Saturday, January 16, 2021
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Avec Mlle Ennemonde Diard pour hôtesse (en photo ci-dessous), nous vous invitons à  prendre un peu de hauteur. Découvrez l'histoire des pionniers de l'aviation forézienne, du vol de Buisson en 1883 jusqu'aux années 1930. Cet article est régulièrement augmenté, précisé, corrigé parfois. Surtout, ne manquez pas de nous éclairer: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.


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"Nul pays plus que le vôtre n’a fourni à l’aviation moderne autant de pionniers ; il sera profondément intéressant de les faire revivre." Ces mots furent prononcés par Laurent Eynac, Ministre de l’Air -comme on disait alors- dans les années 30. Et ils le furent à l’attention d’ Ennemonde Diard, une Stéphanoise injustement oubliée. Ennemonde Diard, née en 1898, était une femme libre, portant le pantalon, journaliste, écrivain, aviatrice et… parachutiste. Elle écrivit dans les années 30 un livre qui relatait les exploits des « fous volants » de Saint-Etienne : Coups d’ailes. Comme toujours, vos remarques et corrections sont les bienvenues.
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 Le « grand ancêtre » de l’aviation locale, c’est Pierre-Lucien Buisson. Il fut l’inventeur d’un générateur, un moteur léger à vapeur qui fut reconnu par tout le monde scientifique. Mais son grand rêve, depuis son enfance rue Delaroa, c’était de pouvoir voler. Buisson, le "prophète" écrivait en 1856 quand il n'avait que 23 ans : "La liberté, nous l'aurons, nous l'aurons par le travail, nous communiquerons nos pensées par la télégraphie; les locomotives rapprocheront les peuples; la science nous unira tous. Nous volerons comme l'oiseau. Homme de peu de foi, pourquoi douter ? La navigation aérienne, elle est à nous..."
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"Je suis sûr et je crois. L'oiseau est la preuve de ce que j'avance. Je persisterai malgré tout. On volera comme l'oiseau, et ils seront confondus. Cette vérité ne me laisse pas de repos. Il faut que je la proclame. La science nous rendra le char allégorique d'Elie !"


Le bulletin officiel de l'Aéro-Club Forézien et Vellave n°9 (septembre 1933) avait publié la photo d'une plaque commémorative, en hommage à Lucien Buisson, "l'inventeur de la vapeur instantanée". Selon le bulletin, cette plaque, gravée par Berniaud, était destinée à orner un des murs de l'Hôtel de Ville. Où est-elle passée ?

Qu’à cela ne tienne, en 1883, au Grand-Bois (La République) il prit l’envol à bord de son ornithoptère (« ornithépétère » dans l’ouvrage de François Ménard Saint-Etienne pas à pas), un planeur piloté à plat ventre. L’homme et la machine volèrent réellement sur près de 150 mètres. Vingt ans avant les frères Wright ! Serge Granjon, dans son ouvrage Saint-Etienne sous la IIIème République, nous indique une anecdote : Buisson vit un jour, place Marengo, les toutes premières voitures à pétrole. Il saisit le bras d’un ami et lui dit : "Voilà l’aviation qui arrive !" Pierre-Lucien Buisson, dont une rue de Sainté honore la mémoire, s’est éteint en 1913 , alors que se profilait à l’horizon la grande guerre qui vit naître l’aviation de combat. Trois ans plus tôt, le génial précurseur, au manche d'un appareil imitation biplan Farman, "muni d'un moteur Gnôme de 50 H.P. et d'une hélice Chandière " , précise L.-J.Gras dans L'année Forézienne de 1910, effectuait divers vols sur l'hippodrome de Mâtel à Roanne. Le 4 septembre, une nouvelle expérience massacra son aéroplane et le blessa. Il avait 70 ans passés !
Le très beau monument aux morts de Saint-Galmier, où un bas-relief nous montre des avions de la grande guerre. C'est à notre connaissance la seule représentation d'avions sur un Monument aux Morts forézien.

