Saturday, October 23, 2021
Le 23 février 1944, Joseph Staline ordonnait la déportation du peuple tchétchène et le démantèlement de la République autonome de Tchétchénie-Ingouchie fondée en 1922. Accusés d'avoir collaboré avec les nazis, environs 480 000 Tchétchènes et Ingouches furent déporté-e-s vers les steppes du Kazakhstan et du Kirghizistan. Des dizaines de milliers de personnes ont péri. Certains avancent le chiffre de 170 000 morts.

Pour commémorer ce drame, le Comité Tchétchénie Loire et Haute-Loire a organisé vendredi un rassemblement devant le buste de Jean Moulin à  Saint-Etienne. Il s'agissait surtout pour Marcel Gaillard et les membres du Comité de rappeler que la nuit tchétchène continue. Depuis 1994, ce petit pays du Caucase (grand comme deux fois la Corse) est dévasté par une guerre terrible et de nombreux Tchéchènes ont été contraints à  l'exil. Des familles ont trouvé refuge dans la Loire, hébergées dans les CADA (Centres d'Accueil pour Demandeurs d'Asile) des environs ou dans des hôtels. Le Comité s'est également donné pour mission d'interpeller sur la précarité de ces familles et de les accompagner dans leurs démarches de demande d'asile en France.

Les Tchéchènes parlent peu le français (une difficulté supplémentaire pour le Comité qui utilise les services d'un interprète russe) et ceux qui se débrouillent ne souhaitent pas trop s'étendre. Une réfugiée, vivant à  Saint-Etienne, mère de trois enfants, nous a cependant indiqué qu'elle avait quitté son pays après l'arrestation par les Russes de son mari qu'ils soupçonnaient d'être un combattant. Elle a laissé en Tchétchénie ses parents et sa soeur dont elle est sans nouvelles depuis trois ans. Son mari travaille. Pour sa part, elle souhaiterait trouver un emploi de couturière et remercie les Français qui l'ont aidée.