Petite présentation de l'ancien squat Izmir en général et de la Z.I.L. en particulier. Article mis en ligne courant 2005, augmenté en 2006 et 2007 avec la destruction du squat et l'ouverture d'un autre, avenue de Rochetaillée, et dont les jours sont comptés.
Nous
avons évoqué quelquefois le squat Izmir par le biais de notre forum. Il
s’agissait en fait, tout simplement, de mettre en ligne, afin de les
relayer, les communiqués du collectif. En particulier ceux concernant
ses démêlés avec la Municipalité et l’existence de sa " Zone
d’Information Libre ". En revanche, aucun des 2 membres + 1
intermittent du collectif virtuel Forez-Info n’était jusqu’alors entré
dans Izmir. Pas le temps, pas spécialement l’envie et puis la Turquie
c’est vraiment loin.
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Le
squat Izmir qui accueille la Z.I.L. tous les mercredis de 17h à 20h.
D'après un communiqué du collectif, il y aurait à Sainté près de 10 000
logements inoccupés, abandonnés ou laissés libres par des propriétaires
(pour spéculer ?). Fabien préfère ne pas citer de chiffres " mais y' en a un paquet, y'a qu'à voir la rue Roger Salengro ")
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Votre
humble serviteur s’est finalement dévoué, pensant que certains lecteurs
du site, à partir de ce petit article pourraient avoir envie d’aller y
faire un tour et peut-être s’impliquer dans la vie du collectif. Nous
avons surtout pensé que le squat le méritait car à sa manière –qui ne
peut ni ne doit plaire à tout le monde- il fait bouger Sainté, propose
des services, s’engage.
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La
Z.I.L est gratuite. Elle met à disposition un espace informatique axé
sur Linux et les logiciels libres: accès internet et ateliers sur la
création de pages web, graphisme, cryptage d'e-mails, matos inform.
divers... Un autre objectif de la Z.I.L c'est l'échange des savoirs:
apprendre à faire pousser du basilic, à jouer du xylophone...
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Infokiosque
et bar; le premier propose des revues, des fanzines, des brochures...
La plupart sont gratuits, consultables sur place ou à emporter. Le
second propose entr'autres du " café zapatiste-solidaire "
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Bon bien sûr la " littérature " proposée est assez sélective, vous n'y trouverez pas Rivarol ou L'Action française. Quelques titres: Alternative libertaire, Résistons !, Clone zine, La claque, Colère (collectif anarchiste stéphanois), Combat syndicaliste etc.
Le
squat se trouve au 3, rue de la Sablière, à Beaubrun en montant un peu
sur la colline des Pères entre la CAF et la Comédie. C’est Fabien qui
m’accueille à bras ouverts, empressé et visiblement très ému de ma
visite. Après lui avoir dit que "non c’est rien, c’est normal, nous on est comme ça",
on commence l’interview, un peu décousue. Fabien fait partie du
collectif depuis trois ans. Le bâtiment par contre est occupé depuis le
4 novembre 2000 (un vieux tract indique le 31 octobre, voilà qui fera
débat chez les historiens futurs) " sans droit ni titre " autrement dit
squatté. A l’origine se trouvait ici, notamment, un restaurant turc.
Laissé à l’abandon par son propriétaire (la mairie), c’est donc le
collectif 8 qui s’investit à sa manière pour en faire un "espace de vie autonome et communautaire, où créativité et jovialité feraient partie de notre quotidien".
