Wednesday, September 22, 2021
Plus de 1700 visiteurs ont parcouru les salles du Musée d'Art Moderne lors des dernières Journées Européennes du Patrimoine. L'idée cette année était de leur faire découvrir l'envers du décor, en leur donnant connaissance des métiers à  l'oeuvre dans le grand bâtiment noir et la manière par exemple dont ses trésors sont protégés durant leurs pérégrinations.

 

Un certain nombre d'entre eux a également pu visiter ses réserves. Ses réserves internes, c'est à  dire celles situées dans les locaux du Musée et destinées à  conserver les peintures, photographies, estampes... Une grande réserve est aussi située dans un autre bâtiment, en ville, pour les oeuvres plus volumineuses (sculptures, oeuvres de design...). Entre 160 et 200 oeuvres sont exposées au Musée d'Art Moderne quand ses collections approchent les 20 000 pièces: des centaines de sculptures, 3000 estampes, 6000 dessins, etc. Dans l'antichambre des réserves, des caisses sur le sol. Scotch vert: caisse vide, scotch rouge: caisse pleine. " Toute manipulation représente un danger pour les oeuvres ", dit notre guide. Marc Boeuf est le régisseur technique des collections, en charge de leur stockage et de leur mouvement. Il préconise ainsi le type de conditionnement pour chaque oeuvre en partance, son emballage et le type de transport adéquat, éventuellement un camion climatisé avec des suspensions appropriées...


Dans la plus grande des réserves internes, deux volées de grandes grilles, 50 par étage, sur lesquelles sont accrochées les peintures, modernes et contemporaines au rez-de-chaussée; le niveau supérieur étant réservé au fond ancien dont le MAM assure la gestion physique et qui est souvent prêté à  d'autres musées. C'est le cas bientôt avec des oeuvres d'Alexandre Séon au musée de Villefranche. Certaines toiles qu'on nous montre dépasse les 4 mètres de diamètre. D'autres oeuvres sont conservées sous plexiglas. Et c'est avec des chaussons en plastique, pour éviter de soulever la poussière, que nous montons à  l'étage voir les oeuvres anciennes. Cette toile de Nicolas Sicard par exemple, "Une route un jour de marché", trouée dans sa partie inférieure. En cas de détérioration, le Musée fait appel à  un restaurateur extérieur. Lors d'un prêt, la restauration est à  la charge de l'emprunteur.


" Avec le temps, les choses s'améliorent ", dit le régisseur. Ainsi un système de protection a été installé. La place faisant défaut, un remaniement de cet espace, où l'on trouve aussi des photos de grand format, est envisagé pour l'optimiser. Et l'hygrométrie, c'est à  dire le taux d'humidité de l'air, qui peut causer des dommages sur les oeuvres, la filtration de l'air (poussières) sont toujours surveillées avec attention. Dans l'autre réserve, celle des Arts graphiques, beaucoup plus petite, on lit sur de nombreuses boites noires le nom de Victor Brauner. Le legs de la veuve de l'artiste a fait entrer dans les collections près de 4000 dessins, peintures et objets d'arts premiers.  Y sont gardés aussi des dessins d'Erik Dietman, des oeuvres de Viallat, de Vasquez de la Horra...


Le conditionnement et la restauration

Avant tout mouvement d'une oeuvre, il est procédé à  son conditionnement, par le personnel du Musée ou une entreprise de transports spécialisée, en tenant compte de ses spécificités (poids, dimensions, fragilité...) et en utilisant les matériaux adaptés: papier cristal pour des documents photographiques; mousses, bondina... "Instant de doute", une oeuvre de Richard Baquié, une donation de la Caisse des Dépôts de 2006, actuellement exposée, a ainsi nécessité 4 caisses pour le conditionnement des différents éléments dissociables qui lui donnent forme. Composée d'un panneau autoroutier, de fer, d'aluminium et de miroir, elle a aussi nécessité deux semaines de travail de restauration, destinées à  renforcer la tôle et éviter tout affaissement durant son transport.