C’est l’occasion de rendre hommage à trois as Foréziens. D'abord le Stéphanois André Delorme (ci-dessous)  dont l’appareil fut abattu en janvier 1917 et qui avait cinq avions ennemis "officiels" à son tableau de chasse. Le sous-lieutenant Delorme, cité six fois à l'ordre de l'Armée, décoré de la Légion d'honneur, blessé plusieurs fois, reposerait dans les environs de Châlons.
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Ensuite, plus célèbre, le Montbrisonnais Emile Reymond, médecin, sénateur et « fou volant ». Breveté en 1910 sur monoplan Blériot, il se fit remarquer  très vite, notamment en en survolant Montbrison. Il faisait le voyage Paris-Saint-Etienne en avion pour participer à des meetings. Il est également tombé au champ d’honneur, dans la région de Toul, le 21 octobre 1914. Dans le jardin d’Allard, le monument aux morts sculpté par Bartholomé porte son buste. Son ami le président Deschanel devait venir inaugurer le monument en personne en 1920 mais il tomba du train ! Il aurait mieux fait de prendre l’avion !

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La mort du sénateur Reymond
Musée d'Allard, Montbrison
 
Emile Stribick, quant à lui, est né en 1891 à Saint-Etienne. Mobilisé à Saint-Etienne en1912, il fut affecté à une escadrille de chasse de Reims. Il fut, selon Ennemonde Diard, à bord de son Farman et accompagné de son mécano David, le premier aviateur français à abattre un Taube allemand le 24 octobre 1914. Le 12 mars 1916, Stribick abattait son deuxième appareil au nord de Récicourt. Il fut cité deux fois à l’ordre de l’Armée, décoré de la Croix de Guerre en 1914 et de la Légion d’Honneur en mars 1915. Il combattit sur le front russe durant plus d’une année et serait mort accidentellement  après-guerre après avoir été engagé en qualité de réceptionnaire des moteurs Salmson. Il reposerait dans le tombeau du Souvenir français au Crêt de Roc. A propos de son décès, Ennemonde Diard a écrit ces mots sybillins: "Officiellement, un accident inexpliqué, mais, pour ceux qui savent, une épouvantable tragédie. Stribick était une de ces âmes trop pures, et les vers de terre ne pardonnent pas leurs sourires aux étoiles..."
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Emile Stribick
Cette image provient de l’ouvrage de Jean d’Auvergne cité plus haut.
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Un Spad VII. Celui-ci arbore le lévrier de l'escadrille SPA 81. Mais l'emblème le plus célèbre reste celui qui ornait le "Vieux Charles" de Guynemer (54 victoires): la Cigogne.
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On peut penser aussi qu’Ennemonde Diard, au manche d’un Nieuport ou d’un Spad, à la manière des légendaires Fonck et Guynemer, n’aurait pas eu peur de se frotter aux Albatros marqués de la croix noire. Mais porter le pantalon était une chose, risquer sa vie en l’air en 1917 en était une autre. Elle dut se contenter de servir, comme nombre de femmes, dans les services des ambulances. Une dure mission dont elle s’acquitta d’ailleurs avec beaucoup d’abnégation.
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L'expo de 1904
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                     Un improbable multiplan présenté au salon des inventeurs stéphanois de... 1931 !?
Photographié dans La Région Illustrée

