Une exposition de l'Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre, composée d'une vingtaine de panneaux est actuellement présentée dans le hall de l'hôtel de ville de Saint-Etienne. Elle éclaire l'histoire douloureuse des Harkis, très fortement liée à la Guerre d'Algérie, et le parcours de certains d'entre eux et de leurs familles.Dès la conquête de l'Algérie en 1831 des troupes indigènes furent engagées sous le drapeau français. Des régiments de zouaves et de tirailleurs algériens (les turcos), de spahis furent constitués. Ces troupes furent mobilisées durant tous les conflits de la France, en particulier les deux guerres mondiales. Lors de la guerre d'Algérie (1954-1962), cinq catégories de troupes supplétives furent mises en place. Les raisons de l'engagement sous les couleurs françaises sont variées. Au-delà de la fidélité à la France et à des traditions familiales d'Anciens combattants, on devient supplétif pour faire face aux violences du FLN à l'encontre du village ou de la famille, pour échapper à la misère en touchant la solde, mais aussi par fidélité au chef du village, à la figure du père. "Des choix de circonstance plus qu'un choix de nature politique ou idéologique", insiste l'exposition. C'est " après 1962, lisons-nous, que le mot Harki s'impose comme terme générique pour désigner l'ensemble des Français qui ont servi dans l'armée française comme supplétifs".
Les Accords d'Evian signés en mars 62 avaient donné des garanties sur la sécurité des personnes en Algérie. Ces engagement restèrent lettre morte. Les supplétifs qui avaient été désarmés et démobilisés par l'armée, et leurs familles, vont devenir la proie du FLN. Les massacres feront plusieurs dizaines de milliers de morts. Alors que le gouvernement s'oppose au "rapatriement incontrôlé" des Harkis, des officiers vont ramener leurs hommes au péril de leur carrière. D'autres organisèrent des filières plus ou moins clandestines. Quelque 80 000 personnes, toutes origines confondues (ex-supplétifs, élite francisée, fonctionnaires...), débarquèrent en France. Pour les anciens supplétifs et leurs familles rapatriés par l'armée, un camp fut ouvert dans le Larzac en juin 62 puis un second dans le Puy-de-Dôme. A l'approche de l'hiver, ces personnes seront acheminées vers d'autres sites.
Les Accords d'Evian signés en mars 62 avaient donné des garanties sur la sécurité des personnes en Algérie. Ces engagement restèrent lettre morte. Les supplétifs qui avaient été désarmés et démobilisés par l'armée, et leurs familles, vont devenir la proie du FLN. Les massacres feront plusieurs dizaines de milliers de morts. Alors que le gouvernement s'oppose au "rapatriement incontrôlé" des Harkis, des officiers vont ramener leurs hommes au péril de leur carrière. D'autres organisèrent des filières plus ou moins clandestines. Quelque 80 000 personnes, toutes origines confondues (ex-supplétifs, élite francisée, fonctionnaires...), débarquèrent en France. Pour les anciens supplétifs et leurs familles rapatriés par l'armée, un camp fut ouvert dans le Larzac en juin 62 puis un second dans le Puy-de-Dôme. A l'approche de l'hiver, ces personnes seront acheminées vers d'autres sites.
L'exposition s'attarde en particulier sur le parcours de 25 familles (133 personnes) en provenance pour la plupart de Palestro, sauvées par le lieutenant Yvan Durand et qui habitèrent un temps le petit village d'Ongles dans les Alpes-de-Haute-Provence. En 1965, tandis que 32 000 personnes se sont intégrées dans la communauté française grâce à l'aide d'associations ou par leurs propres moyens, 22 000 personnes vivotent dans 75 hameaux de forestage et 42 cités urbaines.
Ce n'est qu'à partir des années 70 que l'opinion publique et les autorités commencent à prendre conscience du "problème harki" et qu' enfin est levé le voile sur ces Français oubliés, sur leurs difficultés d'emploi et de logement, sur le racisme qui les touche, "sur une histoire familiale lourde à porter car trop souvent niée"... En 1991 survient la révolte, partie de Narbonne, des filles et fils de Harkis revendiquant pour leurs pères la reconnaissance de leur histoire. Trois ans plus tard est inauguré le premier monument dédié aux Harkis, réalisé à l'initiative du général F. Meyer, l'abbé de la Morandais et des familles de Harkis installées en Lozère. En 2001, le 25 septembre devient la journée nationale d'hommage aux Harkis.



