Saturday, October 31, 2020

Dans l'originale collection « Balades géologiques » qui compte plus d'une trentaine de titres répartis sur toute la France, les éditions Biotope ont sorti un fascicule assez passionnant consacré à Saint-Etienne. On le doit à Pierre Habig et Georges Vitel.

En introduction est résumée l'histoire géologique du territoire stéphanois avec une échelle des temps géologiques, une carte générale des principaux ensembles géologiques du Massif central et une autre du bassin stéphanois. Sont aussi représentées les principales couches géologiques du sous-sol dont le fameux Stéphanien, un système carbonifère généré par la décomposition à l'abri de l'air de végétaux luxuriants il y a des centaines de millions d'années.

Le bassin stéphanois a produit une pierre relativement facile à travailler. C'est le grès houiller, une pierre sédimentaire dont il est beaucoup question dans le guide. Les auteurs soulignent qu' il a été l'unique pierre de construction de la ville jusqu'au XIXe siècle. Il a été utilisé aussi dans la sculpture. Ce qu'il reste des cariatides, désormais informes, de la maison Allard (avenue Emile Loubet) montre la fragilité de ce matériau. C'est le résultat d'un ravalement de façade effectué sans précaution en 1990.

Que doit le bâtiment de l'horloge de la Cité du design au sous-sol de Saint-Marcellin-en-Forez ?

Trois parcours sont proposés : le Saint-Etienne historique (du XVe au XVIIIe siècle) et l'âge d'or stéphanois (XIXe-XXe siècles), avec une douzaine d'arrêts chacun, et un parcours houiller en cinq étapes. La promenade débute dans le cœur du quartier médiéval avec la Grand'Eglise, le 40, rue de la Ville, la place du peuple, etc., pour se poursuivre avenue de la Libération, rue de la République, Carnot... De nombreuses photographies illustrent le propos. De petits encadrés éclairent sur des données géologiques. Par exemple la différence entre granite et granit, la définition du mot marbre, la variété derrière le terme générique de « pierre du midi »... D'autres évoquent le rôle économique du Furan, les architectes Lamaizière qui ont profondément marqué le paysage local, l'ingénieur des mines Emmanuel-Louis Grüner...

Une curiosité square Massenet: empreintes de fossiles d'organismes marins dans le calcaire

Les auteurs sont allés scruter les murs des constructions. Exemple avec le parement du mur jouxtant l'escalier de la rue Saint-Marc, près le jardin de l'ancienne école des beaux-arts : « Les fragments rocheux versicolores de couleur rouge, noire, gris cendre sont des quartzites rubanées et porcelanites issues respectivement de la cuisson de grès et de schistes houillers générée lors d'incendie de galeries de mine. Ces roches proviennent d'anciennes carrières au bois d'Avaize... »
Ou bien encore, à propos de ces lignes qui lézardent la roche calcaire d'immeubles de la rue Michelet et de la place Anatole France : « Ces stylolites se rencontrent très souvent en ville et permettent la reconnaissance aisée de la pierre de Villebois appelée aussi Choin de Villebois-Montalieu. Cette pierre provient de l'Ain... »

On lira aussi avec beaucoup d'intérêt « l'interprétation toute géologique » des auteurs de l'architecture du siège de Saint-Etienne Métropole...

Hors Saint-Etienne, ils évoquent aussi le crassier Saint-Pierre de La Ricamarie, les tourbières du Pilat, le village de Saint-Victor.

Biotope, Mèze – MNHN, Paris, 2019
46 pages
4 euros

Visuel couverture/dr, photos/FI