Saturday, January 20, 2018
« Mayday » est un signal international de détresse. Il correspond au « S.O.S » en morse. Adopté en 1927 par la Convention Internationale de Radiotélégraphie de Washington, son origine est à  rechercher dans le français " venez m'aider " ; du genre: " Venez m'aider, mon avion bat de l'aile ! "


Cependant, à  la différence du S.O.S, que l'on imagine pianoté obstinément par un Jack Phillips fidèle au poste tandis que l'orgueil de la White Star Line sombre dans les eaux noires de l'Atlantique Nord, le « Mayday » prend le plus souvent dans nos esprits un aspect autrement moins lancinant.

Si nous savons tous que l'avion reste le moyen de transport le plus sûr de la planète; si nous savons donc qu'il tue infiniment moins que la voiture (90 fois plus de chances de mourir dans un accident de voiture que dans un accident d'avion nous disent les statistiques), il reste qu'un passager sur quatre reste victime de stress et d'angoisse au décollage ou pendant le vol. La faute à  quoi ? Au cinéma de film catastrophe qui résonne de ces « Mayday » lancés depuis des cockpits qui piquent du nez aussi vite que tombe la foudre ? A une sorte de « complexe d'Icare » qui inconsciemment viendrait nous chuchoter que le ciel ne nous était pas destiné ?

Ce qui suit ne va pas vous rassurer si vous êtes sujet à  ces vertiges. Il s'agit des crashes d'avions dans le département de la Loire depuis 1933. Merci à  M. Mathevet qui nous a communiqué le résultat de ses recherches sur le sujet. Nous remercions aussi Raymond Gwizdala pour les infos à  propos du célèbre crash du C 47 US dans le Pilat en 1944. Du Pilat il sera d'ailleurs beaucoup question dans cet article. Nombre d'avions s'y écrasèrent depuis 1944. Pour certains auteurs, c'est encore le signe d'une propension (malvenue en l'occurrence) de notre vieux Pilat à  se distinguer. Merci encore à  « Zozo » de l'aéroclub de Saint-Etienne-Bouthéon pour les infos supplémentaires et  les photos d'un Liberator accidenté à  Bouthéon en 1944; photos qu'il garde avec lui dans son portefeuille. Nous devons à  Eric Bruyère les photos des monuments de la jasserie dans le Pilat. Et à  M. Jean Michat les photographies impressionnantes du crash d'un Piper dans les années 60. Jean Cabotse, historien roannais qui a signé plusieurs ouvrages, est l'auteur du passage concernant l'accident du 19 mars 1941 à  Pradines. Merci à  Bernard Hugues d'avoir joué les entremetteurs. Enfin, nous remercions M. Badin concernant le double crash de Bellegarde, et M. Peyrard, de l'Association Véhicules Anciens Militaires Pérignois, pour les photos de débris de la forteresse volante américaine qui s'est écrasée en 1944 à  Saint-Cyr-de-Valorges.

"ADLoire" signifie "Archives Départementales". Celles-ci conservent en effet de nombreux rapports d'accidents.

Un dernier mot pour dire que cet article n'est pas définitif. Il est régulièrement augmenté, voire corrigé, depuis la première mouture il y a 10 ans. Il nous reste des plaques commémoratives à  photographier, des témoignages à  récolter, des photos à  dénicher, des correspondances à  prendre... Si vous avez des documents ou des infos supplémentaires à  nous communiquer, vous connaissez notre indicatif.


 

La chute d'Icare, de Matisse

"Qu'on rallume leurs vies
Oubliés pendant longtemps, aujourd'hui ils revivent !"
(d'après la stèle en hommage à  l'équipage du Wibault "L' Imbattable" à  Caloire)
 

Le 18 octobre 1929, par temps de brouillard et d'orages, un avion militaire piloté par le lieutenant de vaisseau Vido et le quartier-maître Lucas se pose en catastrophe aux trois ponts à  Roanne. Il faisait le trajet Paris-Lyon. Si l'avion fut endommagé, les deux hommes s'en sortirent indemnes. Quelques jours plus tôt, le 9 octobre, un autre appareil militaire avait dû aussi se poser d'urgence suite à  une panne moteur, à  3 km du Coteau (rapport de gendarmerie, ADLoire).

En 1929 ou 1930, un Breguet 19 s'écrasa au Crêt Pomat, près de Roche-la-Molière. L'appareil était piloté par le lieutenant Duchange et le sergent-chef Jannsens du 11ème Régiment d'aviation de Metz. Leur vol devait les mener de Lorraine jusque vers Istres quand ils rencontrèrent dans le Mâconnais des orages violents qui les amenèrent à  se dérouter. L'allongement de leur itinéraire épuisa leurs réserves d'essence et vers minuit leur avion se posa lourdement dans un champ de blé. Les deux aviateurs, sérieusement contusionnés, furent secourus par la famille Degeorge qui habitait dans une ferme toute proche.

Un autre Bréguet 19, le 6 mars 1930, tomba en flammes à  un km de Chagnon. L'appareil appartenait à  la 11e escadrille du 35e Régiment de Bron. Il était piloté par le caporal pilote Chalbos. Il avait à  son bord le sergent Durbourvieux, mitrailleur. L'appareil fut complètement détruit. Le sergent souffrait de plusieurs fractures et commotions. Il fut transporté à  l'hôpital de Rive de Gier (rapport de gendarmerie, ADLoire).

Le 9 avril de cette même année, un monoplan de tourisme anglais atterrissait accidentellement près de Saint-Rambert. Il ne s'agit pas à  proprement parler d'un crash mais d'un "atterrissage normal" suite à  un problème mécanique. On le signale eu égard au nom exotique de l'avion, mentionné dans le rapport de gendarmerie: "Maradja Pastachala" (ADLoire). Son pilote était un Monsieur Singh, anglais peut être d'origine indienne.

Le 13 juillet 1932, un avion Potez s'écrase à  Saint-Etienne Monthieu. Il survolait la ville vers 15h20 d'après le rapport du commissaire central de Saint-Etienne. A 15h25, l'usine Ravat contacte le commissariat pour l'informer du crash de l'appareil, près de la RN88. Le commissaire se rend sur les lieux, accompagné du député maire Alfred Vernay. Les pompiers étaient déjà  sur place ainsi que plusieurs centaines de curieux attroupés autour des débris. " Les corps des deux aviateurs, complètement déchiquetés, furent placés sous une enveloppe de parachute", écrit le commissaire. Les deux hommes s'appelaient Edmond Guillemeney (passager), colonel affecté à  l'Ecole militaire d'Application de l'Aéronautique, et M. Coslin (pilote). L'avion avait décollé de Paris le 5 juillet et avait effectué un périple qui l'avait conduit à  Bucarest, Varsovie, Sofia, Belgrade, Venise... et Marseille. Il rejoignait Paris. Les deux corps, après un office religieux, furent embarqués à  Châteaucreux pour rejoindre l'un Arcachon, l'autre Besançon (ADLoire).

