Wednesday, July 08, 2020

Pascal Clément est décédé hier. Durant des lustres député de la Loire (1978-2012), maire de Saint-Marcel-de-Félines, idem (1977-2001), président du Conseil général et ministre de la Justice, il avait signé, alors qu'il était Garde des Sceaux de Jacques Chirac, un ouvrage consacré au duc de Persigny. Un homme « peu commun, relevait l'auteur, sans qui Louis-Napoléon n'aurait probablement jamais été Napoléon III ». Un personnage pourtant assez méconnu du grand public et « lorsqu'il l'est, souvent déconsidéré ». « Il est surprenant, regrettait-il encore dans son avant-propos, que les historiens aient délaissé une vie telle que celle de Persigny, commencée dans la brume des complots pour atteindre son apogée au zénith du Second Empire ».

En 250 pages, Pascal Clément s'est donc attaché à retracer la vie tumultueuse de cet homme complexe qui fut conjurateur, organisateur des réseaux bonapartistes, condamné à vingt ans de détention après l'affaire de Boulogne (1840) et... ministre de l'Intérieur de Louis-Napoléon Bonaparte. Il s'attarde aussi longuement sur la carrière locale de Persigny. Car il fut assurément un des plus illustres enfants de la Loire où il se comporta, souligne l'auteur, « comme un véritable vice-empereur ». Né près de Roanne en 1808, Persigny a été élu président du Conseil général de la Loire en 1858. Dans le département il fut à l'origine du fameux canal du Forez ; il encouragea la rénovation urbaine de Saint-Etienne et lança une grande politique de désenclavement ferroviaire. Il inaugura en 1865 le barrage de Rochetaillée devant quelque 40 000 personnes. Trois ans plus tôt il avait créé la Diana, Société historique et archéologique du Forez. La Ville de Roanne lui doit sa Légion d'honneur, obtenue pour sa résistance à l'envahisseur à la chute du Premier Empire. Il joua aussi un rôle essentiel dans le domaine de l'enfance. Décédé en 1872, Persigny repose dans le cimetière de son village natal : Saint-Germain-Lespinasse.

Ajoutons une petite anecdote car c'est un sujet qui nous intéresse. On a consacré modestement quelques articles à ce propos. Persigny, qui s'appelait Victor Fialin, qualifié parfois de « prophète » par certains de ses contemporains et dont Jean Tulard, dans la préface de l'ouvrage, note « l'apparente folie », eut pour grand-oncle un certain Jean Fialin. Celui-ci, ancien curé de Marcilly-le-Châtel, fut à la tête d'une secte d'illuminés qui défraya la chronique dans la Loire dans les années 1790 : les Bleus.

Persigny, l'homme qui a inventé Napoléon III, Pascal Clément, Editions Perrin, 2006

Visuel/dr

Le Château de la Roche rouvrira ses portes le 4 juillet.

L'article qui suit, d'après les éléments communiqués par la Communauté de Communes du Pays entre Loire et Rhône, date de juin 2019.

Une brève histoire du château de la Roche

Transformé en une sorte d' îlot romantique depuis la construction du barrage de Villerest en 1982, il a abrité au fil du temps de nombreuses familles qui s’en sont servi comme poste de guet, point de péage féodal ou comme résidence d’été.

On le doit à Julien Fargettas, directeur de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre de la Loire, docteur en histoire et ancien officier de l'Armée de terre. C'est son troisième livre après Les Tirailleurs sénégalais; Les soldats noirs entre légendes et réalités 1939-1945 (2012) et La fin de la "Force Noire" - Les soldats africains et la décolonisation française (2019).

Julien Fargettas était hier à Chasselay à la cérémonie en hommage à ces soldats de l'Armée française. Dans cette commune du Rhône a été inaugurée en 1942 une étonnante nécropole militaire. C'est le tata, un style d'architecture de l'Afrique de l'Ouest, tata signifiant dans la langue wolof « enceinte de terre sacrée ». Y reposent 188 tirailleurs sénégalais, des tirailleurs nord-africains et deux légionnaires faits prisonniers et massacrés par les Allemands en juin 40.

Le 26 mai 1944, dans la matinée, les B-17 américains, bombardiers lourds appartenant à  la cinquième escadre de bombardement de la 15e Armée de l'Air, basée en Italie, larguaient leurs bombes sur Saint-Etienne. Au minimum 1392 bombes d'après les recherches de Marc Swanson, auteur d'un ouvrage sur le sujet en 2005.  Le bombardement dura vingt minutes. Il fit un millier de morts - la ville de Saint-Etienne commanda 970 cercueils - et entre 1500 et 2000 blessés. Huit enseignants et vingt-quatre enfants furent tués dans l'école de Tardy. Le nombre de sinistrés avoisine les 20000. D'après un compte rendu récapitulatif officiel de la Défense Passive, cité par Marc Swanson, 230 bâtiments furent entièrement détruits. Le 6 juin 44, jour du débarquement de Normandie, le Maréchal Pétain était à Saint-Etienne...
 
 
Extrait du discours prononcé en 2014 par le maire de Saint-Etienne: