Saturday, September 05, 2026
Les Archives Départementales de la Loire invitent à  découvrir une facette assez méconnue de la "vieille dame". Celle de son réseau de distribution, ses fournisseurs et ses parraineurs. En effet, pour vendre les produits de leur manufacture, Mimard et Blachon avaient créé un catalogue, le Tarif-Album, à  ne pas confondre avec Le Chasseur français, mensuel destiné à  une clientèle rurale plutôt et essentiellement axé sur la chasse. Le catalogue proposait pour sa part une multitude d'objets de la vie quotidienne acquis auprès de fournisseurs soigneusement sélectionnés.


Les fondateurs, dès la fin du XIXe, mirent en place un Service spécial de Commission et d'Achat dont la mission était de trouver auprès de fournisseurs extérieurs des produits de haute qualité susceptibles d'apparaître dans le Tarif-Album. Il s'agissait surtout d'élargir la clientèle aux grandes villes.  Plusieurs services d'achat le composaient, répartis dans trois groupes (Marché du loisir, de la Maison et du bricolage/outillage) et chacun dirigé par des " hommes alertes, actifs, intelligents, rompus au métier (...) toujours à  la recherche de nouveautés, habiles à  distinguer la véritable valeur des choses". La mise en place de ce réseau, qui joua surtout son rôle dans les années 50, élargit très considérablement l'éventail des produits proposés dans le catalogue. Les chefs des services prospectaient partout en France et en Europe. Des échantillons étaient testés et comparés à  d'autres, pour demander ensuite, éventuellement, des modifications, en même temps que des visites avaient lieu sur site pour juger des moyens de production et de la fiabilité du fournisseur. C'est que le produit était proposé une année minimum et au même prix.

L'exposition invite à  découvrir aussi les maisons de vente de la Manufacture, au nombre de 10 en 1929 et employant chacune une quarantaine de personnes. Elles étaient inspectées trois ou quatre fois par an. La présentation des marchandises, la propreté des rayons, l'étiquetage, la vitrine, la qualité du service, tout était passé au crible. Quelques commentaires sont lus, que l'on écoute grâce à  un dispositif audio. Ainsi ce Mr G. avait un sens aigu de la symétrie, ce qui, d'après l'inspecteur, n'était pas une bonne chose. " La maison de Nantes nous signalait que si l'on pouvait fournir des essaims, nous pourrions vendre plus facilement des ruches", constate cette autre.

Les agences agréées (magasins franchisés dans les villes de moyenne importance) furent créées en 1974. Cette même année, il existait dans les DOM-TOM six succursales maintenant l'image de Manufrance. Comme toujours, des objets viennent illustrer le propos. Couteaux électrique "Seb" et autres cafetière "Hellem". Beaucoup plus ancienne est cette TSF. C'était l'une des bonnes affaires du mois, un concept lancé en 1932 proposant à  la vente un article utile à  un prix attractif. Et des cycles bien sûr, dont une bicyclette "Mimosa" du début des années 30, souvenir de la firme du même nom créée en 1922 au 84 Fauriel, en même temps que la Manufacture "Modèle", pour le marché de gros. Les deux fusionnèrent en 1935 pour devenir "Manumodèle". Et un vélo "Poulidor" beaucoup plus proche de nous, quand "Poupou" était conseiller technique au département Cycles. Un maillot de "l'Ange vert" rappelle le parrainage de l'ASSE. Une carte précise pour l'année 1977 la répartition géographique des fournisseurs de Manufrance: 2147 en Ile de France; 1730 en Rhône-Alpes; 34 en Bretagne; 9 en Corse... Et à  l'étranger, pour cette même année: 235 en Allemagne; 10 au Japon; 4 aux Etats-Unis; 1 au Panama, au Brésil, au Pakistan; 1 seul aussi au Maroc, etc.


Entrée libre du lundi au vendredi de 8h30 à  17h (fermeture entre 12h et 13h pendant les vacances scolaires).
Visites guidées : les mardis à  14h30 et sur réservation pour les groupes.