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Dans la matinée du 14 mars 1933, lors d'une mission d'entraînement à  Bouthéon à  laquelle participaient trois avions de la 3e escadrille de chasse du 35e Régiment de Bron, le Courdou-Lesseure n°7 du sergent-chef Edouard Garet se met en vrille à  la verticale du terrain, à  300 mètres de hauteur. Il s'écrase et le pilote est tué sur le coup. Edouard Garet, 25 ans, serait originaire de Mornand (Loire) et totalisait 600 heures de vol. A noter qu'un article de presse de l'époque (La Loire Républicaine) orthographie son nom "Garret" et indique qu'il était originaire de Mornant dans le Rhône. " Une main crispée à  son parachute - dont il n'avait pu se servir - le malheureux sergent-chef était littéralement broyé. Sa tête réduite en bouillie reposait sur la mitrailleuse et ses jambes étaient déchiquetées." Sa mémoire est commémorée par une stèle inaugurée le 12 mars 1934, rue Roland Garros à  Andrézieux-Bouthéon, puis déplacée dans l'enceinte de l'aérodrome en juin 1989.

 
 
Funérailles d'Edouard Garet (image et texte Echo du Forez du 13 mars 1933)

 
" On se perd en suppositions sur les causes de cet accident. Mr Garet pilotait un avion de chasse Courdou. Le sergent Thivollier, son camarade, chargé avec d'autres de l'enquête, nous dit ne pas savoir à  quoi attribuer cette horrible chute. Il nous parle du sang-froid, de l'habitude, de la maitrîse, de la parfaite valeur de pilote du sergent Garet. Fatalité ? Destin ? Ce sont des mots qui tuent et font les grandes douleurs." Garet repose dans le cimetière de Chambéon.

 

3 août 1933, l'avion Monostar que pilote Henri Germain, administrateur de sociétés à  Alger, s'écrase à  La Fouillouse au lieu-dit Sainte-Marie. L'appareil est détruit. Le pilote est indemne ainsi que sa passagère (son épouse). Il se dirigeait vers Marseille (ADLoire)

Le 20 octobre 1933, dans la matinée, le Potez 25 piloté par le Caporal-chef Jean Gisclon et son passager l'adjudant-chef mécanicien Dulac sont de retour de Clermont-Aulnat et volent vers Lyon-Bron. Les sommets des Monts du Forez sont noyés dans le brouillard. L'appareil se met à  avoir des ratés suivis de projection d'huile sur le pare-brise et quelques secondes plus tard, une violente secousse ébranle le fuselage. Le pilote hurle à  son passager de sauter en parachute en même temps qu'il incline l'appareil vers la gauche pour lui faciliter son extraction. Puis Jean Gisclon saute à  son tour. Au sol, le pilote est sonné et Dulac est sérieusement commotionné. Ce dernier, d'après le rapport de gendarmerie, est tombé sur un sapin qui a déchiré son parachute, ce qui entraîna sa chute de 6 à  7 mètres de haut. Il souffrait de multiples fractures et plaies. Il fut évacué vers Thiers.

Le lieutenant colonel Ruby, commandant le Groupe d'observation, cita le pilote à  l'ordre du jour pour "avoir abandonné son avion désemparé qu'après s'être assuré du départ de son passager". Le colonel Benoist, commandant de la base aérienne de Bron lui infligea en revanche 15 jours de consigne pour s'être engagé, sans nécessité, dans une zone nuageuse au dessus d'un relief tourmenté provoquant ainsi la perte d'un avion. La lecture du rapport d'enquête dut lui faire réviser son jugement car un mois plus tard le pilote était nommé au grade de sergent. Aujourd'hui, Jean Gisclon, ancien rédacteur en chef de la revue Pionniers, est toujours membre des Vieille Tiges.

Le 24 octobre 1934, Alex Fontanilles, fils d'un conseiller d'arrondissement du canton Nord-Ouest de Saint-Etienne, prenait une leçon de pilotage à  Bouthéon. Son instructeur était Auguste Pitavy, de l'Ecole Mazoyer, breveté pilote depuis trois ans. Les deux hommes étaient à  bord d'un appareil à  double commande. Ils survolaient le terrain d'aviation lorsque, pour une raison inconnue, leur avion eut des ratés et piqua du nez. D'après un article de presse, M. Fontanilles, cheville brisée, essaya en vain d'extirper son compagnon de l'avion en flammes. Les deux hommes furent secourus par un jardinier de 80 ans, M. Denuzière (en médaillon sur la photo ci-dessous extraite de La Tribune Républicaine). M. Pitavy, machoire brisée, jambe réduite en bouillie, fut transporté à  l'hôpital où il succomba à  ses blessures.


Le 6 septembre 1937 à  Saint-Etienne Bouthéon un avion Mureaux 115 (n°27) fut accidenté.


Le 28 avril de cette même année, c'est un avion perdu dans le brouillard qui capota près de Burdignes. On trouve l'écho de cet accident dans La Tribune Républicaine du 29 avril 1937. L'avion piloté par le nommé Costec s'écrasa près de Montchal dans un champ de blé. Le pilote et l'observateur, Cornilliet, s'en sortirent avec quelques contusions. Partis de Villacoublay, ils se rendaient à  Istres. Il fallut arrimer l'appareil au sol à  l'aide de chaines de char à  boeuf pour que le vent n'endommage pas plus l'avion (photo ci-dessus).

Droits de reproduction réservés (SLHADA)

Le Wibault 283 T12 n°10, immatriculé F-AMTT, baptisé « L'imbattable » (photo ci-dessus), fut réquisitionné à  Air France à  la veille de la Deuxième Guerre Mondiale et affecté à  la Section d'avion de transport n°6 de Bron. Il s'est écrasé au sol le 12 décembre 1939 vers 13 heures, au lieu dit « Fontclause », près de la localité de Caloire. Désigné pour effectué un vol de liaison, transport de personnel et de matériel entre Bron et Paris-Le Bourget, il est difficile, en raison du manque de documents officiels, de connaître avec précision le déroulement du vol. Après avoir décollé de la piste de Bron noyée dans le brouillard, l'appareil aurait privilégié le survol de la vallée du Gier vers Saint-Etienne puis Firminy pour éviter les Monts du Lyonnais et la massif du Morvan. Sans doute le pilote aurait voulu ensuite rejoindre la vallée de la Loire pour poursuivre vers la capitale. Vers 13h, à  la verticale de Saint-Chamond, une fumée noire se dégagea de l'appareil ainsi que l'ont dit des témoins au sol, lesquels évoquèrent tantôt le côté droit de l'avion, tantôt le gauche. L'appareil perdit rapidement de l'altitude au dessus de Saint-Etienne puis Firminy et s'écrasa au sol à  13h 10.

