Friday, March 01, 2024

Guy Peillon revient avec un nouvel ouvrage: Destins de contrebandiers.

" J'ai étendu un peu ma recherche sur certaines bandes, autres que celle de Mandrin, nous explique l'auteur. J'avais déjà récupéré beaucoup de documents inédits lors de mes précédents livres. A mesure que je triais ces documents, d'autres pistes s'ouvraient et je repartais en quête de nouveaux éléments. J'avais envie de découvrir d'autres contrebandiers, de les faire connaître. Cela peut expliquer en partie les erreurs commises sur de supposés passages de Mandrin en certains lieux alors qu'il s'agit en fait d'autres contrebandiers."

Alors voilà Jean Baret, Jean-Antoine Mathevet, Jean Drogue, Mathieu Pradier et François Cornillon. Et leurs bandes, qui rapinent, tuent, violent parfois. Avec les deux premiers, nous dit l'auteur, apparut véritablement la contrebande organisée en bandes armées. C'était vers 1730. Ils pratiquaient, outre la contrebande du tabac, le faux-saunage, c'est à dire celle du sel, revendu en Forez et Lyonnais. C'est pour Baret notamment, ce précurseur du grand Mandrin, que le roi créa la commission de Valence en 1733.

Jean Drogue, quelques années plus tard, devint un des plus redoutables chefs de bande. Il fut assassiné en 1754 par un comparse. Mathieu Pradier fut un des compagnons de Mandrin lors de sa dernière campagne fin 1754 et François Cornillon, dit "matelot", car natif de Condrieu, exerça ses "talents" de 1760 à 1762.

En Forez

Un jour de juin de l'an de grâce 1762, en provenance de Craponne-sur-Arzon, les mandrins s'emparent des portes de Saint-Bonnet-le-Château et rendent visite aux receveurs des traites et des gabelles. Il leur en coûta 2 200 livres au premier et 120 au second.

A Saint-Chamond, "ne trouvant pas le receveur des gabelles, ils s'introduisent dans sa maison et à nouveau, ils brisent les meubles et prennent tout l'argent qu'ils trouvent. Des particuliers leur en apportent même pour les empêcher de tout détruire. La somme récupérée s'élève à 1 400 livres."

On les retrouve à Chazelles-sur-Lyon et Saint-Galmier. Ils passent par Chalain-d’Uzore, logent à Saint-Polgue près de Roanne, reviennent vers Feurs où ils recrutent un certain François Fouillat, âgé de 22 ans. Arrêté en août 1762 à l'auberge du Dauphin de Montbrison, interrogé le 14 août, il lâchera un nom, un nommé Perrinet, de Boën, sans doute exécuté à Valence...

Aux Editions du Roure

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