| L'année forézienne 1909 |
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| Écrit par FI |
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Vie Politique et municipale
a) Les parlementaires On ne se souvient sans doute pas que c'est le 22 juin 1899 que Pierre Waldeck-Rousseau (1846-1904) prit ses fonctions de président du Conseil des ministres. Dix ans plus tard, alors qu'on donnait le nom de l'ancien sénateur de la Loire à un square de Saint-Etienne, un autre représentant de la Loire, Aristide Briand, accédait aux mêmes fonctions. Ceci dit, ni l'un, ni l'autre, n'était originaires de notre département. Ils sont nés tous les deux à Nantes. C'est à croire qu'ils venaient tous deux chercher dans le Forez le Mont-Gerbier des Joncs. Rappelons au passage que M. Briand s'était attaché les services d'un Stéphanois auquel Mr Adonis Lejumeau a consacré sur nos pages un long article: M. Peycelon (lire). Il a aussi emmené avec lui, en qualité de secrétaire général du ministère de l'Intérieur, le préfet de la Loire, M. Huard, remplacé par M. Brelet, préfet de la Manche. En avril 1909, un Congrès socialiste s'est tenu à Saint-Etienne. Y participèrent Vaillant, Compère-Morel, Hervé, Allemane et bien d'autres dont Jean Jaurès lui-même. Le fondateur de L'Humanité était déjà venu à Saint-Etienne, notamment en 1904 quand, avec Briand justement, alors député socialiste de la Loire et secrétaire général du parti socialiste, il inaugura la Bourse du Travail.* Et puisque que nous y sommes, écrivons, ce sera fait, que c'est en 1909 que la Bourse du Travail de Firminy fut inaugurée. Nous continuerons en 2009, modestement, à essayer dans notre rubrique "Actu-politique" de rendre compte des activités parlementaires des élus ligériens. De celles de leurs autres prédécesseurs, 100 ans plus tôt, nous savons peu de choses. L.J. Gras évoque M. Morel qui s'est particulièrement signalé dans la révision du tarif des douanes. Il évoque aussi le roannais Jean-Honoré Audiffred, sénateur, qui a prononcé un grand discours à propos des retraites ouvrières. Pour en savoir un peu plus sur ce dernier, il faut nous reporter à l'ouvrage La Mutualité de la Loire face aux défis: enracinement local et enjeux nationaux (2). Nous y apprenons qu'Audiffred, républicain modéré, avait été en 1894 le rapporteur de la Loi sur les caisses de secours et de retraites des ouvriers mineurs. ![]() Bourse du Travail de Firminy b) Le Conseil municipal Saint-Etienne Au niveau municipal, l'année 1909 fut marquée à Saint-Etienne par un changement des édiles. De janvier à août, c'est une majorité libérale (municipalité Jean Neyret) qui gouvernait la ville, remplacée par une majorité socialiste-radicale à la suite d'élections complémentaires (municipalité Faure). C'est que le Conseil d'Etat avait décidé d'annuler l'élection de quatre conseillers, dont trois de la majorité. La première s'engagea à verser pendant trois décennies une subvention de 12 000 francs pour la reconstruction de l'Ecole des Mines. Rappelons qu'avant de prendre place sur le cours Fauriel, la prestigieuse école, rebaptisée "Ecole nationale des mines de Saint-Étienne" un an plus tôt était localisée, jusqu'en 1927, dans le domaine de Chategrillet (lire). Le 26 mars, il confirma le vote d'une subvention de 5000 francs pour l'érection d'une statue à Jacquard. En fait de statue, c'est un véritable monument qui sera inauguré trois ans plus tard (lire). Il fut aussi à l'origine du bureau télégraphique de Saint-Etienne, rue de la Loire, pour lequel il alloua la somme de 1500 francs. Il adopta un nouveau règlement pour la caisse de retraite des employés municipaux, dont la création remonte à 1874. Il émit un voeu pour que les recensements de la population ne soient plus effectués tous les cinq ans mais tous les dix ans. Il céda une parcelle au cimetière St-Claude pour l'érection du monument du Souvenir français (lire). Il mit en place un service médical de jour, les dimanche et jours fériés, pour permettre aux médecins de prendre le repos hebdomadaire. Quant au service pharmaceutique, la permanence des week-ends n'est alors assurée que par la pharmacie de la rue de La Paix. Il renouvela enfin un voeu pour la couverture de la tranchée du chemin de fer longeant la rue de Tardy. L'éphémère municipalité Faure (pour les