A bord de l'appareil, le Sergent-chef Maurice Suau, pilote et commandant de bord fut éjecté et grièvement blessé. Transporté à  l'hôpital de Saint-Etienne, il reprit du service à  Air France dans les années 50 et assura la formation des pilotes de la Compagnie. Tous les autres membres d'équipage ou passagers ont trouvé la mort : Albert Legendre, 34 ans, officier mécanicien, Sergent Roger Pehau, mécanicien navigant, probablement copilote de l'appareil, le caporal Marie Robert Peperiot, 26 ans, mécanicien navigant. Celui-ci remplaça à  bord au dernier moment Pierre Martinot qui ferma la porte de l'avion; le sergent Charles Deguin, 24 ans, pilote de chasse et passager qui partait en permission à  Paris.

Pierre Martinot continua d'assurer son service de l'Armée de l'Air puis créa une société de maintenance d'avions sur le terrain du Bourget du Lac.

Parmi les premiers sauveteurs, Antoine Ertel retira deux corps calcinés. C'est à  l'initiative d'un membre de sa famille (son fils ?) qu'une stèle commémorative sur le lieu du crash a été inaugurée le 9 septembre 1989. Elle se trouve sur la route du Pertuiset, en direction de Chambles.

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 " Ces aviateurs ont fait le sacrifice de leurs vies pour épargner Saint-Etienne et la vallée de l'Ondaine. " Photographie de la stèle lors de son inauguration le 9 septembre 1989.

Roger Pehau, mécanicien volant (né le 04.08.1914 à  La Penne sur Huveaune (13) - Charles Deguin, pilote de chasse (né le 28.02.1915 à  Lyon) - Albert Legendre, pionnier de l'aviation, il avait effectué plusieurs fois la traversée de l'Atlantique Sud, officier mécanicien (né le 25.04.1905 à  Rozet Saint Albin (02) Droits de reproduction réservés SLHADA

22 décembre 1939, à  Charlieu, un Potez 63-11 n°118 de EAL n°301 est accidenté (SHAA).

Le 7 janvier 1940, à  Saint-Etienne Bouthéon, le Salmson D 6 n°194 de l'Ecole de pilotage de Bouthéon est accidenté (SHAA).

Le 10 janvier 1940, à  Pradines, le Caudron C 275 F-ARXS de l'Ecole de pilotage de Roanne est accidenté (SHAA).

Le 24 février 1940, à  Saint-Etienne Bouthéon, le Salmson D 6 n°302 de l'Ecole de pilotage de Saint-Etienne est accidenté (SHAA)

Le 26 mars 1940 à  Roanne c'est un autre Caudron de l'Ecole de pilotage de Roanne, immatriculé C 275 F-AQQV qui est à  son tour accidenté (SHAA).

Le 6 avril 1940, à  Bellegarde-en-Forez, à  3 kilomètres de la localité, les Caudron C 275 n° 8013 (photo 2) et Caudron C 275 n° 7561 (photo 1) de l'Ecole de pilotage de Saint-Etienne sont tous les deux accidentés (SHAA).

On doit à  Daniel Badin ces clichés fort intéressants. Ils ont été pris par son père, Raymond Badin, élève pilote à  Bouthéon du 3/11/1939 au 20/5/1940. Les circonstances de ce double crash restent mystérieuses. Les pilotes des deux appareils s'appelaient, semble-t-il, l'un Magnin, et l'autre Revel, Penel ou Perret. On ne sait pas s'ils ont survécu.


Le 1er mai 1940 à  Roanne, les avions Caudron Luciole F-ARYQ et Caudron Luciole F-ARQF de l'Ecole de pilotage de Roanne sont accidentés (SHAA).

Le 10 mai 1940, à  Saint-Etienne Bouthéon, un appareil Romano, le n°82 ET2 n°127 du dépôt de l'aviation polonaise de Bron est accidenté au lieu dit « Les Essarts » (SHAA).
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Mr Pascal Chambon nous a informé du crash d'un avion près de Civens, le 17 juin 1940, accident évoqué dans La guerre en Forez-Velay - Chronique (juin 1940) d' Albert Cellier (publications de Village de Forez, 2000). Selon Mr Mathevet, il ne s'agirait pas à  proprement parler d'un crash. L'appareil, touché par la flak allemande, serait parvenu à  se poser. Un observateur aurait péri sur le coup lorsque l'appareil fut atteint. Il s'agirait de Robert de Lessan à  propos duquel son neveu, Mr Laurent Caron de Lessan nous a communiqué plus d'informations.

Robert de Lessan est né à  Paris le le 4 mai 1911. Mort pour la France au dessus de Montbard (Cote d'Or) le 17 juin 1940 lors d'une mission où il s'était porté volontaire. Il était issu promotion du Tafilalet de Saint Cyr 1931-1933, lieutenant au 15ème B.C.A. détaché comme observateur au G.A.R. II/55, chevalier de la Légion d'Honneur, Croix de guerre 1939-1945 avec palme. " Chef de bord et observateur d'un allant et d'un courage remarquables. Le 17 juin 1940, chargé d'une mission de reconnaissance de la plus haute importance, n'a pas hésité à  pousser des pointes hardies malgré le tir ajusté de la D.C.A. ennemie. A trouvé une mort glorieuse à  son poste d'observateur. A été cité (à  l'ordre de l'armée, ndlr)".

Robert de Lessan s'était en effet porté volontaire pour cette mission. Il a laissé une lettre remarquable à  ses parents, écrite en 1938, date à  laquelle il commençait un stage dans l'aviation alors qui n'était pas son arme puisqu'il était chasseur alpin :
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« Mes chers parents,
S'il vous arrivait de me perdre, je veux que ces quelques lignes vous apportent un peu de réconfort et de douceur. La vie est si fragile qu'il nous faut envisager la mort et la regarder sans trop d'angoisse. Sachez que dès à  présent, je m'en remets à  Dieu et que j'accepte de plein sang froid ce qu'Il veut bien me réserver. Je fais le sacrifice de ma vie, de toutes les joies, de tous les succès qu'elle pouvait me donner. J'en fais le sacrifice d'abord pour le repos de âme de notre cher Jacques, ensuite, pour notre bonheur à  tous là -Haut. Je demande seulement à  Dieu de mourir en bon chrétien et en vrai français. La seule peine que j'éprouve, c'est de penser à  vous, à  vous qui avez déjà  été si atteints. Je vous demande d'accepter la volonté de Dieu avec la sereine résignation des âmes fortes et courageuses. Je serais si heureux si vous en aviez la force.
Au revoir ! Courage ! ».
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Le Groupe II/55 stationna à  Feurs le 17 juin 40. Il gagna ensuite Saint-Rambert d'Albon puis Lézignan, Marignane, Orange, Perpignan et enfin Alger Maison Blanche (22 juin). Pour revenir en Métropole à  Istres le 28 août. (infos: Mr Mathevet)

Le 20 juillet 1940, à  Feurs, le Farman 224 L235 n°4 ex F-APMD est accidenté à  Feurs. Cet appareil avait été pris en compte le 18 mai 1938, affecté à  l''AA 301 en juillet/août 1939. Après son crash, il rejoignit la base de stockage de Bron et fut réformé le 1er septembre 1941

A la mi-novembre 1940, à  Feurs, un appareil Caudron 445 Goeland F-BAAE fut (peut-être) accidenté.

