Saturday, October 24, 2020

La première Quinzaine commerciale de Saint-Etienne fut organisée en 1932 à  l'initiative des groupements commerçants stéphanois.

M. Coudry présidait le Comité d'organisation, M. Perret étant trésorier général et M. Ayme commissaire général. Parmi les plus actifs organisateurs figuraient encore Adrien Sèches, Antoine Schneider et MM. Merlat, Prénat, Bourdeaux, Schnerb. Le premier (1899-1987) dirigeait à  l'époque l'entreprise "Aux bons lits" qui, l'année suivante, devint "Litfrance". Secrétaire de de l'Office Commercial Stéphanois, créé en 1933, Adrien Sèches fut par la suite le fondateur de plusieurs journaux, adjoint du maire Alexandre de Fraissinette et le président fondateur de la Foire Economique de Saint-Etienne, de 1948 à  1960.


L'article de La Région illustrée n°83 (1932)

" Pendant quinze jours, Saint-Etienne a été, on peut le dire, complètement transformé: partout ce n'était que banderolles multicolores, illuminations, faisecaux de drapeaux, oriflammes arcs-de-triomphe, vitrines enjolivées, etc.

Pour une fois les choses ont été bien faites; il faut remonter loin dans les annales de la ville pour retrouver pareille atmosphère. Seules les fêtes qui eurent lieu il y a vingt-cinq ans, lors du couronnement de la Muse, soutiennent la comparaison. Les commerçants de Saint-Etienne peuvent être fiers de leur succès.

Un programme monstre de fêtes avait été élaboré. Concerts, bals publics, illuminations de quartiers, concours divers, élection d'une reine de la Quinzaine, défilés de chars fleuris, une tombola comportant des centaines de lots valant 175 000 francs, tout avait été mis en oeuvre pour donner à  cette manifestation commerciale l'ampleur qu'elle devait avoir et l'enthousiasme collectif qu'elle devait soulever.

Trente-cinq millions d'affaires, tel est le chiffre approximatif qui a été réalisé pendant ces quinze jours. C'est un record. malgré la crise, malgré le chômage qui atteint cruellement l'acheteur ouvrier, ce résultat magnifique démontre ce que peuvent faire l'union et l'entente à  la même cause. Il faut espérer que tous les commerçants stéphanois auront compris l'importance capitale à  notre époque des manifestations commerciales et qu'ils ne s'arrêteront pas en si bon chemin.

Qu'ils n'oublient pas que Saint-Etienne est la septième ville de France et la capitale du cycle et de l'arme, groupant autor d'elle de nombreux centres métallurgiques, miniers et rubaniers.

Il faut donc donner à  notre cité toute l'importance qu'elle devrait avoir. La Quinzaine Commerciale en a été une excellente occasion qu'il faudra renouveler fréquemment."

Photos:

De gauche à  droite, de haut en bas: rue de la Bourse (de la Résistance aujourd'hui), l'hôtel de ville, rue de la Ville et rue du Théâtre

La reine de la Quinzaine, Marie-Louise Brochier, sortant de l'hôtel de ville où les édiles l'ont reçue, le gracieux cortège des pages sur les marches de la mairie, le char de la Mine et le char de la reine et de ses demoiselles d'honneur, Marie-Louise Béraud et Marie-Louise Peureu.

Place Dorian, le pavillon de la Quinzaine, construit spécialement pour l'exposition des lots de la tombola.

L'année précédente avait eu lieu, les 16 et 17 mai, la première braderie de Saint-Etienne, qui rencontra un succès immense et qui fut certainement à  l'origine de la Quinzaine. Organisée par le Groupement des commerçants de la Rue de la République que présidait M.Ayme, elle se classa par son importance et sa réussite, la première de France.C'est en tout cas se dont se félicitait la Région Illustrée dans un numéro spécial.Cette braderie eut deux aspects: l'un commercial, l'autre de réjouissance populaire. Chaque commerçant avait organisé des comptoirs en plein air, sur le trottoir, devant son magasin, exposant en grand nombre ses marchandises de toutes sortes, en parfait état et à  des prix défiants toute concurrence. Ces stands avaient une présentation variée, amusante, originale. Vendeurs et vendeuses étaient costumés avec grâce ou comiquement accoutrés.Les commerçants eux-mêmes s'étaient grimés et jouaient les camelots. Le soir de la braderie, un grand bal fut donné dans un restaurant de la rue de la République. Les travestis y participèrent en grand nombre. Dans le même temps, le Groupement des commerçants du Centre et extensions (présidents MM. Perret et Schnerb) organisa sa propre braderie. Une grand fête placée sous le signe de Mandrin et de la pluie. En effet, l'effigie du célèbre brigand, qui écuma en son temps le Forez, fit à  nouveau le voyage depuis Valence. En train cette fois, jusqu'à  Givors, puis en camion. Juché sur un char, le colosse traversa les rues de la ville. " La foule partout acclamait Mandrin sur son passage, lui faisait une haie sympathique. La jeunesse suivait son char en faisant des monômes et des rondes endiablées..."

Le chiffre d'affaires global réalisé au cours de ces deux journées a atteint un ordre de grandeur astronomique, relevait le magazine.

"Voulez-vous donner de l'essor à  vos affaires, les animer en période de crise, prendre de l'avance sur vos concurrents, faire prospérer merveilleusement votre commerce ? Faites de la publicité, non au compte-goutte, mais hardiment (...). La braderie a surtout démontré l'efficacité supérieure de la publicité par la voie de la presse, cette grande puissance de diffusion, qui est en définitive la plus puissante et la moins coûteuse (...). La publicité, on ne saurait trop le répéter dans les grandes écoles de commerce comme dans le public, est la reine des affaires, la condition indispensable du succès..."

M.Ayme, au milieu des vendeurs et vendeuses

Rue de la République

Louis Mandrin place Dorian

"Au gaspillage". - une véritable apothéose

Photos Cadé pour braderie