Good morning Forez !
9 kg de pierres d'un château forézien en Neuve France
Histoire de ressortir la fière devise du Québec, " Je me souviens que je suis né sous les Lys de France " (et il vaut mieux oublier le reste), on débute par François-Saturnin Lascaris d’Urfé (1641–1701). Membre de l'illustre famille forézienne, il est né au château de la Bâtie. Ecclésiastique, comme quatre de ses frères et soeurs (il en avait huit), il fut missionnaire de Saint-Sulpice et partit en 1668 pour le Canada en compagnie de quatre autre frères. Il gagna progressivement la confiance des populations iroquoises dans l'actuel Ontario. A des milliers de kilomètres du berceau familial, à 26 jours de canoë de la côte, il adopta le mode de vie indien pour mieux les convertir. Il créa un orphelinat et une chapelle, baptisa des guerriers. En 1675, il revint au pays, pour casser du sucre sur le dos de Frontenac, avant de retourner en Nouvelle-France dix ans plus tard. Il fonda alors la paroisse de Saint-Louis du Bout de l’Ile, nommée plus tard Baie d'Urfé, aujourd'hui rattachée à Montréal et qui a pour blason le propre blason des Urfé: " de vair au chef de gueules".
Blason de Baie d' Urfé
Il s'agit du blason de la famille d'Urfé agrémenté ici de la couronne d'épine pour marquer l'appartenance de François d'Urfé à l'ordre de Saint-Sulpice.
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Hôtel de Ville de Baie d'Urfé
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La paroisse du Québec perpétue le souvenir de cet homme de Dieu (qui s'offrit le luxe de refuser le titre de " Vicaire apostolique de l'Illinois" ) par une inscription sur un monument: "Ici s'élevait la chapelle Saint-Louis, bâtie en 1686 par François d'Urfé, sulpicien (1641-1701)."
Ce monument a la forme d'un petit mur. Il a été construit avec des pierres du château des Cornes d'Urfé, à Champoly dans la Loire, entre Boën et Noirétable, berceau de la famille. Les neuf kilos de pierre furent prélevées par la Diana, la Société d'histoire et d'archéologie du Forez, et convoyées au Québec par bateau. Le monument fut inauguré le 25 juin 1961 en présence du Préfet de la Loire. Ajoutons que cette démarche fut initiée par le maire de Baie d'Urfé ( " je me souviens..." ) et transmit au préfet par... le général de Gaulle himself.
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On se souviendra encore qu'à l'époque le grand Charles s'amusait à crier " Vive le Québec libre ! ", histoire de chagriner nos bons camarades anglo-saxons. Depuis, il arrive que la petite ville de notre curé (4 200 habitants aujourd'hui) fasse parler d'elle dans la presse d'outre-Atlantique, par exemple en 2003:
"L'ancien hôtel de ville de Baie d'Urfé est la cible de vandales
À Montréal, sept hommes ont été arrêtés après avoir peint des graffitis anti-anglophones sur les murs de l'ancien hôtel de ville de Baie d'Urfé. Les vandales, âgés de 20 à 50 ans, ont inscrit les lettres " FLQ " et différents messages hostiles aux anglophones sur l'édifice. Ils auraient aussi eu l'intention de scier le mât qui soutient le drapeau du Canada. Ces individus comparaîtront mardi. Ils feront face à des accusations de méfaits, de complot et d'utilisation d'explosifs. Les policiers ont saisi trois bombes artisanales sur les suspects."
On finira avec l'ami d'Urfé en signalant que le calice d'argent de notre sulpicien est gardé par les religieuses dans le trésor de Notre-Dame de Montréal.
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Le château des Cornes d' Urfé
Les frères Du Luth
Des sacrés, ces deux-là ! Daniel Greysolon du Luth et son frère Claude Greysolon la Tourette sont nés dans la Loire, à Saint-Germain-Laval.
Maison natale
Le premier est né en 1636 et a rendu l'âme en 1710 à Montréal. Un immeuble près de la rue... Saint-Sulpice y porte d'ailleurs son nom. Il a aussi et surtout donné son nom à la ville de Duluth aux States (Minnesota). Il a également découvert la source du Mississipi et les Mille Lacs ! Mais ne cherchez pas sur les sites anglais ou US l'évocation de Saint-Germain-Laval à son propos. Ils le font naître tantôt à Lyon, tantôt à Saint-Germain... en-Laye !