Le 19 mars 1941, à  6 heures du matin, un appareil allemand, venant de la direction de Neaux  s'abat sur la commune de Pradines au lieu dit   'Chez France�?�, heurtant le mur du jardin de la propriété des Jounin. Il agissait d'un Messerschmitt 110, bombardier bi moteurs B F 110 bi   dérives, fabriqué dans les années 1939 / 1940. Un appareil de 6 tonnes avec 2 moteurs de 1 090 CV Daimler Benz et armé de mitrailleuses de 30 mm et 7,9 mm.

Document et photos fournis par Jean Cabotse (Groupe Histoire des Amis du Musée de Roanne)

Le 4 juillet 1941, à  Saint Maixence en Gourgois, le Bloch 152 n°284 du groupe de chasse III/9, piloté par le Capitaine Garde, dut faire un atterissage forcé suite à  une panne moteur, à  3 kilomètres à  l'est de la localité.

Durant la guerre, sans que nous sachions en quelle année, un appareil de chasse allemand, de type Messerschmitt s'écrasa non loin de la gare de Bouthéon.

Année 1944, à  Chazelles-sur-Lyon, un appareil de la Luftwaffe s'est écrasé. Probablement, un appareil de type Arado.

La même année, durant l'été et toujours à  Chazelles-sur-Lyon, un Junker 88 A6 de la Luftwaffe s'est écrasé.

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Dans la nuit du 27 au 28 avril 1944 à  Saint-Cyr-de-Valorges, un B24 Liberator, serial 42-40997 du 36th Bomb Squadron du 801st Bomb Group appartenant à  la 8th Air Force USAAF, basé à  Harrington (Angleterre) s'écrase au sol en raison de son altitude trop basse. Le crash eut lieu à  2h 10, heure locale, à  300 mètres du Pont du Loup sur la commune de Saint-Cyr-de-Valorges, lors de l'opération de parachutage* codée « Lackey 3A » sur le terrain Timbale. Ci-dessus: l'équipage Ambrose et la cérémonie commémorative en 2004.
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Cinq membres d'équipage sont tués : 1st Lt George W.Ambrose, pilote, 2nd Lt Robert H. Redhair, co-pilote, 2nd Lt Arthur B.Pope, navigateur, 2nd Lt Peter Roccia, bombardier, S/Sgt Charles M.Wilson, mécanicien. Deux membres d'équipage s'évadent : S/Sgt James J.Heddleson, radio, Sgt George W. Henderson, mitrailleur. Le Sgt James C.Mooney, éjecté de l'avion et sérieusement blessé, sera fait prisonnier. Parmi les tués, seul Wilson est enterré au cimetière militaire américain de Draguignan, les autres corps ont été rapatriés aux USA. Deux monuments commémorent cet accident : l'un sur les lieux du crash et l'autre en bordure de route. La place de l'église à  Saint-Cyr-de-Valorges porte le nom d'Heddleson.

* Au profit des maquis

Débris de l'avion (batterie, siège, fuselage...) Collection de M. Peyrard

Dans la nuit du 5 au 6 mai 1944, à  Mably au lieu dit « Bois de Brate », le B24 Liberator, serial 42-63798, 858th Bomb Squadron du 801st Bomb Group appartenant à  la 8th Air Force USAAF, basé à  Harrington (Angleterre) s'écrase au sol vers 0h 32, heure locale. L'avion fut abandonné en vol près de Chenay-le-Chatel (Saône-et-Loire) après avoir été touché par la flak légère (DCA) sur wagon dans la région de Gilly-sur-Loire. L'appareil participait à  une opération de parachutage au profit de la Résistance. L'équipage a sauté en parachute. Six membres d'équipage : 2nd Lt Murray L. Simon, pilote, 1st Lt John A. Reitmeier, navigateur, 2nd Lt French M. Russel, co-pilote, T/Sgt Phillip B. Latta, radio, S/Sgt Graham S. Hasty, mitrailleur, S/Sgt Homer G. Collier, mitrailleur. Le 1st Lt John B. Mead, bombardier, est récupéré par la Résistance, alors que le T/Sgt Meo F. Dumesnil, mécanicien, est fait prisonnier. MACR n°4601

Le 9 juillet 1944, sur la commune de Saint Nicolas les Biefs (Allier), à  20 kilomètres à  l'ouest de Roanne, le Focke-Wulf 200 C 4 ' Condor �?�, numéro de série  0-183, codé F8+KR (précédemment codé GC+SL), appartenant à  la 7ème Staffel du IIIème Group de la 40ème Kampfgeschwader, s'écrase au sol par temps de brume à  5h 45, près de la ferme de ' La Coup �?�, dans une région boisée et montagneuse. L'appareil assurait un vol de liaison avec transport de personnels entre les bases allemandes de la côte atlantique et l'Allemagne. Ce quadrimoteur avait décollé de La Rochelle avec à  son bord : quatre membres d'équipage : Leutnant Helmut Kutterer, pilote, Feldwebel Karl Novotny ou Nowotny, second pilote, Feldwebel Horst Flechsig, premier radio et Feldwebel  Karl Greeb, deuxième radio ; huit passagers : unteroffizier Kurt Schramm, unteroffizier Ernst Kreigenfeld, obergefreiter Erhard Sumpf, oberfeldwebel Siegfreid Kalinowski, unteroffizier Bruno Greil, unteroffizier Georg Kunis, obergefreiter  Walter Kobrich, unteroffizier Ernst Lupp. Les douze militaires qui trouvèrent la mort furent d'abord inhumés au cimetière de Clermont-Ferrand, puis après la guerre, au cimetière militaire allemand de Dagneux (Ain), bloc 8, tombes 29 à  40.