raisons que nous évoquons plus loin) décida de débaptiser plusieurs rues de Saint-Etienne. La rue Saint-Paul devenant, selon Gras, "rue Duplessis-Deville", et la rue Saint-Michel "rue Ferrer". Il est toujours extrêmement difficile de s'y retrouver dans les noms de rues de Saint-Etienne tant ils ont été modifiés au cours des décennies. L'ancienne rue Saint-Paul est l'actuelle rue Elisée Reclus, localisée bien loin, donc, de l'actuelle rue Duplessis-Deville, près de la Roche du Geai. Quant à l'ancienne rue Saint-Michel, à Jacquard, elle est aujourd'hui la rue Victor Duchamp. On trouve par contre une rue Ferrer au Pont de l'Ane !? Pour info, Duplessis-Deville était un président du Tribunal civil. Il avait créé une fondation pour récompenser des personnes qui se distinguaient par leur engagement désintéressée envers les malades ou pour tout autre acte d'humanité. Quant à ce Ferrer, il s'agit de Francisco Ferrer y Guardia, un pédagogue anarchiste espagnol, accusé d'être un des instigateurs de la "semaine tragique" , fusillé à Barcelone en octobre 1909. Sa mort causa partout dans le monde une très vive émotion. Dans la Loire, plusieurs communes donnèrent son nom à une rue. A Saint-Etienne, une manifestation eut lieu rue de La Loire où se trouvait le vice-consulat d'Espagne. Le Conseil municipal vota un emprunt de 1 550 000 francs pour travaux de voirie et décida la démolition de la chapelle en ruines du cimetière du Crêt de Roc. Il donna à deux reprises un avis défavorable à la Compagnie des Mines de Villeboeuf pour étendre le périmètre de son exploitation. Il fixa à 150 francs le droit de stationnement des taxi-autos. Il créa un marché au Marais et décida la création de quatre établissements de bains-douches populaires, sur des terrains de la ville et aux frais des Hospices. A cet effet, il sollicita une subvention de 150 000 francs du Gouvernement, sur le prélèvement des jeux. En 1909, la population de Saint-Etienne est estimée à environ 150 000 âmes, 170 000 selon Les Annales foréziennes. "Si elle dépassait 150 000, il faudrait inscrire au budget municipal une somme supplémentaire de 700 000 francs environ ", note L.-J. Gras. " Or, comme le centime aux quatre contributions y rapporte 19 000 francs, on voit d'ici quelle serait l'augmentation des impôts. Voilà qui n'est pas fait pour encourager la repopulation ou pour donner de la sincérité aux recensements !" De l'eau dans le gaz Le mandat des élus, en 1909, fut aussi marqué par les questions brûlantes, et complexes, du gaz et de l'électricité. Le contrat avec la Compagnie Edison arrivant à son terme (fin 1910) le maire Jean Neyret, un industriel, avait pour projet d'accorder à la Compagnie Electrique de la Loire (3) la concession de l'éclairage publique et privé, avec privilège de voirie, et la concession de la force motrice (énergétique). L'une et l'autre pour une durée de 37 ans. Le maire avait aussi en tête, sous la pression du Syndicat des Tisseurs, d'introduire dans le contrat un traité passé entre la compagnie et le syndicat et qui stipulait de limiter à dix heures l'approvisionnement électrique des passementiers à domicile. Ce n'était pas tant d'assurer la réglementation horaire, dite de 10 heures; c'était surtout pour les tisseurs de pouvoir combattre la baisse des prix, attribuée à une surproduction qu'aggrave une fabrication plus rapide grâce à l'électricité. Et comme la Compagnie Electrique de la Loire fournissait depuis quelques années de l'électricité aux aciéries; et que celles-ci ne pouvaient pas se payer le luxe d'une limitation à dix heures, puisque les fours fonctionnaient non stop, cela supposait donc une canalisation spécialement dévolue aux passementiers, la "double canalisation". De son côté enfin, l'opposition radicale-socialiste exigeait "ni monopole ni privilège" , gardant en mémoire la coûteuse expérience du monopole du gaz et les tentatives de municipalisations du maire Jules Ledin (4). ![]() L'usine électrique de Montaud L'uine à gaz était aussi située à Montaud. Le conseil, après nombre de rapports et d'empoignades, vota le 2 juillet la mise aux enquêtes d'utilité publique. Pour l'opposition, ce vote impliquait déjà un acquiescement. Et voilà qu'on dut à ce moment, retourner aux urnes. La minorité radicale-socialiste devenait une toute petite majorité (19 contre 17) et Pétrus Faure, socialiste, remplaça Neyret, démissionnaire. Le nouveau maire entama de nouvelles négociations avec la Compagnie pour un projet sans privilège ni monopole. A l'arrivée, on aboutit en 1910 à un monopole déguisé puisqu'un article additionnel faisait de tout permissionnaire futur, ne serait-ce que pour une distribution isolée, le tributaire de la Compagnie de la Loire. Ce qui entraîna de vives réactions. Et le Syndicat ouvrier du textile réclamait de plus belle la mise en oeuvre du projet Neyret. On fit remarquer que cette canalisation cantonnerait les tisseurs dans leurs quartiers, que l'insertion de cette clause dans le contrat n'était peut-être pas légale, que les tarifs étaient élevés... De violentes manifestations se produisirent à la séance du Conseil municipal du 25 août. Le maire, prenant l'avis de plusieurs ministères, se vit confirmer que le projet de concession serait annulé si ce contrat passé entre le Syndicat et la Compagnie y était inclu. En octobre, le maire Faure présenta un nouveau projet, sans l'article additionnel, dont le conseil vota la mise aux enquêtes. L.-J. Gras relève qu'il est muet sur la question de la réglementation horaire, à régler conséquemment entre le producteur d'énergie et les représentants des tisseurs. Il accorde à la Compagnie une prorogation de la concession, dans le cas où des permissionnaires nouveaux seraient autorisés. Toutes les canalisations font partie intégrante de la concession. Ce projet a-t-il été mis en oeuvre ? Y-eut-il d'autres péripéties ? Il faut avouer notre ignorance. ![]() ![]() Quant à une régie directe du gaz, on avait promis aux électeurs de s'eforcer de la réaliser. Consulté, le Ministère de l'Intérieur fit savoir que ce système ne serait pas autorisé. On vota donc, en principe, la régie intéressée et le rachat de l'usine à gaz, après une vive discussion, le 17 décembre 1909. En avril 1910, le Conseil municipal décidait, pour cette opération, un projet d'emprunt de plusieurs millions de francs. En août 1910, le système de la régie intéressée était adopté. A égalité des voix, c'est celle du maire, prépondérante, qui fit la différence. Et coup de théâtre ! En octobre, le Conseil, par 19 voix contre 17, refusait de voter les propositions au sujet de l'emprunt. Déjà placés dans une situation intenable par de précédentes défections, le maire et ses adjoints démissionnèrent à leur tour. Après d'autres élections, c'est Neyret qui revint aux affaires fin 1910 ! Pour le rester jusqu'en 1919. Ici non plus on ne sait pas quelle suite fut donnée à la question du gaz. Ce qui est certain, c'est qu'en 1912, la Ville fut condamnée à 570 000 francs d'indemnité à verser à l'ancienne Compagnie du Gaz, pour la période novembre 1898 - décembre 1904. Une autre amende devait suivre pour la période 1904-1911. Lisons L.J. Gras dans L'Année forézienne 1912: "Tel est le résultat des décisions de la municipalité radicale de 1884, qui voulut nous procurer les bienfaits de l'électricité et qui interpréta trop largement, pour ce motif, les engagements avec la Compagnie du gaz. Mais il serait injuste de ne pas accuser d'imprévoyance les municipalités conservatrices qui firent les traités de 1851 et de 1857 ". Autre déboire lié au gaz, c'est en 1909 que les passementiers se virent retirer la lampe électrique que "Jean la Lampe" (Neyret) avait réussi à faire substituer à la lampe à pétrole. c) Dans les autres communes A Chazelles-sur-Lyon, l'année municipale a été marquée par la démission du maire Ducasse, remplacé par M.Provot. Fraisses s'est dotée de sa nouvelle église. Feurs achève ses égoûts et son réseau d'adduction d'eau. La cité (3000 habitants) a donné le nom de deux de ses enfants les plus illustres à des rues: le colonel Combes et l'historien Broutin. Elle espère bien aussi récupérer le 30e Régiment de Dragons de Saint-Etienne, sur le départ. Roanne, sur cette question, tergiverse. Saint-Romain-le-Puy a enfin obtenu la restauration de son prieuré emblématique. Grèves et manifestations La journée du 1er mai a été très calme à Saint-Etienne mais le nombre de chômeurs a été considérable. A Firminy, Grand'Croix, La Ricamarie, au Chambon, le chômage a été général. A Rive-de-Gier, un attentat a détruit la grande cheminée de l'usine Arbel. En mars et mai, les