C’est en assistant aux expériences stéphanoises de la Belle époque qu’est née la passion de la jeune femme pour l’aviation. Et elles furent nombreuses car la " ballomanie " n'épargna pas la cité noire. Un certain Triquet aurait été le premier aéronaute que l'on vit à Saint-Etienne. Godard vint aussi exécuter chez nous des ascensions, en particulier celle qui en 1886, 12 ans avant la naissance d'Ennemonde Diard, permit à Auguste Théolier, nouveau directeur du journal Le Stéphanois, de s'envoler depuis la place de l'Hôtel-de-Ville jusque vers Annonay. Deux ans plus tard, un autre ballon s'éleva dans les airs, avec cette fois à son bord le directeur du Mémorial de la Loire. Le 29 mai 1904, lors de l’Exposition de Saint-Etienne, c’est un ballon de 1000 mètres-cubes baptisé « le géant stéphanois » qui s’élève dans les airs avec quatre personnalités à bord, sous la direction de Mr Devillard, de l’école aérostatique de Lyon. Entre-temps, en 1901, avait été créé l'Aéro Club Stéphanois mais comme chacun le sait, c'est le plus lourd que l'air, dont Buisson s'était fait le chantre, qui devait l'emporter. Retrouvons une dernière fois le "prophète": "J'estime et je respecte les inventeurs du ballon mais j'affirme que le ballon est l'erreur de la vraie locomotion aérienne. Pour voler, l'homme doit regarder la nature et copier l'oiseau."
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Le 24 octobre 1907, le Mémorial de la Loire publiait un petit filet sous le titre excitant de " Stéphanois à la conquête de l'air "; en voici un extrait: "La machine à voler était, hier encore, inconnue du public. Or, cette lacune n'existe plus, et le problème de l'aviation a été franchement abordé par des Stéphanois qui affirment, cela va sans dire, l'avoir résolu (...) Sa forme est rectangulaire, il pèse 3 kilos, moteur non compris, avec un moteur de 12 chevaux, il peut enlever 140 kilos, il s'élève dans les airs très facilement et louvoie (?) avec une parfaite régularité." Le 3 novembre suivant, ce même journal ne craignait pas d'écrire: "Enterrées les automobiles !"

Mais l'hélycoptère (le nom donné au mystérieux appareil) n'existait pas et le journal abusé se vengea en traitant Tézenas et Reynaud, les inventeurs qui n'avaient encore rien inventé, de " fumistes ". Les deux hommes construisirent finalement, au bout de trois ans d'efforts, un biplan à quatres hélices, mais sans moteur. L'appareil ne vola jamais et sa carrière s'acheva le 7 juin 1909. Il fut vendu 7 francs 50.


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Le biplan de Perrin, Méons 1909

La première expérience de parachutisme semble dater de 1886. Si nous en croyons André Chabot, l'expérience eut lieu depuis le ballon piloté par Godard. Le "largage" eut lieu au dessus d'une carrière, la carrière Jacasson (où est-ce ?) et le cobaye choisi était… un singe. Nous ne savons pas si le primate stéphanois a survécu. Sans doute car il se dit que ce sont ces descendants qui s’élevèrent de Baikonour et de Cap Canaveral.


Les risques du métier
L'avion de Mlle Marwingt a atterri dans le terrain de boules de la Terrasse à Saint-Etienne en 1911. Un souvenir personnel: je me souviens matru d'un meeting qui eut lieu à Bouthéon dans les années 80. Un biplan de la première guerre s'écrasa. Il s'agissait de l'avion de Belmondo dans l'As des As. Le pilote a survécu.


Saint-Etienne, jusqu'à la Seconde Guerre mondiale a toujours tenu a honoré les chevaliers du ciel. Ici Costes et Bellonte, les héros du raid au dessus de l'Atlantique en 1930, sont reçus triomphalement par le peuple stéphanois, à l' invitation de Mr de Peyrecave, président de l'Aéro-Club Forézien et Vellave.


En 1909 fut créée « l’Union des inventeurs » qui comportait une section « aviation » regroupant des « dingues » pionniers : Buisson père et fils, Reymondin, Beysson, Roty, Tézenas, Reynaud , etc. La section s’agrandit très vite et le 31 décembre 1909, Perrin dit « Mâni » fit à Méons, devenu centre expérimental, un vol d’une soixantaine de mètres de longueur à 3 ou 4 mètres du sol. L'appareil de Perrin était un Biplan sans moteur de 28 kilos, fabriqué avec des tiges de bambou assemblées avec du fil de fer et monté sur deux roues de bicyclette !
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Ce fut un prémice et un triomphe et le chansonnier Antoine Roule bientôt peut écrire enfin:
 
"Au seuil du pays stéphanois
 Vers les firmaments diaphanes
 On vit pour la première fois
 S'élever des aéroplanes !"

