Thursday, January 27, 2022

Depuis un an, la chapelière-modiste de l’Atelier-Musée du Chapeau de Chazelles-sur-Lyon travaillait à la nouvelle collection de chapeaux automne-hiver 2019-2020. Celle-ci a été présentée au cours d'un défilé ce soir. À mi-chemin entre ethnologie, artisanat et art contemporain, cette collection est le fruit du regard d’une créatrice d’aujourd’hui s’inspirant de civilisations du monde entier.

Photos: Steph. Popakul pour FI

 

Originaire des Monts du Lyonnais, Isabelle Grange a suivi des études artistiques à l’École d’Arts Appliqués de la ville de Lyon (aujourd’hui ENSBA), spécialisée en dessin de motifs textiles et de papier peint. Ses rencontres professionnelles l’ont amenée à travailler dix ans outre-Atlantique, à New-York, comme directrice artistique d’un studio de dessins. Revenue en France, où elle se consacra à la peinture, elle a postulé il y a quatre ans au poste de chapelière-modiste de l’Atelier-Musée du Chapeau. Au cours de stages dispensés par le Centre de formation du musée, elle reçut les conseils avisés d’anciens chapeliers et de modistes reconnus. Elle conçoit et réalise depuis la collection de chapeaux Automne-Hiver.

Pour cette édition, elle s'est inspirée des coiffes ethniques du collectionneur Antoine de Galbert, exposées jusqu'en mars à Lyon au Musée des confluences ; la modiste s'étant réappropriée des thèmes qui jalonnent l’exposition: l’esprit guerrier, le rituel, le spectacle, la séduction, le mariage... Le défilé comportera sept tableaux introduits chacun par une « coiffe extraordinaire » conçues avec de la plume, du tissu, de la dentelle et divers matériaux, qui feront écho à sept pièces de l’exposition lyonnaise : coiffe huli de Papaouasie-Nouvelle-Guinée, chapeau de rizière d’Indonésie, coiffe kayapó ou bonnet blanc du Brésil, casque de circoncis ganza de République Centrafricaine, coiffe royale yoruba du Nigeria, diadème aux phénix miao de Chine, coiffes de mariés topor d’Inde.

Les élèves de la section mode du Lycée des Monts du Lyonnais (Chazelles) ont quant à eux fabriqué les capes qu’ils portaient lors du défilé, puisqu'ils jouaient également les mannequins pour l’occasion.

Une quarantaine de chapeaux de prêt-à-porter en feutre de poil de lapin, respectant la tradition chazelloise, ont aussi été créés. Ceux-ci sont en vente dans la boutique du musée. L'année dernière, les créations avaient pratiquement toutes été vendues. Compter trois chiffres.