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Le
collectif 8, c’est le collectif Izmir actuel. Quand il a fallu se
présenter aux flics au début de l’aventure, c’est le nom " bidon-nous
sommes organisés " qui fut donné par le groupe de potes. Le collectif
qui n’est pas déclaré assos loi 1901 est le seul squat d’activité de
Sainté. Autrement dit, il y a d’autres squats sur Sainté mais Izmir est
le seul à s’engager dans une démarche collective et structurée, le seul
à proposer des activités. N’étant pas très au courant, j’ai demandé à
Fabien et Pack ce qu’il en est de la situation lyonnaise. Deux noms :
la Friche et la Boulangerie, ce dernier semblant être un autre type de
squat, genre " artiste subventionné ". Concernant Izmir, le collectif
stéphanois n’a aucune relation avec les services municipaux oeuvrant en
particulier dans le domaine culturel. " Nous n’avons jamais
cherché à établir de contacts pour une éventuelle association avec la
mairie, et celle-ci n’a jamais cherché à nous contacter à ce sujet non
plus. " Car la démarche du collectif est foncièrement indépendante comme le proclame cet autre tract : " Nous préférons prendre nos vies en main, nous auto-organiser collectivement, réaliser nos projets nous-mêmes… "
Autrement-dit le squat n’a pas envie de s’embringuer dans "l' exception
française" des lourdeurs administratives et des règles bureaucrates
sclérosées.
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Izmir tiendra sans doute un stand à la bourse du travail lors du "salon de l'autre livre" organisé par la CNT.
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Chaque
dernier samedi de chaque mois, le collectif vous invite à participer à
une "Critical Mass" vélorutionnaire. RDV à 14h 00 place de la Liberté
(Centre II) pour un joyeux merdier à vélo, trottinette, patin à
roulettes...
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Sur
les lieux mêmes, rue de la Sablière, le nombre d’habitants évolue.
Actuellement ils sont cinq à vivre dans la maison. La question qui se
pose depuis déjà pas mal de temps est de savoir s’ils seront " vidés "
un de ces quatre. Ils ont reçu du tribunal un délai de deux mois, après
c’est la " trève hivernale " qui devrait leur permettre de tenir
encore. Mais ensuite ? Fort Alamo ? Non, plus facile à dire qu’à faire.
Et ensuite encore ? Et bien d’après Fabien, la mairie a pour projet de
construire dans le coin des maisons individuelles, un parking, des
espaces verts. On ne sait pas trop précisément. Le squat dénonce : " On
peut prendre l’exemple de la Croix-Rousse à Lyon, vieux quartier
populaire, qui s’est transformé en quartier sordide de bobos
(bourgeois-bohèmes, hippies-intégrés) à coup de rénovations… Pour nous,
la fin d’Izmir rime avec la disparition de la vie de quartier : lien
entre voisins, entraide, convivialité, échanges… "
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La
ZIL c'est aussi l'atelier vélo. Si vous aimez bricoler les bicyclettes
avec ou sans selle, le squat vous accueillera volontiers. Izmir est
aussi prêt à entendre toutes les suggestions et propositions.
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En
attendant Izmir n'a pas l'intention d'abdiquer et ne relâche pas la
pression. Il prévoit " d’investir " l’espace publique le 5 novembre
pour présenter aux Stéphanois tout ce qu’il a fait depuis ses débuts :
la Z.I.L. et tout ce qui va avec, la friperie*, les " Critical Mass ",
les diverses participations au festival des résistances, les
collaborations avec tous les autres collectifs stéphanois (dont " La
France pue "**) les concerts etc.
Epilogue:
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Le 26 juillet 2006, les habitants d'Izmir ont été expulsés. Communiqué du collectif à ce propos:
"
Pour la ville de st-étienne et tous les "urbanistes bourgeois", c'est
la poursuite normale des opérations urbaines, dont le but est
d'embourgeoiser les quartiers environnant le centre ville, entraînant
la disparition de quartiers populaires tels que Beaubrun. Mais pour
beaucoup de gens, c'est la fin d'un projet riche, intense (parfois),
qui a pu créer plein de rencontres, de moments de joie, de colère
aussi, de débats enrichissants ou stériles, qui était une source
d'informations peu disponibles ailleurs, et qui participait au maintien
d'une "culture alternative" sur st-étienne.