Inlassable coureur des bois et commerçant de fourrures, il explora cette terre alors incognita jusqu'au-delà du Lac Supérieur. Ses voyages incessants lui permirent de connaître des territoires qui, aujourd’hui, portent des noms bien connus : Québec, Ontario, New York, Michigan, Illinois, Ohio, Minnesota, Milwaukee, Dakota et Wisconsin. En 1680, sa jonction avec la mission d'exploration du père Hennepin (qu'il racheta aux Sioux qui l'avait fait prisonnier) au Mont Sainte-Croix allait jeter les bases de l'axe Canada/Louisiane.
L'exploration des frères Du Luth
Officier du Roi et diplomate, il fut l'ami des Sioux et des Ojibway, mais l'ennemi des Iroquois qui eux, prirent la mauvaise habitude de se ranger du côté des Goddons. Il combattit notamment à la bataille du Lac-des-Deux-Montagnes en octobre 1689, aux côtés d'un autre "frenchie" nommé Ailleboust de Manthet. Ce franc-tireur forézien connut aussi quelques démêlés avec sa hiérarchie car il s'était entouré de nombreux aventuriers et d'indiens renégats; ce qui lui valut le surnom de " Roi des hors-la-loi ".
Vue sur la ville de Duluth aux USA
Son frère, Claude Greysolon de la Tourette partagea certaines de ses aventures. En compagnie de Perrot "Joli Coeur", il fonda le comptoir de Fort Comanistogoyan, aujourd'hui Thunder Bay, en Ontario. Il fit fortune dans le commerce des fourrures et s'éteignit, probablement à Lyon, vers 1716.
Evêques foréziens au Nouveau Monde
A notre connaissance, huit hommes d'Eglise foréziens (ou ligériens si vous aimez chipoter) sont allés vivre leur foi en Amérique du Nord et exercer un sacerdoce hiérarchiquement élevé. Voici leurs noms:
-Michel Portier, de Montbrison, dirigea son diocèse de Mobile (Alabama) durant 33 ans (1826-1859).
-Antoine Blanc, né à Sury-le-Comtal en 1792, fut nommé archevêque de la Nouvelle-Orléans en 1835. Son successeur fut Jean-Marie Odin, originaire d'Ambierle. Auparavant, ce-dernier fut également évêque de Galveston.
Antoine Blanc et son successeur Jean-Marie Odin, archevêques de la Nouvelle-Orléans
-Claude-Marie Dubuis, né à Coutouvre, fut nommé vicaire apostolique du Texas en 1862, se retira en 1882 et décéda en 1885.
-Antoine Durier, de Saint-Bonnet-des-Quarts (La Pacaudière) fut évêque d'Alexandria (Louisiane) en 1885.
-Le Stéphanois Henri Granjon fut pour sa part élevé au rang d'évêque de Tucson (Arizona) en 1900.
-Jean-Baptiste Pitaval, de Saint-Genis-Terrenoire fut nommé archevêque de Santa-Fé au Nouveau Mexique en 1909.
On s'amuse d'un rien
Qu'on nous permette enfin de remercier chaleureusement Jestor, du Wisconsin, qui s'est fait le hérault-héros de notre Forez dans le jeu de rôle Crusader Kings. La bonne nouvelle, c'est qu'il y a au moins un yankee qui trust in Forez. Ah, "si les Ricains n'étaient pas là... "
> A constater sur le site Europa-Universalis
Note:
Allusion aux propos de Ségolène Royal qui avaient remué le Canada et agité le monde politique français, tenus lors de sa rencontre à Paris avec le dirigeant du Parti Québécois (séparatiste) André Boisclair. La candidate socialiste avait déclaré que l'objectif des souverainistes était «conforme aux valeurs qui nous sont communes, c'est-à-dire la souveraineté et la liberté du Québec. Et je pense que le rayonnement du Québec et la place qu'il occupe dans le coeur des Français vont dans ce sens». Par la suite, elle s'était défendue toute "ingérence" dans les affaires internes canadiennes. Les subtilités de la politique. Le marquis de Montcalm, le défenseur de Québec, aux injonctions anglaises avait répondu simplement "j'y suis, j'y reste". Il y laissa la vie.