Parmi les spectateurs figurait Marius Mazoyer qui, animé d’une passion hors du commun, construisit, avec l’aide de son mécanicien Germain, une dizaine d’avions sous la marque « Métalloplan » ainsi que des pièces détachées commandées par les plus importantes usines d’aviation: Farman et Blériot. Ce saut de puce sauva l'année 1909. Quelques mois plus tôt, un premier meeting aérien avait été organisé à Villars. Ce fut un désastre. Plus de 50 000 personnes étaient présentes, attendant sous la pluie que les pionniers prennent leur envol. Ils en furent pour leurs frais, rien ne décolla. Allatini, fabricant de savon marseillais qui s’était jeté dans l’aventure, en fut aussi pour ses frais, à hauteur de 17 000 francs. Une émeute faillit réduire les appareils en miettes ! En 1910, on retrouve Mazoyer qui se plante en beauté à Feurs. Les ballons, de leur côté, continuent à prendre l'air, en août et en octobre 1910. A leur bord ont pris place les dénommés Johann Colcombet, Denis Epitalon, Anthony Rolland et M. Hunt qui n'est autre que le consul américain à Saint-Etienne. Mais la préférence du Père Noël va à la machine motorisée !


Un an plus tard, avec deux autres passionnés, Burel et Nantien, Mazoyer fonde la « Société Forézienne d’aviation » qui loue à Bouthéon un terrain d’aviation promis à un bel avenir.


Andrézieux-Bouthéon
L’Ecole Forézienne d’Aviation, emmenée par le chef pilote Burel, fit de Bouthéon son aérodrome permanent. Pour l’anecdote, durant la guerre de 14, Burel prisonnier en Allemagne s’évada douze fois. Difficile de garder un oiseau en cage…

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Le biplan de Burel, photographié en 1911 à Bouthéon
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Cette même année 1911, du 29 juillet au 12 août, un grand meeting, la Quinzaine de l’Aviation organisée par Gintzburger, directeur de La Tribune Républicaine, eut lieu près de Villars dans le champs de Champirol. Parmi le millier de spectateur, Mlle Diard assista au vol de Roland Garros le 5 août, quand celui-ci passa plus d’une heure en l’air. "Un soir, dans la splendeur du couchant, il se mit à décrire d'effarants virages et une série de huit fabuleux; il monta jusqu'à 1000 mètres, alla voler sur Saint-Galmier et revint se poser dans le pré de Champirol, inondé de clair de lune."

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De grands pionniers à Champirol: l'extraordinaire Mlle Marvingt, Aubrun qui fut le premier à survoler Saint-Etienne (et qui devint plus tard l'instructeur de nombreux pilotes dont Brocard, chef de l'escadrille des Cigognes pendant la guerre de 14-18), Kimmerling, pilote d'une grande audace et qui le paya de sa vie...

Plus tard elle devint son amie. Elle y vit voler aussi Rouchouze et bien d’autres pionniers dont Mouthier, Loridan, Kimmerling, Aubrun, qui le premier survola Saint-Etienne et fut acclamé, mais encore Obre qui vola à 800 mètres au dessus de la Terrasse. Et une aviatrice qui l’inspira surement : Mlle Marie Marwingt volant sur son « Antoinette ».

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Roland Garros (en haut) et Eddy Audemars, les deux plus célèbres aviateurs d'avant-guerre, photographiés lors des Fêtes de l'aviation de Roanne, en 1911 et 1912.

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Et comment ne pas évoquer l’histoire hallucinante de Louis-Emile Train qui se déroula aussi cette même année ? Ce Stéphanois était un mécanicien de génie. Né en 1877, il quitta Saint-Etienne où son père tenait un petit magasin de bicyclettes et de machines à coudre rue Saint Jacques pour se consacrer à l'aviation. Il construisit son premier aéroplane en 1910 (en acier, avec le siège sous les ailes) et, près de Mourmelon, vola d’abord près d’une heure à 400 mètres d’altitude. Puis repoussant toujours plus loin les limites de son appareil et de son courage il coupait l’allumage à 450 mètres et descendait en vol plané. Lors d’un meeting à Hyères il atteignit les 700 mètres au dessus de la mer. Bertheaux, le ministère de la guerre s’intéresse de près à notre homme, la gloire est-elle à portée de manche ? Non, c’est la catastrophe qui tombe du ciel, inimaginable.

