Thursday, December 02, 2021
Le laboratoire Hubert Curien a été créé début janvier suite à  la fusion du laboratoire TSI et du laboratoire EURISE. Associé au CNRS et à  l'université de Saint-Etienne, son activité est au coeur du Pôle Optique Rhône-Alpes puisque ses axes de recherche concernent l'optique, les lasers, les nanotechnologies, l'informatique et l'image. Parmi la centaine de scientifiques qui y travaillent, une douzaine d'entre eux vont participer au projet "ELI-ILE" qui a pour ambition de mettre au point un laser d'une puissance unique au monde. Jean-Paul Chambaret, manager du projet et Florent Pigeon, directeur du laboratoire Hubert Curien, ont présenté de quelle manière les chercheurs stéphanois vont pouvoir contribuer de manière significative à  une avancée scientifique majeure.

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Laboratoire Hubert Curien
Salle blanche, classe 100,
zone hors-poussière

Le projet ILE (Institut de la lumière extrême) en effet, doit fournir, à  l'horizon 2010, une source laser intense destinée essentiellement à  la recherche fondamentale mais qui devrait aussi avoir des applications industrielles et médicales, notamment dans le traitement des matières cancéreuses.

"Le projet, francilien au départ, explique Jean-Paul Chambaret, consiste à  faire un prototype qui franchit un certain nombre de verrous et qui est destiné à  être élargi à  d'autres régions de France en mutualisant les compétences. Ce prototype doit aussi servir au projet européen ELI (Extreme Light Infrastructure) afin que, dans le cadre du 7e programme cadre de recherche et développement (PCRD), la France soit choisie comme porteur de projet"

L'architecture du laser nécessite de nombreuses avancées technologiques. Un des verrous majeurs évoqués par le scientifique est représenté par les réseaux de diffraction. Nécessaires à  la compression des impulsions ultra brèves, on peut les comparer à  des sortes de prismes qui permettent l'interaction entre la lumière blanche et la matière. Actuellement, ces éléments optiques, parce que fragiles et coûteux, obligent les chercheurs à  travailler avec des systèmes d'une dimension considérable, donc encombrants et d'un coût de fonctionnement élevé.

Les professeurs Chambaret et Pigeon

C'est là  qu'interviennent les scientifiques de Saint-Etienne et notamment l'équipe d'Olivier Parriaux. Ceux-ci ont proposé à  leurs homologues parisiens des alternatives scientifiques et techniques qui devraient permettre de fabriquer des composants optiques d'une dimension réduite, mieux adaptée au projet et de fiabiliser les sources laser de demain. "Les schémas qui nous sont proposés ici nous semblent performants et répondent à  nos attentes. C'est pourquoi nous souhaitons avancer ensemble dans la mise en place de ces alternatives", a déclaré Jean-Paul Chambaret.

Côté stéphanois, Florent Pigeon met en exergue l'intérêt conséquent de cette collaboration: "C'est d'abord la reconnaissance du travail accompli par Olivier Parriaux. Elle permettra aussi d'enclencher une dynamique au bénéfice du Pôle optique, donc de Saint-Etienne, puisque c'est un projet qui va rayonner à  grande échelle et qui nous sera profitable pour nouer des contacts." Restera ensuite à  faire valider ces concepts, dans l'idéal d'ici un an, un an et demi, et à  engager un processus de fabrication industrielle.