postiers et les télégraphistes de Paris ont fait grève. Les communications avec la capitale furent suspendues. Dans la Loire, des actes de sabotage furent commis sur des fils et poteaux télégraphiques à la sortie du tunnel de Bellevue, près du cimetière d'Izieux et à la gare de Couzon où un coup de feu a été tiré sur un garde en faction. Les cafetiers ont beaucoup fait parler d'eux, organisant meetings et manifestations, en raison d'une part d'un arrêté préfectoral fixant à 1h du matin la fermeture des établissements, et d'autre part de nouveaux impôts sur l'alcool. Chez les verriers de Saint-Etienne, une grève a éclaté début avril. Une autre, dans une usine, a duré huit jours. Les ouvriers veloutiers ont réclamé l'augmentation des prix. Une réunion de plieuses, à la Bourse du Travail, a décidé de la création d'une section syndicale pour obtenir un tarif minimum pour les salaires à la journée. Un congrès régional textile a réuni vingt syndicats à Saint-Etienne. Evènements divers L'ambassade marocaine envoyée en France par le sultan Mouley-Hafid est venue à Saint-Etienne visiter les fabriques d'armes et de rubans. Sa visite est passée totalement inaperçue. En décembre, une mission impériale chinoise a visité les Aciéries de la Marine à Saint-Chamond. Le prince Antoine d'Orléans et de Bragance, petit-fils du dernier Empereur du Brésil, et son frère Louis, ont traversé Saint-Etienne en voiture. Ils n'ont pas manqué de renverser un passant. Des manoeuvres militaires ont eu lieu dans le nord du département et se poursuivirent en Bourbonnais au cours desquelles le dirigeable "La République" s'écrasa au sol, tuant ses occupants, et obligant Aristide Briand à quitter précipitemment Saint-Etienne. ![]() Congrès eucharistique de Saint-Genest-Malifaux Dans le domaine religieux, l'année fut marquée par les Congrès eucharistiques de Noirétable (août) et Saint-Genest-Malifaux (septembre). C'est le 10 novembre que fut créée à Saint-Etienne une antenne de la Société protectrice des animaux. ![]() A Noirétable En juillet 1909, la circonscription pénitentiaire de la Loire fut supprimée pour être rattachée à celle de Lyon. La Cour d'assises de la Loire eut à juger des affaires importantes: détournements de fonds commis par un ex-greffier du juge de paix, un drame conjugal à Saint-Etienne, un double crime à Saint-Germain-Lespinasse. Le procès d'un anarchiste, Teppati, renvoyé devant la Cour d'assises du Rhône, trouva le même dénouement que dans la Loire (nous ne savons pas lequel). Le 1er décembre, un certain Riboulet était guillotiné à Montbrison. Au rayon des faits divers, notons l'agression dont fut victime en septembre à Badouillère le 1er adjoint au maire de Saint-Etienne, M. Bancel. Ses agresseurs, des "apaches", furent condamnés en correctionnel. Maître Labori, défenseur de Dreyfus, a plaidé à Saint-Etienne en novembre et décembre dans une affaire de testament "retrouvé". A noter aussi la création en février d'un Comité de défense des enfants traduits en justice. ![]() Palais de Justice de Saint-Etienne Un salut amical enfin, à nos "pays", le capitaine Fiérard, de l'infanterie coloniale, qui commande la région des sultanats dans le Haut-Oubanghi, et M. Verron, surveillant-chef des établissements pénitentaires de la Guyane. Nos morts En 1909, Thanatos a enlevé à Paris le Stéphanois Georges Dupré, grand artiste graveur en médaille, premier grand prix de Rome en 1896. Il avait 40 ans. Barthélémy Mauvernais s'est éteint le 22 octobre. Peintre-verrier à Saint-Galmier il dirigeait l'atelier fondé par son père, bien connu dans la Loire pour avoir donné aux églises un grand nombre de vitraux. Un autre artiste nous a quittés. Anselme de Carli, ancien professeur de l'Ecole régionale des Arts industriels de Saint-Etienne, est décédé le 11 juin. A Gumières, dans les Monts du Forez, on déplora la mort de Benoîte Crozet. Elle était surnommée "la miraculée de Lourdes". C'est que paralysée depuis 35 ans, elle avait été plongée dans la piscine du sanctuaire pyrénéen. La suite a été racontée en 1910 par le Dr Rouby dans La Vérité sur Lourdes: "Elle ressentit un grand bien-etre ; il lui sembla que les forces revenaient a ses pauvres jambes ; puis, quelques minutes plus tard, a la procession, elle criait avec la foule : Jesus, guérissez- moi ! elle se