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Emile Train (au premier plan) et Bonnet

Le 21 mai 1911, à Issy-les-Moulineaux, devant près de 800 000 personnes venues assister au départ de la course Paris-Madrid, Louis Emile Train prend son envol à bord de son monoplan. Le ministre Bertheaux est présent, près de la piste pour mieux voir les avions et encourager le Stéphanois. Train s’élève dans les airs avec son co-équipier Bonnet mais pas assez pour passer au dessus des toits, il fait une boucle et revient vers la piste pour reprendre son départ. C’est alors que se produit un mouvement de foule et Train, qui ne parvient pas à les éviter, fauche les officiels ! Le ministre Bertheaux, le crâne fracassé et un bras sectionné, meurt sur le coup, le Président du Conseil a une jambe fracturée, d’autres sont blessés plus ou moins sérieusement. Quelques mois plus tard, Train survola l’Hôtel de Ville de Saint-Etienne et transporta des passagers mais ce sursaut devait être le dernier. L’aviateur ne se remit jamais de cet incroyable coup du sort qui le fit tuer involontairement le ministre qui avait misé sur lui.

En 1912, était organisé le circuit du Forez sur le parcours Bouthéon-Balbigny-Boen-Bouthéon cinq fois couvert, soit 400 km. La première édition fut remportée par Molla en 3h55. A Roanne, lors du meeting de septembre le maire Bonnaud s'envoyait en l'air et Védrines venait à Saint-Etienne faire une conférence. Cette année là, les Etablissements Badoit de Saint-Galmier offrirent 15 000 francs à l'armée pour qu'elle se dote d'avions. En juillet, Charlieu organisa aussi sa grande fête aérienne, en présence des aviateurs Hanouille et Graziolli. Et les ballons n'abdiquaient pas ! Deux ballons de 1200 mètres cubes, emportant chacun trois passagers, décollèrent le 7 juillet de l'usine à gaz de Saint-Etienne pour attérir dans l'Isère.

Un an plus tard (mars 1913), le Stéphanois Eugène Mercier se tuait à l'âge de 18 ans lors d'une chute d'aéroplane à Ambérieu (Ain) et un autre, Olivier, était blessé lors d'un atterrissage à Melun. Son passager par contre n'en réchappa pas. Burel survolait Saint-Etienne et La Ricamarie à une altitude de 600 à 900 mètres, accompagné dans l'un de ses vols par le député Durafour. Le successeur de Burel, Lashermes, survola également Saint-Etienne tandis que le sénateur Reymond inaugurait une floppée de hangars à Langres, Saint-Dizier, Joigny, Chaumont... 
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Ennemonde Diard après un saut à Clermont-Ferrand est félicitée par le ministre Eynac
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2 francs l'emplacement sur la pelouse pour assister au meeting de la Ronze, indique la pancarte.

Dix ans plus tard, le 25 septembre 1921, au meeting aérien de Saint-Etienne-La Ronze, Ennemonde Diard sautait publiquement en parachute, devant un ministre de l’air éberlué. "Ma ville noire ! écrivit-elle dans Coups d'Ailes, j'ai eu la vision de cet antre de travail et la vision de l'infini ! Et je descendais lentement, lentement, sans me douter de ma chute..." Les Stéphanois retrouvèrent aussi avec un immense enthousiasme les machines volantes. Garros et les autres, tués en plein ciel, ce sont Wuillermoz, Trabaud, Rollet et Casal qui évoluèrent au dessus des fumées. En 1923, notre hôtesse fit son baptême de l'air en ballon, survolant le cours Fauriel à 800 mètres d'altitude jusque vers le Pilat. Dans les années 30, elle sauta à nouveau, cette fois pour le sultan du Maroc.

Sa mort reste mystérieuse. Notre papillon aurait succombé au cours... d'un bombardement aérien pendant la Seconde Guerre Mondiale... en Allemagne.
Elle se serait embringuée dans la collaboration. Ce qui explique qu'aucune rue ne porte son nom. Elle repose au cimetière de Valbenoîte.

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Une excellente page consacrée à Emile train, avec de nombreuses images et données techniques


Le moteur V8 de l'Antoinette , quelques belles photos