Saturday, August 15, 2020

Placée sous le vocable de Saint-André, l'église prieurale, aujourd'hui paroissiale, de Saint-Rambert-sur-Loire (commune de Saint-Just-Saint-Rambert) est un monument roman remarquable.

 Le prieuré, dans le village d'Occiacus, est mentionné pour la première fois en l'an 971. Mais le monastère a été fondé bien plus tôt, au VIIe siècle, par des moines bénédictins détachés de l'abbaye lyonnaise de l'Ile-Barbe. Le prieuré, et le village avec lui, prirent le nom de Sancto Ragneberto, autrement dit Saint-Rambert, quand les reliques de ce Saint furent apportées de Saint-Rambert-en-Bugey au XIe siècle. L'église date des XIe et XIIe siècles.

 

 

 

Elle a deux clochers. On lit à  l'entrée de l'église que le premier, qui donne sur la rue, était une tour extérieure à  l'église primitive, construite au XIe siècle, et intégrée dans l'église au XIIe siècle. Elle a été surélevée au XIVe siècle. On remarquera tout en haut, côté ouest, le mâchicoulis, et les meurtrières côtés nord et sud. Le rez-de-chaussée forme aujourd'hui le narthex de l'église, carré, avec à  chaque angle une colonne dont les chapiteaux sont ornés d'animaux (deux animaux qui semblent être des chèvres boivent au même abreuvoir et deux autres sont opposés, la queue dressée) ou de palmes. Deux petites stèles funéraires ou votives (cippes) s'y trouvent dont un qui montre une forme grossièrement sculptée, les mains levées vers le ciel. L'ouverture donnant sur la nef date de 1549 lorsque la porte dite "des lions", sur la face nord, l'entrée principale de l'église, a été bouchée.

 

 

 

Les quatre côtés de cette tour sont percés d'une baies géminée à  colonnette dont le chapiteau est sculpté. Le motif, sur la façade ouest, semble être une chouette. Plus bas, toujours sur la façade principale, les quatre chapiteaux des colonnettes qui encadrent des deux arcatures aveugles sont également sculptés. Un d'entre eux porte la représentation d'un homme assis a califourchon, mais à  l'envers, sur un âne ou un cheval. Un autre nous montre un homme portant une chèvre et deux personnages (un couple ?). Un troisième enfin représente un visage barbu au dessus d'un bateau sur lequel est posé un oiseau à  crête. Un serpent est également représenté.

Faisons le tour de l'édifice sur lequel on note des réemplois romains. A voir au nord, les arcs-boutants et l'ancienne porte des lions (3 mètres de hauteur). Un sarcophage forme le linteau, surmonté d'un appareil réticulé et encadré par les sculptures d'un lion et d'un dragon. Les corniches de l'abside et des absidioles sont bordées de modillons représentant tour à  tour des volutes, des feuillages, des têtes humaines et d'animaux.

 

 

 

Le clocher, massif, s'élève au dessus de la croisée du transept. Il est à  deux étages d'arcatures. Cinq arcatures en plein cintre servent d'assises à  des baies jumelées deux à  deux. Les colonnes sont décorées de chapiteaux à  feuillage et figures d'animaux. La visite intérieure débute par la chapelle de Bourbon, tout de suite à  l'entrée du collatéral droit. Il reste une archivolte ornée de phalanges d'anges qui encadre une fresque représentant le baptême du Christ par saint Jean-Baptiste. Les fonds baptismaux furent placés ici en 1828 quand on cessa de baptiser dans la chapelle Saint-Jean. On la doit à  Jean de Bourbon, fils du duc de Bourbon, et donc comte de Forez, Jean Ier. Né au château de Bouthéon en 1413, évêque du Puy fin 1443 et prieur de Saint-Rambert, Jean de Bourbon s'éteignit en Forez en 1485. Il fut inhumé à  Cluny. En face, se trouve l'imposant bénitier en marbre du XIe siècle, posé sur une colonne romaine, classé. En levant les yeux, on remarquera une frise qui court le long de la paroi, alternant des scènes bibliques avec des rouelles. Au début de la nef, trois belles statues nous montrent saint Isidore, patron des laboureurs et saint Vincent, patron des vignerons, entourant un Christ en bois du XVe siècle.

 

 

Au bout du bas-côté droit est située la chapelle Notre-Dame des Carmes où l'on peut admirer une vierge noire (une copie ?) ayant appartenu à  l'ermite Brunel de Notre-Dame de Grâces, assassiné par le célèbre Ravachol. Dans l'abside, derrière l'autel, on remarquera en particulier un vitrail représentant la décollation de saint Rambert.

 

La coupole à  la croisée des transepts au dessus duquel s'élève le clocher

 

Dans la nef latérale gauche, se trouvent, au niveau de l'ancienne porte des Lions, une chasse - ce n'est pas l'originale - renfermant les reliques de Ragnebert, assassiné au VIIe siècle sur ordre du maire du Palais Ebroin, et, dressée près de la petite porte nord, la pierre tombale de Jean de La Veuhe. Sa famille était originaire de Sury-le-Comtal. Trésorier de France dans la province de Lyon, il s'éteignit en 1638. La chaire est du XVe siècle. Un de ses panneaux représente Saint-Rambert-en-Bugey, d'où viennent les reliques.

 

Sources: entre autres, les informations que le visiteur trouve sur place et "Histoire de Saint-Rambert", brochure du Musée du Prieuré (non datée).