Il était supposé que cet appareil avait peut-être été abattu par l'aviation de chasse américaine. Claude Grimaud dans son ouvrage ' 1944-Objectif  Libération du Massif Central  relate qu'à  leur retour en Angleterre, les pilotes du 79th squadron revendiquent la destruction de cinq locomotives, d'un train de munitions, d'un de marchandises et d'un quadrimoteur allemand. Dans le cadre d'une mission d'accompagnement de bombardement, des chasseurs P 38 Lightning  sont chargés de mitrailler des cibles potentielles sur Moulins, Nevers et Tours. Vers 8h 25, à  la verticale de Moulins, le 2nd Lt Jess E. Carpenter, repère un énorme quadrimoteur ennemi tout près du sol, qu'il identifie comme étant un Ju 290. Le Lieutenant Carpenter ouvre le feu : les deux moteurs tribord du Fw 200 sont détruits, le fuselage et l'aile droite sont en flammes. L'appareil allemand entre dans la brume.

Il existe de nombreuses contradictions dans les témoignages figurant dans les divers rapports.

Le 21 juillet 1944, à  Poncins à  6 kilomètres de Feurs, un avion allemand en feu a atteri.

Un crash célèbre eut lieu le 1er novembre 1944 près de Doizieux dans le Pilat. Le C 47, serial 42-92700, 17th Troop Carrier Squadron appartenant au 64th Transport Carrier Group de la 12th Air Force USAAF, basé à  Istres, lors d'un vol d'évacuation sanitaire entre Luxeuil et Istres par mauvaises conditions météorologiques (brouillard intense, givre et pluie) s'écrasa vers 14h 30 au lieu-dit « Le Chirat de l'Escoutay » sur la commune de Doizieu.

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L'Association Rhodanienne pour le Souvenir Aérien (ARSA) s'est beaucoup intéressée à  cette tragédie aérienne. Voici son compte-rendu de l'événement : L'enquête diligentée par les autorités militaires américaines a établi que le C47 qui s'est écrasé le ler novembre à  environ 90 mètres du sommet d'une montagne culminant à  1 350 mètres, sur un versant à  45 degrés, couvert d'arbres et de rochers, fut victime d'un fort givrage qui eut la conséquence d'alourdir l'appareil en lui faisant perdre sa puissance et de l'altitude. L'avion fut complètement détruit par l'incendie, au point d'impact. L'aile droite de l'avion arrachée par les arbres, a été retrouvée à  270 mètres du lieu de l'accident. Le cockpit fut replié sous le fuselage qui brûla entièrement, à  l'exception des deux ailes et d'une partie de la queue. La radio et l'équipement de bord furent également détruits. Onze corps étaient brûlés et il fallut recourir à  une dépanneuse pour soulever l'épave afin de dégager les autres victimes prisonnières sous la carlingue. Treize corps furent dégagés par les FFI, et les sept autres, par les Américains. Cette catastrophe aérienne, la plus meurtrière qu'ait connue le Pilat, fut évoquée par Bernard Plessy dans son livre Le PiIat Insolite, et par un témoin de l'époque, Eugène Masson, le propriétaire de la Jasserie, grand-père de Georges et Alain Masson, dans son livre Souvenirs du Mont-Pilat, publié en 1955. Voici son récit (qui fait erreur concernant le nombre de victimes):

" Catastrophe aérienne au Mont Pilat

Le Mont Pilat, comme beaucoup d'autres montagnes a eu son drame de l'air, une affreuse catastrophe, qui a fait vingt-deux victimes. Trompé par le brouillard opaque qui régnait sur nos crêtes, un avion américain s'est écrasé dans la montagne, sur un chirat, près de la ferme de Bote. C'était le 1er novembre 1944. Jour de Toussaint, fête des morts. 1er novembre, jour de recueillement et de prières. Jour où les familles réunies évoquent le souvenir ému de ceux qui ne sont plus. C'est dans cette journée sombre et triste que vingt-et-un soldats et une infirmière sont morts affreusement carbonisés, sur la commune de Doizieu. C'étaient des militaires, grands blessés américains des champs de bataille d'Alsace qui rejoignaient l'hôpital américain de Montélimar, dans la Drôme.

Ce jour-là , le Mont Pilat était sombre comme la nuit. C'était un voile de deuil qui planait sur ses flancs. Il était quinze heures environ. La Jasserie était silencieuse. Pas une âme qui vive dans les alentours, pas un seul client dans les salles. Je somnolais devant l'âtre, les femmes, à  la cuisine, vaquaient à  leurs occupations. Soudain, un bruit de tonnerre. Il nous sembla que la maison tombait sur nos têtes. Je courus dehors, les femmes en firent autant. Un avion venait de passer. Il avait dû frôler la maison pour faire un tel vacarme.

Je revins dans l'âtre et les femmes reprirent leur travail interrompu. Puis plus rien, pas un bruit suspect ne frappa mes oreilles. Le soir, nous allâmes nous coucher comme d'habitude, sans nous douter qu'à  moins de deux kilomètres, un épouvantable malheur venait d'arriver.

Le jour pointait, quand un jeune paysan du hameau de la Roche, vint à  la maison nous apprendre la terrible nouvelle. L'avion, perdu dans le brouillard, avait erré aussi dans le ciel de Doizieu. Lorsque les fidèles sortirent de l'église, à  la fin des vêpres, ils entendirent une explosion dans la montagne, qui se répercuta dans la vallée. Ils comprirent que quelque chose d'anormal venait de se passer là -haut. Un groupe de jeunes gens du village, munis de lampes, gravit les cols escarpés de ces lieux sauvages. Il était près de minuit lorsqu'ils aperçurent une faible clarté. C'était l'avion qui achevait de se consumer. Le spectacle était terrifiant, la mort avait fait son oeuvre. Après avoir constaté qu'il n'y avait pas un seul survivant, effrayés, ils redescendirent à  Doizieu où ils donnèrent l'alarme.

Avec ce jeune paysan, j'allais sur les lieux du sinistre. Je me refuse à  écrire le spectacle atroce que j'avais devant les yeux. J'en conserverai toute ma vie, comme une hallucination, le souvenir. Dans un enchevêtrement indescriptible de ferrailles tordues, des corps brûlés, calcinés, noircis, n'ayant plus de forme humaine, jonchaient le sol. Les pierres du chirat semblaient autant de monuments funéraires. Un soulier de femme, intacte, attestait qu'il devait y avoir une infirmière parmi les victimes. Les lambeaux de pansements en plâtre, donnaient à  ces malheureux une fin encore plus lamentable. Avoir échappé à  la mort sur le champ de bataille et venir la trouver dans le Pilat, pays du silence et de la paix.