leva de sa petite voiture en y laissant sa paralysie." Edouard Beauverie était le neveu du peintre forézien. Ingénieur de l'Ecole des Mines de Saint-Etienne, directeur de mines en Asie, il s'est éteint au Tonkin à l'âge de 49 ans. Calixte Bayle, ancien directeur des Mines de La Chazotte, ancien maire de Saint-Jean-Bonnefonds l'avait précédé dans la tombe. Plusieurs élus ou anciens élus d'ailleurs nous ont quittés cette année 1909: Fallot, qui fut maire de Charlieu; Claudius Fougerolle, maire de l'Hôpital-le-Grand; Alexandre Gayte, durant 40 ans conseiller municipal à Boen; Eugène Bonnardel, maire de Saint-Genest-Lerpt et ancien directeur de l'Eden-Théâtre à Saint-Etienne... A noter encore le trépas de Victor Conquis, un des fondateurs du Parti socialiste à Saint-Etienne, receveur d'octroi, mort le 19 juin. La mort de Mme Louis Comte, veuve du pasteur, fondateur de l'oeuvre stéphanoise des Enfants à la Montagne (5). Et de Coeur, un bouquiniste de Saint-Etienne, une des curieuses physionomies de l'ancienne rue Guy-Colombet. Regis Neyret, mort en septembre à Grenoble, était le fondateur d'une grande imprimerie. Parmi les soldats, rendons un dernier hommage à Etienne Brun, médaillé d'Isly, mort à Terrenoire à l'âge de 90 ans. François Boyer, ancien cuirassier avait sonné la charge à Reischoffen. Il est décédé à Grand'Croix. A Reischoffen (Alsace 1870) avait aussi combattu son pays Bessenay, décédé cette même année à Montbrison. Parmi les galonnés, le général Henry Basset, Stéphanois, s'est éteint le 9 février. ![]() La charge de Reischoffen où les cuirassiers se firent taillés en pièces. Détail d'une toile de Morot Sports
Nous avons consacré un très long article aux pionniers foréziens de l'aviation. Nous n'y revenons donc que brièvement pour rappeler qu'en cette année 1909 toutes les tentatives de vol échouèrent lamentablement. A Méons, le 10 octobre, l'automobile remorquant un aéroplane blessa grièvement un spectateur imprudent. Deux semaines auparavant, toujours à Méons, une autre tentative ne donna rien. Pas même un blessé léger. Du 30 octobre au 1er novembre, eut lieu le fameux meeting de Villars. Aucun appareil ne décolla et l'émeute fut évitée de justesse. Au rayon cycliste en revanche, des milliers de personnes firent le 3 août une réception enthousiaste aux deux coureurs stéphanois du Tour de France (5000 km en 14 jours) Alfred et Antoine Faure. Le 22 août, Faurax couvrit le premier les 150 km du challenge cycliste de la "Loire Républicaine". En mai, ce même journal avait organisé le "Tour de Saint-Etienne" (17 km) remporté par Bourdin, de l'Union Sportive Stéphanoise. Un Ripagérien, Michel Vernay, est parti le 15 avril 1908 pour le record pédestre mondial de 67 000 km. Le 21 février, le Syndicat d'initiative du Forez a organisé au Pilat son concours international de sports d'hiver (raquettes, skis, lugges, sauts en ski...). Un championnat international d'escrime a eu lieu en mai à Saint-Etienne. En gymnastique, "La Sentinelle" de Saint-Chamond a été désignée pour représenter la Fédération de la Loire au concours de Milan. Il ne fait aucun doute qu'elle porté hautes les couleurs de notre département. Quand bien même elle aurait terminé dernière. ![]() Notes: * Cette même année, Briand quitta son poste de secrétaire général. L'inauguration de la Bourse du Travail de Saint-Etienne ayant eu lieu en février 1904, nous supposons qu'il occupait encore cette fonction. > Lire 2) Didier Nourrisson, Olivier Faure, Dominique Dessertine (2005) > Lire aussi 3) Elle est née en 1894 de la fusion de la Compagnie de la Loire et de la Société des forces motrices du Lignon, dix ans après la première distribution publique d’éclairage électrique à Saint-Etienne. La première chute hydroélectrique sur la Loire, à Saint-Victor, date de 1892. Elle mit en service en 1897 puis, en 1905, des usines à Pont-de-Lignon . En 1912, elle fusionna avec la Compagnie électrique de Roanne pour donner naissance à la Compagnie électrique de la Loire et du Centre. 4) A ce propos, lire, si vous le trouvez, "Un rendez-vous compliqué: les socialistes stéphanois et la ville (1900-1910)" de Jean Lorcin 5) A propos du pasteur Comte, lire aussi dans notre "Encyclo" l'article qui lui est consacré: le pasteur Comte
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