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Quelques
détails sur l'expulsion (rapides, car ce n'est pas le plus important) :
Les CRS, policiers, huissiers, RG, maçons, déménageurs et autres sont
arrivés à 6 heures du matin. Les CRS ont commencé à essayer de défoncer
notre porte d'entrée. Toutes les rues alentours étaient bloquées ou
filtrées. Peu après, les CRS ont réussi à entrer dans le bâtiment (pour
celles et ceux qui connaissent le lieu : en défonçant la porte de la
salle d'activité, puis en cassant le mur qui sépare cette salle du
couloir d'entrée). Ils ont controlé notre identité, puis nous ont
laissés déménager les affaires que nous voulions garder. Des ouvriers
ont ensuite détruit le toit et barricadé la maison, pour qu'elle ne
soit plus réoccupable. Izmir est mort, mais la tête de mort de la
maison pirate continue à hanter la ville..."
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Ci-git Izmir (janvier 2007)
Un squat s'éteint, un autre s'éveille
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«
Depuis fin octobre, nous occupons des maisons et une usine (laissés
vides par un projet de spéculation immobilière) dans le quartier la
Rivière-Bellevue. Nous y vivons et proposons diverses activités. Nous
sommes déjà en procès : les propriétaires aimeraient nous voir dégager
au plus vite. En attendant la suite ...
... Venez lire,
emprunter ou embarquer des livres, des journaux et des brochures dans
l’infokiosque-bibliothèque; venez vous poser, boire un thé, bavarder...
apportez le goûter ; (re)découvrez les joies de la machine à coudre et
confectionnez-vous un costume de pirate ou une mini-jupe rose à pois
verts avec l’atelier couture ; venez faire de la
Danse-contact-improvisation; venez vous choisir une casquette orange
dans la friperie- Zone de gratuité, et/ou y déposer des escarpins ou
votre téléviseur ; choisissez un disque de rock’n roll, punk, hiphop...
dans la distro "NRV-La France pue" ; venez réparer votre vélo ou en
fabriquer un avec l’atelier vélo Biclou.
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Tout cela au 49, avenue de Rochetaillée, à St-Etienne.
Horaires et jours :
* Portes ouvertes : Zone de gratuité, Infokiosque-Bibliothèque, Distro, les mercredi, jeudi et vendredi de 16h à 19h.
* Atelier couture les mercredi après-midi.
* Danse-contact-improvisation, un lundi sur deux à 15h.
* Atelier vélo "Biclou" : à préciser...
... à bientôt... »
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A propos de la friperie : elle était 100% gratuite. Ce n’était pas du
troc ni de l’humanitaire. Personne n’étant obligé d’apporter pour
prendre.
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** Oui mais quand tu seras mort, elle sentira peut-être moins fort.
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Pour finir une annexe archéologique :
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" Ainsi Squattent-Ils "
" Te souviens-tu encore
D'la commune des couronnes
Où flottait le drapeau noir
Au milieu du boulevard
C'était autour du feu
Qu'on se sentait heureux
On faisait des méchouis
Un peu toutes les nuits
Te souviens-tu encore
de ces concerts sauvages
De la rue des vilains
Ils sont fous ces romains !
On ce couchait à l'aube
Et on se levait le soir
On décorait nos piaules
Et on chantait victoire !
Te souviens-tu encore
De c'p'tit bar squatté
On avait pas eu tort
De l'appeller "mal-famé"
Et quand un car passait
Tout le monde s'mettait
Les keufs n'était pas nets
Sous une pluie de canettes !
Quelque part dans la Gaule
Un p'tit squat résiste
On y boit de la gnôle
Son promoteur tourix
Maintenant qu'il n'y plus rien
On ne regrette rien
Car il poussera demain
Des squats comme des petits pains!
Pour tous les mal-logés
Il y a un comité
Et même dans ton quartier
Il y a de quoi squatter
Il y a un comité
Qui défend le quartier
Du promoteur sans coeur
Ainsi squattent-ils
Sans droit ni titre
Ainsi squattent
Sans toi ni loi
Ainsi squattent-ils
Souvent fauchés
Ainsi squattent
Toujours marteaux ! "
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Béruriers Noirs
Il y a déjà pas mal de temps mais... même pas morts !
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