Un soldat pourtant, avait échappé à  l'incendie. Son cadavre était là , étendu sur le bord du chemin. Son corps athlétique ne portait pas de trace de brûlure. Sa figure était reposée. Il semblait dormir et portait une médaille religieuse.

Tous ces restes furent chargés dans un tombereau traîné par des vaches. Ils furent déposés à  l'hôtel de l'Oeillon, où se trouvaient les autorités. "

Parmi les vingt occupants de l'appareil qui trouvèrent la mort : 5 membres d'équipage : 1st Lt Carson M. Roberts, pilote, 2nd Lt Williams C. Ward, copilote, Sgt Shirley N. Breckinridge, mécanicien, Cpl Howard E. Kahler, radio et 1st Lt Aleda E. Lutz, infirmière ; et 15 blessés en cours d'évacuation dont 6 prisonniers allemands.
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Aleda E. Lutz (ci-dessus photographiée dans un avion lors d'une mission en Afrique du Nord) avait effectué 196 missions, soit plus de 800 heures de vol dans les avions d'évacuation sanitaire. Elle accompagna environ 3 500 soldats. Elle fut la première femme officier américaine tuée en Europe lors de la Deuxième Guerre mondiale et reçut à  titre posthume la Distinguished Flying Cross. Aleda Lutz fut inhumée au cimetière militaire américain de Draguignan, comme les autres victimes américaines du crash. Un dispensaire et un navire-hôpital américains portent son nom. Une stèle commémorative a été inaugurée à  La Jasserie, le 7 septembre 2002. Sur le lieu même de l'accident, un cairn de pierres a été élevé.

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Toujours en 1944, c'est encore un Liberator US (ci-dessous) qui fut accidenté à  Andrézieux-Bouthéon.
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Octobre 1947 à  Saint-Etienne, le Siebel NC 701, immatriculé F-BAOQ, avion n°69 de l'escadrille photographique n°10 de l'Institut Géographique National, en mission de Marignane à  Creil, suite à  des ennuis techniques, s'écrase au sud de la commune. Les six membres de l'équipage trouvèrent la mort : André Lescure, chef de l'escadrille photographique n°10, Robert Millet, pilote, Marc Le Bras, radio-navigateur, Pierre-Claude Belmont, chef-mécanicien de l'escadrille, Roger Panenc, mécanicien et Casimir Corniglion, photographe aérien. Une stèle inaugurée en 1998 leur rend hommage (square des six aviateurs à La Métare).

Le 30 avril 1949, à  Cornillon, un avion de tourisme tomba au « Bois de la Rive » vers 16h 30, par épais brouillard et pluie. Il s'agissait d'un Nord 1203 Norécrin 95, immatriculé F-BEMN qui venait de Paris et se dirigeait vers Nice. Les trois personnes à  bord de l'appareil trouvèrent la mort : Maurice Heitz, pilote de 44 ans, grand couturier de la capitale et qui ne comptait qu'une soixantaine d'heures de vol à  son actif, son épouse Marie-Louise, ainsi que Henri Guillou, navigateur. Selon « Zozo », le navigateur commis une erreur fatale en se trompant dans la lecture de sa carte. Monsieur Heitz décéda peu après l'arrivée des premiers secours. Ses deux passagers dont son épouse avaient trouvé la mort sur le coup. A noter qu'un autre document évoque le nom d' Eugène-Henri-Georges à  propos du 3ème passager et non Henri Guillou. Ou alors, ils étaient quatre à  bord et non trois...



A la même époque (1949 ou 1950), un Stampe de la base de Saint Yan s'écrasa au Pertuiset une matinée, sur la route de Chambles à  hauteur de l'hôtel Verdier-Riffat (photo ci-dessus). L'appareil qui faisait partie d'une patrouille de trois avions survolant la région stéphanoise était piloté par un M. Coudert, accompagné de son élève pilote Hervé Consolo. Tous deux appartenaient à  la base d'Aulnat. Ils furent blessés. Leur avion avait touché une ligne à  haute-tension.

Nous ne connaissons pas non plus la date exacte de ce nouvel accident qui concerna un autre Stampe, cette fois de l'Aéroclub de Rive-de-Gier. Cet appareil était piloté par Mr Bonjour, il avait Monsieur Huc pour passager et décolla du terrain de Bouthéon. Lors de son atterissage à  Bouthéon, l'appareil frôla les arbres et les toits des habitations proches de l'aérodrome avant de heurter deux barrières.

A Bouthéon toujours, un autre accident devait causer la mort d'André Simon, président des Ailes Foréziennes. Le regretté président était a bord d'un Mauboussin avec un dénommé Coignet, qui fut blessé. Le biplace capota peu après son décollage et s'écrasa.
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Le 8 septembre 1958, sur la commune d' Arcon, le Sabre F 100 du 492nd Fighter Squadron de la base américaine de Chaumont, percuta le sol vers 1100 mètres d'altitude à  la Croix Trévingt, à  proximité du Pic de Rochefort dans les Monts de la Madeleine, à  20 kilomètres de Roanne. Le pilote, le Lieutenant Franck August Cascella, originaire de Clifton dans le New Jersey, a trouvé la mort.

Le 22 février 1962, à  Saint-Bonnet-des-Quarts, un Sabre S-84 appartenant à  la base de l'Armée de l'Air de Saint Dizier, volant à  très basse altitude percuta le sol vers 8h à  quelques dizaines de mètres du hameau de Malgoutte. Les témoins de l'accident dirent avoir vu une boule de feu exploser au sol. Le pilote, le Capitaine Jean-Pierre Lastic, originaire de Nohanent dans le Puy-de-Dôme a trouvé la mort dans l'accident. En 1943, la carcasse d'un avion allemand avait été retrouvée à  500 mètres du lieu du crash.

Dans les années 60 (1965 ?) un avion s'écrasa près de Saint-Héand. Nous n'en savons pas plus à  ce sujet. L'appareil aurait été un Piper Astec. Voici les images de l'appareil accidenté:

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En 1963 et 1964, eurent lieu sur la commune de Pélussin deux crashes sans gravité pour les passagers. Le premier, le 1er avril 63, concernait un Piper Aircraft Apache. Il s'écrasa au sol à  15h 30, au dessus du crêt de Bote, en direction du Col de l'Oeillon, à  1260 mètres. L'appareil qui effectuait une liaison de tourisme entre Cannes et Toussus le Noble semble avoir été surpris par le brouillard. Il s'écrasa après avoir heurté de l'aile gauche un arbre. Les quatre occupants gagnèrent l'Hôtel du Col de l'Oeillon. Il s'agissait de Monsieur Gidaine, architecte et propriétaire de l'appareil, de son épouse, de Monsieur Fouquet, pilote d'essai civil et de Monsieur Gillope, copilote. Longtemps la carcasse de l'appareil resta visible aux abords de l'hôtel.

Le lundi de Pentecôte 64, c'est un appareil de tourisme encore, venant du sud, qui s'écrasa à  300 mètres du lieu du précédent crash ! La raison semble avoir été une nouvelle fois le brouillard. L'avion au sol prit feu et les quatre occupants et leur chiens furent secourus par les propriétaires de l'hôtel.

Un crash, triple eut lieu encore vers Pélussin. C'était en 1987 et il coûta la vie à  trois pilotes. Les trois Mirage F1 de la 30ème escadre de Chasse de Reims effectuaient un vol d'entraînement à  basse altitude de Reims à  Istres. A 11h 33, ils abordèrent la face nord du massif du Pilat à  très basse altitude et en formation serrée, percutèrent le sol avant la crête et rebondirent en s'écrasant sur le versant sud, au lieu-dit « La Croix de Montvieu » sur la commune de Pélussin. Les victimes du crash furent le Lt Colonel Robert Bataille, Commandant de l'escadre, le Lt Jean-Christophe Hugou et le Sous-Lieutenant Michel Eguia. Une stèle, à  proximité du lieu du crash, honore la mémoire de ces officiers de l'Armée de l'Air.

Le 15 septembre 1965, un appareil de l'armée de l'air canadienne (un jet 104) s'écrasa près de Saint-Julien-d'Oddes. Les deux pilotes actionnèrent leurs sièges éjectables et ne furent que légèrement blessés.

Le 22 janvier 1967, un « Sirocco » s'écrasa sur le tarmac de l'aérodrome de Roanne : deux morts.

En 67 encore, le 6 mars, c'est un « Piper Aircraf » qui heurta le versant roannais du Pin-Bouchin : deux tués.

Le dimanche 25 juin 1972, une séance de sauts en parachute était organisée par le club Roanne Sport Parachutisme avec le concours du centre parachutiste de Corbas. Le centre école de Corbas c'était déplacé avec avion "Broussard" et matériel. Un drame allait ce jouer, coûtant la vie à  une jeune femme destinée à  une brillante carrière aéronautique. Cette jeune pilote s'était posée avec son moto planeur "Fournier" la veille pour faire le plein d'essence. Elle savait que des largages auraient lieu; un NOTAM était diffusé. Vers 16 h rentrant de Valence, elle décide de se poser à  nouveau pour faire le plein. Elle arrive par le Sud-Est pour faire une verticale de l'aérodrome, sans annonce radio.


 
Le commandant d'aérodrome avait autorisé l'avion largueur de parachutistes "Broussard" à  faire le tour de piste à  l'est, pour dégager l'activité des planeurs à  l'ouest. L'avion en "vent arrière" n'ayant aucune visibilité sur l'avant percuta de plein fouet le petit moto planeur SF25 arrivant légèrement en dessous. Un bruit sourd, une gerbe de débris tournoyants, le moto planeur s'abat dans le parc d'une propriété privée sans dommages collatéraux. Avec un sang- froid extraordinaire le pilote du Broussard réussit à  poser son appareil malgré les dégâts occasionnés. Il fallut le descendre de l'avion, ses nerfs ayant craqué après coup. L'activité fut interrompue  sur le champ, la consternation étant à  son comble. Le pilote du Broussard, le chef de centre, le responsable d'aérodrome furent inquiétés juridiquement. Photo et compte-rendu de cet accident: Bertrand Bouillet/Gérard Moissonnier

 
Le Vickers de Noirétable, photographié le 30 juin 71 à  Calvi en Corse
 

Le vendredi 27 octobre 1972, vers 18h 20' TU (pour « temps universel » soit 19h 20 heure légale), le Vickers 724 Viscount F-BMCH d'Air inter s'écrasa à  la limite des communes de Viscontat (63) et de Noirétable.

Les communications furent interrompues alors que l'aéronef venait de se signaler à  3. 600 pieds. L'épave fut retrouvée après sept heures de recherches, à  environ 1000 mètres d'altitude, dans une colline des bois de la Faye, à  3,750 km de Noirétable. L'appareil avait décollé de Lyon à  18h 48 à  destination de Clermont-Ferrand avec 63 passagers à  bord dont quatre enfants. Les cinq membres d'équipage étaient le commandant Bonnell, le second pilote Aubert, le pilote instructeur Lapierre, Mlle Nicole Audibert, hôtesse et Mr Alain David, steward. Le commandant Robert Bonnell était originaire de Paris. Marié et père de trois enfants, il avait à  son actif 14 849 heures de vol dont 7 505 heures en qualité de pilote. Le second pilote, Yannick Aubert était natif de Nantes. Il totalisait 2 154 heures de vol. André Lapierre, marié, un enfant, avait pour sa part 5 980 heures de vol à  son actif.

55 passagers et tous les membres d'équipage furent tués.



" Dans la nuit,
L'avion au sol, en mille pièces.
L'éparpillement des corps,
Dispersés comme des mannequins de son.
Le désordre pitoyable des bagages d'un autre voyage.
Sur la même pente des forêts de Noirétable,
Généreux, haletant de vie, l'effort des montagnards, des sauveteurs,
L'ordre de leur travail, organisé, efficace en commun,
La solidarité, active, muette et grande comme la mort..."
Paul Camous, Préfet de la Loire
 
Le rapport final de la Commission d'Enquête indique que le vol se déroula jusqu'alors sans incidents par un temps orageux avec de fortes turbulences. Le rapport d'enquête détaille les observations climatiques des postes auxiliaires climatologiques du Forez lors de cette journée fatidique :
- Noirétable : tonnerre
- Chalmazel : tonnerre vers 19 heures
- Montbrison : tonnerres et éclairs dans la nuit
- Saint-Anthème : tonnerre vers 19h 30

A 22h 05, M. Crocombette, cultivateur à  Noirétable alerta la gendarmerie. Quelques heures plus tôt, il avait entendu un avion voler à  basse altitude puis un bruit sourd. Les gendarmes et les pompiers de Noirétable, sous la conduite du témoin, découvrirent l'épave vers 1 heure du matin. Il y a alors neuf survivants mais une des passagères, Mme Wallionis, 45 ans, sortie des décombres et hospitalisée à  Clermont, succomba à  ses blessures. Le docteur Bourdelle, de Noirétable, arriva sur zone et prodigua les premiers secours. Parmi les blessés, une femme enceinte et une fillette de onze ans. Mais aussi un enfant de quatre ans dont le père, anesthésiste-réanimateur du SAMU de Grenoble, à  la nouvelle de la disparition de l'appareil, avait de son propre chef gagné Saint-Etienne puis les Monts du Forez !

Photo de Frédéric Chambert prise lors de la commémoration de mai 2012. Au centre le docteur Bourdelle, conseiller général.

