daru...

tavernesix.jpg
Métier à broder

A lire dans l'Encyclo

Pitou, Pétalugue et Poletto

article thumbnail

" Il était la cruauté, la bonté, le crime, la trahison, les vengeances implacables. Ce n'était pas Mounet Sully, ni Albert Lambert. Encore moins Deschamps ou Arquillère, gloires plus proches mais [ ... ]


Une petite histoire du rugby dans la Loire

article thumbnail

L'auteur a signé une "Histoire du rugby stéphanois" en 2003. Le visuel emprunte à la couverture de l'ouvrage (NdFI).