Thursday, June 24, 2021
L'exposition "Le Symbolisme et Rhône-Alpes. De Puvis de Chavannes à  Fantin-Latour (1880-1920) - Entre ombre et lumière" est proposée jusqu' au 13 février 2011 au Musée Paul Dini.

 22 oeuvres d'Alexandre Séon seront empruntées au Musée d'Art Moderne de Saint- Etienne dont La lyre d'Orphée (1898,  huile sur toile), Le retour au foyer (1912, huile sur toile),  Figurine féminine ailée sur fond étoilé (3e quart du XIXe siècle, dessin, sanguine), Lamentation d'Orphée (vers 1896, Etude, dessin, crayon et rehauts de craie blanche sur papier pétrole), La fée des grèves (sanguine et crayon sur papier), La Beauté (vers 1907-1908, Etude pour la "beauté" huile sur toile, dessin, crayon sur  papier calque)...

La Pensée fera le voyage du Musée de Brest. Quelques oeuvres encore seront empruntées à  des collections privées, à  la Galerie Prouté et au Musée des Beaux arts de Lyon dont le Portrait du Sar Péladan (1891, huile sur toile).

Le propos du musée de Villefranche-sur-Saône porte sur des artistes qui sont nés dans la région, Lyon, Vienne, Allevard, Grenoble, Saint-Etienne ou y ont travaillé.  D'un corpus de trente artistes peintres, dessinateurs, graveurs et illustrateurs, sculpteurs, l'exposition tente de dégager les origines du Symbolisme dans l'aire géographique artistique de Lyon-Saint-Etienne-Vienne-Grenoble et de définir leurs points communs sur le plan stylistique et thématique.

Pierre Puvis de Chavannes, né à  Lyon, est une des figures fondatrices du Symbolisme, un courant littéraire et artistique dont le terme apparaît en 1886 avec le manifeste de Jean Moréas du Figaro. A Lyon, le courant spiritualiste autour de Jean-Baptiste Frénet, Paul Chenavard, Louis Janmot (Le Poème de l'âme) constitue un mouvement précurseur du Symbolisme. La ville s'illustre par ses sciences occultes qui fascinent des écrivains comme Huysmans. Ces idées trouvent un écho particulier chez les « Rose-Croix » qui, en 1892, tiennent leur premier salon parisien. L'exposition consacrera ainsi plusieurs sections au wagnérien Sâr Péladan (1859-1918), fondateur de l'Ordre de la Rose-Croix, du Temple et du Graal, appelée aussi la Rose-Croix catholique, aux salons de la Rose+Croix, et ses liens avec certains artistes comme Alexandre Séon, Pierre Rambaud, Maurice Chabas et Gaston Bussière.

Alexandre Séon, d'après une notice biographique rédigée par Jacques Beauffet

Originaire de Chazelles sur Lyon, Alexandre Séon (1855-1917) fréquente à  Paris Georges Seurat et débute en 1881 sa collaboration avec Puvis de Chavannes. Il l'assiste dans la réalisation de ses grands cycles de peintures murales et intervient probablement dans l'exécution des peintures pour le Panthéon, la Sorbonne et pour l'escalier du Musée des Beaux-arts de Lyon. Professeur de dessin des Ecoles de la Ville de Paris de 1888 à  1915, il met au point, vers 1890, sa propre théorie du symbolisme des teintes et des lignes. Il met d'avantage l'accent sur le dessin, accordant une place accrue à  la femme symbole de son aspiration à  la beauté et à  la pureté. En 1892, aux côtés de Péladan et d'Antoine de La Rochefoucauld,  il est l'un des principaux organisateurs du premier Salon de La Rose+Croix. Son retentissement sera très important et le scandale, orchestré par Péladan, considérable. Il en sera, jusqu'en 1897, l'un des participants les plus réguliers; il concevra la couverture des catalogues du Salon, fournira des illustrations pour nombre de publications de Péladan, et réalisera pour lui les décors du Fils des étoiles. Il est aussi en relation étroite avec les animateurs des principales revues Symbolistes: Henri Mazel directeur de L'Ermitage, Léon Deschamps, directeur de La Plume, fondateur du Salon des Cent et trouve en Alphonse Germain le défenseur zélé et le théoricien de son oeuvre. Sollicité, en Belgique, par les cercles symbolistes, Séon participe, à  Bruxelles, à  plusieurs des expositions « Pour l'Art ». Il est aussi présent dans les salons d' « Art Idéaliste » ou des « Peintres de l'Ame » organisés, à  Paris, au Théâtre d'application de la Bodinière.

Vivant souvent sur l'île de Bréhat, il renoue avec sa région d'origine via La Revue Forézienne, mais à  Saint-Etienne comme à  Paris, les milieux officiels l'ignorèrent, ne lui confiant aucun projet de décoration d'édifice public.

Illustrations: Séon/La Sirène et Le retour au foyer (Musée d'Art Moderne de Saint-Etienne)