Concernant les causes de l'accident, le rapport d'enquête conclut que le crash résulte de deux anomalies. En premier lieu, « une fausse verticale » caractérisée par le fait que l'équipage a été convaincu de se trouver à  la verticale de Clermont-Ferrand alors que « cette balise était, en fait, à  plus de 30 km. » L'anomalie s'expliquant par « une rotation franche du radiocompas dont l'équipage n'a pas décelé le caractère aberrant ». La seconde anomalie est caractérisée « par l'annonce du survol par l'avion de la balise, avec plus de trois minutes d'avance sur une estimée de huit minutes » et cette différence a peut-être été négligée par l'équipage en raison de la confiance qu'il accordait à  l'indication du radiocompas. Le rapport ajoute que cette différence a pu passer inaperçue de l'équipage par une erreur de lecture résultant d'un pilotage peu facile en raison des turbulances.

M. Bonaud, qui a connu le commandant Bonnell et qui nous a communiqué le rapport, ajoute dans son courrier que suite à  cette tragédie, la procédure d'atterrissage sur Clermont, en provenance de l'est par temps « bouché » a été modifiée. Pour l'anecdote enfin, cet accident valut aux Sapeurs-Pompiers de Saint-Etienne de mériter sur leur drapeau, en récompense pour la rapidité de leur intervention et de leur dévouement, la médaille de Sauvetage de bronze avec fourragère.

Photos de R. Gouttebaron pour le journal L'Espoir


 
Le 2 février 1973, près de Régny, un Mirage VF (modèle illustré par la photo ci-dessous) piloté par le Capitaine Guy Razon de l'escadron de chasse 3/13 "Auvergne", seul escadron de la Base aérienne d'Opérations n°132 de Colmar-Meyenheim, s'écrase au sol à  10h40, à  50 mètres d'une auberge près du lieu-dit « Le Moulin ». Le pilote trouva la mort à  son poste de pilotage. Les causes de la défaillance restent inconnues mais il est certain que le pilote fit le sacrifice de sa vie pour éviter les habitations. Des débris furent retrouvés à  500 mètres à  la ronde.


En 1975, commune de Doizieux encore, c'est un avion de tourisme qui s'écrasa à  Salvaris. Le pilote fut tué.

Le 11 janvier 1980, commune de Doizieux toujours, le Robin R 1180 F-GCIB appartenant à  Mr Paul Seguin s'écrasa dans un bois, à un quart d'heure de marche de la Jasserie. L'avion qui volait vers Pont Saint-Esprit au départ de Dijon fut pris dans une violente tempête de neige. Le pilote, 59 ans, retraité du Commissariat à  l'énergie atomique fut tué sur le coup. L'épave, accrochée dans les arbres, ne fut repérée par les secours que deux jours après le crash par " Dragon 8 " indicatif de hélicoptère Alouette 2 de la Protection Civile du Puy-de-Dôme. Un rallye et un Robin DR 400 de l'Aéro-club de Bouthéon participèrent également aux recherches. Il semblerait, selon l'avis de pilotes, que Mr Seguin ait voulu éviter la zone de contrôle de Lyon (M.T.A.) dont la limite est Rive-de-Gier et se soit fait surprendre par la tempête du Pilat. Un médecin et un militaire hélitreuillés depuis l'hélicoptère constatèrent la mort du pilote et son corps fut ramené à  Saint-Etienne par une chenillette.

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Témoignage de Mme Rivory qui tenait l'auberge du Pilat, rapporté par la Tribune-Le Progrès du 12 janvier 1980 : " Il était environ 11h 10. Je n'ai pu le voir, la brume était trop dense. Mais le moteur m'a paru tourner rond. Je sais ce que c'est un avion en détresse, j'ai l'habitude." A deux pas de chez elle en effet, se trouvait encore à  l'époque la carcasse du Piper Apache tombé en 63.

" Le tombeau des avions ", c'est en ces termes que l'article évoque le Mont Pilat...


Fin janvier 1980, c'est un autre petit avion qui tomba non loin du Saut du Gier mais sans faire de victimes.

Le 16 avril 1988, c'est un petit appareil, un modèle japonais, difficile à  piloter, nous avait dit « Zozo » qui s'écrasa à  Saint-Rambert. Les occupants (sept personnes) furent tués. L'appareil venait de Roanne et heurta le sol après avoir perdu de la vitesse.

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 /SDIS 42

En septembre 2002, un Caudron Simoun s'écrasa à  Saint-Romain-la-Motte. Le pilote, Albert Prost, y perdit la vie.

Deux autres accidents eurent lieu en 2008 et 2009. D'abord celui d'un avion de tourisme le samedi 7 juin 2008. L'appareil avait décollé dans l'après-midi de l'aéroport d'Andrézieux-Bouthéon et se dirigeait vers Aix-en-Provence. Il s'est écrasé dans le Pilat, près du Col de la Perdrix vers 1400 mètres d'altitude. Les trois occupants deux Britanniques et un Belge, ont été retrouvés après plusieurs heures de recherches, rendues difficiles par un épais brouillard empêchant l'utilisation d'hélicoptères, et par l'escarpement des lieux. C'est un contact téléphonique avec les passagers, après l'accident, qui a permis d'orienter les secours. Une cinquantaine de pompiers avaient été envoyés sur place, dont les hommes du GRIMP, spécialisés dans les interventions en milieux périlleux. Il a fallu ensuite les transporter en brancard sur plus d'un kilomètre avant qu'ils puissent embarquer dans une ambulance pour être conduits vers le CHU de Saint-Etienne. Ils souffraient de fractures et d'hypothermie.

Le 4 mai 2009, deux personnes, le pilote et sa passagère, ont trouvé la mort à  Chalmazel. L'appareil avait décollé de Berre La Farre et devait se rendre à  Vichy. Les victimes étaient originaires des Bouches-du-Rhône.

Le 22 septembre 2010 à  Saint-Romain-la-Motte, peu après le décollage de l'aéroport de Roanne-Renaison. L'appareil, un monomoteur biplace de type "Quercy" (appartenant au club des "Ailes Roannaises") transportait deux policiers de la CRS 34. Ils ont trouvé la mort dans l'accident.

Crash de Poncins: SDIS 42

Le 31 juillet 2013, vers 15h30, un petit avion de tourisme de type Cirrus SR20, avec à  bord deux personnes, s'écrase sur la commune de Poncins. L'appareil avait décollé de Lyon Bron. Ses deux occupants furent tués.

Mercredi 18 février 2015, un avion de tourisme qui avait décollé d'Annonay s'écrase sur la commune de Colombier dans le Pilat. L'accident fait deux morts: le pilote et son passager, âgés respectivement de 67 et 17 ans.