Un petit mineur dans un livre plein de couleurs
Exprès pour les Garagnas
ça n'existe pas, ça n'existe pas.

Eh ! Pourquoi pas ?
 

Cécile Canivet a donc donné vie à  un sympathique personnage prénommé Henri. Notre jeune ami travaillait sous-terre et l'horizon limité ne l'empêchait pas de rêver au ciel bleu. Devenu traminot par la force des choses, en l'occurrence une méchante maladie, Henri était heureux de trimballer ses compatriotes. Au volant de sa machine, il se fait même guide pour Jimmy, un Américain en vadrouille et lui présente sa ville. Au ras des rails d'abord, il lui montre cette drôle de " fée " et son nom rigolo sur une bannière que tiennent ses anciens collègues casqués. N'est-ce pas elle qui met en orbite le tram d'Henri ? Peu importe, Henri est heureux et Jimmy n'en croit pas ses yeux. Tout en bas, dans une marmite d'acier et de béton, bat le coeur de la ville.
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Pour illustrer le voyage merveilleux de son personnage, la « maman » d'Henri a fait appel à  Sophie Bondonnat. Architecte d'intérieur de profession, celle-ci a reproduit dans ses dessins l'aspect réel des bâtiments de la ville d'Henri, qui n'est jamais citée mais que nous connaissons bien. Avec leurs traits crayonnés qui n'emprisonnent pas la couleur, des couleurs estompées ou volontairement absentes, ils font la part belle à  la fantaisie, suggèrent l'ambiance et illustrent parfaitement le texte qui pour sa part, ne tombe pas dans le « bauseigne minier ».

Y-aura t-il une suite aux aventures d'Henri ?
"Peut-être
, nous dit Mme Canivet, dans d'autres situations locales mais sans doute pas hors de sa ville, je n'imagine pas Henri ailleurs." Tant pis pour Henri chez les Inuits.
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"Une mésange bleue pétille à  ma fenêtre
Me fait lever les yeux, puis m'emplit de bien-être.
J'attendrai désormais pour la voir apparaître,
Un de ces jours s'il pleut... ce moment de bien-être,
Bien-être d'amoureux du peu qui peut paraître..."
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S'adressant aussi à  un jeune public mais plus âgé, le recueil de Cédric Bondonnat "L'école buissonnière" s'est vu récompensé en 2005 du premier prix européen de poèmes illustrés. L'auteur, hémiplégique depuis un grave accident de la circulation, a réalisé lui-même à  l'aide d'un logiciel informatique les dessins qui accompagnent ses poèmes. Son école buissonnière musarde aussi sur les chemins de l'enfance mais une enfance rurale, au contact du petit peuple des haies de jardin, des champs et des forêts. Fils d'un instituteur de campagne, l'auteur dit qu'il a autant appris au contact de la nature que sur les bancs des écoles. Au fil des pages, parfois une concession au lointain, le bleu de la baie de Morlaix, ici un roi qui sommeille, là  une baleine qui remplace le mouton d'un petit prince rêveur. Mais le plus souvent ce sont les oiseaux et les animaux de nos champs qui accompagnent le lecteur.
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Poèmes et dessins forment ensemble un tableau un peu mélancolique, illustrant la belle « cancritude » ; celle qui fait que l'écolier regarde par les fenêtres, l'après-midi au fond des classes, quand l'attention prend la poudre d'escampette et gambade sur les chemins de traverse...
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"Henri le mineur", Cécile Canivet et Sophie Bondonnat, 30 pages, Editions Osmose, avril 2006
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"L'école buissonnière", Cédric Bondonnat, 22 pages, Imprimerie Reboul, Saint-Etienne, mars 2006
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